Normal view

Received yesterday — 9 June 2026 Le Courrier des Stratèges

Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

Au Chesnay-Rocquencourt, dans les Yvelines, une piste cyclable financée en grande partie par l’argent public a été supprimée quelques mois seulement après sa réalisation. Alors que la Région Île-de-France avait accordé 387 700 euros de subventions, dont 324 500 euros pour l’avenue Charles-de-Gaulle, la nouvelle municipalité a décidé de revenir sur l’aménagement. Une affaire qui pose une question simple : qui paie quand les élus détruisent ce que d’autres ont financé ?

Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

A peine élue maire du Chesnay-Rocquencourt, Anne Père-Brillaut a décidé de transformer une partie de la piste cyclable située sur l’avenue Charles-de-Gaulle en une voie partagée entre les voitures et les vélos, une décision très critiquée.

Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Un "réaménagement" financé à prix d’or

L’histoire a de quoi surprendre. À peine élue le 27 mars 2026, la nouvelle maire LR du Chesnay-Rocquencourt, Anne Père-Brillault, a fait modifier dès avril la piste cyclable de l’avenue Charles-de-Gaulle. Sur le tronçon situé entre le rond-point du 18-Juin et la rue Pottier, les cyclistes ont été renvoyés sur une chaussée désormais partagée avec les automobilistes.

Suppression de la piste cyclable au Chesnay-Rocquencourt : la Ville va t-elle devoir rembourser la subvention ?
L’opposition de gauche à la Région réclame que la ville du Chesnay-Rocquencourt (Yvelines) rembourse une subvention touchée pour réaliser une piste cyclable supprimée depuis.
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardactu.frAlexandre Marque
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

Suite à cette décision, l’association Vélo Versailles Grand Parc parle de suppression d’une voie destinée aux cyclistes. Les Ecologistes des Yvelines considèrent cet agencement de « contresens » en indiquant qu’il risque de compliquer la circulation à vélo vers Versailles, Bailly et Noisy-le-Roi. Les opposants à cette décision s’inquiètent également de la sécurité des cyclistes obligés désormais de rouler avec les voitures.

La municipalité se défend dans un communiqué du 4 mai 2026. Elle invoque des « remontées d’habitants » sur les difficultés de circulation aux heures de pointe et un usage cyclable jugé trop faible. Elle préfère parler de « réaménagement » et promet un audit global des itinéraires vélo. Cet aménagement avait bénéficié d’un financement régional conséquent. Par la délibération CP2024-223 du 27 septembre 2024, la Région Île-de-France avait accordé 387 700 euros à la commune dans le cadre de son Plan vélo.

Piscines municipales: pourquoi votre taxe foncière explose cet été
Alors que l’été 2026 s’annonce caniculaire, les Français découvrent dans leurs avis d’imposition locale la note cachée des équipements aquatiques. Plus de 2 800 communes ont lancé des projets entre 2023 et 2025 pour un total de 4,2 milliards d’euros. À Toulouse, la contribution aux
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

La seule piste de l’avenue Charles-de-Gaulle représentait 324 500 euros de subventions, soit l’essentiel de l’aide publique accordée. En d’autres termes, le contribuable a financé la création de l’infrastructure avant d’en financer indirectement la disparition.

Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Qui rembourse les 387 700 € de cette piste ?

Selon une source, l’opposition de gauche au conseil régional d’Ile-de-France revendique le remboursement de cette subvention vu que la commune n’a pas respecté les conditions d’utilisation du financement, mentionnées dans le Plan vélo régional. Cette information n’a pas été confirmée par la Région. Pour l’heure, aucune procédure officielle n’a été engagée et la Région n’a pas annoncé de demande de reversement.

Christine Cotton ? ou l’éloge de la phronèsis
par Eric Verhaeghe Une statisticienne s’est éteinte le 1er juin, après avoir passé trois ans à compter ce que d’autres voulaient qu’on cesse de regarder. Sa disparition dit quelque chose de notre époque : nous avons gagné, au début de 2022, la bataille du passe sanitaire — et perdu, sans la voir,
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

Mais au-delà du débat sur le vélo, cette affaire révèle une dérive récurrente de la gestion publique française. Une majorité aménage, la suivante défait, puis une troisième réaménagera peut-être demain. À chaque étape, la facture est réglée par les mêmes : les contribuables.

Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %
par Vincent Clairmont Un lecteur veut placer les 150 000 euros d’un héritage sur les cinq ETF de défense et de cybersécurité de notre article du 7 avril, après une hausse de près de 70 %. Mais ce papier disait « spéculatifs », et son volet jumeau s’adressait à qui possède déjà une
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardLe Courrier des StratègesRédaction
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

L’audit cyclable promis par la mairie permettra peut-être d’éclairer les choix techniques. Il ne répondra cependant pas à la question essentielle : comment justifier qu’un équipement financé à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros soit remis en cause quelques mois plus tard sans qu’aucun responsable politique ou administratif n’ait à assumer le coût de cette décision ? Dans le secteur privé, une telle destruction de valeur appellerait des comptes. Dans la sphère publique, elle semble n’être qu’une ligne budgétaire parmi d’autres.

Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric Lemaire

9 June 2026 at 11:05

L'encyclique *Magnifica Humanitas* n'est pas vraiment un texte sur l'intelligence artificielle. C'est un texte sur le pouvoir. Sous prétexte d'IA, Léon XIV réactive toute la doctrine sociale de l'Église pour mettre en garde contre une nouvelle forme de totalitarisme technologique. Le constat est souvent juste : concentration du pouvoir numérique, tentation transhumaniste, risques militaires, manipulation de l'information. Mais le remède reste flou : davantage de régulation, davantage de gouvernance mondiale, davantage de « discernement collectif ».

Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric Lemaire
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric Lemaire

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le lecteur français découvre alors un pape profondément mondialiste, parfois méfiant à l'égard de la liberté spontanée des sociétés, et dont certaines formulations évoquent davantage les vieux réflexes du catholicisme social que l'esprit de subsidiarité. Une encyclique intéressante, parfois brillante, mais qui parle finalement beaucoup plus de Babel que d'algorithmes.

Une langue datée

Lorsqu'un catholique français ouvre l'encyclique *Magnifica Humanitas* consacrée à l'intelligence artificielle, sa première surprise n'est pas le fond. C'est la langue.

Lettre encyclique du Saint-Père Léon XIV Magnifica Humanitas (15 mai 2026)
LETTRE ENCYCLIQUE MAGNIFICA HUMANITAS DU SAINT-PÈRE LÉON XIV SUR LA PROTECTION DE LA PERSONNE HUMAINE À L’ÈRE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE [ Multimédia ] ___________________________
Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric LemaireLe Saint-Siège Le Saint-Siège
Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric Lemaire

Non pas le français lui-même, impeccable, mais la structure intellectuelle du texte. Même pour un catholique pratiquant, même pour quelqu'un qui fréquente régulièrement les églises sans être spécialiste du droit canon ou de la théologie, la lecture demande un effort considérable. Nous sommes très loin d'un essai politique ou d'un rapport de commission parlementaire.

Léon XIV écrit comme écrivent les papes : à l'intérieur d'un univers conceptuel vieux de deux mille ans, peuplé de références bibliques, de conciles, d'encycliques antérieures et d'une doctrine sociale dont il faut connaître les codes pour saisir toutes les nuances.

Incitations non économiques : ce que l’économie ne veut pas voir, par Eric Lemaire
Le marché optimise. La contrainte déclenche. Guerre, survie, ambition collective : voilà les vrais moteurs des ruptures. Le libéralisme a raison sur l’économie… mais oublie que l’homme n’est pas rationnel. La France a les moyens. Elle manque de tension, elle est avachie depuis 1918. Le confort du modèle
Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric LemaireLe Courrier des StratègesRédaction
Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric Lemaire

Ce décalage est frappant. L'Église prétend parler au monde contemporain mais continue souvent à s'exprimer dans un langage dont seuls les initiés possèdent véritablement les clés.

Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric Lemaire
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Un fond informé mais léger

Pourtant, passé cet obstacle initial, le lecteur découvre un texte beaucoup plus informé qu'il ne l'imaginait.Sur l'état de l'art de l'intelligence artificielle, Léon XIV a manifestement travaillé son dossier.

Pape Léon XIV: déjà le choix du nom est tout un programme
Léon XIV! Habemus papam! Et son prénom est déjà tout un programme. L’Eglise catholique a un pape, choisi après quatre
Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric LemaireLe Courrier des StratègesCDS
Léon XIV, l'IA et la nouvelle tour de Babel, par Eric Lemaire

Le pape comprend parfaitement que l'enjeu dépasse largement les performances techniques des modèles de langage. Il identifie les grandes questions qui structurent aujourd'hui le débat : la concentration du pouvoir numérique, les transformations du travail, l'éducation des jeunes générations, les risques de manipulation de l'information, l'automatisation militaire et surtout la tentation transhumaniste.

Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail

9 June 2026 at 10:38
Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail

par Thibault de Varenne

Une enfant de onze ans a disparu à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai. On a retrouvé son corps le 4 juin. Elle s'appelait Lyhanna. Le pays s'est arrêté un instant, comme il convient devant une tombe d'enfant, puis il a fait ce qu'il fait désormais à chaque fois : il a réclamé une loi.

Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le Premier ministre a réuni ses ministres. On annonce des peines aggravées pour les viols sériels, des règles de prescription revues, l'obligation de motiver les classements sans suite. Le mécanisme est connu, et il a sa beauté triste. À chaque drame, un texte. À chaque texte, le sentiment d'avoir agi. Le législateur se penche, le pays se calme, et l'on passe au malheur suivant en attendant qu'il réclame sa loi à son tour.

Lyhanna, victime de l’inertie administrative
Et si le vrai danger n’était pas la malveillance, mais l’absence de zèle ? Un dossier qui met treize jours à franchir quatre-vingts kilomètres, des semaines à être ouvert, et jamais le temps d’une garde à vue. La mort de Lyhanna, onze ans, dit moins sur un homme que sur des
Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travailLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail

Mais regardons cette affaire-ci, puisqu'on nous demande d'en faire une règle générale. L'homme aujourd'hui mis en examen n'était pas un inconnu de la justice. Un signalement de gendarmerie en 2017, écarté comme une affaire de mœurs sans suite. Une plainte pour viol sur une enfant, déposée en 2022, classée en 2024 comme « insuffisamment caractérisée ». Une autre plainte encore, en 2025. L'administration savait. Pas l'avenir, certes, pas l'irréparable — mais elle savait ce qu'il était possible de savoir, et elle l'a rangé dans un tiroir. Le garde des Sceaux lui-même a reconnu des « défaillances graves ». Le mot est exact, et il dit tout : ce qui a manqué n'était pas une loi, c'était l'usage de celles que nous avions.

Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Car il faut l'énoncer sans détour. On ne légifère pas, dans ces moments, pour protéger ; on légifère pour se montrer. La loi nouvelle est visible, gratuite, immédiate : un communiqué, une signature, une émotion convertie en article du code. Gouverner est l'exact contraire. C'est suivre un dossier que personne ne suivra à votre place, doter un parquet qui croule, relancer une enquête qu'on serait tenté d'enterrer, décider et porter le poids de sa décision. Rien de tout cela ne se voit. Rien de tout cela ne se tweete. Et c'est pourtant en cela, et en cela seul, que consiste la protection d'un peuple.

La France a, contre le viol sur mineur, des lois parmi les plus sévères d'Europe. Elles existaient le 29 mai. Elles n'ont pas été appliquées. Je ne vois pas par quel prodige un article supplémentaire, voté dans l'émotion, serait mieux appliqué que ceux qu'on a laissés dormir. On ajoute un étage à une maison dont on n'a pas réparé les fondations, et l'on s'étonne ensuite qu'elle penche.

Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Tacite, qui avait observé de près le déclin d'un grand État, avait laissé une formule que nos législateurs devraient relire avant chaque séance : plus une république est corrompue, plus elle compte de lois. Montesquieu l'a redite à sa manière : les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. Ce n'est pas un paradoxe d'académie. Une nation qui répond à chaque défaillance de son administration par une inflation de son droit finit par avoir un code immense et un État impuissant — beaucoup de textes, et plus personne pour les faire vivre.

Le premier devoir d'un État, avant toute politique, avant toute idéologie, est de protéger les siens. C'est le seul qu'on ne puisse déléguer ni au marché ni au temps. Quand une administration classe sans suite ce qu'elle devait instruire, ce n'est pas la loi qui a failli, c'est l'homme qui devait l'appliquer, et la chaîne qui devait le tenir comptable. On nous promet de réformer le code ; je préférerais qu'on réforme le sérieux. Qu'un classement sans suite, sur un crime d'enfant, ne soit plus une porte qu'on referme à la hâte mais une décision qu'un magistrat doit assumer, nom et motifs à l'appui. Cela, du reste, ne demande pas de loi : cela demande qu'on travaille.

Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Je sais ce qu'on objectera. Que faire une loi, c'est aussi répondre à une colère légitime, lui donner une forme, l'empêcher de tourner à la vengeance. C'est vrai, et je ne méprise pas cette colère ; elle est saine, elle est le dernier signe qu'un peuple tient encore à ses enfants. Mais on ne la respecte pas en lui offrant un texte de plus à oublier. On la respecte en lui rendant ce qu'elle réclame vraiment, et qu'elle n'ose plus espérer : un État qui fait ce qu'il a dit, et qui répond quand il ne l'a pas fait.

Lyhanna ne demandait pas une loi. Elle demandait, sans le savoir, que ce pays consente enfin à faire son travail. C'est moins glorieux qu'un grand discours, et infiniment plus difficile. Mais une nation ne se juge pas au nombre de ses lois. Elle se juge à ce qu'elle fait des quelques-unes qui suffiraient, si seulement on les appliquait.

Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis

Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis

par Eric Verhaeghe

Une statisticienne s'est éteinte le 1er juin, après avoir passé trois ans à compter ce que d'autres voulaient qu'on cesse de regarder. Sa disparition dit quelque chose de notre époque : nous avons gagné, au début de 2022, la bataille du passe sanitaire — et perdu, sans la voir, celle qui a suivi. Non plus par la contrainte, mais par la gestion silencieuse de nos comportements.

Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Il y a des femmes dont le courage ne fait pas de bruit, qui ne haussent jamais le ton, qui n'ont pour seule arme qu'une colonne de chiffres tenue avec entêtement contre l'air du temps, et Christine Cotton, biostatisticienne de métier, vingt-cinq ans de méthodologie pour Roche, Sanofi, Janssen avant de retourner cette compétence contre l'industrie qui l'avait formée, fut, pendant de longues années, de celles-là.

Elle est morte le 1er juin, en Suisse, au terme d'une longue souffrance physique qu'elle disait insupportable, après avoir laissé un message d'adieu. Elle laisse un rapport de plus de quatre cents pages sur les pratiques méthodologiques de l'essai clinique du vaccin Pfizer — non pas un pamphlet, non pas une profession de foi, mais une lecture patiente des documents réglementaires à l'aune des bonnes pratiques cliniques. Elle ne demandait rien d'autre que ce que demande tout savant : qu'on puisse vérifier. C'est, à le bien regarder, la chose la moins révolutionnaire du monde. C'est aussi celle qui, en notre époque, suffit à faire de vous un ennemi.

Christine Cotton, la lanceuse d’alerte anti-Pfizer, est morte
Biostatisticienne reconnue, critique acharnée des essais cliniques des injections ARN Covid, Christine Cotton est décédée début juin 2026 après avoir publié un bouleversant message d’adieu. Figure incontournable du débat sanitaire français, elle avait consacré les cinq dernières années à dénoncer ce qu’elle considérait comme les failles méthodologiques des
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsisLe Courrier des StratègesRédaction
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Je voudrais partir d'elle pour dire où nous en sommes, quatre ans après. Ce texte accompagne l'hommage que lui rend le Courrier en vidéo.

Ce que nous avons gagné, et qui était réel

Rappelons-nous, car la mémoire est courte. À l'hiver 2021-2022, la France vivait sous un régime d'exception devenu ordinaire : un passe qu'il fallait dégainer pour entrer dans un café, monter dans un train, parfois voir un médecin. Le pays s'était coupé en deux — les admis et les empêchés — sur un critère que l'État ajustait à sa guise. Nous fûmes nombreux à nous organiser, parfois de façon publique, souvent dans une clandestinité que le gouvernement suspectait, pour combattre une scission organisée de la société. Et le 14 mars, le passe vaccinal était suspendu.

Soyons honnêtes sur la causalité, car c'est la condition pour être cru. Le gouvernement a expliqué qu'il levait la mesure parce que la vague refluait, et il avait, sur le plan épidémiologique, des arguments. Les opposants ont lu dans ce retrait leur victoire, et ils avaient, sur le plan politique, des raisons. Je suppose que les deux lectures sont vraies à la fois, et que la concomitance n'est pas tout à fait un hasard. Un pouvoir cède rarement à la seule rue ; mais il choisit le moment de céder en regardant la rue. La mobilisation n'a peut-être pas renversé la table. Elle a rendu le maintien du passe politiquement coûteux. C'est déjà une victoire, et il ne faut pas en rougir.

Seulement voilà : on n'avait gagné qu'une bataille, et la plus visible. La plus médiatique, la plus frontale, la plus facile à raconter. Pendant qu'on la livrait, une autre se préparait, qu'on ne nous a pas annoncée parce qu'elle ne se déclare jamais.

Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Le détour par Tocqueville, qui avait tout vu

Il faut relire les pages de La Démocratie en Amérique sur ce que Tocqueville appelait le despotisme doux. Il imaginait un pouvoir qui ne tyranniserait pas les hommes mais les materait, qui ne briserait pas les volontés mais les amollirait, un pouvoir « absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux » qui travaillerait au bonheur des citoyens à condition d'en être l'unique arbitre, et qui aimerait que ceux-ci se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il manquait à Tocqueville, pour que sa prophétie fût complète, un outil qu'il ne pouvait pas concevoir : la science du comportement. La possibilité technique de ne plus contraindre les conduites, mais de les incliner. De ne plus interdire, mais d'architecturer le choix pour qu'il tombe de lui-même du bon côté.

Tocqueville, père fondateur de la théorie de l’avachissement
Voici la huitième livraison de la Liberty Academy. Elle est essentielle puisqu’elle clôture le premier trimestre de cours... et qu’elle aborde la pensée de Tocqueville !
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsisVerhaeghe BriefingEric Verhaeghe
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis

Cet outil existe. Il porte un nom anodin, presque attendrissant : le nudge, le coup de coude. La théorie, formulée par Thaler et Sunstein, part d'une intuition juste — nous décidons mal, par biais, par paresse, par peur — pour en tirer une conclusion qui ne l'est pas : puisque vous décidez mal, d'autres décideront le cadre dans lequel vous déciderez. La Grande-Bretagne a institué dès 2010 une « Nudge Unit ». La France a passé dès 2018 un accord-cadre avec cette équipe, qui a ouvert son bureau parisien adossé à la Direction interministérielle de la transformation publique. On ne nous l'a pas caché. On ne nous l'a pas dit non plus. C'est entre les deux que se loge le despotisme doux : dans ce qui est public sans jamais être annoncé.

Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas

Bastiat nous a légué la seule grille d'économie politique dont on ne se lasse pas : il y a ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Ce qu'on a vu, en 2022, c'est le passe levé, les terrasses rouvertes, la victoire. Ce qu'on n'a pas vu, c'est le déplacement du front. La contrainte légale, trop visible, trop contestable, trop génératrice de convois, a cédé la place à quelque chose de plus fin : la gestion des publics.

Bastiat, le libertarien du visible et de l’invisible !
Dans cette nouvelle livraison de la Liberty Academy, je passe en revue les éléments les plus importants de la philosophie du français Frédéric Bastiat. Essentiel pour comprendre la liberté.
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsisVerhaeghe BriefingEric Verhaeghe
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis

Que l'État ait recouru, pendant la crise, à des techniques d'influence émotionnelle n'est pas une hypothèse : c'est documenté. Outre-Manche, les minutes du groupe consultatif comportemental recommandaient en mars 2020 d'augmenter « le niveau de menace personnelle perçue » chez les récalcitrants au moyen d'un « message émotionnel percutant ». On a, en clair, décidé d'avoir peur pour nous, et de nous la distribuer à dose utile. Ce qui valait pour la pandémie ne s'est pas évaporé avec elle. L'appareil, une fois rodé, cherche son emploi.

Au-delà de ce socle avéré commence le terrain où je dois avancer en disant ce que je sais, ce que je suppose, et ce que j'ignore — car c'est précisément le respect de cette frontière qui sépare la critique du délire. Ce que je sais : la segmentation psychométrique des populations est une technique mûre, qu'aucune entreprise de marketing politique sérieuse n'ignore plus. Des modèles de personnalité comme HEXACO — six dimensions, dont l'honnêteté-humilité — permettent de classer, de prédire, d'anticiper les réactions d'un public à un message. Ce que je suppose : qu'il serait naïf d'imaginer que ces outils, disponibles pour vendre une lessive ou un candidat, s'arrêtent pudiquement à la porte de la gestion des dissidences. Ce que j'ignore : l'ampleur exacte, les commanditaires, le degré de coordination. Je me garderai d'inventer ce que je ne peux pas établir. Mais l'asymétrie est troublante : on connaît par cœur la psychologie de ceux qui doutent ; ceux qui doutent, eux, ne savent rien de la machine qui les étudie.

Ce n'est pas nouveau : c'est très français

Car la neutralisation des oppositions par l'intérieur n'a rien d'une nouveauté technologique. C'est une très vieille spécialité française, et il suffit d'ouvrir nos archives. La Convention avait ses comités et ses indicateurs ; la monarchie de Juillet, ses mouchards ; la République, ses agents provocateurs glissés dans les cortèges pour les pousser à la faute qui justifierait la charge. Le procédé est constant, seuls changent les moyens : on n'interdit pas une opposition sérieuse, c'est trop coûteux et cela en fait des martyrs ; on la rend ridicule, on l'excite jusqu'à l'outrance, on l'enferme dans sa propre caricature.

Je me demande — et je le pose comme une question, non comme un verdict — si une part de ce que nous avons pris, ces trois dernières années, pour la spontanéité du camp des résistants ne relevait pas de cette mécanique ancienne. Non pas nécessairement des infiltrés au sens du roman d'espionnage ; plus simplement, des amplificateurs : ceux qui, à chaque débat naissant, tirent vers l'hystérie, dressent les sceptiques les uns contre les autres, transforment une exigence de transparence en foire aux invectives. Qu'ils soient mandatés ou seulement utiles, le résultat est le même, et c'est le seul qui compte : aucune construction politique sérieuse ne tient debout dans le vacarme. L'hystérisation n'est pas un dérapage du débat. Dans bien des cas, j'en viens à le croire, elle en est la fonction. On ne tue plus les idées : on les noie dans le bruit qu'on a soi-même organisé autour d'elles.

Pendant ce temps, la plomberie

Et tandis que nous nous épuisions à ces querelles, on posait tranquillement les tuyaux. C'est la règle d'or de l'époque : le spectacle occupe le devant, l'infrastructure s'installe à l'arrière. Identité numérique, portefeuille d'identité européen, projet d'euro numérique programmable, interconnexion des fichiers : l'architecture d'un contrôle fin des existences se met en place pièce par pièce, pendant que l'attention publique est captée par la polémique du jour. Comme l'orage qui fixe le regard à l'horizon pendant que l'eau, sous nos pieds, monte sans bruit. Le passe sanitaire n'était qu'un prototype, maladroit parce que visible. Ce qui vient sera invisible parce que commode. On ne nous imposera pas la traçabilité : on nous la rendra si pratique que la refuser passera pour une excentricité.

Dernier mot

Que faire, alors ? Ni la fuite dans le déni, ni la fuite dans la fureur — qui sont les deux versants d'une même défaite, et précisément les deux ornières où l'on souhaite nous voir tomber. Les Grecs avaient un mot pour la vertu qui manque le plus à notre temps : la phronèsis, que nos traducteurs rendent par prudence et qu'Aristote plaçait au-dessus des autres vertus intellectuelles parce qu'elle seule sait appliquer le vrai au particulier, dans le concret, au bon moment, dans la juste mesure. Non pas la raison froide des calculateurs, non pas la passion chaude des excités, mais le discernement de l'homme qui pèse, qui doute à bon escient, qui tient sa colère et n'abdique pas son jugement.

Opposer, à la fabrique de la peur, la plus subversive des armes en régime d'hystérie organisée : la rigueur, la patience, le chiffre vérifiable, l'obstination tranquille de qui refuse à la fois de se taire et de hurler, tels que la bio-staticienne Christine Cotton avait déployés dans son étude documentée sur les vaccins ARN injectés en urgence et sans précaution. Voilà l'héritage indispensable qui doit nous guider, et qui vaut bien mieux qu'un mausolée. La phronèsis n'est pas une posture ; c'est un travail. Le seul, peut-être, qui résiste à ceux qui ont appris à manipuler tout le reste.

Elle a tenu sa colonne de chiffres jusqu'au bout. À nous de tenir la nôtre.

Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %

9 June 2026 at 09:30
Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %

par Vincent Clairmont

Un lecteur veut placer les 150 000 euros d'un héritage sur les cinq ETF de défense et de cybersécurité de notre article du 7 avril, après une hausse de près de 70 %. Mais ce papier disait « spéculatifs », et son volet jumeau s'adressait à qui possède déjà une épargne de sécurité. La performance passée n'est pas un point d'entrée, et « défense » n'a jamais voulu dire « défensif ».

Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Un lecteur, Serge C., m'écrit après avoir lu notre article du 7 avril, « Sur quels ETF spéculatifs placer les 150 000 € de l'héritage de grand-maman ». Il n'était pas abonné à sa parution, l'a découvert depuis, a regardé les cours sur son compte Swissquote, les a trouvés « énormément augmentés », et souhaite désormais y placer son héritage. Il cite les cinq fonds du papier — VanEck Defense (DFNS), Global X Defense Tech (ARMR), Future of Defence Indo-Pacific (QUAD), First Trust Nasdaq Cybersecurity (CIBR), WisdomTree Cybersecurity (WCBR) — et précise qu'il ne dispose que de dollars et ne peut acheter qu'en USD.

Je le remercie de sa fidélité, et je vais lui répondre franchement, quitte à corriger la lecture qu'il a faite de ce papier. Car entre ce que l'article disait et ce qu'il s'apprête à en faire, il y a un écart qui peut lui coûter cher.

Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Relisons le titre : il dit « spéculatifs »

L'article du 7 avril parlait de « vecteurs spéculatifs », invitait à « passer à l'offensive » et à transformer l'héritage en « arsenal financier ». Ces mots ne sont pas décoratifs : ils désignent une catégorie précise d'actifs — la branche risquée. Or la stratégie Barbell que défend cette rubrique ne met jamais la totalité d'un patrimoine dans sa branche risquée. Elle répartit 80 % en branche sûre — ce qui perd peu si le système tient — et 20 % seulement en branche risquée — ce qui peut tout perdre comme tout multiplier. Les ETF de défense et de cyber relèvent, de l'aveu même du titre, de ces 20 %. Les acheter avec la totalité de l'héritage, ce n'est pas suivre l'article : c'est en faire l'exact contraire.

Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Le papier supposait une chose que votre message ne dit pas

Son volet jumeau, « Que faire avec un héritage de 150 000 € en stratégie Barbell ? », s'ouvrait sur une phrase qu'il faut relire : il s'adressait à celui « qui dispose déjà d'une épargne antifragile » et se demandait quoi faire « de ce cadeau du ciel ».

Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée

9 June 2026 at 09:15
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée

par Vincent Clairmont

L'inflation de la zone euro est repartie à 3,2 %, tirée par l'énergie et la guerre au Moyen-Orient. La Banque centrale européenne, prisonnière d'un choc qu'elle n'a pas créé, s'apprête à relever ses taux. Pour l'épargnant, le rendement réel du « sans risque » est déjà négatif — voici comment protéger son patrimoine sans parier sur le prochain baril.

Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

L'inflation de la zone euro est remontée à 3,2 % sur un an en mai 2026, son plus haut niveau depuis septembre 2023, selon l'estimation rapide d'Eurostat. La composante énergie progresse de 10,9 % sur douze mois. Dans le même temps, le baril de Brent a bondi de 4,9 % en une séance pour s'établir à 97,67 dollars, porté par le centième jour de la guerre entre Israël et l'Iran et par la tension permanente sur le détroit d'Ormuz, par où transite près d'un cinquième du pétrole mondial. La Banque centrale européenne, qui avait maintenu son taux de dépôt à 2,00 % en avril, est désormais attendue à la hausse dès sa réunion de juin — un relèvement de 25 points de base portant ce taux de dépôt à 2,25 %, avec une seconde hausse anticipée par le marché en septembre.

Cet enchaînement mérite d'être nommé pour ce qu'il est. Il ne s'agit pas d'une inflation de demande — celle qui naît d'une économie en surchauffe, de salaires qui courent après les prix, d'un crédit trop bon marché. La croissance de la zone euro est ressortie à 0,1 % au premier trimestre. Il s'agit d'une inflation importée : un choc d'offre venu de l'extérieur, transmis par le prix de l'énergie, sur lequel une banque centrale n'a aucune prise directe. C'est la distinction la plus mal comprise du moment, et c'est elle qui commande la conduite à tenir pour un épargnant.

L’UE confirme la catastrophe : la stagflation s’installe et va faire très mal, par Elise Rochefort
Le grand virage : Bruxelles vient de briser l’espoir d’une reprise sereine en 2026. Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission, confirme officiellement que l’Union européenne entre dans un “choc stagflationniste” majeur. 65% de risque de stagflation en France dans les 6 mois : comment s’y préparer? Par Vincent ClairmontL’économie française
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importéeLe Courrier des StratègesRédaction
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée
Réponse à une lectrice : Livret A, devises, Bitcoin, foncières — quatre précisions sur l’allocation Barbell, par Vincent Clairmont
Une lectrice m’écrit après la chronique de dimanche. Elle a mis en place une allocation Barbell pour son époux il y a un an, elle en est satisfaite, et elle pose quatre questions précises. Elles sont si justes — l’une d’elles relève d’ailleurs une incohérence réelle de ma part — que je
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importéeLe Courrier des StratègesRédaction
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée
Quand le pétrole fait la politique monétaire : protéger son épargne en régime d'inflation importée
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Une banque centrale prisonnière

Le taux d'intérêt agit sur la demande intérieure : il renchérit le crédit, freine l'investissement et la consommation, refroidit les prix tirés par l'activité. Il n'a aucun effet sur le prix du baril fixé à Singapour ou sur la prime de risque géopolitique d'Ormuz. En relevant ses taux face à une inflation importée, la BCE ne combat pas la cause — elle ajoute une contraction de la demande à un choc d'offre déjà récessif. Elle le fait quand même, pour une raison qui n'est pas économique mais institutionnelle : défendre la crédibilité de sa cible de 2 % et

Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

À Valenciennes, le maire Laurent Degallaix n’aura savouré sa réélection que quelques semaines. Condamné le 30 avril à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende, l’élu Horizons est contraint de quitter l’ensemble de ses mandats. Une affaire qui illustre jusqu’où certains barons locaux peuvent croire que leur pouvoir les place au-dessus des règles communes.

Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Un maire qui règne depuis 2012 sur une sous-préfecture de 44 000 habitants, cumule la présidence d'une agglomération de 200 000 âmes, siège au conseil départemental, et se représente tranquillement face à ses électeurs alors même que son procès se tient en pleine campagne électorale. Résultat : réélu au second tour avec 36,5 % des voix. Puis condamné quelques semaines plus tard à la peine maximale d'inéligibilité.

Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

La chute brutale d’un notable solidement installé

Réélu en mars 2026 avec seulement 36,5 % des voix au second tour, Laurent Degallaix semblait avoir une nouvelle fois survécu à la tempête judiciaire qui l’accompagnait depuis plusieurs années.

Valenciennes : à peine réélu, le maire aussitôt condamné
Le trône municipal est vide à Valenciennes, le maire qui devait s’y asseoir a été prié de partir fissa. Laurent Degallaix a été en effet condamné à cinq ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts et subordination de témoin.
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéPOLITISGuillaume Deleurence
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Maire de Valenciennes depuis 2012, président de Valenciennes Métropole et conseiller départemental du Nord, cet ancien proche de Jean-Louis Borloo incarnait l’une de ces figures locales installées durablement dans les rouages du pouvoir.

Le tribunal correctionnel de Lille en a décidé autrement. Le 30 avril, il l’a condamné pour complicité de prise illégale d’intérêts et subornation de témoin, assortissant la peine maximale d’inéligibilité d’une exécution provisoire. Concrètement, l’appel immédiatement annoncé par ses avocats ne suspend pas sa sortie forcée de la vie politique locale.

Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice
Condamné à deux ans de prison avec sursis, 75.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien député LREM Jean-Jacques Bridey rejoint la longue liste des élus sanctionnés pour détournement de fonds publics. Le motif : 230 000 euros de fonds publics détournés au fil de mandats cumulés.
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Les faits reprochés à Degallaix: il a fait embaucher une relation intime dans la société gérant le stationnement municipal conflit d'intérêts caractérisé. Il a ensuite tenté de convaincre cette femme de retirer sa plainte (subornation de témoin).

Il a enfin usé de son statut pour accélérer le licenciement d'une proche d'opposants politiques ( abus de pouvoir à peine voilé). Ce qui aggrave le tableau : il avait déjà été condamné pour prise illégale d'intérêts en 2019, via une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.

Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

"Un dieu qui décide tout" à Valenciennes

La présidente du tribunal a donc parlé d'un « sentiment manifeste d'impunité » et d'une « perte de repères complète ». Le procureur, lui, l'avait dépeint comme un « dieu qui décide tout » à Valenciennes.

Après la condamnation de Marine Le Pen, vite un sondage pour pousser Bardella!
Moins de vingt-quatre heures se sont passées depuis la condamnation de Marine Le Pen et l’on nous gratifie d’un sondage
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéLe Courrier des StratègesCDS
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Côté RN, Sébastien Chenu et Tanneguy Adriencense ont crié à l'« exécution politique » . Pour rappel, Marine Le Pen a elle-même été condamnée en première instance à une peine similaire dans l'affaire des assistants parlementaires européens.

Malgré une condamnation antérieure, malgré une enquête publique et malgré un procès tenu en pleine campagne municipale, Laurent Degallaix a été reconduit par les urnes quelques semaines avant sa chute judiciaire. Comme souvent dans les systèmes locaux fortement personnalisés, l’électeur se retrouve face à des réseaux d’influence, des fidélités anciennes et un entre-soi politique qui survivent aux scandales.

Assistants parlementaires : la justice referme le dossier Mélenchon
La justice française a clôturé, mardi 26 mai 2026, l’instruction ouverte depuis novembre 2018 contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise pour détournement présumé de fonds publics européens. Aucune mise en examen n’a été prononcée. Seuls deux anciens assistants restent en statut de témoin assisté. LFI célèbre une
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Tant que le juge n’intervient pas avec exécution provisoire, le système continue. Le simple électeur, lui, n’a droit ni à la seconde chance ni à l’impunité. À Valenciennes comme ailleurs, la vraie rupture viendra quand les citoyens exigeront que les règles du droit commun s’appliquent enfin aux puissants. Sans exception.

Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !
❌