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Convergence mondiale des revenus : l'horreur fiscale du rapport Piketty, par Élise Rochefort

Le World Inequality Lab, laboratoire de recherche co-dirigé par Thomas Piketty et adossé à l'École d'économie de Paris, a publié le 4 juin 2026 un rapport intitulé « Global Justice Report: a Plan for Equality and Prosperity Within Planetary Boundaries ». Le document a été présenté en ouverture de la World Inequality Conference, tenue à Paris du 4 au 6 juin. Il couvre la période 2026-2100.

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L'objectif central du rapport est la convergence des revenus moyens de tous les pays vers 5 000 euros par mois et par habitant d'ici 2100, dans la limite d'un réchauffement climatique de 1,8 °C. Le scénario repose sur des trajectoires de croissance différenciées : 0 à 0,5 % par an de croissance du PIB par habitant dans les régions les plus riches (Amérique du Nord, Océanie, Europe), 3 à 4 % par an en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et du Sud-Est. Thomas Piketty qualifie lui-même cette vision d'« utopique ».

L'instrument financier du plan est un Fonds pour la justice mondiale (Global Justice Fund), dont les dépenses représenteraient en moyenne 10,3 % du PIB mondial par an entre 2026 et 2060. Le rapport situe lui-même l'ordre de grandeur : l'aide publique au développement et les budgets cumulés de l'ONU, du FMI et de la Banque mondiale représentent aujourd'hui moins de 0,4 % du PIB mondial. La répartition se ferait par tête : l'Afrique subsaharienne recevrait jusqu'à 8,8 % de son PIB, l'Europe 2,5 %, l'Amérique du Nord 2,2 %. Côté recettes, les pistes évoquées comprennent un impôt sur le patrimoine pouvant atteindre 20 % sur les fractiles supérieurs et une imposition des très hauts revenus pouvant atteindre 90 % — taux mentionnés par la presse de synthèse, le détail des barèmes figurant dans le corps du rapport. Le plan inclut par ailleurs une réduction drastique des énergies fossiles, une « sobriété ciblée » dans certains secteurs et une évolution des habitudes alimentaires. Dans un entretien accordé à Outlook Business, Thomas Piketty présente la taxation des plus riches à l'échelle mondiale comme « la forme la plus évidente de réparations ».

Les auteurs revendiquent la cohérence interne du scénario : les quatre volets — redistribution mondiale, réforme de l'ordre financier international, transformation des systèmes énergétiques, évolution des modes de consommation — sont présentés comme techniquement compatibles entre eux et avec les limites planétaires. Le rapport se présente comme un cadre de référence pour les débats à venir, non comme un programme de gouvernement.

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Les objections que ce type de plan rencontre dans la tradition économique libérale sont anciennes et documentées. Elles portent sur trois points. Le premier est informationnel : depuis l'article de Friedrich Hayek « L'utilisation de la connaissance dans la société » (1945), cette tradition soutient qu'aucune instance centrale ne dispose de l'information nécessaire pour fixer des trajectoires de croissance par région sur soixante-quinze ans, l'information pertinente étant dispersée entre les acteurs et révélée par les prix. Le deuxième est incitatif : une imposition des hauts revenus à 90 % et du patrimoine à 20 % modifie les comportements d'épargne, d'investissement et de localisation des assiettes ; les estimations d'élasticité divergent fortement entre les travaux proches du World Inequality Lab et ceux d'inspiration libérale, sans qu'un consensus empirique existe à ces niveaux de taux, qui n'ont été observés durablement dans aucune économie ouverte récente. Le troisième relève de l'économie politique : un fonds disposant de 10,3 % du PIB mondial — soit, à titre de comparaison, environ vingt-cinq fois les flux institutionnels internationaux actuels — pose la question de l'institution qui le percevrait, l'allouerait et le contrôlerait ; l'école dite du choix public soutient que les administrateurs d'un tel fonds poursuivraient aussi des intérêts propres, et le bilan contrasté de l'aide au développement existante, documenté notamment par les évaluations indépendantes des agences elles-mêmes, est régulièrement invoqué à l'appui de cette réserve.

F.A. Hayek et le problème de la connaissance : critique du socialisme et de l’interventionnisme
Voici la sixième livraison de la Liberty Academy, accompagnée de la troisième masterclass. Aujourd’hui, nous traitons un sujet essentiel : la critique de la société verticale par Hayek !
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À ces objections, les auteurs du rapport répondent par l'argument climatique — les limites planétaires rendraient la croissance indéfinie des pays riches matériellement impossible, ce qui déplacerait le débat de l'opportunité vers la répartition — et par l'argument historique : les taux marginaux supérieurs à 90 % ont existé aux États-Unis entre 1944 et 1963, sans effondrement de l'économie américaine. Les économistes libéraux contestent la transposition : économies fermées d'après-guerre, assiettes étroites, niches nombreuses, et mobilité des capitaux sans commune mesure avec celle de 2026.

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Trois questions restent ouvertes à la lecture du document. Le consentement démocratique, d'abord : le scénario suppose que les électorats des pays riches acceptent durablement une croissance par habitant comprise entre 0 et 0,5 %, soit un niveau inférieur à celui qui a accompagné, en France, les tensions sociales et budgétaires de la dernière décennie ; le rapport ne décrit pas le mécanisme politique de ce consentement. L'architecture institutionnelle, ensuite : ni l'organe de perception des taxes mondiales, ni la juridiction compétente en cas de refus d'un État, ne sont spécifiés à ce stade. La trajectoire de transition, enfin : les effets sur l'emploi, les retraites et la dette des pays riches d'une croissance quasi nulle maintenue pendant trente-cinq ans ne font pas l'objet d'un chiffrage détaillé dans les documents de synthèse publiés.

Le rapport est public et consultable en ligne. Sa traduction politique, à ce jour, ne figure dans aucun programme de gouvernement.

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Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent Clairmont

Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Celle-ci fut dense : correction sévère sur Bitcoin, repli de l'or, clôture du calendrier déclaratif, BCE jeudi — et des signaux de hausse fiscale pour 2027 qu'il serait imprudent de classer sans suite.

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Bitcoin a cassé vendredi le seuil des 60 000 dollars, à 59 156 dollars en séance, effaçant environ 84 milliards de dollars de capitalisation en une journée. L'once d'or s'échangeait mardi à 4 527 dollars, soit environ 3 881 euros, en repli d'environ 6 % sur ses sommets de mai. Le conseil des gouverneurs de la BCE se réunit jeudi 11 juin, et les marchés anticipent une hausse de 25 points de base. Pendant ce temps, le service de déclaration des revenus a fermé sa dernière échéance le 4 juin. Je reprends ces dossiers un par un, dans l'ordre où ils engagent votre argent.

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Bitcoin : une purge, pas une sortie 

Les ETF Bitcoin au comptant ont clôturé mai avec 2,3 milliards de dollars de sorties nettes, le pire mois de 2026 — ce sont les institutionnels qui allègent, pas les détenteurs de long terme. Ma lecture n'a pas changé depuis la doctrine Barbell publiée le mois dernier : une chute de 30 à 50 % sur la poche risquée n'est pas un signal de vente, c'est le prix d'entrée que vous avez accepté en signant pour cette poche. Si votre allocation cible — je préconise 10 % du patrimoine financier, pas davantage — n'est pas encore constituée, les tranches mensuelles d'achat programmé (le DCA, achat fractionné qui lisse votre prix d'entrée) continuent : un Bitcoin à 59 000 dollars abaisse mécaniquement votre coût moyen. Et je le redis : au-delà de 5 000 euros, stockage sur hardware wallet personnel — un boîtier physique chiffré type Ledger ou Trezor — jamais sur une plateforme centralisée. La suite de cet article explique pourquoi cette discipline vient de prendre une dimension nouvelle.

La branche risquée de la Barbell Strategy : Bitcoin, options, capital-risque, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont poursuit aujourd’hui sa “consolidation” sur le portefeuille en Barbell Strategy. La branche risquée représente 20 % de l’allocation, soit 100 000 euros sur le cas type. Son rôle est l’inverse de la branche sûre : encaisser disproportionnellement les discontinuités, au prix d’une volatilité élevée et d’un risque de perte totale
Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent ClairmontLe Courrier des StratègesRédaction
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Or et argent : la correction est une fenêtre, pas un avertissement 

Le repli de l'or depuis ses sommets de mai ne change rien aux trois forces qui le portent : les achats des banques centrales du Sud Global, la défiance croissante envers les avoirs en dollars gelables, et des déficits occidentaux sans perspective de correction à dix ans. Aucune ne s'est éteinte cette semaine. Pour qui n'a pas complété son allocation — je préconise 30 % du patrimoine en or physique, lingots et pièces standard, stockés hors du système bancaire — la règle des tranches mensuelles s'applique, et une correction est une occasion d'accélérer, pas d'attendre. L'argent métal, lui, évoluait autour de 75 dollars l'once sur le COMEX au 1er juin — une trajectoire spectaculaire, qui appelle une mise en garde plutôt qu'un emballement : la volatilité de l'argent est environ le double de celle de l'or, sa demande est pour moitié industrielle donc cyclique, et les primes sur les pièces sont élevées à l'achat comme à la revente. Je préconise de le traiter en satellite : pas plus d'un cinquième de votre poche métaux, le cœur reste l'or.

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Calendrier fiscal : ce qui est clos, ce qui reste ouvert

La déclaration des revenus est close depuis le 4 juin pour les départements 55 à 976. Deux choses restent ouvertes. D'une part, le formulaire en ligne reste accessible jusqu'au 25 juin pour corriger une déclaration déjà déposée. D'autre part, l'échéance mensualisée de taxe foncière tombe le 15 juin. Profitez de la fenêtre de correction pour vérifier un point que la moitié des lecteurs qui m'écrivent négligent : les formulaires 3916 et 3916-bis, qui déclarent les comptes ouverts, utilisés ou clos à l'étranger — y compris les comptes d'actifs numériques et les comptes de paiement type néobanques. L'omission coûte 750 euros par compte et par an, portés à 1 500 euros au-delà de 50 000 euros d'encours.

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L'inquisition fiscale a changé d'échelle le 1er janvier 

Depuis l'entrée en vigueur du volet français de la directive DAC8, les prestataires de services sur crypto-actifs opérant en France transmettent à la DGFiP l'identité de leurs clients et le détail de leurs transactions — montants bruts, nature des actifs, nombre d'opérations. L'administration n'a plus besoin de vous demander : elle sait, ou saura dans les douze mois. J'en tire deux conséquences pratiques. La première : la fenêtre de correction du 25 juin est le moment de régulariser proprement une omission, avant que la relance ne soit automatisée. La seconde : l'autoconservation — vos clés, votre boîtier, hors plateforme — n'est pas une coquetterie de militant, c'est la seule architecture où votre patrimoine numérique ne dépend ni d'un gel réglementaire, ni d'une faillite d'intermédiaire. La déclaration reste obligatoire ; la dépendance, non.

La hausse d'impôts de 2027 se prépare sous vos yeux 

Rappel de ce qui a déjà eu lieu : la loi de finances pour 2026 a porté les prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %, via une CSG patrimoine passée de 9,2 % à 10,6 %. La « flat tax » sur vos dividendes, intérêts et plus-values n'est donc plus de 30 % mais de 31,4 %. Des amendements prévoient déjà une CSG à 11,2 % en 2027, soit 19,4 % de prélèvements sociaux et un prélèvement forfaitaire global à 32,2 %. Ajoutez la quarantaine de milliards d'euros que le budget 2027 devra trouver, la taxe nouvelle sur les holdings patrimoniales et la contribution sur les hauts revenus prorogée tant que le déficit dépasse 3 % du PIB, et la direction est lisible sans modèle économétrique : l'assiette la plus commode est l'épargne déclarée, domiciliée en France, et immobile. C'est précisément la zone médiane que la doctrine Barbell vous recommande de quitter — fonds patrimoniaux diversifiés, assurance-vie en unités de compte, obligations souveraines européennes. Le mouvement de sortie progressive engagé sur douze mois garde toute sa pertinence ; la trajectoire fiscale lui en ajoute.

Livrets réglementés : 1,5 % en attendant le 1er août 

Le taux du Livret A sera révisé au 1er août, sur décision prise mi-juillet après l'inflation de juin. La formule donnerait entre 1,6 % et 1,8 %, le LEP suivant vers 2,8 % — mais le ministre conserve le pouvoir d'y déroger, et il en a déjà usé. Mon cadre ne varie pas : le Livret A est une poche de précaution — trois à six mois de dépenses courantes, défiscalisées et liquides — pas un placement. À 1,5 % servi face à une inflation qui remonte, son rendement réel est nul ou négatif ; son seul mérite est d'échapper aux 18,6 % qui frappent tout le reste. C'est un coffre à outils, pas un moteur.

Euro et devises : la semaine de la BCE 

L'euro a fluctué entre 1,1523 et 1,1664 dollar cette semaine, et la décision de jeudi peut le raffermir encore. Conséquence mécanique pour vous : un euro plus fort abaisse temporairement le coût de vos achats d'or (libellé en dollars) et de vos devises de réserve. La poche multi-devises que je préconise — 5 % du patrimoine, répartis entre franc suisse, dollar canadien et yen — se constitue en quelques jours sur un compte multi-devises type Wise ou Revolut. Sa fonction n'est pas le rendement : c'est votre option de réallocation rapide si l'euro venait à connaître une tension violente.

Cet article n'est pas un conseil en investissement personnalisé. Les pourcentages indiqués sont des préconisations pour un cas type — adaptez-les à votre âge, votre situation familiale et votre fiscalité, et passez par un conseiller en gestion de patrimoine indépendant, un CGPI qui ne perçoit aucune rétrocommission des produits qu'il recommande, avant toute mise en œuvre d'envergure.

À 1,5 % servis sur le livret et 18,6 % prélevés sur tout le reste, l'écart entre ce que l'État vous sert et ce qu'il vous prélève n'est plus une anomalie de conjoncture. C'est une politique. Votre allocation est la seule réponse qui ne se vote pas.

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La démographie, base de toute puissance, surtout pour les BRICS, par Thibault de Varenne

L'Inde présidera les BRICS en 2026. Elle accueillera le sommet, elle en tiendra la plume, elle en donnera le ton. Elle le fait forte d'une qualité que nul autre membre ne possède au même degré : depuis 2023, elle est le pays le plus peuplé de la terre. Plus de quatorze cents millions d'hommes.

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On a noté la nouvelle. On l'a rangée parmi les curiosités du calendrier statistique. On est passé à autre chose. C'est une erreur. Le nombre n'est pas une curiosité. Il est une prémisse. Tout le reste — le commerce, la monnaie, les flottes, les sièges qu'on réclame au Conseil de sécurité — s'en déduit lentement, mais s'en déduit.

De Gaulle le savait, qui ne séparait jamais le rang de la France du nombre des Français. Il tenait la natalité pour une affaire d'État, au même rang que la dissuasion. On a jugé cela démodé. On le juge démodé encore. Mais les démodés, parfois, avaient seulement raison trop tôt. La carte qui se redessine aujourd'hui n'est pas d'abord une carte d'idéologies ni de produits intérieurs bruts. C'est une carte de berceaux. Là où ils se remplissent, une puissance se prépare ; là où ils se vident, une puissance se retire. On voudrait nous faire croire que la richesse seule décide. On s'y emploie. On y consacre des colloques entiers. Le siècle, pourtant, paraît vouloir trancher autrement.

Les BRICS à l’âge de raison, par Thibault de Varenne
À New Delhi, à la mi-mai, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, Sergueï Lavrov a prononcé une phrase que nos chancelleries n’ont guère relevée : « nous ne précipiterons pas l’élargissement des BRICS », car le groupement, ayant doublé de taille en deux ans, doit désormais « rationaliser
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La démographie, base de toute puissance, surtout pour les BRICS, par Thibault de Varenne
Sommet des BRICS : face au fantasme naïf d’un bloc uni, par Thibault de Varenne
Le sommet du 15 mai s’est achevé sans déclaration commune. Ceux qui attendaient l’acte de naissance d’un contre-Occident en sont pour leurs frais. Les BRICS ne sont pas un bloc et n’en seront jamais un — ce qui ne diminue en rien leur portée, à condition de comprendre ce qu’est, au
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Le tableau des masses

Commençons par l'Inde, puisqu'elle ouvre l'année. Sa jeunesse n'est pas une figure de style. Elle compte près de six cents millions d'habitants entre dix-huit et trente-cinq ans, et quelque deux cent cinquante millions d'adolescents, soit un cinquième

de sa population. L'âge médian y avoisine la vingtaine avancée, quand le nôtre frôle la cinquantaine. Voilà ce qu'on appelle un dividende démographique : une nation où les bras qui produisent l'emportent, et de loin, sur les bouches qui dépendent. New Delhi le sait, et le monnaie déjà en assurance diplomatique. Un dirigeant de sa Bourse a pu annoncer, sans qu'on lui rie au nez, que la jeunesse indienne produirait une part considérable de la richesse mondiale dans les décennies qui viennent.

Il faut pourtant lire les chiffres jusqu'au bout, car l'Inde, mieux que d'autres, sait ne pas se griser. Ses propres économistes avertissent que la fenêtre n'est pas éternelle : la part de sa population en âge de travailler culminerait autour de 2031, puis commencerait de refluer dès 2036, l'âge médian bondissant alors vers trente-cinq ans. Le dividende a une échéance. La presse de Pékin, qui observe son voisin sans aménité, résume la chose d'une formule qui vaut avertissement : cette masse de jeunes sera dividende ou désastre, selon que le marché du travail saura ou non les absorber. Le nombre offre l'occasion. Il ne l'accomplit pas. Retenons la distinction ; nous y reviendrons.

La Chine, ou la puissance qui compte ses morts

Tournons-nous vers la Chine. Voici un empire qui, pour la première fois de son histoire moderne, recule. Sa population décline depuis 2022 ; le Bureau national des statistiques l'avait annoncé avant même que le seuil ne fût franchi. Fin 2024, elle s'établissait à un milliard quatre cent huit millions d'âmes, en baisse de près d'un million et demi sur l'année. Les plus de soixante ans y atteignent désormais trois cent dix millions, soit plus d'un cinquième du pays. Une nation entière vieillit à vue d'œil, et le sait, et le dit.

Ce qui frappe, ce n'est pas le recul. C'est la manière dont Pékin en parle. Pas de lamentation. Pas de déni. Une rhétorique de maîtrise. Les organes officiels expliquent, posément, que « moins peut signifier plus », que la qualité de la main-d'œuvre compensera la quantité, que l'économie ne déraillera pas. On annonce des subventions à la naissance, une école maternelle gratuite par étapes, un virage simultané vers le soutien à la natalité et l'innovation. Surtout, on parie sur la machine. Dans les maisons de retraite de Shenzhen, des robots de soin jouent aux échecs avec les vieillards, les aident à se mouvoir, suppléent aux bras qui manquent. L'« économie des cheveux d'argent », pesée à sept mille milliards de yuans, doit en valoir trente mille d'ici 2035. Le régime convertit son déclin démographique en marché. C'est une réponse d'ingénieur à un problème de civilisation. Reste à savoir si l'ingénieur a le dernier mot.

Car il y a, dans cette confiance affichée, quelque chose qui ne se laisse pas robotiser. Un peuple n'est pas seulement une somme de bras, fût-elle augmentée de bras d'acier. C'est une chaîne de transmission, où chaque génération doit à la suivante mieux qu'un capital : une langue, un récit, le goût de durer. Quand la chaîne se distend, aucune automatisation ne la renoue. La Chine le pressent, qui multiplie les incitations sans parvenir, pour l'instant, à relever ses berceaux. On peut subventionner une naissance. On ne décrète pas le désir d'enfant. Personne ne l'a jamais fait tenir dans un budget.

La Russie, ou la blessure ancienne

La Russie offre le même tableau, en plus aigu et plus ancien. Sa crise démographique n'a pas commencé hier ; elle traîne depuis l'effondrement soviétique, comme une plaie mal refermée. En 2024, le pays a enregistré un million deux cent vingt-deux mille naissances, le chiffre le plus bas depuis 1999 — un tiers de moins qu'il y a dix ans. Les démographes parlent d'un creux qu'on n'avait pas vu depuis une génération. L'Organisation mondiale de la santé prévoit que la population russe pourrait perdre près de dix millions d'habitants d'ici 2050.

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Lyhanna, victime de l'inertie administrative

Et si le vrai danger n'était pas la malveillance, mais l'absence de zèle ? Un dossier qui met treize jours à franchir quatre-vingts kilomètres, des semaines à être ouvert, et jamais le temps d'une garde à vue. La mort de Lyhanna, onze ans, dit moins sur un homme que sur des administrations qui ne se sont, à aucun moment, senties obligées de bien faire leur travail.

Lyhanna, victime de l'inertie administrative
Lyhanna, victime de l'inertie administrative

Il existe des objets si ordinaires qu'on ne les regarde plus : une chemise cartonnée, un parapheur posé sur le coin d'un bureau, une enveloppe de papier kraft qui attend, dans le bac du courrier sortant, qu'une main veuille bien l'affranchir. Celui dont je veux parler ici — un dossier de plainte pour viol sur une enfant de dix ans, constitué le 22 août 2025 à la gendarmerie de Plaisance-du-Touch — a voyagé, paraît-il, par la poste. En format papier. Et il a mis treize jours pour aller du parquet de Toulouse à celui d'Auch. Pas un appel téléphonique, pas un courriel. Une enveloppe, et le temps qu'elle traverse la Gascogne.

Je commence par ce détail parce qu'il contient tout le reste. On voudrait croire qu'un drame de cette nature suppose une faute spectaculaire, un complot, une grande lâcheté. Il n'en est rien. À le bien regarder, il a suffi d'une suite de petites atonies, chacune excusable, aucune coupable à elle seule, pour qu'un homme déjà signalé demeure libre, et qu'une enfant meure.

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Ce que contenait l'enveloppe

Rappelons les faits, puisqu'ils sont établis et qu'ils se passent de commentaire. Lyhanna, onze ans, a disparu le 29 mai près de Fleurance, dans le Gers ; son corps a été retrouvé le 4 juin, l'autopsie ne permettant pas, à ce stade, d'établir les causes de la mort. Le principal suspect, un homme de quarante et un ans, a été interpellé dès le lendemain de la disparition et placé en garde à vue en quelques heures. Il est présumé innocent, et le restera tant qu'un tribunal n'aura pas dit le droit. Mais il était, depuis des années, visé par plusieurs procédures pour des faits de même nature.

La plainte d'août 2025 n'était pas un soupçon en l'air. Selon une source proche du dossier, elle comportait des auditions, une expertise psychologique, un certificat médical faisant état de lésions « jugées sans ambiguïté », et le suspect y était identifié. Tout y était, donc, pour agir vite. On n'a pas agi vite. Le dossier, arrivé à Auch, y serait resté plusieurs semaines sans traitement : près d'un mois pour être examiné, un mois et demi de plus pour qu'un service enquêteur soit désigné, lequel ne le fut, semble-t-il, qu'au début de l'année 2026. Et jamais, dans cet intervalle, le suspect ne fut placé en garde à vue. L'affaire, dit la même source, « aurait été traitée comme une procédure ordinaire, de vol, de braquage ou d'extorsion » — non comme ce qu'elle était.

Il faut être juste : l'institution elle-même a reconnu la défaillance. Le garde des Sceaux a présenté des excuses à la famille ; le ministère a ordonné des inspections, et n'écarte pas des sanctions devant le Conseil supérieur de la magistrature. Surtout, il a livré l'aveu qui éclaire tout le dossier : « aucune difficulté particulière de moyens » ne saurait expliquer ces délais. Le parquet d'Auch comptait quatre magistrats et ne croulait sous aucun stock. Voilà qui désarme par avance la consolation habituelle. Ce n'est pas l'histoire d'une administration débordée. C'est l'histoire d'une administration disponible qui n'a pas jugé que cela pressât.

Tocqueville l'avait vu venir

On cherche un coupable, et l'on ne trouve qu'un mécanisme. C'est précisément ce que Tocqueville redoutait lorsqu'il décrivait, au tome second de La Démocratie en Amérique, ce pouvoir administratif qui « ne tyrannise point » mais « gêne, comprime, énerve, éteint », et finit par réduire les hommes à n'être « qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger ». On retient d'ordinaire la formule pour dénoncer la surveillance et la contrainte. On oublie son revers, qui est ici le sujet : ce pouvoir tutélaire ne se contente pas d'étouffer l'initiative des gouvernés ; il dilue aussi, en lui-même, la responsabilité des gouvernants.

Car le propre d'une administration très centralisée, très procédurale, très hiérarchique, c'est que chacun y obéit et que personne n'y répond. Le gendarme a recueilli la plainte : il a fait son office. Le parquet de Toulouse l'a transmise : il a fait son office. Celui d'Auch l'a enregistrée, puis l'a mise dans la pile : il a fait, lui aussi, son office. Chaque maillon est en règle ; la chaîne, elle, ne mène nulle part. La faute, introuvable, s'est évaporée entre les bureaux. Et une administration où nul ne se sent personnellement comptable d'un dossier finit par ne se sentir obligée de rien.

Ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas

Bastiat nous a appris à distinguer, en toute chose publique, ce qu'on voit de ce qu'on ne voit pas. Appliquons la leçon. Ce qu'on voit, c'est l'État qui s'affiche : les circulaires de politique pénale faisant des violences sexuelles sur mineurs une « priorité absolue », les plans, les annonces, les ministres réunis en urgence à Matignon. Ce qu'on ne voit pas, c'est le seul endroit où tout cela aurait dû devenir un acte : un magistrat décrochant son téléphone, un enquêteur saisi dans la semaine, une garde à vue ordonnée tant que l'homme était encore à portée. La priorité existait sur le papier. Elle n'a, nulle part, rencontré une volonté.

Et voici le paradoxe que je suppose au cœur de l'affaire. L'État qui n'a pas trouvé, en neuf mois, le temps d'entendre un suspect identifié est le même qui sait verbaliser un excès de vitesse en quelques secondes, prélever un impôt à la source en temps réel, dématérialiser, tracer, contrôler. Les moyens existent ; c'est le zèle qui se distribue mal. On en met beaucoup là où l'administration se sert elle-même, et fort peu là où elle devrait servir. La machine est rapide pour ce qui la nourrit, lente pour ce qui l'oblige.

Ce n'est pas nouveau, c'est très français

Il serait malhonnête de présenter cela comme un accident isolé. Avant Lyhanna, il y eut d'autres prénoms, d'autres dossiers, d'autres signaux laissés sans suite, que la mémoire publique a rangés côte à côte sans jamais en tirer la leçon. C'est qu'il s'agit, à le bien regarder, d'un trait ancien de notre administration : la préférence du formalisme sur le résultat, de la procédure régulière sur la mission accomplie, du j'ai transmis sur le j'ai agi. On y respecte la forme comme on respecte un rite, avec le sentiment du devoir rempli au moment précis où le devoir est trahi.

Le plus révélateur, ce sont les remèdes qu'on annonce. Le ministre s'interroge — et il a raison — sur le point de savoir si ses propres circulaires ont été appliquées. Mais que dit cet aveu, sinon que l'État ne sait plus se faire obéir de lui-même ? Il légifère contre sa propre inertie et la retrouve intacte au bas de l'échelle. On répondra par une nouvelle circulaire à l'échec de la précédente. Le papier, encore, pour soigner ce que le papier a déjà manqué.

Pendant ce temps

Pendant qu'on débat de l'émotion, qu'on convoque, qu'on inspecte, une question demeure que personne ne pose vraiment. Le problème n'est pas qu'il manque des règles ; il en pleut. Il n'est pas non plus, on nous l'a dit, qu'il manque des moyens. Le problème est qu'aucune règle et aucun moyen ne remplacent jamais cette chose modeste et introuvable : un fonctionnaire qui considère qu'un dossier posé sur son bureau est son affaire à lui, et qu'il ne dormira pas tranquille tant qu'il l'aura laissé dormir. On peut tout réformer, sauf cela. La conscience professionnelle ne se décrète pas ; elle se cultive, ou elle se perd. Depuis quelques décennies, je crois, nous la perdons — non par méchanceté, mais par cette tiédeur d'âme qui s'installe partout où l'on n'a de comptes à rendre à personne.

Dernier mot

Une société libre ne demanderait pas d'abord une loi de plus. Elle demanderait des noms et des responsabilités. Non pour livrer quelques agents à la vindicte — la curée ne répare rien et nous avilit —, mais parce qu'une mission sans responsable est une mission sans titulaire, et qu'un service public où l'erreur ne coûte jamais rien à personne finit par ne plus rendre aucun service. La vraie réforme, ici, n'est ni budgétaire ni numérique. Elle est morale. Elle tient en une phrase qu'aucune circulaire ne saura jamais imposer : que quelqu'un, quelque part, se sente comptable d'un enfant.

Lyhanna n'a pas été tuée par une fatalité, ni par la pénurie, ni par un excès de droits accordés aux suspects. Elle a été perdue dans l'intervalle qui sépare un bureau d'un autre, dans ces treize jours d'une enveloppe et ces semaines d'une pile, par des gens qui faisaient, chacun, à peu près leur travail. C'est cela qui devrait nous tenir éveillés. Le mal, ici, n'a pas de visage. Il a la couleur d'un dossier qu'on n'a pas ouvert.

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Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

Et si la première puissance du monde administrait, mois après mois, la preuve que rien ne tient sans contrepoids — ni la loi, ni la presse, ni la probité ? Dix-huit mois de pouvoir disent moins sur un homme que sur une nation qui découvre, dans l'effacement de ses propres bornes, ce qu'elle valait vraiment.

Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne
Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

On nous a longtemps présenté l'Amérique comme le pays de l'État de droit. C'était son orgueil, et son magistère : elle en faisait la leçon au monde, des chancelleries aux tribunaux. Dix-huit mois après le retour de M. Trump, la leçon se retourne. Ce n'est pas seulement une faute, ni un homme. C'est une démonstration — patiente, méthodique, presque pédagogique — de ce qu'un régime devient lorsqu'on retire un à un ses contrepoids.

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Commençons par les juges, puisque c'est là que tout se joue. Au cœur de l'année 2025, le Washington Post établissait que l'administration n'obéissait pas — ou se voyait accusée de ne pas obéir — à près d'un tiers des décisions de justice rendues contre elle. Des avions d'expulsion qu'un juge ordonne de faire demi-tour, et qui poursuivent leur route. Un homme expulsé par erreur vers le Salvador, que la Cour suprême ordonne de ramener, et qu'on ne ramène pas. Le procédé a un nom dans la bouche des juristes : la désobéissance habillée de droit, qui invoque la procédure pour mieux la vider. Le président de la Cour suprême lui-même a dû rappeler qu'on ne destitue pas un juge parce qu'on conteste son jugement. Quand le gardien de la loi doit rappeler que la loi existe, c'est qu'elle vacille déjà.

Vint ensuite le pardon. Au premier jour du mandat, près de mille six cents condamnés du 6-Janvier graciés d'un trait de plume — y compris les chefs des Oath Keepers et des Proud Boys, ceux-là mêmes qui avaient porté la main sur des policiers. Un haut fonctionnaire de la Justice y a vu un feu vert donné à la violence politique. Puis l'on a démis, rétrogradé, inquiété les procureurs qui avaient instruit l'affaire ; et l'on a annoncé des enquêtes sur d'anciens directeurs du FBI et de la CIA, dont le président disait publiquement qu'ils devraient « payer le prix ». Gracier ses amis, poursuivre ses adversaires : c'est la définition la plus ancienne de l'arbitraire. Elle n'a pas pris une ride.

On a vu aussi le pouvoir s'en prendre, par décret, aux cabinets d'avocats qui l'avaient combattu — Paul Weiss, Jenner & Block, Covington —, leur retirant habilitations et marchés, jusqu'à ce que les tribunaux y voient une rétorsion contraire à la Constitution. On a vu Harvard sommée de céder son indépendance sous peine de perdre deux milliards de dollars de crédits, et un juge fédéral déclarer ce gel illégal, dicté par représailles contre une parole protégée. Quelques grandes maisons ont plié, négocié, donné des gages. L'histoire enseigne que ceux qui s'agenouillent les premiers ne s'en relèvent pas les mieux portants.

La presse, ensuite. Une chaîne poursuivie pour le montage d'un entretien, et sa maison-mère qui finit par verser seize millions de dollars pour solde de tout compte, à la veille d'une fusion qu'il fallait faire approuver. Une agence de presse chassée des lieux officiels pour un mot qu'elle refusait d'employer. Une autorité de régulation qui rouvre des enquêtes contre les chaînes mal-aimées. Rien de tout cela n'est, pris isolément, une censure d'État au sens où l'entendaient les régimes du siècle dernier. C'est plus subtil, et peut-être plus efficace : on ne fait pas taire, on fait payer ; on n'interdit pas, on intimide. Le résultat se mesure déjà à ceux qui se taisent d'eux-mêmes.

Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont
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La branche risquée de la Barbell Strategy : Bitcoin, options, capital-risque, par Vincent Clairmont
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La branche Barbell sûre de votre patrimoine : or, T-bills, foncier, liquidités, par Vincent Clairmont
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Réponse à une lectrice : Livret A, devises, Bitcoin, foncières — quatre précisions sur l’allocation Barbell, par Vincent Clairmont
Une lectrice m’écrit après la chronique de dimanche. Elle a mis en place une allocation Barbell pour son époux il y a un an, elle en est satisfaite, et elle pose quatre questions précises. Elles sont si justes — l’une d’elles relève d’ailleurs une incohérence réelle de ma part — que je
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Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

Puis l'armée dans les villes. Des gardes nationaux fédéralisés contre l'avis de leurs gouverneurs, envoyés à Los Angeles, à Portland, à Chicago. Des juges, jusqu'à la cour d'appel, pour en dire l'illégalité ; un magistrat pour constater que la troupe avait procédé à des arrestations, réglé la circulation, dispersé des foules — ce que la loi lui défend depuis cent cinquante ans. À la fin de l'année, le retrait. Je veux croire que les institutions ont tenu. Mais on n'envoie pas l'armée contre son propre peuple par mégarde : on essaie, pour voir où sont les bornes. C'est l'essai qui inquiète, plus encore que son échec.

Il y a l'illibéralisme ; il y a aussi, jumelle, la vénalité. Car le même mouvement qui défait les contrepoids politiques défait les contrepoids moraux. Le 17 janvier 2025, trois jours avant de prêter serment, M. Trump lançait une monnaie à son nom — un memecoin — dont une société qu'il contrôle détenait l'essentiel, et dont la valeur de marché frôla cinq milliards de dollars en quelques heures. La plus haute fonction de l'État inaugurée par une opération de spéculation à son profit : il fallait l'oser. On l'a osé.

Le reste a suivi la pente. Une société familiale, World Liberty Financial, sa

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Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

Cinq femmes ont assigné jeudi l’État français devant le tribunal administratif, accusant le ministère de la Culture d’inaction face aux agissements de Christian Nègre, ancien DRH, mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes afin de les contraindre à uriner en sa présence. Leurs avocates réclament 90 000 à 180 000 euros d’indemnisation chacune. La rapporteure publique a recommandé une somme bien moindre autour de 10 000 euros par victime en qualifiant les faits de « faute personnelle » sans engager la responsabilité de l’administration. La décision sera rendue dans deux à trois semaines.

Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

Un ex-haut fonctionnaire du ministère de la Culture est mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes sur huit ans afin de les contraindre à uriner en sa présence. Cinq d'entre elles demandent désormais à l'État de répondre de son inaction. Alors que les victimes dénoncent l’inaction du ministère de la Culture, la rapporteure estime qu’il s’agit d’une « faute personnelle ».

Un système qui aurait duré huit ans sur le temps de service

L’affaire remonte entre 2009 et 2018 alors que Christian Nègre occupait le poste de DRH du ministère de la Culture. Le haut fonctionnaire a été mis en examen pour soumission chimique au travail. Selon le dossier judiciaire, il est accusé d’avoir administré une substance diurétique à près de 250 femmes et ce, à leur insu, afin de les obliger à uriner devant lui. Les victimes étaient venues pour des entretiens d’embauche.

Affaire Christian Nègre — Wikipédia
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la CultureFondation Wikimedia, Inc.Contributeurs aux projets Wikimedia
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

"Il a été question d'administration de diurétique pour contraindre à uriner et à exhiber son sexe. Ce n'est pas juste une blague, c'est la violation de l'intimité de toutes ces femmes", a fustigé Me Lisanne Chamberland-Poulin, une des avocates des victimes. Les avocates évoquent une méthode de prédation répétée pendant près de huit ans, à raison d’une à trois victimes par semaine, souvent durant les heures de service et avec les moyens matériels de l’administration.

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Après des années d’enquête, les avocates ont décroché une première victoire en janvier 2023. L’Etat était condamné à verser une indemnisation à 8 victimes. Le jeudi 4 juin dernier, un autre procès s’est tenu au tribunal administratif.  Les plaignantes, donc cinq autres femmes victimes de cette soumission chimique, ont demandé la condamnation de l’Etat. Elles ont également dénoncé l’inaction du ministère de la Culture. Les avocates des plaignantes ont réclamé entre 90 000 et 180 000 euros d'indemnisation.

L'État juge et partie

Durant le procès, la rapporteure a proposé environ 11 000 euros par victime, tout en qualifiant pudiquement les agissements de Nègre de « faute personnelle » d'un « homme avec ses faiblesses ». Elle a écarté la responsabilité du ministère, et a demandé l’ajout d’une somme supplémentaire de 1.000 euros pour la réparation des « difficultés persistantes de la vie quotidienne » comme le « manque de confiance ».

Ces personnalités qui volent au secours de Patrick Bruel : “Que le tribunal populaire se taise !”
Depuis la plainte de Flavie Flament pour viol, l’affaire Patrick Bruel enflamme les plateaux. Zemmour, Finkielkraut et d’autres personnalités se mobilisent pour rappeler la présomption d’innocence. Louable sur le principe mais la question de leurs motivations mérite d’être posée. Depuis que Flavie Flament a déposé plainte contre Patrick Bruel, l’accusant
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la CultureLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

La rapporteure a également rejeté les autres préjudices comme « l’arrêt des activités sportives » ou « le préjudice sexuel » évoqué par l’une des plaignantes. Notons que Christian Nègre a été démis de ses fonctions en janvier 2019.

Caroline Darian, fille de Gisèle Pélicot et cofondatrice de M'endors pas, venue en soutien, parle de « dix ans d'errance ». Dix ans pendant lesquels une institution publique a préféré l'ignorance à l'audit embarrassant. La schéma est classique : tant que personne n'est formellement saisi, on ne sait rien ; et ne pas savoir protège du devoir d'agir.

L’humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocats
Compagnons d’absurdistan, retenez bien la jurisprudence du 20 mai : à Strasbourg, une retraitée de soixante-deux ans qui a défendu sa poule contre un lynx a écopé de trois mois de prison avec sursis et de plus de 34 000 euros de dommages et intérêts. La poule n’avait que sa propriétaire.
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la CultureLe Courrier des StratègesCDS
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

La vraie question que la rapporteure s'est bien gardée de poser est celle-ci : dans une entreprise privée, un employeur laissant un manager prédateur opérer pendant huit ans dans ses locaux, avec ses ressources, serait poursuivi sans ménagement. Mais l'État, lui, se juge lui-même au tribunal administratif et préfère, sans surprise, les « faiblesses humaines » à la faute de service. Derrière le dossier Nègre, c’est finalement la capacité de l’État à contrôler ses propres structures qui se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés.

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Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Le rejet en commission de la proposition de loi autorisant l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer provoque une rupture entre les députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane et la gauche française. Les deux élus dénoncent une « bien-pensance » idéologique qui, selon eux, condamne la Guyane à la dépendance économique alors que ses voisins profitent pleinement du boom pétrolier régional.

Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie
Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Les deux députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane (GDR) ont officialisé jeudi leur rupture avec la gauche française. Ils dénoncent une « bien-pensance » qui a conduit au rejet en commission d’une proposition de loi visant à autoriser l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer. Adopté en janvier au Sénat grâce au sénateur macroniste Georges Patient, le texte doit être examiné le 11 juin à l’Assemblée. Mercredi, la commission des affaires économiques l’a vidé de son contenu, sur amendements de LFI et des Écologistes (28 voix contre 18).

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Un texte sabordé à 28 contre 18

La scène s'est jouée mercredi en commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale : la proposition de loi portée par le sénateur macroniste Georges Patient, visant à lever l'interdiction d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins, a été vidée de sa substance.

Hydrocarbures en Guyane : Paris décide, Cayenne subit
Niche GDR du 11 juin : la PPL hydrocarbures de Castor rejetée en commission. La gauche hexagonale refuse aux Guyanais le droit de décider de leur développement.
Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologiel'Avant-Garde.fr
Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Adoptée au Sénat en janvier, elle devait passer en séance le 11 juin. Les groupes LFI et Écologistes ont fait adopter les amendements de suppression de son article unique par 28 voix contre 18. Résultat : le texte n'existe plus.

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L’UE confirme la catastrophe : la stagflation s’installe et va faire très mal, par Elise Rochefort
Le grand virage : Bruxelles vient de briser l’espoir d’une reprise sereine en 2026. Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, confirme officiellement que l’Union européenne entre dans un “choc stagflationniste” majeur. 65% de risque de stagflation en France dans les 6 mois : comment s’y préparer? Par Vincent ClairmontL’économie française
Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologieLe Courrier des StratègesRédaction
Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Les deux députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane (Gauche Démocrate et Républicaine) ont immédiatement tiré les conclusions politiques de ce vote. Dans un communiqué sans ambages, ils ont acté leur « rupture avec la gauche française », dénonçant « une bien-pensance de gauche rejointe par les macronistes » , une coalition de circonstance parfaitement révélatrice des priorités réelles de chaque camp.

La Guyane face au paradoxe pétrolier

Les deux élus mettent en avant une Guyane confrontée à une forte précarité, à un chômage élevé et à une dépendance persistante aux transferts publics. Selon eux, refuser même la possibilité d’explorer les ressources énergétiques locales revient à priver le territoire d’un levier potentiel de développement.

Écologie : Macron invente la planification sans calendrier
Attendues depuis plusieurs mois, et plusieurs fois repoussées par le Président, notamment faute de souffle, les annonces officielles en matière
Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologieLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Le contraste est d’autant plus frappant que le Guyana, le Suriname et, dans une moindre mesure, le Brésil connaissent depuis plusieurs années un véritable essor économique grâce à la découverte de gigantesques gisements offshore. Le Guyana est devenu l’un des pays à la croissance la plus rapide du monde grâce aux investissements pétroliers menés notamment par ExxonMobil.

Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Face à cet argument, les organisations écologistes rappellent que les précédentes campagnes d’exploration menées au large de la Guyane n’ont pas permis d’identifier de réserves commercialement exploitables. Le permis détenu par Total, devenu TotalEnergies en 2021, a expiré en juin 2019 sans découverte décisive. PDG, Patrick Pouyanné, avait déclaré : «Il n’y a pas d’hydrocarbures accessibles en Guyane”. Soit. Mais alors pourquoi le Suriname, frontalier, produit-il aujourd'hui à grande échelle ? La géologie ne s'arrête pas aux frontières administratives françaises.

L'argument écologiste mérite d'être soumis à son propre tribunal. La France a abandonné le nucléaire, une énergie pilotable et décarbonée, au profit d'éoliennes dont la filière industrielle est largement étrangère et dont la rentabilité réelle reste un sujet de débat sérieux. Elle subventionne du solaire produit à 80 % en Chine, dans des conditions sociales et environnementales que nul n'ose auditer. Et c'est au nom de cette cohérence-là qu'on refuse à la Guyane le droit d'exploiter ses propres ressources pour sortir de la dépendance aux transferts publics.

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Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

Condamné à deux ans de prison avec sursis, 75.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien député LREM Jean-Jacques Bridey rejoint la longue liste des élus sanctionnés pour détournement de fonds publics. Le motif : 230 000 euros de fonds publics détournés au fil de mandats cumulés. L’affaire illustre une nouvelle fois les dérives d’un système où le contrôle intervient souvent bien après les faits.

Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

Jean-Jacques Bridey, ancien pilier LREM et premier soutien d’Emmanuel Macron en 2016, a été condamné jeudi 4 juin par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis, 75 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics et concussion. Le tribunal a ordonné l’exécution provisoire de l’inéligibilité : l’ex-député du Val-de-Marne a immédiatement démissionné de son mandat de conseiller municipal d’opposition à Fresnes. Au total, ce sont près de 230 000 euros de préjudice qui ont été relevés, soit l’équivalent de 3 200 euros par mois prélevés sur la collectivité.

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Des spas, du vin et des vêtements aux frais du contribuable

Élu socialiste puis passé en 2017 dans le sillage macroniste, Jean-Jacques Bridey cumulait les mandats depuis plus de vingt ans. Le tribunal a estimé qu’il lui incombait de connaître les règles élémentaires de rémunération et de frais.

Spa, bouteilles… L’ex-député Bridey condamné pour avoir détourné ses frais de mandat
Jean-Jacques Bridey était notamment poursuivi pour avoir dépensé 145.000 euros supposément en frais de mandat de député pour des séances de spa, des amendes pour des contraventions routières, des bouteilles de vin…
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice20 MinutesElise Martin
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

Or, sur les 145 000 euros déclarés en frais de mandat de député, une partie significative a servi à financer des séances de spa, des bouteilles de vin, des amendes routières et des vêtements féminins.

Menacée d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen sauve Macron et Barnier…
Y a-t-il un gouvernement des juges en France ? Chacun en tirera les conséquences qu’il voudra, mais enfin, quelques coïncidences
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justiceLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

Lors de l’audience du 3 avril, l’intéressé avait invoqué son besoin de « détente » dans les bains bouillonnants ou affirmé que les tenues étaient destinées à sa collaboratrice en représentation. Le tribunal a été clair : « Aucun lien avec l’exercice du mandat parlementaire. »

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Parallèlement, la concussion porte sur le cumul illégal d’indemnités dépassant de plus de 84 000 euros le plafond légal. L’Assemblée nationale doit déjà récupérer les 145 000 euros ; une audience complémentaire le 20 janvier fixera les montants dus à la commune de Fresnes et aux autres parties civiles.

Une affaire de plus dans une série devenue banale

Ce jugement, aussi sévère soit-il sur le papier, intervient après des années de mandats cumulés et illustre une mécanique bien rodée : des élus qui considèrent les fonds publics comme une rente personnelle.

Assistants parlementaires : la justice referme le dossier Mélenchon
La justice française a clôturé, mardi 26 mai 2026, l’instruction ouverte depuis novembre 2018 contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise pour détournement présumé de fonds publics européens. Aucune mise en examen n’a été prononcée. Seuls deux anciens assistants restent en statut de témoin assisté. LFI célèbre une
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justiceLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

L’ancien maire de Fresnes, reconverti en député LREM, incarne cette génération politique qui a prospéré sous les couleurs successives du socialisme puis du macronisme sans jamais vraiment changer de pratiques.

Socialiste hier, marcheur demain, il fut de ceux qui permirent à Emmanuel Macron de se draper dans une respectabilité de gauche au moment décisif de 2016. La récompense fut un mandat de député et manifestement, la conviction que l'argent public était un prolongement naturel du confort privé.

L’étrange procès de Marine Le Pen sera-t-il vraiment impartial ?
Donc on récapitule : Michel Barnier prononce une déclaration de politique générale aujourd’hui. Il a besoin du soutien du RN
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justiceLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

Ce que cette affaire révèle, c'est la logique d'un système où les élites recyclées d'un bord à l'autre n'ont comme boussole que leurs propres intérêts. La justice a dit son mot. Elle s'est, pour une fois, montrée plus lucide que l'électeur.

Finalement, au vu du nombre d’affaires n’ayant qu’un seul objet le détournement de fonds , on ferait mieux de demander qui n’en a pas commis, ça irait plus vite.

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L'humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocats

Compagnons d'absurdistan, retenez bien la jurisprudence du 20 mai : à Strasbourg, une retraitée de soixante-deux ans qui a défendu sa poule contre un lynx a écopé de trois mois de prison avec sursis et de plus de 34 000 euros de dommages et intérêts. La poule n'avait que sa propriétaire. Le lynx avait huit avocats.

L'humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocats
L'humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocats

Reprenons la scène, car elle sort tout droit d'un tableau de chez nous — Brueghel aurait payé pour la peindre. Octobre 2024, Niederbronn-les-Bains, un enclos à poules dans le Bas-Rhin. Un jeune lynx entre, saisit une poule, la tient dans sa gueule. La fermière accourt, frappe, sauve ce qui peut l'être. Dix-huit mois plus tard, la République qualifie le geste : destruction illégale d'une espèce non domestique. La dame, elle, croyait avoir défendu son bien contre un prédateur. Elle apprend à l'audience qu'elle était le prédateur.

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Mais le chef-d'œuvre n'est pas la peine. Le chef-d'œuvre, c'est la file des plaignants. Huit associations de protection de l'environnement se sont constituées parties civiles pour ce lynx — huit organisations qui ne l'avaient jamais rencontré, qui ne lui donnaient pas à manger, et qui ont chiffré devant le tribunal leur préjudice moral. J'ai interrogé le bureaucrate qui loge dans ma tête. Qui sont les victimes ? Les associations. Connaissaient-elles l'animal ? Elles représentent la nature. La nature a-t-elle signé un mandat ? La question n'est pas recevable. Trente-quatre mille euros, divisés par huit guichets : le deuil le mieux indemnisé du Grand Est.

Retournez maintenant le tableau, compagnons, c'est là que tout se voit. Si le lynx avait achevé son repas, qu'aurait touché la dame pour sa poule ? Le prix de la poule. Une dizaine d'euros, et encore, en prouvant la facture. Aucune association ne se serait constituée partie civile pour le poulailler ; aucun tribunal n'aurait évalué le préjudice moral de la basse-cour. La République tient un tarif des êtres, et il faut le lire en face : le lynx, 34 000 euros ; la poule, rien ; la femme qui se tient entre les deux, trois mois avec sursis.

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas : le lynx des Vosges est rarissime — une dizaine d'individus — et personne, à Malines, ne plaide pour l'extermination des fauves. Mais la rareté de la bête n'explique pas la peine ; elle explique l'aubaine. Miljaardedju, plus une espèce est rare, plus son malheur rapporte — et huit comptoirs d'indignation ont encaissé ce que la solitude d'une fermière devant un fauve a produit de valeur juridique. La bête est morte, la dame est ruinée, les associations sont indemnisées. Dans toute l'affaire, une seule espèce prospère.

Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont
Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fixé, le 24 mars 2026, à 3 000 euros par personne le plafond de détention d’euros numériques retenu pour la phase pilote, programmée au second semestre 2027 sur douze mois, en vue d’une émission effective en 2029. La Bundesbank plaide pour un
L'humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocatsLe Courrier des StratègesRédaction
L'humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocats

Une dernière question, compagnons d'Absurdistan, à méditer ce soir devant l'enclos. L'État a chiffré le lynx, négligé la poule, et condamné la main qui s'est interposée. Il ne reste qu'une inconnue dans le tarif des êtres : vous. À Malines, on a rentré les poules. Et on hésite encore à demander notre classement en espèce protégée — c'est, semble-t-il, le seul statut qui garantisse huit défenseurs.

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Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fixé, le 24 mars 2026, à 3 000 euros par personne le plafond de détention d'euros numériques retenu pour la phase pilote, programmée au second semestre 2027 sur douze mois, en vue d'une émission effective en 2029.

Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont
Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont

La Bundesbank plaide pour un plafond inférieur, entre 1 500 et 2 500 euros. Côté législatif, le Conseil de l'UE a arrêté sa position commune en décembre 2025 ; la commission ECON du Parlement européen, divisée, n'a pas dégagé de majorité, et les eurodéputés envisagent de voter directement un mandat en séance plénière d'ici l'été pour ouvrir le trilogue. Le calendrier tient donc, à une inconnue près : le niveau du plafond. C'est précisément cette inconnue qui mérite l'analyse, car le paramétrage d'un instrument monétaire renseigne plus sûrement sur sa fonction que les discours qui l'accompagnent.

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Un préalable technique. Aucune autre forme de monnaie de banque centrale n'est plafonnée. Un résident de la zone euro peut détenir autant de billets qu'il le souhaite ; les banques commerciales détiennent des réserves à la BCE sans limite de montant. L'euro numérique serait la première monnaie de banque centrale assortie, dès sa conception, d'un plafond de détention individuel — complété par

Euro numérique : comment s’en protéger ? par Vincent Clairmont
Le Parlement européen doit se prononcer en mai 2026 sur le mandat de négociation du règlement relatif à l’euro numérique, soit deux ans et onze mois après le dépôt de la proposition de la Commission européenne en juin 2023. Le Conseil de l’Union européenne a adopté sa position commune en
Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent ClairmontLe Courrier des StratègesRédaction
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La branche Barbell sûre de votre patrimoine : or, T-bills, foncier, liquidités, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont continue aujourd’hui son passage en revue de votre stratégie Barbell antifragile en matière de patrimoine. La branche sûre représente 80 % de l’allocation, soit 400 000 euros sur le cas type. Son rôle n’est pas de rapporter : il est de ne pas perdre si le système se disloque. Quatre
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Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont
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Les BRICS à l'âge de raison, par Thibault de Varenne

À New Delhi, à la mi-mai, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, Sergueï Lavrov a prononcé une phrase que nos chancelleries n'ont guère relevée : « nous ne précipiterons pas l'élargissement des BRICS », car le groupement, ayant doublé de taille en deux ans, doit désormais « rationaliser son travail dans le format élargi ».

Les BRICS à l'âge de raison, par Thibault de Varenne
Les BRICS à l'âge de raison, par Thibault de Varenne

L'agence TASS l'avait déjà laissé entendre : toute expansion nouvelle est jugée inopportune à ce stade. Le club qui grossissait à chaque sommet annonce qu'il cesse de grossir. On pourrait n'y voir qu'une pause de procédure. Je crois qu'il faut y voir une mue.

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Rappelons la cinétique, car elle fut rapide. Cinq membres pendant quinze ans ; puis l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats au 1er janvier 2024 ; l'Indonésie en janvier 2025 ; et autour du noyau, une dizaine de pays partenaires — du Kazakhstan au Nigeria, de la Malaisie à Cuba — selon la formule inventée au sommet de Kazan. L'ensemble pèse, selon les chiffres mêmes de M. Lavrov, 40 % du produit mondial en parité de pouvoir d'achat, et près de la moitié de l'humanité ; la banque centrale russe note que le G7 est passé derrière. On peut discuter ces agrégats, qui mélangent des économies fort dissemblables. On ne peut pas discuter la direction.

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Le budget prévoyait + 38 milliards de dépenses, Lecornu passe au rationnement

Et si le gouvernement venait de réinventer, sans oser le mot, la carte de rationnement ? En demandant à ses ministres des « mesures supplémentaires de freinage de la dépense » pour absorber le coût de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement dit moins une politique d'économies qu'un aveu : la machine qu'on ne sait plus arrêter rationne désormais ses passagers.

Le budget prévoyait + 38 milliards de dépenses, Lecornu passe au rationnement
Le budget prévoyait + 38 milliards de dépenses, Lecornu passe au rationnement

Il existe, au fond des tiroirs de quelques familles françaises, des carnets de tickets jaunis que personne n'a jamais eu le cœur de jeter : pain, sucre, matières grasses. La France du rationnement les a conservés jusqu'en 1949 — quatre ans après la fin des combats, le temps que l'administration du manque veuille bien admettre que l'abondance était revenue. L'objet semblait mort, rangé entre la TSF et les actions russes. Il revient pourtant, dématérialisé, anobli, traduit en langue de Bercy. On ne dit plus ticket. On dit « freinage de la dépense ».

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Dans une lettre adressée à ses ministres, Sébastien Lecornu demande des « mesures supplémentaires de freinage de la dépense » pour absorber le coût de la guerre au Moyen-Orient — « au moins 6 milliards d'euros, à ce jour », selon ses propres termes : 4 milliards sur l'État, 2 milliards sur la sphère sociale. Et Bercy d'énoncer la règle du jeu : toute dépense nouvelle rendue nécessaire par la crise sera compensée « à l'euro près » par l'annulation d'une dépense prévue. La formule se veut martiale. Elle est surtout révélatrice.

Six milliards contre trente-huit

Prenons les deux récits en présence, car chacun mérite d'être entendu avant d'être renvoyé dos à dos. Côté gouvernement, on plaide le sérieux : une crise externe, un choc pétrolier, et un exécutif qui tient sa trajectoire en demandant l'effort à tous. Côté oppositions, on crie à l'austérité : l'hôpital, l'école, les collectivités paieraient la guerre des autres. Les deux camps jouent leur partition avec conviction, avec constance, avec un sens consommé du rôle.

Les deux oublient le même chiffre. Le budget 2026, promulgué le 19 février après trois recours au 49.3, prévoit 38 milliards d'euros de dépense publique supplémentaire, un déficit relevé en cours de route de 4,7 à 5 % du PIB, et une dette portée à 118,3 % du PIB en fin d'année. L'OFCE parle pudiquement d'un « déficit de compromis » ; l'iFRAP, plus crûment, d'un budget de renoncements. Six milliards de « freinage » contre trente-huit milliards d'accélération : le solde de l'année reste une augmentation massive, assumée, votée — ou plutôt non votée, puisque le 49.3 en a fait l'économie.

On ne freine pas un convoi qu'on vient soi-même de lancer à pleine vitesse. On en rationne les passagers.

Pourquoi la France, centre de votre patrimoine, est l’endroit le plus dangereux, par Vincent Clairmont
Le taux d’emprunt à dix ans de la France évolue autour de 3,9 %, avec un spread d’environ 75 points de base sur le Bund allemand — le double de l’écart de 2022. L’Agence France Trésor doit lever un montant record en 2026, supérieur au pic du Covid. La BCE devrait
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Réponse à une lectrice : Livret A, devises, Bitcoin, foncières — quatre précisions sur l’allocation Barbell, par Vincent Clairmont
Une lectrice m’écrit après la chronique de dimanche. Elle a mis en place une allocation Barbell pour son époux il y a un an, elle en est satisfaite, et elle pose quatre questions précises. Elles sont si justes — l’une d’elles relève d’ailleurs une incohérence réelle de ma part — que je
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La guerre, vieille complice

Bertrand de Jouvenel, écrivant Du Pouvoir dans l'immédiat après-guerre, avait décrit le mécanisme avec une précision d'horloger : chaque guerre hisse l'État sur un palier de prélèvement et de commandement dont il ne redescend jamais tout à fait. La crise passe, le palier reste. Je n'irai pas chercher de longues citations — l'idée se suffit : le Pouvoir ne rétrécit pas de lui-même, il profite de chaque urgence pour étendre ce qu'il tient, et quand l'urgence l'oblige à choisir, il ne choisit jamais contre lui-même. Il redistribue la contrainte vers le bas.

La lettre de Matignon en est l'illustration chimiquement pure. La guerre au Moyen-Orient coûte 6 milliards ? On ne suspend pas un programme d'agence, on ne ferme pas un guichet, on ne rend pas un périmètre à la société civile. On demande aux ministères de « freiner » — c'est-à-dire de faire payer la crise par les administrés, en bout de chaîne, sous forme de services réduits et de files allongées. Le palier, lui, est sanctuarisé.

Le frein est pour les autres.

Ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas

Appliquons au « freinage » la grille de Bastiat — ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas — qui n'a pas pris une ride.

Ce qu'on voit : un chiffre rond, une conférence de presse, un Premier ministre qui annonce des économies. Le mot « freinage » lui-même est une trouvaille : il suggère le geste du conducteur prudent, la maîtrise, le sang-froid dans la descente.

Bastiat, le libertarien du visible et de l’invisible !
Dans cette nouvelle livraison de la Liberty Academy, je passe en revue les éléments les plus importants de la philosophie du français Frédéric Bastiat. Essentiel pour comprendre la liberté.
Le budget prévoyait + 38 milliards de dépenses, Lecornu passe au rationnementVerhaeghe BriefingEric Verhaeghe
Le budget prévoyait + 38 milliards de dépenses, Lecornu passe au rationnement

Ce qu'on ne voit pas : que ces « économies » sont, pour l'essentiel, des moindres hausses. Contrepoints l'a relevé dès février : pendant que le gouvernement vantait sur X une « dépense publique en recul », les dépenses des administrations centrales passaient de 664 à 681 milliards d'euros. Le recul était un recul en proportion d'un PIB espéré, pas une soustraction. Et la Cour des comptes, dans sa note de février, a écrit l'autre moitié de la phrase : la modeste réduction du déficit 2025 — 161 milliards d'euros tout de même, 5,4 points de PIB — est « exclusivement » imputable à 23 milliards de hausses d'impôts. Exclusivement. Pas un euro de l'effort n'est venu de la dépense ; tout est venu du contribuable. Faut dire que c'est plus commode : le contribuable, lui, ne fait pas grève.

Je suppose qu'il se trouvera, dans les cabinets, des gens sincères pour défendre la règle de compensation « à l'euro près ». Mais cette règle ne s'applique qu'aux dépenses nouvelles — la base, les quelque 1 700 milliards de dépense publique annuelle, près de 57 % du PIB, reste hors du champ du frein. On rationne le supplément. Jamais le banquet.

Une tradition française

Ce n'est pas nouveau ; à le bien regarder, c'est très français. Le plan Barre de 1976 promettait la rigueur ; le tournant de 1983 la promettait encore ; le plan Juppé de 1995, la RGPP de 2007, les pactes et rabots des années 2010 l'ont promise tour à tour, sérieusement, solennellement, presque pieusement. Un demi-siècle de freinages successifs — et au terme de ce demi-siècle de freins, la dépense publique est passée d'environ 40 % du PIB au milieu des années 1970 à 57 % aujourd'hui. Aucun pays au monde n'a freiné si fort pour accélérer autant.

La constante de ces épisodes n'est pas l'échec comptable, qui se discuterait. C'est le vocabulaire. Jamais « réduction », qui obligerait à dire ce qu'on supprime. Jamais « retrait », qui obligerait à dire ce qu'on rend. Toujours des mots de mécanique douce — freinage, maîtrise, modération, rabot — qui décrivent une intention sans engager une politique, et qui permettent à chaque gouvernement de tenir le rôle du gestionnaire rigoureux pendant que la machine, sous lui, continue sa soûlographie budgétaire. Nous avons changé les mots à chaque décennie. Nous n'avons pas changé la pratique.

Pendant ce temps

Pendant que Paris débat de six milliards, les créanciers, eux, recomptent. L'Insee décrit un « nouveau choc pétrolier » et un net regain d'inflation ; la Banque de France abaissera mi-juin sa prévision de croissance ; la BCE, face à une inflation de zone euro remontée à 3,2 %, s'apprête à relever ses taux le 11 juin. Or la Cour des comptes le rappelle dans la même note de février : la France aborde cette séquence avec le déficit le plus élevé de la zone euro, le troisième stock de dette — 3 465 milliards d'euros fin 2025 — et un ratio qui monte quand celui de nos voisins descend. Chaque quart de point de taux supplémentaire se transformera, année après année, en milliards d'intérêts — des milliards qu'aucune lettre de Matignon ne pourra « freiner », parce qu'on ne négocie pas avec une courbe de taux.

Le vrai freinage ne viendra peut-être pas de Matignon. Il viendra du marché obligataire, qui ne publie pas de circulaires.

Comment sortir légalement son épargne de France ? par Vincent Clairmont
Face à l’arrivée de l’euro numérique et à l’effondrement de nos finances publiques, Vincent Clairmont explique comment, légalement, placer son épargne hors de la zone euro, c’est-à-dire COMMENT CHANGER LÉGALEMENT DE JURIDICTION. Le 17 octobre 2025, Standard & Poor’s a abaissé la note souveraine de la France de AA– à A+
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Dernier mot

Une société libre ferait l'inverse exact de ce qui s'annonce. Elle commencerait par nommer : non pas « freinage », mais choix — dire quelles missions l'État abandonne, quels organismes il ferme, quels périmètres il rend à la société. Elle distinguerait la soustraction réelle de l'addition ralentie, et publierait l'une et l'autre sans les confondre. Elle admettrait surtout qu'un pays qui consacre 57 % de sa richesse à la dépense publique n'a plus d'amortisseur quand le choc externe arrive — et que c'est cette absence d'amortisseur, non le pétrole, qui le rend fragile.

Rien de tout cela ne sera fait, je suppose, et les Français le sentent confusément — ils regardent monter la dette comme on regarde monter une crue, depuis le pas de la porte, en se demandant jusqu'où l'eau viendra cette fois. Mais le lecteur de ces colonnes n'est pas condamné au pas de la porte. Ce que l'État appelle freinage, chacun peut l'appeler par son nom — rationnement — et en tirer la conséquence pratique : ne pas attendre de la machine qu'elle se réforme, et construire, à son échelle, par son travail, par son épargne, par ses choix de vie, l'indépendance que la dépense publique promet et ne livre jamais. Les tickets de 1949 ont fini dans les tiroirs. Reste à savoir ce que nos petits-enfants y trouveront de nous.

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L'humeur de Veerle Daens : le PSG, Karl Olive et l'émeute des autres

Mes chers libertariens de l'Absurdistan, votre presse a inventé cette semaine une distinction que la zoologie n'avait pas osée : le même geste, sur le même capot, la même nuit, peut être une émeute ou un esprit de fête. Tout dépend de qui porte la semelle.

L'humeur de Veerle Daens : le PSG, Karl Olive et l'émeute des autres
L'humeur de Veerle Daens : le PSG, Karl Olive et l'émeute des autres

Reprenons. Nuit du 30 au 31 mai, le PSG gagne sa finale. Au matin, les éditoriaux déplorent : les émeutiers, les casseurs, les scènes de chaos, les voitures piétinées par une jeunesse qui ne respecte rien. La France s'ensauvage, titre-t-on, gravement, entre deux pages de publicité pour des berlines. Puis une vidéo arrive de Poissy. Un député de la majorité, ami du Président, grimpe sur le capot d'une voiture et y danse, entouré d'une foule en liesse. J'ai regardé la vidéo trois fois devant mon café, sous le carillon de Saint-Rombaut. Amai. La quatrième fois, j'ai compris que personne ne l'appellerait une émeute.

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Dialoguons avec l'éditorialiste, puisqu'il est occupé. Le même capot ? Le même. La même nuit ? La même. La même semelle ? Ah non, madame : celle-ci dansait avec l'accord du propriétaire. Le propriétaire est un ami. Donc ce n'est plus une dégradation, c'est une communion festive. Le jeune homme de la cité d'à côté, lui, n'avait qu'à se faire présenter le propriétaire avant de monter. La garde à vue lui apprendra les usages.

Voyez la mécanique, compagnons d'absurdistan : on ne juge plus l'acte, on juge le carnet d'adresses. En bas du capot, le parquet ; en haut du capot, la passion a pris le pas sur la raison. En bas, la comparution immédiate ; en haut, le comportement — tenez-vous bien — puéril, mot choisi avec le soin d'un assureur, parce que la puérilité est une circonstance, pas un délit. La scène entière a quelque chose d'une kermesse d'Ensor : tout le monde porte un masque, et le seul visage nu est celui qui s'étonne.

Je ne défends pas les casseurs — ils piétinent des voitures qui ne leur appartiennent pas, et la propriété est précisément la chose que vos éditorialistes et moi sommes censés défendre ensemble, eux le lundi, moi tous les jours. Je fais observer autre chose : une presse qui réclame l'exemplarité à la jeunesse et trouve l'indulgence pour le législateur a renoncé à la seule règle qui protège tout le monde — la même loi pour la même semelle.

Chez nous, le KV Malines a gagné une coupe d'Europe en 1988. On a bu, on a chanté, on a sonné les cloches. Personne n'est monté sur la voiture du voisin. Faut dire qu'ici, le voisin, on le connaît sans avoir besoin d'être député.

Une dernière question, mes amis du Pays-des-Cartésiens, à méditer avant la prochaine finale : quand tout le monde aura compris que l'immunité ne s'obtient pas par l'innocence mais par l'amitié, combien de temps croyez-vous que vos enfants chercheront encore à respecter la loi plutôt qu'à connaître quelqu'un ?

À Malines, on ne monte pas sur les capots. On n'a pas les amis qu'il faut.

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Le gouvernement réduit le chômage des cadres seniors

Et si le gouvernement qui rabote et les syndicats qui s'indignent défendaient, sans le savoir, exactement la même chose ? La réforme de l'assurance chômage votée le 2 juin dit moins sur le milliard économisé que sur un pays qui a oublié, en soixante-dix ans, à qui appartient le salaire différé.

Le gouvernement réduit le chômage des cadres seniors
Le gouvernement réduit le chômage des cadres seniors

Il existe un document que cinq cent trente-huit mille Français ont signé l'an dernier, généralement un mardi ou un jeudi, dans un bureau des ressources humaines où l'on avait disposé pour l'occasion deux chaises, une bouteille d'eau et un parapheur, et ce document, né en 2008 d'un accord entre partenaires sociaux qui passait alors pour une révolution de velours, s'appelle une rupture conventionnelle. 538 433 homologations en 2024, selon la Dares. Un divorce à l'amiable entre le salarié et l'employeur, inventé pour solder sans drame, sans prud'hommes, sans humiliation, ce que le droit du licenciement rendait interminable.

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C'est ce document paisible que le Parlement vient de transformer en variable d'ajustement budgétaire.

Un milliard, quinze mille promesses

Le vote solennel du 2 juin a définitivement adopté le projet de loi transposant l'accord du 25 février 2026 entre partenaires sociaux. Le contenu tient en deux chiffres et une promesse : la durée maximale d'indemnisation après une rupture conventionnelle passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans, de 27 à 20,5 mois pour les plus âgés, et le gouvernement attend de ce resserrement un milliard d'euros d'économies annuelles pour l'Unedic, assorti de 15 000 retours à l'emploi supplémentaires chaque année et d'un accompagnement renforcé par France Travail dès le premier entretien.

IA : comment le Gouvernement prépare la grande vague de chômage des cols blancs, par Renaud Jacobs
Pendant que les plateaux de télévision s’extasient sur le « génie français » de l’intelligence artificielle et que le plan « Osez l’IA » promet de former 15 millions de salariés d’ici 2030, une réalité bien plus sombre se dessine dans les couloirs feutrés de l’Assemblée nationale. Cette nuit, un nouvel amendement
Le gouvernement réduit le chômage des cadres seniorsLe Courrier des StratègesRédaction
Le gouvernement réduit le chômage des cadres seniors

Les deux camps ont joué leur partition sans surprise. Côté gouvernemental, on dénonce les pré-retraites déguisées, les départs de confort, l'optimisation d'un dispositif devenu, dit-on, une machine à financer des transitions choisies. Côté syndical et à gauche, on dénonce le rabot, la précarisation, le énième tour de vis sur le dos des demandeurs d'emploi. Les uns veulent la cage moins chère. Les autres la veulent plus douillette. Personne, dans aucun des deux hémicycles, n'a demandé qui détient la clé.

Faut dire que la question n'est jamais à l'ordre du jour. On négocie les paramètres ; la propriété, elle, ne se discute pas.

Le détour par Tocqueville

Il y a, dans le second volume de De la démocratie en Amérique, une page que tout lecteur du Courrier connaît, et qu'il faut pourtant relire chaque fois que l'État français retouche un droit social, parce qu'elle décrit moins un régime politique qu'un climat. Tocqueville y imagine le pouvoir sous lequel s'endorment les démocraties et qui préfigure l'avachissement contemporain :

« Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance. »

Appliquons mot à mot. L'assurance chômage à la française n'est pas une assurance : c'est une tutelle. On n'y adhère pas, on y est affilié. On ne choisit ni l'assureur, ni la prime, ni les garanties, ni la durée de couverture. On ne peut pas en sortir, pas la comparer, pas la résilier. Et lorsque le tuteur a besoin d'argent, il modifie les garanties par la loi, rétroactivement pour les espérances, unilatéralement pour les contrats. Je suppose qu'un assureur privé qui réécrirait ainsi ses polices en cours rencontrerait assez vite un procureur. L'État, lui, rencontre une majorité.

Le pouvoir tutélaire n'a pas changé de nature depuis 1840. Il a changé de guichet.

Ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas

Reste à examiner le milliard, avec la méthode de Bastiat : ce qu'on voit, et ce qu'on ne voit pas.

Ce qu'on voit : un régime endetté, un milliard d'économies, quinze mille retours à l'emploi promis. Vertu budgétaire, sérieux gestionnaire, courage réformateur.

Ce qu'on ne voit pas — ou plutôt ce que l'Unedic elle-même documente, avec une constance d'actuaire désespéré : l'État a retiré 12,05 milliards d'euros de recettes au régime entre 2023 et 2026, pour financer France Travail et France Compétences. Sans ces ponctions, le régime serait excédentaire de 3,4 milliards en 2025 et de 4,5 milliards en 2026, et sa dette — bloquée autour de 61,5 milliards — serait retombée vers 42 milliards à l'horizon 2028, son niveau d'avant Covid. Autrement dit : le trou que l'allocataire est sommé de combler par trois mois d'indemnisation en moins, c'est l'État qui le creuse, par milliards, à l'étage du dessus. Le rabot tombe en bas. La ponction se décide en haut.

Et qui paie, en bout de chaîne ? La cotisation dite patronale — 4,05 % de chaque salaire — n'est pas un cadeau de l'employeur : c'est du salaire différé, une part de la rémunération que le salarié ne touche pas aujourd'hui pour être couvert demain. Quant à la part salariale, elle a été supprimée en 2018 et fondue dans la CSG : le salarié paie toujours, mais il ne le voit plus. On a effacé la ligne du bulletin de paie. On n'a pas effacé le prélèvement.

La branche Barbell sûre de votre patrimoine : or, T-bills, foncier, liquidités, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont continue aujourd’hui son passage en revue de votre stratégie Barbell antifragile en matière de patrimoine. La branche sûre représente 80 % de l’allocation, soit 400 000 euros sur le cas type. Son rôle n’est pas de rapporter : il est de ne pas perdre si le système se disloque. Quatre
Le gouvernement réduit le chômage des cadres seniorsLe Courrier des StratègesRédaction
Le gouvernement réduit le chômage des cadres seniors

Soixante-dix ans de réformes, zéro restitution

Ce n'est pas nouveau ; à le bien regarder, c'est même très français. L'Unedic naît en 1958 d'une convention entre patronat et syndicats — une assurance paritaire, gérée par ceux qui la financent, à laquelle l'État ne touche pas. Puis l'histoire s'écrit comme une lente digestion.

2008 : la fusion ANPE-Assedic crée Pôle emploi, et l'opérateur passe sous la main publique.

2018 : la cotisation salariale disparaît dans la CSG, et l'assurance devient pour partie un impôt.

2019 : les partenaires sociaux ne s'accordant pas, l'État écrit lui-même les règles par décret — carence, dégressivité, salaire de référence.

2021 : la contracyclicité indexe les droits sur la conjoncture, décidée d'en haut.

2023-2026 : les ponctions.

2026 : un accord négocié sous lettre de cadrage budgétaire, transposé par un Parlement qui rabote.

Chaque décennie apporte sa réforme paramétrique — durée, taux, différé, plancher — et chaque réforme laisse intacte la seule question qui vaille : la cotisation appartient-elle à celui qui la verse ? On réforme l'usufruit. On ne rend jamais la nue-propriété.

Et les assurés acceptent chaque tour de vis avec cette résignation de troupeau qu'on tond à date fixe, et qui s'étonne moins du froid que du changement de calendrier.

Pendant ce temps

Pendant que les deux hémicycles se disputaient trois mois d'indemnisation, la Cour des comptes publiait cette semaine son examen des conséquences budgétaires de la démographie française — la bombe lente que personne ne désamorce — et l'Agence France Trésor poursuivait son programme d'émissions : plus de 530 milliards d'euros à lever cette année, un record absolu, avec un écart de taux franco-allemand installé à 69 points de base. La question de savoir qui paiera la tutelle quand la pyramide des âges aura fini son œuvre n'a été posée nulle part. Elle aurait pourtant rendu le débat sur les quinze mois presque reposant.

Dernier mot

Que ferait une société libre ? Quelque chose de très simple et de très improbable : elle rendrait la cotisation au salarié. Un compte individuel, portable d'un emploi à l'autre, alimenté par ces 4,05 % qui sont son salaire différé ; le droit d'en confier la gestion à l'assureur de son choix — mutuelle, caisse syndicale, compagnie, et pourquoi pas l'Unedic, qui concourrait comme les autres ; la liberté d'arbitrer soi-même entre durée de couverture et niveau de garantie. La solidarité véritable — chômage de longue durée, accidents de la vie — relèverait de l'impôt : voté, visible, assumé, au lieu d'être dissimulé dans la tuyauterie d'un régime que l'État pille d'une main et rabote de l'autre. Le système de Gand, où des caisses volontaires assurent les salariés, fait vivre cette idée au Danemark et en Suède depuis un siècle — pays dont je ne sache pas qu'ils passent pour des jungles libérales.

Peut-être cette réforme produira-t-elle son milliard ; peut-être même ses quinze mille emplois. Là n'est pas l'objection. L'objection, c'est qu'on aura une fois de plus ajusté la pension de l'assuré sans jamais lui demander son avis sur l'assurance — et qu'on appellera cela, sérieusement, fébrilement, presque pieusement, un progrès du dialogue social.

Le jour où un salarié lira, au bas de son bulletin de paie, le nom d'un assureur qu'il aura choisi, la réforme aura eu lieu. En attendant, on rabote la rente. La cage, elle, vient d'être repeinte.

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Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresse

Cinquante pour cent des salariés français en détresse psychologique, un risque de burn-out deux fois plus élevé qu'avant le Covid, 62 % des DRH eux-mêmes à bout : le baromètre Empreinte Humaine– Ipsos BVA, publié en juin 2025, dresse un tableau clinique alarmant. Pendant ce temps, les « programmes de bien-être » fleurissent dans les brochures RH. L'écart entre le discours et la réalité n'a jamais été aussi béant.

Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresse
Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresse

Le dernier baromètre Empreinte Humaine, réalisé avec Ipsos BVA et publié le 2 juin, dresse un constat préoccupant. Près de 50 % des salariés interrogés déclarent être en situation de détresse psychologique, contre 47 % en décembre 2025. Plus inquiétant encore, 16 % évoquent une détresse psychologique « très élevée », tandis que 45 % doutent de leur capacité à tenir mentalement jusqu’à l’âge de la retraite. Pour Christophe Nguyen, psychologue du travail et cofondateur d’Empreinte Humaine, le risque de burn-out sévère est désormais deux fois plus élevé qu’avant la crise sanitaire. Une dégradation qui ne touche plus seulement certaines catégories professionnelles. Cadres, employés, hommes, femmes, jeunes actifs ou seniors : aucun groupe n’échappe désormais à cette fragilité croissante.

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Aucun salarié n'est épargné pas même les DRH

Depuis la création du baromètre sur la santé mentale au travail en 2020, les résultats n’ont jamais été aussi inquiétants. La dernière étude réalisée par Ipsos BVA a révélé que le nombre de travailleurs en état de détresse psychologique a atteint un niveau record. Selon Christophe Nguyen, psychologue du travail et cofondateur d’Empreinte Humaine, « le risque de burn out sévère est deux fois plus important qu’avant la crise sanitaire ».

La moitié des salariés français “présente un signe de détresse psychologique” (Empreinte humaine)
Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresseLogo AEF infoQuentin Chatelier
Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresse

Selon le baromètre publié mardi, près de 50% des salariés présentent des signes de détresse associés à des symptômes d’épuisement et de dépression. 16% d’entre eux souffrent de burn-out sévère. Notons qu’en décembre 2025, 47% des travailleurs ont déjà déclaré que leur santé mentale s’est dégradée. 45% d’entre eux ont peur de ne plus être capable de tenir jusqu’à la retraite, sur le plan psychologique.

Santé mentale : les tentatives de suicide en augmentation chez les jeunes actifs durant le COVID
Selon une étude de Santé publique France publiée mardi, nombreux sont les jeunes qui ont subi une dégradation de leur
Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresseLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresse

Cette détresse psychologique touche aussi bien les femmes que les hommes, les cadres autant que les employés, les plus jeunes et les séniors. Toutefois, les DRH sont les plus exposés à ce problème de santé mentale. 62% des personnes qui exercent cette fonction disent être en état de détresse psychologique.

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Les facteurs invoqués forment un inventaire du monde du travail contemporain : isolement, pression sur les objectifs, montée de l'IA perçue comme une menace, tensions géopolitiques diffuses, et surtout ce que Nguyen nomme la « qualité empêchée » l'impossibilité structurelle de faire un travail dont on peut être fier. Accélération des rythmes, processus absurdes, désaccords ouverts entre managers : les salariés ne sont plus seulement épuisés, ils sont humiliés par l'inutilité ressentie de leur propre activité.

La prévention : un marché prospère, une efficacité anémique

C'est ici que l'analyse doit aller plus loin que le constat. Le secteur du « bien-être au travail » représente en France un marché en forte croissance : séances de méditation en entreprise, applications de pleine conscience, coaches certifiés, bilans de résilience. Empreinte Humaine elle-même est un cabinet commercial qui vend des prestations aux entreprises qu'il ausculte.

Burn-out : les cadres français craquent sous le poids du “toujours plus”
Hyperconnexion, culte de la performance, pression managériale : la première enquête de l’Apec sur la santé mentale des cadres révèle une réalité complexe. Les managers, les femmes et les jeunes sont en première ligne d’une crise silencieuse, le burn-out. Hyperconnexion, injonction au dépassement de soi et charge mentale exponentielle constituent un
Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresseLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresse

Ce conflit d'intérêts latent n'invalide pas ses données, mais il invite à lire ses recommandations avec lucidité. Car le diagnostic est sans appel : seulement 10 % des salariés bénéficient d'un bon climat de sécurité psychologique réel. Dix pour cent. Après des années de « plans QVT », de chartes bien-être et de webinaires sur la gestion du stress.

Santé mentale au travail : 50 % des salariés français en détresse

La conclusion s'impose d'elle-même : les entreprises ont massivement investi dans les apparences de la prévention, non dans ses conditions structurelles. Si rien ne change, les arrêts maladie pour motifs psychologiques continueront de progresser. Et le coût économique sera considérable. Mais le véritable danger est ailleurs : lorsqu’une société produit massivement des travailleurs démotivés, anxieux et désengagés, c’est sa capacité même à créer de la richesse qui finit par s’éroder. Derrière la crise du burn-out se profile peut-être une crise plus profonde : celle du modèle managérial contemporain.

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Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Quand un mensonge suffit à faire d'une victime un suspect... Henry Nowak, 18 ans, agonisait sur le trottoir, poignardé cinq fois. La police l'a menotté. Elle croyait la version de son agresseur invoquant des « injures racistes ». La vidéo diffusée lundi soir a provoqué une onde de choc et des émeutes à Southampton. Derrière l’émotion, c’est tout un système fondé sur l’identité ethnique qui vacille.

Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Le 2 juin 2026, Vickrum Digwa est condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 21 ans . Sa condamnation n’a pas clos l’affaire. Bien au contraire. Depuis la diffusion des images de l’intervention policière survenue le 3 décembre 2025 à Southampton, l’émotion s’est transformée en colère.

Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

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Une erreur policière aux conséquences dramatiques

Cette nuit-là, Henry Nowak, étudiant de 18 ans, est poignardé à cinq reprises alors qu’il rentre d’une soirée. Lorsque les policiers arrivent sur place, son agresseur affirme avoir été victime d’insultes racistes et avoir agi en état de légitime défense. Les agents prennent alors son récit pour argent comptant.

Royaume-Uni : des centaines de personnes défilent après la condamnation du meurtrier d’Henry Nowak
Henry Nowak a été poignardé par Vickrum Digwa, jeune sikh de 23 ans, qui a assuré avoir agi en légitime défense après l’avoir accusé à tort d’injures racistes. Lundi, il a été condamné à la prison à perpétuité.
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policierseuronewsNathan Rennolds
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

La vidéo montre pourtant une scène glaçante. Allongé au sol, la victime répète à plusieurs reprises : « Je n’arrive pas à respirer » et « J’ai été poignardé ». Malgré cela, les policiers menottent Henry Nowak et lui notifient son arrestation alors qu’il est déjà à l’agonie.

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Royaume-Uni :arrestation musclée d’un humoriste après ses tweets jugés “homophobes”
L’humoriste Graham Linehan a été arrêté à Heathrow à son retour des États-Unis, il est accusé d’avoir publié trois tweets jugés offensants par des militants trans. Un épisode qui interroge sur les limites de la liberté d’expression au Royaume-Uni. L’auteur a révélé que le stress généré par
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiersLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Face à l’indignation, la police du Hampshire a reconnu avoir été « trompée » par les mensonges du meurtrier. L'Independent Office for Police Conduct (IOPC) — la "police des polices" a ouvert une enquête dont les conclusions sont attendues sous trois mois. Le lendemain du meurtre, la police découvrait chez Digwa une machette et des épées.

Colère populaire et récupération politique

Mardi soir, plus d’un millier de personnes, dont Tommy Robinson, se sont rassemblées devant le commissariat de Southampton. Des heurts ont éclaté : bouteilles, briques et poubelles lancées sur les forces de l’ordre. Nigel Farage, chef de Reform UK, à deux semaines d'une élection partielle, a dénoncé un pays « à deux vitesses » et reproche que "les droits des Blancs comptent moins".

Royaume-Uni: la prison pour un tweet, le cas de Lucy Connolly
Lucy Connolly n’avait rien d’une militante. Mère de deux enfants de 42 ans, vivant à Northampton, elle menait une vie discrète jusqu’au jour où un massacre à Southport – où trois jeunes filles furent tuées – bouleversa le pays. Dans un moment de colère, elle posta un message sur
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiersLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Elon Musk s’est lui aussi emporté, et a fustigé un «deux poids deux mesures» médiatique de la presse anglo-saxonne, comparé à la mort de George Floyd aux États-Unis. Il se dit prêt à financer une action judiciaire contre la police du Hampshire. Cette dernière s’est excusée, admettant avoir été « trompée » par les mensonges de Digwa, tout en dénonçant un « flot de désinformation ».

Keir Starmer a parlé d’images « atroces » lui ayant donné la nausée, tandis que la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood accuse certains responsables politiques de chercher à tirer profit d’une tragédie.

Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

L'affaire Nowak est la preuve que des procédures policières mal calibrées, dans un contexte de pression idéologique réelle sur la notion de racisme, peuvent conduire à des décisions absurdes et mortelles.

Les élites travaillistes, comme les précédentes, préfèrent dénoncer l’« extrême droite » plutôt que d’interroger les effets d’une immigration de masse non assimilée et d’une justice à géométrie variable.

Le Royaume-Uni, sorti de l’Union européenne, reste prisonnier d’une idéologie multiculturaliste qui broie l’individu au profit des groupes. Henry Nowak en est mort.

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Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimper

Le gouvernement se félicite de 636 500 demandes reçues pour son aide aux "grands rouleurs" et de 14 millions d'euros de prêts aux entreprises. Derrière les chiffres flatteurs, un dispositif bureaucratique qui ne traite qu'une fraction infime des victimes de la guerre des prix énergétiques.

Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimper
Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimper

Depuis le 1er juin 2026, les aides gouvernementales liées à la flambée des carburants provoquée par l'escalade au Moyen-Orient sont obligatoirement "en vigueur". Le ministère de l'Économie s'est empressé de communiquer ses premiers bilans dès le 2 juin. Le résultat : 636 500 demandes reçues pour une aide forfaitaire de 100 euros destinée aux "grands rouleurs", sur un vivier théorique de trois millions d'éligibles. En clair, après cinq jours d'ouverture du guichet, moins d'un Français sur cinq concernés a réussi à naviguer dans les méandres d'impots.gouv.fr.

Un État qui subventionne ce qu'il taxe

Le paradoxe central de ce dispositif mérite d'être posé franchement : l'État distribue des aides carburant avec la main droite tout en prélevant, via la TICPE, près de 60 centimes de taxe par litre d'essence avec la main gauche.

“Grands rouleurs”, agriculteurs, transporteurs... Combien de Français ont déjà demandé une aide carburant ? | TF1 Info
[VIDÉO] Dans le sillage de la hausse des coûts de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement a mis en place plusieurs aides ciblées. Dans un point de situation ce mercredi 3 juin, l’exécutif fait notamment état de 636.500 demandes pour l’aide “grands rouleurs”, accessible depuis la semaine passée. Des milliers de dossiers ont aussi été déposés pour les dispositifs par secteurs professionnels, tandis que les prêts “flash” rencontrent un “succès important”. - “Grands rouleurs”, agriculteurs, transporteurs... Combien de Français ont déjà demandé une aide carburant ? (Économie).
Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimperTF1 InfoM.L.
Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimper

La "prime carburant doublée" jusqu'à 600 euros que les employeurs peuvent verser n'est "défiscalisée et désocialisée" que parce qu'elle échappe à un prélèvement que l'État aurait lui-même institué.

Crise du carburant, aides sélectives : les « vrais travailleurs » d’abord, les autres après
Pas de bouclier universel, pas de blocage des prix, pas de date pour les nouvelles mesures. Maud Bregeon annonce des soutiens « dans les jours à venir »… sans dire à qui ni pour combien. Face à cette crise, l’exécutif assume : pas d’aide pour tous. Après les pêcheurs et les
Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimperLe Courrier des StratègesRédaction
Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimper

La revalorisation de 3,2 % des indemnités kilométriques des fonctionnaires soit 20 centimes/litre entre juin et décembre est une correction partielle d'une distorsion structurelle, présentée en bonne fortune politique.

Bpifrance, bénéficiaire silencieux

Du côté des entreprises, 9 500 dossiers ont été déposés pour les "prêts flash" via Bpifrance, pour 14 millions d'euros déjà financés et 22 millions en cours d'instruction.

Hausse du prix du carburant: Bercy préfère aider certains plutôt que tous
Le gouvernement persiste. Face à la hausse des prix du carburant, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a exclu ce 26 mars sur RTL toute baisse générale des taxes ou tout plafonnement à la pompe. Seules des aides ciblées, réservées aux « gros rouleurs » et à certains professionnels, seront annoncées « dans
Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimperLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimper

Les transporteurs raflent 70 % des demandes, suivis des agriculteurs (20 %) et du BTP (10 %). Le guichet, ouvert le 13 avril 2026 pour les transports, agriculture et pêche, a été étendu au BTP le 13 mai.

Carburant : l’État distribue les aides, mais la facture continue de grimper

Ces chiffres révèlent une réalité classique : les secteurs les mieux organisés et les plus proches de l’administration captent l’essentiel des fonds publics. Les pêcheurs, symboliquement présents à 0,1 %, illustrent la marginalisation des plus petits acteurs.

Au final, l'État crée le problème, le refinancement à crédit, et présente la note au contribuable. Un grand classique du capitalisme de connivence à la française où l'urgence sert invariablement de paravent à l'extension discrète de l'appareil étatique.

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Le bitcoin sous 55.000€ : faut-il vendre ? par Vincent Clairmont

Le Bitcoin s'échange ce jeudi matin sous les 55 000 euros —, en repli de 5 % sur vingt-quatre heures, d'environ 13 % sur une semaine depuis un plus haut proche de 75 850 dollars, et de près de 48 % depuis son plus haut historique du 6 octobre 2025 (données CoinMarketCap).

Le bitcoin sous 55.000€ : faut-il vendre ? par Vincent Clairmont
Le bitcoin sous 55.000€ : faut-il vendre ? par Vincent Clairmont

Les ETF Bitcoin américains ont clôturé mai sur 2,3 milliards de dollars de sorties nettes, le plus gros retrait mensuel de 2026, et la première semaine de juin a fait pire : 3,4 milliards de sorties, un record depuis le lancement de ces produits en 2024, accompagné de 1,86 milliard de dollars de positions liquidées en une seule séance. La question qui remplit ma boîte depuis trois jours tient en trois mots : faut-il vendre ? Ma réponse aussi : non — à une condition, que je précise plus bas.

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Vincent Clairmont continue aujourd’hui son passage en revue de votre stratégie Barbell antifragile en matière de patrimoine. La branche sûre représente 80 % de l’allocation, soit 400 000 euros sur le cas type. Son rôle n’est pas de rapporter : il est de ne pas perdre si le système se disloque. Quatre
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D'abord, comprendre qui vend, et pourquoi. Les flux sortants des ETF sont le fait d'institutionnels entrés au premier trimestre entre 52 000 et 58 000 dollars, assis

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