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Ukraine : cette guerre que nous ne savons plus lire

13 June 2026 at 08:34
Ukraine : cette guerre que nous ne savons plus lire

Par Thibault de Varenne — chronique

Voici bientôt quatre ans et demi que la guerre dure à l'est de l'Europe, et nous avons cessé de la comprendre. Non que les faits manquent : ils abondent. Mais nous ne les lisons plus que dans une seule langue, celle d'un camp qui ne raconte que ses espérances. Lue depuis Moscou, Pékin et New Delhi, la carte dit autre chose. Essayons, pour une fois, de la lire avec les yeux des autres.

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Commençons par le front, puisque c'est là que tout se décide et que tout se ment. À en croire l'état-major russe, ses troupes conservent l'avantage stratégique sur toute la ligne de contact et avancent partout — c'est ce que Vladimir Poutine répète depuis des mois, et l'on aurait tort de prendre ces déclarations pour argent comptant, car un belligérant ne décrit jamais que la guerre qu'il voudrait mener. Mais l'on aurait tort, aussi, de les écarter d'un revers de main, comme nous le faisons. La prudence consiste à écouter les deux camps mentir et à chercher la vérité dans l'écart.

Cet écart, justement, s'est rétréci ce printemps. Là où Moscou clame l'avancée continue, ses propres communiqués trahissent une mécanique qui s'enraye. On annonce la prise de tel hameau près de Pokrovsk — que les Russes nomment Krasnoarmeïsk —, on signale que les réserves ukrainiennes y manquent, on célèbre la capture de Novoaleksandrovka comme un pas de plus vers ce nœud logistique. Et pourtant la ville ne tombe pas. Depuis l'été dernier, elle ne tombe pas. L'agence officielle russe elle-même finit par l'admettre à mots couverts : l'armée progresse « malgré les attaques massives de drones ukrainiens » — formule où le mot malgré dit plus long que tout le reste. Quand le vainqueur supposé doit préciser qu'il avance malgré l'adversaire qu'il prétend écraser, c'est que l'adversaire tient encore.

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Voilà ce que le Sud observe, et que nous refusons de voir : non pas une victoire russe imminente, mais une guerre d'usure qui ne se résout pas. L'agence Sputnik, qui n'est pas suspecte de complaisance envers Kiev, décrit des lignes ukrainiennes amincies et des forces dispersées. Mais une ligne amincie n'est pas une ligne rompue. Les Russes grignotent ; ils ne percent pas. Ils paient chaque verger, chaque terril, chaque village au prix d'un sang qu'aucune des deux capitales n'avoue. C'est la définition même de la guerre de position, celle que l'Europe croyait enterrée avec ses grands-pères et qu'elle voit renaître sans en tirer la moindre leçon sur sa propre fragilité.

Sur les chiffres, il faut s'arrêter, car c'est là que le mensonge devient une industrie. Chaque camp publie les pertes de l'autre et tait les siennes. Les sources russes parlent d'une Ukraine exsangue ; les sources ukrainiennes, d'une Russie saignée à blanc. La vérité, invérifiable, se tient sans doute dans ce que ni l'un ni l'autre ne montre : deux nations qui usent leur jeunesse à un rythme que l'histoire jugera. Je me garderai d'avancer un nombre. Celui qui cite un bilan dans cette guerre choisit déjà son camp, j'en sais quelque chose après m'être, cet hiver, risqué à des analyses pourtant documentées qui ont suscité des passions insanes. Disons seulement ceci, que Péguy aurait compris mieux que nos stratèges de plateau : on ne mesure pas une saignée en kilomètres carrés.

Albanie : la lagune protégée offerte au gendre de Trump

Un mégaprojet à 1,4 milliard d'euros lié à Jared Kushner, gendre de Donald Trump,menace la réserve naturelle de Vjosa-Narta, sanctuaire de flamants roses sur l'Adriatique. L’île de Sazan, verrou géostratégique, complète le tableau. Le projet prévoit hôtels, villas et marina haut de gamme. Depuis le début du mois de juin, la « révolution des flamants roses » enflamme Tirana et le littoral sud. L’agence anticorruption a ouvert une enquête, sur fond de scandale impliquant déjà la vice-Première ministre Belinda Balluku. Le Premier ministre Edi Rama, au pouvoir depuis treize ans, défend pourtant l’opération comme une manne économique et un vecteur d’image internationale.

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En Albanie, la contestation enfle contre un mégaprojet touristique porté par Jared Kushner, gendre de Donald Trump. Au cœur de la polémique : la lagune protégée de Narta et l’île stratégique de Sazan, cédées par le gouvernement d’Edi Rama à des investisseurs proches du pouvoir américain pour des développements immobiliers estimés jusqu’à 5 milliards d’euros. Une affaire qui cristallise les accusations de corruption et de capitalisme de connivence.

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Une réserve naturelle mise en vente

La lagune de Narta n'est pas n'importe quelle étendue d'eau. Zone humide protégée sur le littoral adriatique albanais, elle abrite des flamants roses, des phoques moines et des sites de ponte de tortues marines. C'est là, dans l'un des écosystèmes les plus fragiles des Balkans, que le gouvernement d'Edi Rama a décidé d'implanter un complexe hôtelier de luxe avec hôtels, villas, marina d'une valeur annoncée de 1,4 milliard d'euros.

Why a luxury resort plan by Trump’s son-in-law sparked mass protests in Albania
The $1.6 billion Jared Kushner-backed project has drawn thousands of protesters — some wielding inflatable flamingos — to the streets of Albania’s capital over fears it threatens an ecologically protected area.
Albanie : la lagune protégée offerte au gendre de TrumpNBC NewsMithil Aggarwal and Raf Sanchez and Mo Abbas
Albanie : la lagune protégée offerte au gendre de Trump

L'île militaire de Sazan, voisine, pourrait s'ajouter au package, portant l'enveloppe totale à près de 5 milliards d'euros. Le promoteur ? Affinity Partners, le fonds d'investissement de Jared Kushner, gendre de Donald Trump et ex-conseiller à la Maison-Blanche.

Adhésion de l’Albanie : Bruxelles élargit pour masquer son échec
L’Union européenne poursuit son mouvement d’expansion, comme si l’avenir du continent dépendait uniquement de l’addition de nouveaux membres. L’Albanie franchit une étape décisive avec l’ouverture du dernier groupe de chapitres de négociation, celui portant sur les ressources, l’agriculture et la cohésion. À Bruxelles,
Albanie : la lagune protégée offerte au gendre de TrumpLe Courrier des StratègesRédaction
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Depuis début juin, des milliers d'Albanais descendent chaque soir dans les rues de Tirana, flamants en carton et sifflets à la main. Pour les manifestants, le dossier Kushner symbolise surtout treize années d’un pouvoir accusé de concentrer les décisions stratégiques entre quelques mains.

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La «révolution des flamants roses» défie Edi Rama

Le Premier ministre albanais Edi Rama défend ce projet comme un levier destiné à transformer l’image internationale du pays. Mais ses opposants dénoncent une opération menée sans réelle transparence au profit d’intérêts étrangers bénéficiant d’un accès privilégié.

L’affaire intervient dans un contexte politique déjà tendu. L’agence anticorruption albanaise a ouvert une enquête tandis que plusieurs controverses touchent l’entourage gouvernemental, notamment la vice-Première ministre Belinda Balluku.

Rien ne filtre sur les conditions exactes de la cession, les garanties environnementales ou les contreparties réelles offertes à l’État albanais. Affinity Partners, créé par l’ancien conseiller de Donald Trump, bénéficie d’un accès privilégié aux cercles du pouvoir.

Le timing quelques mois après le retour possible de Trump à la Maison-Blanche, renforce le sentiment d’une transaction politique autant qu’économique. Les manifestants ne dénoncent plus seulement la destruction écologique, mais un système où l’intérêt général s’efface devant les réseaux transatlantiques et les promesses d’investissements mirobolantes.

« Nous sommes de plus en plus nombreux et nous resterons jusqu'à sa démission », déclarait une étudiante en cortège. Rama, imperméable, répond qu'il a été élu pour développer son pays.

Le paradoxe est saisissant : alors que l’Occident prétend promouvoir la bonne gouvernance et la transparence dans les Balkans, c’est précisément un projet associé à l’une des familles politiques les plus puissantes des États-Unis qui se retrouve au cœur d’accusations de favoritisme.

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Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du parti

12 June 2026 at 13:07

Alors que des demandeurs modestes patientent jusqu’à 13 ans sur les listes d’attente, des dirigeants socialistes à Bruxelles orientent sciemment les attributions de logements sociaux vers leurs sympathisants et électeurs. Des messages WhatsApp fuités à Anderlecht et un audit accablant à Saint-Josse-ten-Noode lèvent le voile sur un système de favoritisme généralisé. Le gouvernement régional bruxellois vacille sous le poids de perquisitions, de quatre enquêtes du parquet et d’une commission d’enquête parlementaire dont les conclusions sont attendues le 21 juillet.

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Les listes d'attente pour un logement social à Bruxelles s'étendent parfois sur ds années. À Anderlecht comme à Saint-Josse-ten-Noode, les soupçons ne portent plus sur de simples dysfonctionnements administratifs mais sur un véritable système de favoritisme organisé au sein d'institutions financées par l'argent public.

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Des logements attribués contre des voix

À Anderlecht, des échanges WhatsApp révélés dans le cadre d'enquêtes judiciaires suggèrent que le président de la société de logement social, figure influente du Parti socialiste, serait intervenu personnellement dans l'attribution de logements.

Le président du Foyer anderlechtois Lotfi Mostefa dans la tourmente après des révélations de la VRT : “Un arrangeur qui se comporte comme un empereur”
Plusieurs partis, dont le MR anderlechtois, les Engagés et Anders, ont appelé au retrait de Lotfi Mostefa, après la diffusion du reportage et des…
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du partiLa Libre.beAdrien de Marneffe
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du parti

Certains bénéficiaires auraient été recommandés en raison de leur proximité politique ou de leur soutien électoral, tandis que d'autres dossiers auraient été utilisés comme monnaie d'échange lors des élections communales.

Peut-on être propriétaire et habiter un logement social à vie ?
La question de l’occupation des logements sociaux est un serpent de mer. Ceux qui “décrochent” un “HLM” peuvent-ils l’occuper à
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du partiLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du parti

Ces révélations sont d'autant plus choquantes que les listes d'attente pour un logement social peuvent atteindre treize ans dans certaines communes bruxelloises. Quatre enquêtes du parquet sont actuellement en cours. Des perquisitions ont déjà été menées et une commission d'enquête parlementaire doit rendre ses conclusions le 21 juillet prochain.

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Quand le logement social devient un instrument de pouvoir

L'affaire fait écho au scandale qui frappe l'agence de logement social de Saint-Josse-ten-Noode. Fondée en 2000 et chargée de gérer environ 230 logements privés, l'organisation a finalement fait faillite fin 2024 avec plus de 500.000 euros de dettes.

Saint-Josse : un audit révèle des pratiques frauduleuses dans l’attribution de logements sociaux | VRT NWS: le site d’information de référence
Pendant plus de vingt ans, l’agence immobilière sociale à Saint-Josse-ten-Noode a été le théâtre de pratiques frauduleuses. Des employés se sont attribué, ainsi qu’à leur entourage proche, des logements à vocation sociale et ont falsifié la comptabilité. C’est du moins ce qu’il ressort de l’audit de cette agence, aujourd’hui fermée, dont la plate-forme multimedia néerlandophone Bruzz a fait état mardi.
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du partiVRT NWSEric Steffens
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du parti

Un audit ordonné par la Société régionale du logement de la Région bruxelloise (SLRB) a mis au jour un « système d'allocation généralement défectueux » ainsi qu'une « participation active du personnel à la création de documents frauduleux ». Sur 181 dossiers examinés sur une période de dix-huit ans, 94 cas de fraude ont été confirmés, 44 autres font l'objet de soupçons sérieux et 24 présentent des irrégularités. Au total, 86 % des dossiers contrôlés comportaient des anomalies.

Logement social : la grande farce de la misère... par Barthélemy Greluchon
Le Courrier propose ici le premier billet de Barthélemy Greluchon, pseudonyme d’un responsable éminent de l’économie sociale, et chroniqueur à ses heures. Ah, c’est un spectacle, vous savez... La grande farce de la misère. On nous la vend, cette misère, à la télé, dans les gazettes... des
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du partiLe Courrier des StratègesRédaction
Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du parti

Le conseil d'administration de l'organisme était par ailleurs étroitement connecté aux réseaux politiques locaux. Christian Boïketé, frère du chef du PS local Philippe Boïketé et ancien directeur de cabinet du bourgmestre Emir Kir, a présidé la structure pendant près d'une décennie avant d'être remplacé en 2023 par Luc Frémal, président du CPAS.

Ces scandales ne sont pas des dérapages isolés mais le symptôme d’un modèle où l’État social, censé corriger les inégalités, devient un levier de pouvoir. Au-delà des enquêtes en cours, c’est la crédibilité même du logement social bruxellois qui s’effondre, révélant l’incompatibilité entre le discours égalitaire et les pratiques de redistribution partisane. Une mise en perspective amère pour une Région qui prétend incarner la solidarité.

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Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travaux

11 June 2026 at 16:43

La Commission européenne a versé 527 millions d'euros aux infrastructures de transport des Balkans occidentaux entre 2015 et mi-2025 sans disposer d'outils fiables pour suivre l'avancement des chantiers. Selon un rapport de la Cour des comptes européenne publié le 9 juin 2026, les fonds ont été débloqués au-delà des travaux réellement effectués, sur la seule foi des bailleurs internationaux. Alors que l'UE pousse son élargissement dans une région stratégique, le contribuable européen finance à fonds perdus une machine à subventions sans gouvernail.

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Ce n'est pas une fuite, ni une rumeur de couloir. C'est la Cour des comptes européenne (CCE) elle-même qui, le 9 juin 2025, publie un audit accablant sur dix années de financement des infrastructures de transport dans les Balkans occidentaux. Entre 2015 et mi-2025, la Commission européenne a alloué 527 millions d'euros via le Fonds pour les Balkans occidentaux, censé connecter la région Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Serbie au réseau de transport de l'Union. Résultat concret à la mi-2025 : sur 43 subventions d'investissement approuvées, six seulement ont abouti.

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Une Commission qui paie sans contrôler

L'audit couvre la période 2015-mi-2025 et porte sur un programme doté de 527 millions d'euros. Les auditeurs ont analysé douze projets représentant à eux seuls 341,6 millions d'euros d'investissements.

€527 million EU Balkans transport fund poorly monitored, auditors say
The European Commission lacked effective tools to monitor progress and relied on international lenders to oversee progress made in the transport sector in the Balkans, leading to the release of funds beyond the level of work completed, according to EU auditors. #EuropeNews
Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travauxeuronewsMarta Pacheco
Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travaux

Les 12 projets examinés en détails affichent tous des retards certains de plus de deux ans. Plans révisés en cours de chantier, blocages administratifs à répétition, informations de suivi systématiquement obsolètes.

Faute d'outils de suivi performants, la Commission s'est largement reposée sur les institutions financières internationales chargées de superviser les projets. En pratique, ceux qui distribuent l'argent ne sont pas ceux qui vérifient son utilisation.

| European Court of Auditors
European Court of auditors, the guardians of the EU finances. This site is available in 24 languages
Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travauxEuropean Court of Auditors
Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travaux

La Cour relève également que des subventions forfaitaires ont été versées alors même que les travaux réalisés ne justifiaient pas toujours de tels décaissements. Ce mécanisme a privé la Commission d'un levier essentiel : conditionner les paiements à l'avancement réel des projets.

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Retards, informations obsolètes et projets inachevés

Lancée il y a plus de dix ans, cette initiative visait à connecter les Balkans au réseau transeuropéen et à préparer l'adhésion. Laima Andrikienė, membre de la CCE, l'a résumé: "les projets progressent trop lentement pour que la région s'intègre d'ici 2030".

Hausse de la BCE : ce que le 1/4 point change pour votre épargne, et ce qu’il ne change pas
Par Vincent Clairmont La Banque centrale européenne a relevé ce jeudi son taux de dépôt de 2 % à 2,25 %, première hausse depuis près de trois ans, sur fond d’inflation remontée à 3,2 % en zone euro en mai, portée par l’énergie. La question qui remplit ma boîte
Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travauxLe Courrier des StratègesRédaction
Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travaux

Pourtant, sur les 43 subventions d'investissement dans les transports approuvées dans les quatre pays audités, seules six étaient achevées à la mi-2025. Tous les projets examinés accusent des retards. Certains dépassent deux années de décalage. Les auditeurs évoquent des procédures administratives bloquées, des autorisations tardives et des modifications de plans intervenues après le démarrage des travaux.

Plus inquiétant encore, plusieurs infrastructures déjà achevées risquent de rester sous-utilisées faute de connexions complémentaires financées par d'autres bailleurs. Autrement dit, des ouvrages existent mais demeurent partiellement inutiles.

Cette affaire illustre une dérive devenue familière dans les institutions européennes : la priorité accordée à l'annonce des financements plutôt qu'à la mesure des résultats.

Trump avait promis l’âge d’or, il amène l’inflation
Par Thibault de Varenne Les prix à la consommation américains ont augmenté de 4,2 % sur un an en mai, leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, après 3,8 % en avril. L’essence a renchéri de 40,5 % en douze mois ; l’énergie explique à elle seule
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Bruxelles arrose les Balkans: 527 millions d'euros versés sans contrôle des travaux

Alors que Bruxelles multiplie les ambitions géopolitiques et présente l'élargissement comme une priorité stratégique, la Cour des comptes révèle qu'elle peine encore à savoir précisément ce qu'il advient de centaines de millions d'euros une fois les fonds versés. Le paradoxe est que l'Union exige des pays candidats des standards administratifs rigoureux tout en démontrant ses propres faiblesses en matière de contrôle.

L'argent du contribuable européen continue ainsi de financer une politique d'influence régionale dont les résultats demeurent incertains. Une question demeure : à quoi sert de voter toujours plus de crédits lorsque personne n'est véritablement capable de vérifier ce qu'ils produisent sur le terrain ?

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Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeuner

À compter du 14 juin 2026, la directive européenne 2024/1438( transposée en droit français par le décret n°2026-312 du 24 avril) impose de nouvelles règles d'étiquetage, de composition et de traçabilité au miel, aux confitures, aux jus de fruits et aux laits déshydratés. Derrière le vernis consommateuriste : des coûts de mise en conformité réels pour les petits producteurs, et un bénéfice pour le consommateur qui reste, pour l'essentiel, cosmétique.

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Le petit-déjeuner français vient de gagner quelques lignes supplémentaires sur ses étiquettes. Avec le décret n°2026-312 du 24 avril 2026, la France transpose la directive européenne 2024/1438, adoptée par l’Union européenne pour renforcer la traçabilité et l’information du consommateur. Une réforme présentée comme technique, mais qui illustre une fois encore l’appétit réglementaire de Bruxelles.

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La traçabilité jusqu’au gramme de miel

Le changement le plus spectaculaire concerne le miel. Désormais, les mélanges devront préciser chaque pays d’origine dans le champ visuel principal de l’emballage, avec indication du pourcentage correspondant à chaque provenance. Les producteurs devront être capables de justifier ces chiffres grâce à une documentation complète de leur chaîne d’approvisionnement.

Petit-déjeuner : ce qui va changer sur les étiquettes dès le 14 juin 2026
La France a transposé la directive européenne dite « petit-déjeuner », qui modifie les règles applicables au miel, aux confitures, aux jus de fruits et aux laits déshydratés. À partir du 14 juin 2026, les fabricants devront composer avec des exigences plus précises sur l’origine, les dénominations et la composition de plusieurs produits alimentaires courants.
Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeunerJournal de l'EconomieAurélie Giraud
Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeuner

Sur le papier, la mesure vise à lutter contre les fraudes et à mieux informer les consommateurs. Dans la pratique, elle implique de nouveaux coûts administratifs : suivi documentaire renforcé, refonte des emballages, adaptation des logiciels de gestion et multiplication des contrôles. Les grands groupes disposent déjà de services conformité dédiés. Les petits apiculteurs et conditionneurs, eux, devront absorber ces charges supplémentaires.

Agriculture : la comédie du prix-plancher et du protectionnisme
Ce week-end, la vie politique française est entrée dans une nouvelle phase : Emmanuel Macron a été “accroché” sur son
Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeunerLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeuner

Les confitures sont également concernées. Le seuil minimal de fruits passe à 450 grammes par kilo pour les confitures classiques et à 500 grammes pour les confitures extra. Les jus de fruits voient apparaître de nouvelles catégories liées à la réduction des sucres naturels, avec des critères précis à respecter.

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Plus de fruits, plus de normes, plus de dépenses

Certes l’objectif est sanitaire, pourtant, les bénéfices réels pour le consommateur restent limités. Une confiture contenant davantage de fruits n’est pas nécessairement un produit moins calorique, tandis que les nouvelles dénominations sur les jus relèvent davantage du marketing réglementé que d’une révolution nutritionnelle. En revanche, les industriels devront reformuler certaines recettes et réimprimer des millions d’emballages.

Les agriculteurs étranglés par les banques…
La brutale hausse des taux d’intérêts ne frappe pas seulement les candidats à l’accession à la propriété. Elle constitue un
Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeunerLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
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Le Conseil de l'Union européenne présente cette révision comme un progrès démocratique. David Clarinval, alors vice-premier ministre belge et ministre de l'agriculture, déclarait lors de l'adoption : les nouvelles règles possibles aux consommateurs « de faire des choix plus éclairés et plus sains. » Belle intention. Sauf que les grands industriels absorberont ces contraintes par des économies d’échelle ; les petits producteurs et artisans, souvent familiaux, subiront de plein fouet les frais fixes de recomposition et d’emballage. La norme descend jusque dans le pot de confiture, là où la marge est déjà mince et la concurrence internationale rude.

Quitter l’euro ! La seule revendication incontournable pour les agriculteurs et le reste de notre économie
Par Jean Goychman - C’est en 1992 que le piège tendu de longue date s’est refermé sur la France. Après
Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeunerLe Courrier des StratègesRédaction
Dès dimanche, Bruxelles réécrit l'étiquette de votre petit-déjeuner

Cette réforme illustre une fois de plus la dérive d’une Union européenne qui ne sait plus s’arrêter. Sous couvert de protection du consommateur, elle renforce le pouvoir des bureaucraties et des grands acteurs capables d’influencer ou d’anticiper les normes à Bruxelles, au détriment de la diversité des productions locales et de la liberté entrepreneuriale.

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Après les champs, les usines et les commerces, la réglementation descend désormais jusque dans le pot de confiture. Une preuve supplémentaire que la bureaucratie européenne ne se contente plus de fixer les règles du marché : elle entend désormais en définir chaque détail, jusqu’au contenu du petit-déjeuner.

Trump avait promis l'âge d'or, il amène l'inflation

11 June 2026 at 09:30
Trump avait promis l'âge d'or, il amène l'inflation

Par Thibault de Varenne

Les prix à la consommation américains ont augmenté de 4,2 % sur un an en mai, leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, après 3,8 % en avril. L'essence a renchéri de 40,5 % en douze mois ; l'énergie explique à elle seule plus de 60 % de la hausse du mois. Voilà les chiffres. Ils tombent dix-sept mois après le serment du Capitole — l'âge d'or de l'Amérique commence maintenant — et il faut les regarder ensemble, le serment et les chiffres, pour mesurer ce qui s'est réellement passé.

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On a cru à cette promesse ; on l'a votée ; on l'a répétée sur tous les tons. Elle avait pour elle la simplicité des grandes annonces : l'abondance par la volonté, la prospérité par le décret, la grandeur par le tarif douanier. Dix-sept mois plus tard, l'ouvrier de l'Ohio fait son plein 40 % plus cher, et l'âge d'or se présente à lui sous la forme d'un ticket de caisse.

Il faut être juste, car la justesse est ce qui distingue la critique de l'humeur. L'inflation sous-jacente — hors énergie et alimentation — reste contenue, à 2,9 % ; les droits de douane, dont on annonçait l'incendie, pèsent moins que prévu ce mois-ci ; et la flambée pourrait culminer en mai, disent les analystes, si les cours du brut poursuivent leur reflux de juin. Le procès en apocalypse serait malhonnête. Le procès en responsabilité, lui, est fondé — car chacune des forces qui poussent les prix procède d'un choix, et d'un choix revendiqué.

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La guerre d'Iran est une guerre de choix : c'est elle qui a fermé Ormuz et renchéri le baril dont l'essence américaine est tirée. Les droits de douane sont une politique de choix : ils renchérissent l'importation par construction, c'est leur définition même, et l'on ne peut pas à la fois les brandir comme une arme et s'étonner qu'ils blessent. La ruée sur l'intelligence artificielle, enfin, dont les centres de calcul tirent le prix de l'électricité payé par les ménages, est encouragée, subventionnée, célébrée d'en haut. Trois politiques voulues ; une facture, présentée à d'autres. L'inflation de mai n'est pas un accident de conjoncture. C'est un produit manufacturé, de fabrication gouvernementale.

Et puis il y a le mot du prince. Interrogé sur ces chiffres, le président a répondu qu'il « aimait l'inflation » — entendez : elle prouverait la vigueur de l'économie. Les peuples ont entendu bien des choses de leurs gouvernants ; rarement qu'on leur déclarât de l'amour pour ce qui les appauvrit. L'homme providentiel a ceci de constant qu'il ne rencontre jamais de démenti : quand le réel le contredit, il rebaptise le réel. Le bavardage, ici, atteint sa forme supérieure — celle qui transforme l'échec en doctrine.

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Rien de tout cela n'est nouveau, et c'est précisément ce qui devrait inquiéter. Les empires ont toujours fait payer leurs guerres à leurs peuples par la monnaie : la Convention par l'assignat, l'Amérique du Vietnam par l'abandon de l'étalon-or un dimanche soir d'août 1971. La séquence est connue : une guerre qu'on dit courte, une monnaie qu'on dit forte, des prix qu'on dit provisoires. Les manuels la décrivent ; les électeurs la redécouvrent à leurs dépens, une génération sur deux.

Reste la question qui nous regarde, nous, de ce côté-ci de l'Atlantique. Cette inflation-là est née de décisions prises à Washington — la guerre, les tarifs, le tempo — auxquelles l'Europe n'a été ni associée, ni même sérieusement consultée. Or elle la paie : à la pompe, dans ses importations, dans les taux que sa banque centrale relève à son tour. Un continent qui laisse un autre fixer le prix de son énergie et le calendrier de ses guerres ne devrait pas s'étonner d'importer aussi ses défaites monétaires. L'âge d'or promis aux Américains se révèle un âge de facture ; la nôtre nous parvient sans même qu'on nous ait promis l'or.

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Comment Trump a permis d'industrialiser les délits d'initié en bourse...

10 June 2026 at 09:15
Comment Trump a permis d'industrialiser les délits d'initié en bourse...

par Vincent Clairmont

Près de 800 millions de dollars de positions vendeuses sur les contrats à terme pétroliers ont été placés le 8 juin à 8 h 24, heure de New York, selon les données de séance horodatées publiées par The Kobeissi Letter. Vingt et une minutes plus tard, à 8 h 45, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi déclarait le détroit d'Ormuz « complètement ouvert ». À 9 h 10, les cours s'étaient effondrés. Le Brent, qui avait touché 126 dollars au pic de mars, refluait vers 93 dollars. Pour qui avait vendu quarante-six minutes plus tôt, l'opération était bouclée.

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Un incident isolé relèverait de la chance. Celui-ci est le cinquième en onze semaines.

La série documentée

Depuis le début de la guerre d'Iran, cinq épisodes de ventes massives précédant de quelques minutes à quelques heures une annonce qui fait baisser les cours ont été documentés publiquement, principalement par The Kobeissi Letter, et recoupés par Seeking Alpha et Asia Times.

Le 22 mars, environ 580 millions de dollars de positions vendeuses sont placés quinze minutes avant un message de Donald Trump sur Truth Social annonçant une pause des frappes sur les installations énergétiques iraniennes ; le pétrole perd 10 %. Le 7 avril, environ 950 millions précèdent de quelques heures l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines et de la réouverture d'Ormuz ; les cours perdent 15 %. Le 17 avril, 7 990 lots de Brent — environ 750 millions de dollars — sont vendus vingt minutes avant une déclaration du ministre iranien confirmant l'ouverture du détroit. Le 6 mai, à 3 h 40 du matin heure de New York, environ 10 000 contrats vendeurs sur le WTI et le Brent — 920 millions de dollars de notionnel — sont placés soixante-dix minutes avant qu'Axios ne révèle que Washington et Téhéran sont « proches » d'un mémorandum d'entente ; à 7 heures, les cours ont perdu plus de 12 %, et la position a gagné environ 125 millions de dollars. Le 8 juin, enfin, les 800 millions évoqués plus haut.

Total cumulé : plus de 4 milliards de dollars de notionnel — la valeur faciale des contrats, à distinguer du capital réellement engagé, qui se limite au dépôt de garantie, soit un levier de l'ordre de dix à vingt fois. C'est ce levier qui transforme une baisse de 12 % en un gain de 125 millions pour une mise initiale de quelques dizaines de millions.

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Ce que la mécanique exige

Un contrat à terme vendeur ne demande aucune compétence particulière pour être rentable dans cette configuration. Il demande une seule chose : connaître l'annonce avant le marché. Or les cinq annonces concernées ont un point commun.

Sans surprise, fin du cessez-le-feu en Iran

8 June 2026 at 10:55
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en Iran

par Thibault de Varenne

Le cessez-le-feu du 8 avril n'aura tenu ni le détroit, ni le Liban, ni la parole donnée. On l'a salué pourtant. On a parlé de retour à la raison, de désescalade, de fenêtre diplomatique. Deux mois plus tard, comme je l'avais annoncé en son temps, les forces américaines arraisonnent un navire iranien dans le Golfe, frappent une île d'Ormuz, et l'Iran réplique sur un centre de commandement et sur des installations à Bahreïn et au Koweït.

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Dimanche, des missiles venus de la frontière iranienne ont été interceptés au-dessus d'Israël, pendant que la banlieue sud de Beyrouth enterrait ses morts. On appelle cela une reprise. C'est un mot d'orchestre pour une guerre qui n'avait pas cessé.

Iran : 45 % de risques d’une guerre lente, 35 % de risques d’une guerre chaude, par Thibault de Varenne
Pour l’observateur distrait, le calme relatif instauré par le cessez-le-feu du 8 avril 2026 pourrait ressembler à une esquisse de paix. Il n’en est rien. Ce que nous vivons en ce début de soirée du 5 mai est une « guerre grise », une transition brutale entre la fin des
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en IranLe Courrier des StratègesRédaction
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en Iran
Pourquoi la guerre d’Iran ne s’arrêtera pas avant l’été, par Thibault de Varenne
Pour l’observateur distrait, le calme relatif instauré par le cessez-le-feu du 7 avril 2026 pourrait ressembler à une esquisse de paix. Il n’en est rien. Ce que nous vivons est une « guerre grise » — une diplomatie du levier où le temps n’est plus un outil de résolution, mais une arme
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en IranLe Courrier des StratègesRédaction
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en Iran
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Reprenons depuis le commencement, car la chronologie est tout. La guerre a débuté le 28 février, par une opération conjointe américano-israélienne sur le sol iranien. Elle succédait à la guerre des Douze Jours de l'été précédent, comme une récidive succède à une rémission. On l'a nommée — Lion rugissant d'un côté, Fureur épique de l'autre — avec ce goût des appellations héroïques qui trahit toujours une inquiétude. Puis vint la trêve d'avril, négociée dans la fatigue, qui laissait ouvertes les deux plaies vives : Ormuz fermé, le Hezbollah debout. Une trêve qui ne traite pas les causes ne suspend pas la guerre. Elle la met au repos.

Pas plus de 5% de chance qu’une paix durable soit conclue en Iran, par Thibault de Varenne
Les medias mainstream répercutent sans nuance les déclarations optimistes de Donald Trump sur un accord de paix avec l’Iran. Thibault de Varenne fait le point sur le sérieux de ces déclarations. Alors que le président Donald Trump multiplie les déclarations publiques affirmant qu’un accord avec l’Iran est imminent, la situation
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en IranLe Courrier des StratègesRédaction
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en Iran

Trois mille cinq cent soixante morts au Liban depuis le mois de mars. Près d'un million de déplacés sur l'ensemble du théâtre. Ces chiffres, on les récite désormais entre deux nouvelles de marché, comme on relevait jadis la température d'un malade qu'on a cessé d'espérer. L'accoutumance est la plus discrète des défaites. Personne ne s'en aperçoit.

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Mais ce n'est pas du Levant que je veux parler. C'est de nous.

La démographie, base de toute puissance, surtout pour les BRICS, par Thibault de Varenne

6 June 2026 at 18:12

L'Inde présidera les BRICS en 2026. Elle accueillera le sommet, elle en tiendra la plume, elle en donnera le ton. Elle le fait forte d'une qualité que nul autre membre ne possède au même degré : depuis 2023, elle est le pays le plus peuplé de la terre. Plus de quatorze cents millions d'hommes.

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On a noté la nouvelle. On l'a rangée parmi les curiosités du calendrier statistique. On est passé à autre chose. C'est une erreur. Le nombre n'est pas une curiosité. Il est une prémisse. Tout le reste — le commerce, la monnaie, les flottes, les sièges qu'on réclame au Conseil de sécurité — s'en déduit lentement, mais s'en déduit.

De Gaulle le savait, qui ne séparait jamais le rang de la France du nombre des Français. Il tenait la natalité pour une affaire d'État, au même rang que la dissuasion. On a jugé cela démodé. On le juge démodé encore. Mais les démodés, parfois, avaient seulement raison trop tôt. La carte qui se redessine aujourd'hui n'est pas d'abord une carte d'idéologies ni de produits intérieurs bruts. C'est une carte de berceaux. Là où ils se remplissent, une puissance se prépare ; là où ils se vident, une puissance se retire. On voudrait nous faire croire que la richesse seule décide. On s'y emploie. On y consacre des colloques entiers. Le siècle, pourtant, paraît vouloir trancher autrement.

Les BRICS à l’âge de raison, par Thibault de Varenne
À New Delhi, à la mi-mai, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, Sergueï Lavrov a prononcé une phrase que nos chancelleries n’ont guère relevée : « nous ne précipiterons pas l’élargissement des BRICS », car le groupement, ayant doublé de taille en deux ans, doit désormais « rationaliser
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Sommet des BRICS : face au fantasme naïf d’un bloc uni, par Thibault de Varenne
Le sommet du 15 mai s’est achevé sans déclaration commune. Ceux qui attendaient l’acte de naissance d’un contre-Occident en sont pour leurs frais. Les BRICS ne sont pas un bloc et n’en seront jamais un — ce qui ne diminue en rien leur portée, à condition de comprendre ce qu’est, au
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Le tableau des masses

Commençons par l'Inde, puisqu'elle ouvre l'année. Sa jeunesse n'est pas une figure de style. Elle compte près de six cents millions d'habitants entre dix-huit et trente-cinq ans, et quelque deux cent cinquante millions d'adolescents, soit un cinquième

de sa population. L'âge médian y avoisine la vingtaine avancée, quand le nôtre frôle la cinquantaine. Voilà ce qu'on appelle un dividende démographique : une nation où les bras qui produisent l'emportent, et de loin, sur les bouches qui dépendent. New Delhi le sait, et le monnaie déjà en assurance diplomatique. Un dirigeant de sa Bourse a pu annoncer, sans qu'on lui rie au nez, que la jeunesse indienne produirait une part considérable de la richesse mondiale dans les décennies qui viennent.

Il faut pourtant lire les chiffres jusqu'au bout, car l'Inde, mieux que d'autres, sait ne pas se griser. Ses propres économistes avertissent que la fenêtre n'est pas éternelle : la part de sa population en âge de travailler culminerait autour de 2031, puis commencerait de refluer dès 2036, l'âge médian bondissant alors vers trente-cinq ans. Le dividende a une échéance. La presse de Pékin, qui observe son voisin sans aménité, résume la chose d'une formule qui vaut avertissement : cette masse de jeunes sera dividende ou désastre, selon que le marché du travail saura ou non les absorber. Le nombre offre l'occasion. Il ne l'accomplit pas. Retenons la distinction ; nous y reviendrons.

La Chine, ou la puissance qui compte ses morts

Tournons-nous vers la Chine. Voici un empire qui, pour la première fois de son histoire moderne, recule. Sa population décline depuis 2022 ; le Bureau national des statistiques l'avait annoncé avant même que le seuil ne fût franchi. Fin 2024, elle s'établissait à un milliard quatre cent huit millions d'âmes, en baisse de près d'un million et demi sur l'année. Les plus de soixante ans y atteignent désormais trois cent dix millions, soit plus d'un cinquième du pays. Une nation entière vieillit à vue d'œil, et le sait, et le dit.

Ce qui frappe, ce n'est pas le recul. C'est la manière dont Pékin en parle. Pas de lamentation. Pas de déni. Une rhétorique de maîtrise. Les organes officiels expliquent, posément, que « moins peut signifier plus », que la qualité de la main-d'œuvre compensera la quantité, que l'économie ne déraillera pas. On annonce des subventions à la naissance, une école maternelle gratuite par étapes, un virage simultané vers le soutien à la natalité et l'innovation. Surtout, on parie sur la machine. Dans les maisons de retraite de Shenzhen, des robots de soin jouent aux échecs avec les vieillards, les aident à se mouvoir, suppléent aux bras qui manquent. L'« économie des cheveux d'argent », pesée à sept mille milliards de yuans, doit en valoir trente mille d'ici 2035. Le régime convertit son déclin démographique en marché. C'est une réponse d'ingénieur à un problème de civilisation. Reste à savoir si l'ingénieur a le dernier mot.

Car il y a, dans cette confiance affichée, quelque chose qui ne se laisse pas robotiser. Un peuple n'est pas seulement une somme de bras, fût-elle augmentée de bras d'acier. C'est une chaîne de transmission, où chaque génération doit à la suivante mieux qu'un capital : une langue, un récit, le goût de durer. Quand la chaîne se distend, aucune automatisation ne la renoue. La Chine le pressent, qui multiplie les incitations sans parvenir, pour l'instant, à relever ses berceaux. On peut subventionner une naissance. On ne décrète pas le désir d'enfant. Personne ne l'a jamais fait tenir dans un budget.

La Russie, ou la blessure ancienne

La Russie offre le même tableau, en plus aigu et plus ancien. Sa crise démographique n'a pas commencé hier ; elle traîne depuis l'effondrement soviétique, comme une plaie mal refermée. En 2024, le pays a enregistré un million deux cent vingt-deux mille naissances, le chiffre le plus bas depuis 1999 — un tiers de moins qu'il y a dix ans. Les démographes parlent d'un creux qu'on n'avait pas vu depuis une génération. L'Organisation mondiale de la santé prévoit que la population russe pourrait perdre près de dix millions d'habitants d'ici 2050.

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Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

6 June 2026 at 10:12

Et si la première puissance du monde administrait, mois après mois, la preuve que rien ne tient sans contrepoids — ni la loi, ni la presse, ni la probité ? Dix-huit mois de pouvoir disent moins sur un homme que sur une nation qui découvre, dans l'effacement de ses propres bornes, ce qu'elle valait vraiment.

Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne
Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

On nous a longtemps présenté l'Amérique comme le pays de l'État de droit. C'était son orgueil, et son magistère : elle en faisait la leçon au monde, des chancelleries aux tribunaux. Dix-huit mois après le retour de M. Trump, la leçon se retourne. Ce n'est pas seulement une faute, ni un homme. C'est une démonstration — patiente, méthodique, presque pédagogique — de ce qu'un régime devient lorsqu'on retire un à un ses contrepoids.

Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

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Commençons par les juges, puisque c'est là que tout se joue. Au cœur de l'année 2025, le Washington Post établissait que l'administration n'obéissait pas — ou se voyait accusée de ne pas obéir — à près d'un tiers des décisions de justice rendues contre elle. Des avions d'expulsion qu'un juge ordonne de faire demi-tour, et qui poursuivent leur route. Un homme expulsé par erreur vers le Salvador, que la Cour suprême ordonne de ramener, et qu'on ne ramène pas. Le procédé a un nom dans la bouche des juristes : la désobéissance habillée de droit, qui invoque la procédure pour mieux la vider. Le président de la Cour suprême lui-même a dû rappeler qu'on ne destitue pas un juge parce qu'on conteste son jugement. Quand le gardien de la loi doit rappeler que la loi existe, c'est qu'elle vacille déjà.

Vint ensuite le pardon. Au premier jour du mandat, près de mille six cents condamnés du 6-Janvier graciés d'un trait de plume — y compris les chefs des Oath Keepers et des Proud Boys, ceux-là mêmes qui avaient porté la main sur des policiers. Un haut fonctionnaire de la Justice y a vu un feu vert donné à la violence politique. Puis l'on a démis, rétrogradé, inquiété les procureurs qui avaient instruit l'affaire ; et l'on a annoncé des enquêtes sur d'anciens directeurs du FBI et de la CIA, dont le président disait publiquement qu'ils devraient « payer le prix ». Gracier ses amis, poursuivre ses adversaires : c'est la définition la plus ancienne de l'arbitraire. Elle n'a pas pris une ride.

On a vu aussi le pouvoir s'en prendre, par décret, aux cabinets d'avocats qui l'avaient combattu — Paul Weiss, Jenner & Block, Covington —, leur retirant habilitations et marchés, jusqu'à ce que les tribunaux y voient une rétorsion contraire à la Constitution. On a vu Harvard sommée de céder son indépendance sous peine de perdre deux milliards de dollars de crédits, et un juge fédéral déclarer ce gel illégal, dicté par représailles contre une parole protégée. Quelques grandes maisons ont plié, négocié, donné des gages. L'histoire enseigne que ceux qui s'agenouillent les premiers ne s'en relèvent pas les mieux portants.

La presse, ensuite. Une chaîne poursuivie pour le montage d'un entretien, et sa maison-mère qui finit par verser seize millions de dollars pour solde de tout compte, à la veille d'une fusion qu'il fallait faire approuver. Une agence de presse chassée des lieux officiels pour un mot qu'elle refusait d'employer. Une autorité de régulation qui rouvre des enquêtes contre les chaînes mal-aimées. Rien de tout cela n'est, pris isolément, une censure d'État au sens où l'entendaient les régimes du siècle dernier. C'est plus subtil, et peut-être plus efficace : on ne fait pas taire, on fait payer ; on n'interdit pas, on intimide. Le résultat se mesure déjà à ceux qui se taisent d'eux-mêmes.

Euro numérique : ce que le plafond de 3.000€ dit du projet, par Vincent Clairmont
Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fixé, le 24 mars 2026, à 3 000 euros par personne le plafond de détention d’euros numériques retenu pour la phase pilote, programmée au second semestre 2027 sur douze mois, en vue d’une émission effective en 2029. La Bundesbank plaide pour un
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La branche risquée de la Barbell Strategy : Bitcoin, options, capital-risque, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont poursuit aujourd’hui sa “consolidation” sur le portefeuille en Barbell Strategy. La branche risquée représente 20 % de l’allocation, soit 100 000 euros sur le cas type. Son rôle est l’inverse de la branche sûre : encaisser disproportionnellement les discontinuités, au prix d’une volatilité élevée et d’un risque de perte totale
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La branche Barbell sûre de votre patrimoine : or, T-bills, foncier, liquidités, par Vincent Clairmont
Vincent Clairmont continue aujourd’hui son passage en revue de votre stratégie Barbell antifragile en matière de patrimoine. La branche sûre représente 80 % de l’allocation, soit 400 000 euros sur le cas type. Son rôle n’est pas de rapporter : il est de ne pas perdre si le système se disloque. Quatre
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Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne
Réponse à une lectrice : Livret A, devises, Bitcoin, foncières — quatre précisions sur l’allocation Barbell, par Vincent Clairmont
Une lectrice m’écrit après la chronique de dimanche. Elle a mis en place une allocation Barbell pour son époux il y a un an, elle en est satisfaite, et elle pose quatre questions précises. Elles sont si justes — l’une d’elles relève d’ailleurs une incohérence réelle de ma part — que je
Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de VarenneLe Courrier des StratègesRédaction
Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

Puis l'armée dans les villes. Des gardes nationaux fédéralisés contre l'avis de leurs gouverneurs, envoyés à Los Angeles, à Portland, à Chicago. Des juges, jusqu'à la cour d'appel, pour en dire l'illégalité ; un magistrat pour constater que la troupe avait procédé à des arrestations, réglé la circulation, dispersé des foules — ce que la loi lui défend depuis cent cinquante ans. À la fin de l'année, le retrait. Je veux croire que les institutions ont tenu. Mais on n'envoie pas l'armée contre son propre peuple par mégarde : on essaie, pour voir où sont les bornes. C'est l'essai qui inquiète, plus encore que son échec.

Il y a l'illibéralisme ; il y a aussi, jumelle, la vénalité. Car le même mouvement qui défait les contrepoids politiques défait les contrepoids moraux. Le 17 janvier 2025, trois jours avant de prêter serment, M. Trump lançait une monnaie à son nom — un memecoin — dont une société qu'il contrôle détenait l'essentiel, et dont la valeur de marché frôla cinq milliards de dollars en quelques heures. La plus haute fonction de l'État inaugurée par une opération de spéculation à son profit : il fallait l'oser. On l'a osé.

Le reste a suivi la pente. Une société familiale, World Liberty Financial, sa

Les BRICS à l'âge de raison, par Thibault de Varenne

5 June 2026 at 09:18

À New Delhi, à la mi-mai, en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS, Sergueï Lavrov a prononcé une phrase que nos chancelleries n'ont guère relevée : « nous ne précipiterons pas l'élargissement des BRICS », car le groupement, ayant doublé de taille en deux ans, doit désormais « rationaliser son travail dans le format élargi ».

Les BRICS à l'âge de raison, par Thibault de Varenne
Les BRICS à l'âge de raison, par Thibault de Varenne

L'agence TASS l'avait déjà laissé entendre : toute expansion nouvelle est jugée inopportune à ce stade. Le club qui grossissait à chaque sommet annonce qu'il cesse de grossir. On pourrait n'y voir qu'une pause de procédure. Je crois qu'il faut y voir une mue.

Les BRICS à l'âge de raison, par Thibault de Varenne

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Rappelons la cinétique, car elle fut rapide. Cinq membres pendant quinze ans ; puis l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats au 1er janvier 2024 ; l'Indonésie en janvier 2025 ; et autour du noyau, une dizaine de pays partenaires — du Kazakhstan au Nigeria, de la Malaisie à Cuba — selon la formule inventée au sommet de Kazan. L'ensemble pèse, selon les chiffres mêmes de M. Lavrov, 40 % du produit mondial en parité de pouvoir d'achat, et près de la moitié de l'humanité ; la banque centrale russe note que le G7 est passé derrière. On peut discuter ces agrégats, qui mélangent des économies fort dissemblables. On ne peut pas discuter la direction.

Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Quand un mensonge suffit à faire d'une victime un suspect... Henry Nowak, 18 ans, agonisait sur le trottoir, poignardé cinq fois. La police l'a menotté. Elle croyait la version de son agresseur invoquant des « injures racistes ». La vidéo diffusée lundi soir a provoqué une onde de choc et des émeutes à Southampton. Derrière l’émotion, c’est tout un système fondé sur l’identité ethnique qui vacille.

Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Le 2 juin 2026, Vickrum Digwa est condamné à la prison à vie avec une peine de sûreté de 21 ans . Sa condamnation n’a pas clos l’affaire. Bien au contraire. Depuis la diffusion des images de l’intervention policière survenue le 3 décembre 2025 à Southampton, l’émotion s’est transformée en colère.

Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

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Une erreur policière aux conséquences dramatiques

Cette nuit-là, Henry Nowak, étudiant de 18 ans, est poignardé à cinq reprises alors qu’il rentre d’une soirée. Lorsque les policiers arrivent sur place, son agresseur affirme avoir été victime d’insultes racistes et avoir agi en état de légitime défense. Les agents prennent alors son récit pour argent comptant.

Royaume-Uni : des centaines de personnes défilent après la condamnation du meurtrier d’Henry Nowak
Henry Nowak a été poignardé par Vickrum Digwa, jeune sikh de 23 ans, qui a assuré avoir agi en légitime défense après l’avoir accusé à tort d’injures racistes. Lundi, il a été condamné à la prison à perpétuité.
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policierseuronewsNathan Rennolds
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

La vidéo montre pourtant une scène glaçante. Allongé au sol, la victime répète à plusieurs reprises : « Je n’arrive pas à respirer » et « J’ai été poignardé ». Malgré cela, les policiers menottent Henry Nowak et lui notifient son arrestation alors qu’il est déjà à l’agonie.

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Royaume-Uni :arrestation musclée d’un humoriste après ses tweets jugés “homophobes”
L’humoriste Graham Linehan a été arrêté à Heathrow à son retour des États-Unis, il est accusé d’avoir publié trois tweets jugés offensants par des militants trans. Un épisode qui interroge sur les limites de la liberté d’expression au Royaume-Uni. L’auteur a révélé que le stress généré par
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiersLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Face à l’indignation, la police du Hampshire a reconnu avoir été « trompée » par les mensonges du meurtrier. L'Independent Office for Police Conduct (IOPC) — la "police des polices" a ouvert une enquête dont les conclusions sont attendues sous trois mois. Le lendemain du meurtre, la police découvrait chez Digwa une machette et des épées.

Colère populaire et récupération politique

Mardi soir, plus d’un millier de personnes, dont Tommy Robinson, se sont rassemblées devant le commissariat de Southampton. Des heurts ont éclaté : bouteilles, briques et poubelles lancées sur les forces de l’ordre. Nigel Farage, chef de Reform UK, à deux semaines d'une élection partielle, a dénoncé un pays « à deux vitesses » et reproche que "les droits des Blancs comptent moins".

Royaume-Uni: la prison pour un tweet, le cas de Lucy Connolly
Lucy Connolly n’avait rien d’une militante. Mère de deux enfants de 42 ans, vivant à Northampton, elle menait une vie discrète jusqu’au jour où un massacre à Southport – où trois jeunes filles furent tuées – bouleversa le pays. Dans un moment de colère, elle posta un message sur
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiersLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

Elon Musk s’est lui aussi emporté, et a fustigé un «deux poids deux mesures» médiatique de la presse anglo-saxonne, comparé à la mort de George Floyd aux États-Unis. Il se dit prêt à financer une action judiciaire contre la police du Hampshire. Cette dernière s’est excusée, admettant avoir été « trompée » par les mensonges de Digwa, tout en dénonçant un « flot de désinformation ».

Keir Starmer a parlé d’images « atroces » lui ayant donné la nausée, tandis que la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood accuse certains responsables politiques de chercher à tirer profit d’une tragédie.

Affaire Nowak : quand la peur du racisme paralyse le jugement des policiers

L'affaire Nowak est la preuve que des procédures policières mal calibrées, dans un contexte de pression idéologique réelle sur la notion de racisme, peuvent conduire à des décisions absurdes et mortelles.

Les élites travaillistes, comme les précédentes, préfèrent dénoncer l’« extrême droite » plutôt que d’interroger les effets d’une immigration de masse non assimilée et d’une justice à géométrie variable.

Le Royaume-Uni, sorti de l’Union européenne, reste prisonnier d’une idéologie multiculturaliste qui broie l’individu au profit des groupes. Henry Nowak en est mort.

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