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Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %

9 June 2026 at 09:30
Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %

par Vincent Clairmont

Un lecteur veut placer les 150 000 euros d'un héritage sur les cinq ETF de défense et de cybersécurité de notre article du 7 avril, après une hausse de près de 70 %. Mais ce papier disait « spéculatifs », et son volet jumeau s'adressait à qui possède déjà une épargne de sécurité. La performance passée n'est pas un point d'entrée, et « défense » n'a jamais voulu dire « défensif ».

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Un lecteur, Serge C., m'écrit après avoir lu notre article du 7 avril, « Sur quels ETF spéculatifs placer les 150 000 € de l'héritage de grand-maman ». Il n'était pas abonné à sa parution, l'a découvert depuis, a regardé les cours sur son compte Swissquote, les a trouvés « énormément augmentés », et souhaite désormais y placer son héritage. Il cite les cinq fonds du papier — VanEck Defense (DFNS), Global X Defense Tech (ARMR), Future of Defence Indo-Pacific (QUAD), First Trust Nasdaq Cybersecurity (CIBR), WisdomTree Cybersecurity (WCBR) — et précise qu'il ne dispose que de dollars et ne peut acheter qu'en USD.

Je le remercie de sa fidélité, et je vais lui répondre franchement, quitte à corriger la lecture qu'il a faite de ce papier. Car entre ce que l'article disait et ce qu'il s'apprête à en faire, il y a un écart qui peut lui coûter cher.

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Relisons le titre : il dit « spéculatifs »

L'article du 7 avril parlait de « vecteurs spéculatifs », invitait à « passer à l'offensive » et à transformer l'héritage en « arsenal financier ». Ces mots ne sont pas décoratifs : ils désignent une catégorie précise d'actifs — la branche risquée. Or la stratégie Barbell que défend cette rubrique ne met jamais la totalité d'un patrimoine dans sa branche risquée. Elle répartit 80 % en branche sûre — ce qui perd peu si le système tient — et 20 % seulement en branche risquée — ce qui peut tout perdre comme tout multiplier. Les ETF de défense et de cyber relèvent, de l'aveu même du titre, de ces 20 %. Les acheter avec la totalité de l'héritage, ce n'est pas suivre l'article : c'est en faire l'exact contraire.

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Le papier supposait une chose que votre message ne dit pas

Son volet jumeau, « Que faire avec un héritage de 150 000 € en stratégie Barbell ? », s'ouvrait sur une phrase qu'il faut relire : il s'adressait à celui « qui dispose déjà d'une épargne antifragile » et se demandait quoi faire « de ce cadeau du ciel ».

Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée

9 June 2026 at 09:15
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée

par Vincent Clairmont

L'inflation de la zone euro est repartie à 3,2 %, tirée par l'énergie et la guerre au Moyen-Orient. La Banque centrale européenne, prisonnière d'un choc qu'elle n'a pas créé, s'apprête à relever ses taux. Pour l'épargnant, le rendement réel du « sans risque » est déjà négatif — voici comment protéger son patrimoine sans parier sur le prochain baril.

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L'inflation de la zone euro est remontée à 3,2 % sur un an en mai 2026, son plus haut niveau depuis septembre 2023, selon l'estimation rapide d'Eurostat. La composante énergie progresse de 10,9 % sur douze mois. Dans le même temps, le baril de Brent a bondi de 4,9 % en une séance pour s'établir à 97,67 dollars, porté par le centième jour de la guerre entre Israël et l'Iran et par la tension permanente sur le détroit d'Ormuz, par où transite près d'un cinquième du pétrole mondial. La Banque centrale européenne, qui avait maintenu son taux de dépôt à 2,00 % en avril, est désormais attendue à la hausse dès sa réunion de juin — un relèvement de 25 points de base portant ce taux de dépôt à 2,25 %, avec une seconde hausse anticipée par le marché en septembre.

Cet enchaînement mérite d'être nommé pour ce qu'il est. Il ne s'agit pas d'une inflation de demande — celle qui naît d'une économie en surchauffe, de salaires qui courent après les prix, d'un crédit trop bon marché. La croissance de la zone euro est ressortie à 0,1 % au premier trimestre. Il s'agit d'une inflation importée : un choc d'offre venu de l'extérieur, transmis par le prix de l'énergie, sur lequel une banque centrale n'a aucune prise directe. C'est la distinction la plus mal comprise du moment, et c'est elle qui commande la conduite à tenir pour un épargnant.

L’UE confirme la catastrophe : la stagflation s’installe et va faire très mal, par Elise Rochefort
Le grand virage : Bruxelles vient de briser l’espoir d’une reprise sereine en 2026. Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, confirme officiellement que l’Union européenne entre dans un “choc stagflationniste” majeur. 65% de risque de stagflation en France dans les 6 mois : comment s’y préparer? Par Vincent ClairmontL’économie française
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importéeLe Courrier des StratègesRédaction
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée
Réponse à une lectrice : Livret A, devises, Bitcoin, foncières — quatre précisions sur l’allocation Barbell, par Vincent Clairmont
Une lectrice m’écrit après la chronique de dimanche. Elle a mis en place une allocation Barbell pour son époux il y a un an, elle en est satisfaite, et elle pose quatre questions précises. Elles sont si justes — l’une d’elles relève d’ailleurs une incohérence réelle de ma part — que je
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importéeLe Courrier des StratègesRédaction
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Une banque centrale prisonnière

Le taux d'intérêt agit sur la demande intérieure : il renchérit le crédit, freine l'investissement et la consommation, refroidit les prix tirés par l'activité. Il n'a aucun effet sur le prix du baril fixé à Singapour ou sur la prime de risque géopolitique d'Ormuz. En relevant ses taux face à une inflation importée, la BCE ne combat pas la cause — elle ajoute une contraction de la demande à un choc d'offre déjà récessif. Elle le fait quand même, pour une raison qui n'est pas économique mais institutionnelle : défendre la crédibilité de sa cible de 2 % et

L'or à 4 500 dollars : pourquoi la branche sûre du Barbell n'a jamais autant mérité son nom

8 June 2026 at 10:24
L'or à 4 500 dollars : pourquoi la branche sûre du Barbell n'a jamais autant mérité son nom

par Vincent Clairmont

JP Morgan a relevé le 25 février sa prévision de long terme sur l'or à 4 500 dollars l'once, soit une hausse de 15 % de son ancre structurelle, tout en maintenant à 6 300 dollars sa cible pour la fin 2026. Entre les deux chiffres, le marché a fait le grand écart : record absolu à 5 594 dollars le 29 janvier, puis correction. La question qui revient dans mes messages depuis la flambée du détroit d'Ormuz tient en sept mots : faut-il encore acheter après une correction ? Ma réponse est oui — et je vous explique pourquoi le mouvement de fond est intact.

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Commençons par lire correctement la prévision de JP Morgan, parce que la presse la cite de travers. Les 4 500 dollars ne sont pas un objectif de cours à atteindre :

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Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent Clairmont
Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Celle-ci fut dense : correction sévère sur Bitcoin, repli de l’or, clôture du calendrier déclaratif, BCE jeudi — et des signaux de hausse fiscale pour 2027 qu’il serait imprudent de classer sans suite. LE COURRIER DES STRATÈGES
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Convergence mondiale des revenus : l'horreur fiscale du rapport Piketty, par Élise Rochefort

7 June 2026 at 10:35

Le World Inequality Lab, laboratoire de recherche co-dirigé par Thomas Piketty et adossé à l'École d'économie de Paris, a publié le 4 juin 2026 un rapport intitulé « Global Justice Report: a Plan for Equality and Prosperity Within Planetary Boundaries ». Le document a été présenté en ouverture de la World Inequality Conference, tenue à Paris du 4 au 6 juin. Il couvre la période 2026-2100.

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L'objectif central du rapport est la convergence des revenus moyens de tous les pays vers 5 000 euros par mois et par habitant d'ici 2100, dans la limite d'un réchauffement climatique de 1,8 °C. Le scénario repose sur des trajectoires de croissance différenciées : 0 à 0,5 % par an de croissance du PIB par habitant dans les régions les plus riches (Amérique du Nord, Océanie, Europe), 3 à 4 % par an en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et du Sud-Est. Thomas Piketty qualifie lui-même cette vision d'« utopique ».

L'instrument financier du plan est un Fonds pour la justice mondiale (Global Justice Fund), dont les dépenses représenteraient en moyenne 10,3 % du PIB mondial par an entre 2026 et 2060. Le rapport situe lui-même l'ordre de grandeur : l'aide publique au développement et les budgets cumulés de l'ONU, du FMI et de la Banque mondiale représentent aujourd'hui moins de 0,4 % du PIB mondial. La répartition se ferait par tête : l'Afrique subsaharienne recevrait jusqu'à 8,8 % de son PIB, l'Europe 2,5 %, l'Amérique du Nord 2,2 %. Côté recettes, les pistes évoquées comprennent un impôt sur le patrimoine pouvant atteindre 20 % sur les fractiles supérieurs et une imposition des très hauts revenus pouvant atteindre 90 % — taux mentionnés par la presse de synthèse, le détail des barèmes figurant dans le corps du rapport. Le plan inclut par ailleurs une réduction drastique des énergies fossiles, une « sobriété ciblée » dans certains secteurs et une évolution des habitudes alimentaires. Dans un entretien accordé à Outlook Business, Thomas Piketty présente la taxation des plus riches à l'échelle mondiale comme « la forme la plus évidente de réparations ».

Les auteurs revendiquent la cohérence interne du scénario : les quatre volets — redistribution mondiale, réforme de l'ordre financier international, transformation des systèmes énergétiques, évolution des modes de consommation — sont présentés comme techniquement compatibles entre eux et avec les limites planétaires. Le rapport se présente comme un cadre de référence pour les débats à venir, non comme un programme de gouvernement.

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Les objections que ce type de plan rencontre dans la tradition économique libérale sont anciennes et documentées. Elles portent sur trois points. Le premier est informationnel : depuis l'article de Friedrich Hayek « L'utilisation de la connaissance dans la société » (1945), cette tradition soutient qu'aucune instance centrale ne dispose de l'information nécessaire pour fixer des trajectoires de croissance par région sur soixante-quinze ans, l'information pertinente étant dispersée entre les acteurs et révélée par les prix. Le deuxième est incitatif : une imposition des hauts revenus à 90 % et du patrimoine à 20 % modifie les comportements d'épargne, d'investissement et de localisation des assiettes ; les estimations d'élasticité divergent fortement entre les travaux proches du World Inequality Lab et ceux d'inspiration libérale, sans qu'un consensus empirique existe à ces niveaux de taux, qui n'ont été observés durablement dans aucune économie ouverte récente. Le troisième relève de l'économie politique : un fonds disposant de 10,3 % du PIB mondial — soit, à titre de comparaison, environ vingt-cinq fois les flux institutionnels internationaux actuels — pose la question de l'institution qui le percevrait, l'allouerait et le contrôlerait ; l'école dite du choix public soutient que les administrateurs d'un tel fonds poursuivraient aussi des intérêts propres, et le bilan contrasté de l'aide au développement existante, documenté notamment par les évaluations indépendantes des agences elles-mêmes, est régulièrement invoqué à l'appui de cette réserve.

F.A. Hayek et le problème de la connaissance : critique du socialisme et de l’interventionnisme
Voici la sixième livraison de la Liberty Academy, accompagnée de la troisième masterclass. Aujourd’hui, nous traitons un sujet essentiel : la critique de la société verticale par Hayek !
Convergence mondiale des revenus : l'horreur fiscale du rapport Piketty, par Élise RochefortVerhaeghe BriefingEric Verhaeghe
Convergence mondiale des revenus : l'horreur fiscale du rapport Piketty, par Élise Rochefort

À ces objections, les auteurs du rapport répondent par l'argument climatique — les limites planétaires rendraient la croissance indéfinie des pays riches matériellement impossible, ce qui déplacerait le débat de l'opportunité vers la répartition — et par l'argument historique : les taux marginaux supérieurs à 90 % ont existé aux États-Unis entre 1944 et 1963, sans effondrement de l'économie américaine. Les économistes libéraux contestent la transposition : économies fermées d'après-guerre, assiettes étroites, niches nombreuses, et mobilité des capitaux sans commune mesure avec celle de 2026.

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Trois questions restent ouvertes à la lecture du document. Le consentement démocratique, d'abord : le scénario suppose que les électorats des pays riches acceptent durablement une croissance par habitant comprise entre 0 et 0,5 %, soit un niveau inférieur à celui qui a accompagné, en France, les tensions sociales et budgétaires de la dernière décennie ; le rapport ne décrit pas le mécanisme politique de ce consentement. L'architecture institutionnelle, ensuite : ni l'organe de perception des taxes mondiales, ni la juridiction compétente en cas de refus d'un État, ne sont spécifiés à ce stade. La trajectoire de transition, enfin : les effets sur l'emploi, les retraites et la dette des pays riches d'une croissance quasi nulle maintenue pendant trente-cinq ans ne font pas l'objet d'un chiffrage détaillé dans les documents de synthèse publiés.

Le rapport est public et consultable en ligne. Sa traduction politique, à ce jour, ne figure dans aucun programme de gouvernement.

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Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent Clairmont

7 June 2026 at 10:22

Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Celle-ci fut dense : correction sévère sur Bitcoin, repli de l'or, clôture du calendrier déclaratif, BCE jeudi — et des signaux de hausse fiscale pour 2027 qu'il serait imprudent de classer sans suite.

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Bitcoin a cassé vendredi le seuil des 60 000 dollars, à 59 156 dollars en séance, effaçant environ 84 milliards de dollars de capitalisation en une journée. L'once d'or s'échangeait mardi à 4 527 dollars, soit environ 3 881 euros, en repli d'environ 6 % sur ses sommets de mai. Le conseil des gouverneurs de la BCE se réunit jeudi 11 juin, et les marchés anticipent une hausse de 25 points de base. Pendant ce temps, le service de déclaration des revenus a fermé sa dernière échéance le 4 juin. Je reprends ces dossiers un par un, dans l'ordre où ils engagent votre argent.

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Bitcoin : une purge, pas une sortie 

Les ETF Bitcoin au comptant ont clôturé mai avec 2,3 milliards de dollars de sorties nettes, le pire mois de 2026 — ce sont les institutionnels qui allègent, pas les détenteurs de long terme. Ma lecture n'a pas changé depuis la doctrine Barbell publiée le mois dernier : une chute de 30 à 50 % sur la poche risquée n'est pas un signal de vente, c'est le prix d'entrée que vous avez accepté en signant pour cette poche. Si votre allocation cible — je préconise 10 % du patrimoine financier, pas davantage — n'est pas encore constituée, les tranches mensuelles d'achat programmé (le DCA, achat fractionné qui lisse votre prix d'entrée) continuent : un Bitcoin à 59 000 dollars abaisse mécaniquement votre coût moyen. Et je le redis : au-delà de 5 000 euros, stockage sur hardware wallet personnel — un boîtier physique chiffré type Ledger ou Trezor — jamais sur une plateforme centralisée. La suite de cet article explique pourquoi cette discipline vient de prendre une dimension nouvelle.

La branche risquée de la Barbell Strategy : Bitcoin, options, capital-risque, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont poursuit aujourd’hui sa “consolidation” sur le portefeuille en Barbell Strategy. La branche risquée représente 20 % de l’allocation, soit 100 000 euros sur le cas type. Son rôle est l’inverse de la branche sûre : encaisser disproportionnellement les discontinuités, au prix d’une volatilité élevée et d’un risque de perte totale
Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent ClairmontLe Courrier des StratègesRédaction
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Or et argent : la correction est une fenêtre, pas un avertissement 

Le repli de l'or depuis ses sommets de mai ne change rien aux trois forces qui le portent : les achats des banques centrales du Sud Global, la défiance croissante envers les avoirs en dollars gelables, et des déficits occidentaux sans perspective de correction à dix ans. Aucune ne s'est éteinte cette semaine. Pour qui n'a pas complété son allocation — je préconise 30 % du patrimoine en or physique, lingots et pièces standard, stockés hors du système bancaire — la règle des tranches mensuelles s'applique, et une correction est une occasion d'accélérer, pas d'attendre. L'argent métal, lui, évoluait autour de 75 dollars l'once sur le COMEX au 1er juin — une trajectoire spectaculaire, qui appelle une mise en garde plutôt qu'un emballement : la volatilité de l'argent est environ le double de celle de l'or, sa demande est pour moitié industrielle donc cyclique, et les primes sur les pièces sont élevées à l'achat comme à la revente. Je préconise de le traiter en satellite : pas plus d'un cinquième de votre poche métaux, le cœur reste l'or.

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Calendrier fiscal : ce qui est clos, ce qui reste ouvert

La déclaration des revenus est close depuis le 4 juin pour les départements 55 à 976. Deux choses restent ouvertes. D'une part, le formulaire en ligne reste accessible jusqu'au 25 juin pour corriger une déclaration déjà déposée. D'autre part, l'échéance mensualisée de taxe foncière tombe le 15 juin. Profitez de la fenêtre de correction pour vérifier un point que la moitié des lecteurs qui m'écrivent négligent : les formulaires 3916 et 3916-bis, qui déclarent les comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger — y compris les comptes d'actifs numériques et les comptes de paiement type néobanques. L'omission coûte 750 euros par compte et par an, portés à 1 500 euros au-delà de 50 000 euros d'encours.

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L'inquisition fiscale a changé d'échelle le 1er janvier 

Depuis l'entrée en vigueur du volet français de la directive DAC8, les prestataires de services sur crypto-actifs opérant en France transmettent à la DGFiP l'identité de leurs clients et le détail de leurs transactions — montants bruts, nature des actifs, nombre d'opérations. L'administration n'a plus besoin de vous demander : elle sait, ou saura dans les douze mois. J'en tire deux conséquences pratiques. La première : la fenêtre de correction du 25 juin est le moment de régulariser proprement une omission, avant que la relance ne soit automatisée. La seconde : l'autoconservation — vos clés, votre boîtier, hors plateforme — n'est pas une coquetterie de militant, c'est la seule architecture où votre patrimoine numérique ne dépend ni d'un gel réglementaire, ni d'une faillite d'intermédiaire. La déclaration reste obligatoire ; la dépendance, non.

La hausse d'impôts de 2027 se prépare sous vos yeux 

Rappel de ce qui a déjà eu lieu : la loi de finances pour 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %, via une CSG patrimoine passée de 9,2 % à 10,6 %. La « flat tax » sur vos dividendes, intérêts et plus-values n'est donc plus de 30 % mais de 31,4 %. Des amendements prévoient déjà une CSG à 11,2 % en 2027, soit 19,4 % de prélèvements sociaux et un prélèvement forfaitaire global à 32,2 %. Ajoutez la quarantaine de milliards d'euros que le budget 2027 devra trouver, la taxe nouvelle sur les holdings patrimoniales et la contribution sur les hauts revenus prorogée tant que le déficit dépasse 3 % du PIB, et la direction est lisible sans modèle économétrique : l'assiette la plus commode est l'épargne déclarée, domiciliée en France, et immobile. C'est précisément la zone médiane que la doctrine Barbell vous recommande de quitter — fonds patrimoniaux diversifiés, assurance-vie en unités de compte, obligations souveraines européennes. Le mouvement de sortie progressive engagé sur douze mois garde toute sa pertinence ; la trajectoire fiscale lui en ajoute.

Livrets réglementés : 1,5 % en attendant le 1er août 

Le taux du Livret A sera révisé au 1er août, sur décision prise mi-juillet après l'inflation de juin. La formule donnerait entre 1,6 % et 1,8 %, le LEP suivant vers 2,8 % — mais le ministre conserve le pouvoir d'y déroger, et il en a déjà usé. Mon cadre ne varie pas : le Livret A est une poche de précaution — trois à six mois de dépenses courantes, défiscalisées et liquides — pas un placement. À 1,5 % servi face à une inflation qui remonte, son rendement réel est nul ou négatif ; son seul mérite est d'échapper aux 18,6 % qui frappent tout le reste. C'est un coffre à outils, pas un moteur.

Euro et devises : la semaine de la BCE 

L'euro a fluctué entre 1,1523 et 1,1664 dollar cette semaine, et la décision de jeudi peut le raffermir encore. Conséquence mécanique pour vous : un euro plus fort abaisse temporairement le coût de vos achats d'or (libellé en dollars) et de vos devises de réserve. La poche multi-devises que je préconise — 5 % du patrimoine, répartis entre franc suisse, dollar canadien et yen — se constitue en quelques jours sur un compte multi-devises type Wise ou Revolut. Sa fonction n'est pas le rendement : c'est votre option de réallocation rapide si l'euro venait à connaître une tension violente.

Cet article n'est pas un conseil en investissement personnalisé. Les pourcentages indiqués sont des préconisations pour un cas type — adaptez-les à votre âge, votre situation familiale et votre fiscalité, et passez par un conseiller en gestion de patrimoine indépendant, un CGPI qui ne perçoit aucune rétrocommission des produits qu'il recommande, avant toute mise en œuvre d'envergure.

À 1,5 % servis sur le livret et 18,6 % prélevés sur tout le reste, l'écart entre ce que l'État vous sert et ce qu'il vous prélève n'est plus une anomalie de conjoncture. C'est une politique. Votre allocation est la seule réponse qui ne se vote pas.

Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont

5 June 2026 at 09:30

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fixé, le 24 mars 2026, à 3 000 euros par personne le plafond de détention d'euros numériques retenu pour la phase pilote, programmée au second semestre 2027 sur douze mois, en vue d'une émission effective en 2029.

Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont
Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont

La Bundesbank plaide pour un plafond inférieur, entre 1 500 et 2 500 euros. Côté législatif, le Conseil de l'UE a arrêté sa position commune en décembre 2025 ; la commission ECON du Parlement européen, divisée, n'a pas dégagé de majorité, et les eurodéputés envisagent de voter directement un mandat en séance plénière d'ici l'été pour ouvrir le trilogue. Le calendrier tient donc, à une inconnue près : le niveau du plafond. C'est précisément cette inconnue qui mérite l'analyse, car le paramétrage d'un instrument monétaire renseigne plus sûrement sur sa fonction que les discours qui l'accompagnent.

Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont

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Un préalable technique. Aucune autre forme de monnaie de banque centrale n'est plafonnée. Un résident de la zone euro peut détenir autant de billets qu'il le souhaite ; les banques commerciales détiennent des réserves à la BCE sans limite de montant. L'euro numérique serait la première monnaie de banque centrale assortie, dès sa conception, d'un plafond de détention individuel — complété par

Euro numérique : comment s’en protéger ? par Vincent Clairmont
Le Parlement européen doit se prononcer en mai 2026 sur le mandat de négociation du règlement relatif à l’euro numérique, soit deux ans et onze mois après le dépôt de la proposition de la Commission européenne en juin 2023. Le Conseil de l’Union européenne a adopté sa position commune en
Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent ClairmontLe Courrier des StratègesRédaction
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La branche Barbell sûre de votre patrimoine : or, T-bills, foncier, liquidités, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont continue aujourd’hui son passage en revue de votre stratégie Barbell antifragile en matière de patrimoine. La branche sûre représente 80 % de l’allocation, soit 400 000 euros sur le cas type. Son rôle n’est pas de rapporter : il est de ne pas perdre si le système se disloque. Quatre
Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent ClairmontLe Courrier des StratègesRédaction
Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont

Le bitcoin sous 55.000€ : faut-il vendre ? par Vincent Clairmont

4 June 2026 at 09:20

Le Bitcoin s'échange ce jeudi matin sous les 55 000 euros —, en repli de 5 % sur vingt-quatre heures, d'environ 13 % sur une semaine depuis un plus haut proche de 75 850 dollars, et de près de 48 % depuis son plus haut historique du 6 octobre 2025 (données CoinMarketCap).

Le bitcoin sous 55.000€ : faut-il vendre ? par Vincent Clairmont
Le bitcoin sous 55.000€ : faut-il vendre ? par Vincent Clairmont

Les ETF Bitcoin américains ont clôturé mai sur 2,3 milliards de dollars de sorties nettes, le plus gros retrait mensuel de 2026, et la première semaine de juin a fait pire : 3,4 milliards de sorties, un record depuis le lancement de ces produits en 2024, accompagné de 1,86 milliard de dollars de positions liquidées en une seule séance. La question qui remplit ma boîte depuis trois jours tient en trois mots : faut-il vendre ? Ma réponse aussi : non — à une condition, que je précise plus bas.

La branche Barbell sûre de votre patrimoine : or, T-bills, foncier, liquidités, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont continue aujourd’hui son passage en revue de votre stratégie Barbell antifragile en matière de patrimoine. La branche sûre représente 80 % de l’allocation, soit 400 000 euros sur le cas type. Son rôle n’est pas de rapporter : il est de ne pas perdre si le système se disloque. Quatre
Le bitcoin sous 55.000€ : faut-il vendre ? par Vincent ClairmontLe Courrier des StratègesRédaction
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D'abord, comprendre qui vend, et pourquoi. Les flux sortants des ETF sont le fait d'institutionnels entrés au premier trimestre entre 52 000 et 58 000 dollars, assis

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