La Commission européenne a versé 527 millions d'euros aux infrastructures de transport des Balkans occidentaux entre 2015 et mi-2025 sans disposer d'outils fiables pour suivre l'avancement des chantiers. Selon un rapport de la Cour des comptes européenne publié le 9 juin 2026, les fonds ont été débloqués au-delà des travaux réellement effectués, sur la seule foi des bailleurs internationaux. Alors que l'UE pousse son élargissement dans une région stratégique, le contribuable européen finance à fonds perdus une machine à subventions sans gouvernail.
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Ce n'est pas une fuite, ni une rumeur de couloir. C'est la Cour des comptes européenne (CCE) elle-même qui, le 9 juin 2025, publie un audit accablant sur dix années de financement des infrastructures de transport dans les Balkans occidentaux. Entre 2015 et mi-2025, la Commission européenne a alloué 527 millions d'euros via le Fonds pour les Balkans occidentaux, censé connecter la région Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Serbie au réseau de transport de l'Union. Résultat concret à la mi-2025 : sur 43 subventions d'investissement approuvées, six seulement ont abouti.
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L'audit couvre la période 2015-mi-2025 et porte sur un programme doté de 527 millions d'euros. Les auditeurs ont analysé douze projets représentant à eux seuls 341,6 millions d'euros d'investissements.
Les 12 projets examinés en détails affichent tous des retards certains de plus de deux ans. Plans révisés en cours de chantier, blocages administratifs à répétition, informations de suivi systématiquement obsolètes.
Faute d'outils de suivi performants, la Commission s'est largement reposée sur les institutions financières internationales chargées de superviser les projets. En pratique, ceux qui distribuent l'argent ne sont pas ceux qui vérifient son utilisation.
La Cour relève également que des subventions forfaitaires ont été versées alors même que les travaux réalisés ne justifiaient pas toujours de tels décaissements. Ce mécanisme a privé la Commission d'un levier essentiel : conditionner les paiements à l'avancement réel des projets.
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Retards, informations obsolètes et projets inachevés
Lancée il y a plus de dix ans, cette initiative visait à connecter les Balkans au réseau transeuropéen et à préparer l'adhésion. Laima Andrikienė, membre de la CCE, l'a résumé: "les projets progressent trop lentement pour que la région s'intègre d'ici 2030".
Pourtant, sur les 43 subventions d'investissement dans les transports approuvées dans les quatre pays audités, seules six étaient achevées à la mi-2025. Tous les projets examinés accusent des retards. Certains dépassent deux années de décalage. Les auditeurs évoquent des procédures administratives bloquées, des autorisations tardives et des modifications de plans intervenues après le démarrage des travaux.
Plus inquiétant encore, plusieurs infrastructures déjà achevées risquent de rester sous-utilisées faute de connexions complémentaires financées par d'autres bailleurs. Autrement dit, des ouvrages existent mais demeurent partiellement inutiles.
Cette affaire illustre une dérive devenue familière dans les institutions européennes : la priorité accordée à l'annonce des financements plutôt qu'à la mesure des résultats.
Alors que Bruxelles multiplie les ambitions géopolitiques et présente l'élargissement comme une priorité stratégique, la Cour des comptes révèle qu'elle peine encore à savoir précisément ce qu'il advient de centaines de millions d'euros une fois les fonds versés. Le paradoxe est que l'Union exige des pays candidats des standards administratifs rigoureux tout en démontrant ses propres faiblesses en matière de contrôle.
L'argent du contribuable européen continue ainsi de financer une politique d'influence régionale dont les résultats demeurent incertains. Une question demeure : à quoi sert de voter toujours plus de crédits lorsque personne n'est véritablement capable de vérifier ce qu'ils produisent sur le terrain ?
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La Banque centrale européenne a relevé ce jeudi son taux de dépôt de 2 % à 2,25 %, première hausse depuis près de trois ans, sur fond d'inflation remontée à 3,2 % en zone euro en mai, portée par l'énergie. La question qui remplit ma boîte depuis une semaine tient en cinq mots : faut-il bouger mon épargne ? Ma réponse : presque pas — et le « presque » mérite d'être détaillé poste par poste.
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D'abord le contexte, en bref, parce qu'il commande tout le reste. Cette hausse n'est pas un cadeau aux épargnants : c'est une banque centrale qui court derrière une inflation importée — choc pétrolier d'Ormuz, prix de l'énergie — qu'un quart de point ne fera pas reculer. Une seconde hausse est attendue dès septembre par une partie du marché. Retenez l'ordre des grandeurs : votre « sans risque » rapportera environ 2,25 % dans un monde à 3,2 % d'inflation. Le rendement réel reste négatif. Tout ce qui suit s'inscrit dans ce cadre.
À compter du 14 juin 2026, la directive européenne 2024/1438( transposée en droit français par le décret n°2026-312 du 24 avril) impose de nouvelles règles d'étiquetage, de composition et de traçabilité au miel, aux confitures, aux jus de fruits et aux laits déshydratés. Derrière le vernis consommateuriste : des coûts de mise en conformité réels pour les petits producteurs, et un bénéfice pour le consommateur qui reste, pour l'essentiel, cosmétique.
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Le petit-déjeuner français vient de gagner quelques lignes supplémentaires sur ses étiquettes. Avec le décret n°2026-312 du 24 avril 2026, la France transpose la directive européenne 2024/1438, adoptée par l’Union européenne pour renforcer la traçabilité et l’information du consommateur. Une réforme présentée comme technique, mais qui illustre une fois encore l’appétit réglementaire de Bruxelles.
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Le changement le plus spectaculaire concerne le miel. Désormais, les mélanges devront préciser chaque pays d’origine dans le champ visuel principal de l’emballage, avec indication du pourcentage correspondant à chaque provenance. Les producteurs devront être capables de justifier ces chiffres grâce à une documentation complète de leur chaîne d’approvisionnement.
Sur le papier, la mesure vise à lutter contre les fraudes et à mieux informer les consommateurs. Dans la pratique, elle implique de nouveaux coûts administratifs : suivi documentaire renforcé, refonte des emballages, adaptation des logiciels de gestion et multiplication des contrôles. Les grands groupes disposent déjà de services conformité dédiés. Les petits apiculteurs et conditionneurs, eux, devront absorber ces charges supplémentaires.
Les confitures sont également concernées. Le seuil minimal de fruits passe à 450 grammes par kilo pour les confitures classiques et à 500 grammes pour les confitures extra. Les jus de fruits voient apparaître de nouvelles catégories liées à la réduction des sucres naturels, avec des critères précis à respecter.
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Certes l’objectif est sanitaire, pourtant, les bénéfices réels pour le consommateur restent limités. Une confiture contenant davantage de fruits n’est pas nécessairement un produit moins calorique, tandis que les nouvelles dénominations sur les jus relèvent davantage du marketing réglementé que d’une révolution nutritionnelle. En revanche, les industriels devront reformuler certaines recettes et réimprimer des millions d’emballages.
Le Conseil de l'Union européenne présente cette révision comme un progrès démocratique. David Clarinval, alors vice-premier ministre belge et ministre de l'agriculture, déclarait lors de l'adoption : les nouvelles règles possibles aux consommateurs « de faire des choix plus éclairés et plus sains. » Belle intention. Sauf que les grands industriels absorberont ces contraintes par des économies d’échelle ; les petits producteurs et artisans, souvent familiaux, subiront de plein fouet les frais fixes de recomposition et d’emballage. La norme descend jusque dans le pot de confiture, là où la marge est déjà mince et la concurrence internationale rude.
Cette réforme illustre une fois de plus la dérive d’une Union européenne qui ne sait plus s’arrêter. Sous couvert de protection du consommateur, elle renforce le pouvoir des bureaucraties et des grands acteurs capables d’influencer ou d’anticiper les normes à Bruxelles, au détriment de la diversité des productions locales et de la liberté entrepreneuriale.
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Après les champs, les usines et les commerces, la réglementation descend désormais jusque dans le pot de confiture. Une preuve supplémentaire que la bureaucratie européenne ne se contente plus de fixer les règles du marché : elle entend désormais en définir chaque détail, jusqu’au contenu du petit-déjeuner.
Les prix à la consommation américains ont augmenté de 4,2 % sur un an en mai, leur plus haut niveau depuis plus de trois ans, après 3,8 % en avril. L'essence a renchéri de 40,5 % en douze mois ; l'énergie explique à elle seule plus de 60 % de la hausse du mois. Voilà les chiffres. Ils tombent dix-sept mois après le serment du Capitole — l'âge d'or de l'Amérique commence maintenant — et il faut les regarder ensemble, le serment et les chiffres, pour mesurer ce qui s'est réellement passé.
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On a cru à cette promesse ; on l'a votée ; on l'a répétée sur tous les tons. Elle avait pour elle la simplicité des grandes annonces : l'abondance par la volonté, la prospérité par le décret, la grandeur par le tarif douanier. Dix-sept mois plus tard, l'ouvrier de l'Ohio fait son plein 40 % plus cher, et l'âge d'or se présente à lui sous la forme d'un ticket de caisse.
Il faut être juste, car la justesse est ce qui distingue la critique de l'humeur. L'inflation sous-jacente — hors énergie et alimentation — reste contenue, à 2,9 % ; les droits de douane, dont on annonçait l'incendie, pèsent moins que prévu ce mois-ci ; et la flambée pourrait culminer en mai, disent les analystes, si les cours du brut poursuivent leur reflux de juin. Le procès en apocalypse serait malhonnête. Le procès en responsabilité, lui, est fondé — car chacune des forces qui poussent les prix procède d'un choix, et d'un choix revendiqué.
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La guerre d'Iran est une guerre de choix : c'est elle qui a fermé Ormuz et renchéri le baril dont l'essence américaine est tirée. Les droits de douane sont une politique de choix : ils renchérissent l'importation par construction, c'est leur définition même, et l'on ne peut pas à la fois les brandir comme une arme et s'étonner qu'ils blessent. La ruée sur l'intelligence artificielle, enfin, dont les centres de calcul tirent le prix de l'électricité payé par les ménages, est encouragée, subventionnée, célébrée d'en haut. Trois politiques voulues ; une facture, présentée à d'autres. L'inflation de mai n'est pas un accident de conjoncture. C'est un produit manufacturé, de fabrication gouvernementale.
Et puis il y a le mot du prince. Interrogé sur ces chiffres, le président a répondu qu'il « aimait l'inflation » — entendez : elle prouverait la vigueur de l'économie. Les peuples ont entendu bien des choses de leurs gouvernants ; rarement qu'on leur déclarât de l'amour pour ce qui les appauvrit. L'homme providentiel a ceci de constant qu'il ne rencontre jamais de démenti : quand le réel le contredit, il rebaptise le réel. Le bavardage, ici, atteint sa forme supérieure — celle qui transforme l'échec en doctrine.
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Rien de tout cela n'est nouveau, et c'est précisément ce qui devrait inquiéter. Les empires ont toujours fait payer leurs guerres à leurs peuples par la monnaie : la Convention par l'assignat, l'Amérique du Vietnam par l'abandon de l'étalon-or un dimanche soir d'août 1971. La séquence est connue : une guerre qu'on dit courte, une monnaie qu'on dit forte, des prix qu'on dit provisoires. Les manuels la décrivent ; les électeurs la redécouvrent à leurs dépens, une génération sur deux.
Reste la question qui nous regarde, nous, de ce côté-ci de l'Atlantique. Cette inflation-là est née de décisions prises à Washington — la guerre, les tarifs, le tempo — auxquelles l'Europe n'a été ni associée, ni même sérieusement consultée. Or elle la paie : à la pompe, dans ses importations, dans les taux que sa banque centrale relève à son tour. Un continent qui laisse un autre fixer le prix de son énergie et le calendrier de ses guerres ne devrait pas s'étonner d'importer aussi ses défaites monétaires. L'âge d'or promis aux Américains se révèle un âge de facture ; la nôtre nous parvient sans même qu'on nous ait promis l'or.
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Mes chers libertariens de l'Absurdistan, permettez à une Flamande qui prend son café à Malines, sous un carillon qui n'a jamais demandé sa carte d'identité à personne, de saluer votre dernière trouvaille : l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, votée en janvier, applicable en septembre, faisable jamais.
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Le calendrier d'abord, parce qu'il est beau comme un retable. À la rentrée, plus de nouveaux comptes pour les moins de quinze ans. Au 1er janvier 2027, une vérification d'âge efficace pour tout le monde, anciens comptes compris. Entre les deux, un détail : personne — ni le Gouvernement, ni les plateformes, ni Bruxelles — ne sait comment on fait.
Posons les questions au bureaucrate absent. Comment vérifiera-t-on l'âge ? Par une solution technique robuste et respectueuse de la vie privée. Laquelle ? Elle sera précisée. Par qui ? Un décret. Quand ? Ultérieurement. Et le droit européen, qui a déjà enterré votre majorité numérique de 2023 — loi votée, promulguée, jamais appliquée, paix à son âme ? Nous sommes confiants. Voilà. La France est le seul pays au monde qui légifère en deux exemplaires : un pour le Journal officiel, un pour le musée.
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Admirez maintenant la symétrie, parce qu'elle vaut le détour. Le même État qui interdira Instagram à votre fils de quatorze ans lui a remis, à huit ans, un environnement numérique de travail obligatoire, un Pronote qui sonne plus souvent que mon carillon, et parfois une tablette de la région, payée par vous, garantie sans bouton d'arrêt. L'écran est un poison quand l'enfant s'en sert pour parler à ses amis, et un outil pédagogique quand l'administration s'en sert pour parler à l'enfant. Comprenez : ce n'est pas l'écran qu'on interdit. C'est la conversation non homologuée.
Et puis il y a le plus délicieux, mes chers compagnons d'Absurdistan, le petit mécanisme que l'émotion vous cache. Pour vérifier qu'un utilisateur n'a pas quinze ans, il faut vérifier l'âge de tous les utilisateurs. Tous. Vous, moi, votre notaire, votre grand-mère qui regarde des vidéos de tricot. L'enfance est l'argument ; l'infrastructure d'identification générale est le produit. On ne bâtit pas un portillon pour les petits sans installer un portique pour tout le monde — demandez à n'importe quel ingénieur, ou à n'importe quel ministre de l'Intérieur, c'est le même métier désormais.
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À Malines, j'ai grandi sans ministère de l'enfance numérique. Quand j'abusais de la télévision, ma mère tournait un bouton, et la Flandre entière survivait à cette technologie de pointe qu'on appelait l'autorité parentale. Amai, qu'on était sous-équipés.
Une dernière chose, à méditer devant votre café froid : l'Australie a essayé, les gamins ont mis quatre jours à passer par-dessus. Les vôtres mettront deux. Mais le portique, lui, restera — et un jour où il faudra prouver son âge pour parler, on finira par devoir prouver son innocence pour se taire.
Réfléchissez. À Malines, le carillon sonne pour tout le monde, sans pièce d'identité.
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Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a adopté le jeudi 11 juin 2026 son rapport annuel sur les évolutions et perspectives du système de retraite. Le document, dont une version provisoire avait été communiquée à la presse dès le lundi 8 juin, actualise les projections financières du système à l'horizon 2070.
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Institué en 2000 et rattaché aux services du Premier ministre, le COR réunit quarante et un membres — parlementaires, représentants des organisations syndicales et patronales, administrations, personnalités qualifiées. Il est présidé depuis novembre 2023 par l'économiste Gilbert Cette.
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À moyen terme, les projections sont inchangées par rapport au rapport de juin 2025 : un déficit de 0,2 % du PIB en 2030 et de 0,9 % en 2045. Cette stabilité tient à deux révisions de sens opposé qui se compensent partiellement : l'Insee a doublé son hypothèse de solde migratoire, portée à 150 000 personnes par an, ce qui accroît le nombre de cotisants projetés ; l'espérance de vie progresserait par ailleurs légèrement moins vite qu'anticipé, ce qui modère la durée de versement des pensions.
À long terme, en revanche, la projection se dégrade nettement : le déficit atteindrait 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % dans le rapport de 2025. Le COR avance deux explications principales. La première est démographique : l'hypothèse
Du 1er au 22 juin 2026, François Bernardini, ex-maire socialiste d'Istres, comparaît devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d'intérêts. Au cœur du dossier : huit marchés publics truqués, dont ceux des cantines scolaires, gonflés de dizaines de milliers d'euros sur des deniers publics. Le Parquet national financier instruit cette affaire depuis dix ans. La défense, elle, joue la montre.
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Le procès en cours de François Bernardini, ex-maire d’Istres, révèle un système classique de favoritisme municipal : des marchés publics de cantines scolaires artificiellement gonflés de dizaines de milliers d’euros, au détriment des familles et des finances locales. Entre détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts, cette affaire illustre comment une caste locale transforme l’assiette des écoliers en instrument de pouvoir et d’enrichissement.
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Comment l'argent des écoliers a financé le système Bernardini
Du 1er au 22 juin 2026, devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, François Bernardini et plusieurs de ses anciens collaborateurs répondent de huit marchés publics attribués de manière irrégulière.
Parmi eux figurent ceux des cantines scolaires, dont les montants ont été surévalués de dizaines de milliers d’euros par rapport aux offres initiales. Les faits les plus anciens remontent à 2009. Pendant des années, sous la municipalité Bernardini, des marchés publics auraient été attribués en dehors de toute mise en concurrence sérieuse (en violation du Code des marchés publics), dont la raison d'être est précisément d'éviter ce type de captation.
L’ex-maire divers gauche, en poste depuis 2008, et ses proches ( dont l’ancienne première adjointe Nicole Joulia) sont au cœur de l'affaire. Les magistrats examinent comment les règles d’attribution des contrats publics semblaient traitées comme de simples détails, au profit d’entreprises choisies. La ville d’Istres s’est constituée partie civile pour obtenir « toute la vérité », selon son nouveau maire.
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Le favoritisme, maladie chronique des collectivités
L’affaire dépasse largement le cadre technique des marchés publics. Elle met en lumière un mécanisme classique de la vie politique locale : la concentration du pouvoir favorise l’émergence de réseaux de fidélité où les procédures censées garantir la concurrence deviennent progressivement des formalités.
La défense du maire a notamment tenté de faire valoir la prescription de certains faits. Mais au-delà des débats procéduraux, une question demeure : comment des marchés portant sur un service aussi essentiel que la restauration des enfants ont-ils pu faire l’objet de telles pratiques présumées sans déclencher plus tôt d’alerte institutionnelle ?
Le PNF, habitué aux grandes affaires de corruption d'État, a consacré dix ans à démêler les pratiques d'une ville de 43 000 habitants dans les Bouches-du-Rhône. Ce détail mérite attention : ce n'est pas l'ampleur financière qui justifie une telle mobilisation judiciaire, mais la densité du réseau et l'obstruction probable à l'enquête.
La vraie question n'est pas de savoir si Bernardini sera condamné, la prescription pourrait bien sauver une partie du dossier. Elle est ailleurs : combien de maires, dans combien de communes françaises, pratiquent le même favoritisme ordinaire, à l'abri d'un PNF débordé et d'une presse locale trop souvent complaisante ?
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Alors que l’équipe de France s’apprête à disputer une compétition internationale majeure, la visite ministérielle organisée à Clairefontaine a viré à la séquence embarrassante. La ministre des Sports, Marina Ferrari, aurait offert aux joueurs des pierres aux prétendues vertus porte-bonheur, sous le regard d’Emmanuel Macron. Une initiative qui interroge.
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À quelques jours du début de la compétition, les joueurs de l’équipe de France avaient surtout besoin de calme, de préparation et de concentration. Pourtant, la séquence rapportée par Le Canard enchaîné a déplacé l’attention vers un tout autre sujet : la distribution par la ministre des Sports de pierres supposées favoriser les performances sportives. Une pour chaque joueur.
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Les joueurs de l’équipe de France n’avaient nul besoin de talismans. Leur métier exige préparation physique, tactique et mentale de haut niveau, pas des cailloux aux vertus autoproclamées.
Selon Le Canard enchaîné, la ministre aurait expliqué aux joueurs, Kylian Mbappé inclus, que le jaspe bleu possède des "vertus dynamisantes" et "donne la force d'atteindre ses objectifs", tandis que le cristal de roche "réduit le stress et l'anxiété" et "peut atténuer les douleurs musculaires". Kylian Mbappé et ses coéquipiers, comme le président de la République, seraient restés circonspects face à cette scène surréaliste.
Ce n’est pas la première fois que la sphère publique française flirte avec l’irrationnel, mais le timing et l’origine du geste interpellent. À quelques semaines d’une Coupe du monde exigeante, où chaque détail compte, une ministre de la République transforme une visite officielle en distribution de porte-bonheur.
Derrière l’anecdote se profile une stratégie classique : associer l’image du pouvoir à celle d’une équipe populaire. Les ministres viennent en photo, les éloges pleuvent en cas de victoire, les critiques en cas d’échec. Les joueurs, eux, sont priés de performer.
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Sur les plateaux des Grandes Gueules, la séquence a suscité des réactions virulentes. Olivier Truchot ironise: "on n'a qu'à embaucher un marabout à la place de la ministre des Sports", tandis que plusieurs intervenants ont dénoncé une confusion entre croyance personnelle et fonction publique.
Le débat ne porte pas tant sur la lithothérapie en elle-même que sur sa promotion implicite par une représentante de l’État. La professeure Fatima Aït-Bounoua a rappelé que la question centrale résidait dans la position institutionnelle de la ministre, tandis que d’autres chroniqueurs ont souligné une dérive symbolique dans un univers sportif structuré par la rationalité et la performance.
Abel Boyi renchérissait : "croyances spirituelles relèvent du privé ; les étaler dans l’espace public relève du grand n’importe quoi", en renvoyant opportunément au principe de laïcité si volontiers brandi par ce même gouvernement dès qu'une autre croyance s'aventure dans l'espace public.
Au final, cette affaire de « pierres porte-bonheur » illustre moins une croyance individuelle qu’un déséquilibre institutionnel : celui d’un pouvoir cherchant à s’inviter partout, même là où la seule exigence devrait être la préparation, la discrétion et l’efficacité.
Reste désormais à savoir si les coéquipiers d’Ousmane Dembélé vont suivre ses recommandations. Au terme d’une préparation contrastée avec une défaite inquiétante contre la Côte d’Ivoire (1-2) suivie d’une victoire plus convaincante face à l’Irlande du Nord (3-1), les Bleus ouvriront leur Coupe du monde 2026 par un rendez-vous explosif contre le Sénégal, le 16 juin à 21 heures, dans le New Jersey.
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La question revient à chaque fait divers, à chaque procès médiatisé, à chaque rapport parlementaire : la justice française serait exsangue, faute de crédits. L'affirmation mérite d'être confrontée aux documents budgétaires.
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Sur les dix dernières années, la mission Justice est l'une des rares missions du budget de l'État en hausse continue ; sur la même période, les délais de jugement se sont allongés et la France demeure dans le bas des classements européens. Les deux séries de chiffres sont exactes. C'est leur coexistence qui constitue le sujet.
Les crédits de la mission Justice s'élevaient à environ 8 milliards d'euros en 2016. Ils ont progressé de manière ininterrompue depuis : 8,86 milliards en 2022 (hors contribution aux pensions), 10,1 milliards en 2024 — en hausse de 5,3 % sur un an —, et 10,7 milliards d'euros inscrits au projet de loi de finances pour 2026, soit 266 millions de plus qu'en 2025. Le Sénat relève que les crédits de la mission ont augmenté d'un tiers en euros constants en dix ans — c'est-à-dire une fois l'inflation déduite — et que la justice est, dans le projet de loi de finances pour 2026, l'un des rares budgets en hausse.
Cette progression s'inscrit dans deux lois de programmation successives. La seconde, la loi d'orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, fixe une trajectoire de 8,86 milliards d'euros en 2022 à 10,75 milliards en 2027, et prévoit 10 000 créations nettes d'emplois sur la période, dont 1 500 magistrats et 1 800 greffiers. À ce stade, les rapporteurs budgétaires des deux assemblées constatent que la trajectoire financière est globalement tenue.
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La Commission européenne pour l'efficacité de la justice (CEPEJ), organe du Conseil de l'Europe, publie tous les deux ans une évaluation comparée des systèmes judiciaires. Son rapport 2024, portant sur les données 2022, situe la France à 77,2 euros par habitant et par an consacrés au système judiciaire, contre 96,8 euros en Espagne, 100,6 euros en Italie, 102,5 euros en Belgique et 136,1 euros en Allemagne. Rapporté à la richesse nationale, l'effort français représente 0,20 % du PIB, pour une médiane européenne de 0,28 %.
Les effectifs suivent le même profil. La France compte 11,3 juges professionnels pour 100 000 habitants, contre 12,2 en Italie, 14 en Belgique et 24,2 en Allemagne. L'écart est plus marqué encore au parquet : 3,2 procureurs pour 100 000 habitants, pour une médiane européenne de 11,2 — les procureurs français traitant, à effectifs réduits, un périmètre de tâches parmi les plus larges d'Europe.
Deux précautions de lecture s'imposent. Les périmètres ne sont pas strictement comparables : l'Allemagne fédérale intègre des dépenses portées en France par d'autres missions, et la donnée CEPEJ de 2022 ne reflète pas encore la montée en charge de la programmation 2023-2027. La hiérarchie d'ensemble, elle, n'est contestée par aucune des parties prenantes.
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Sur la décennie de hausse budgétaire, l'indicateur le plus suivi — le délai de traitement des affaires civiles — s'est dégradé : selon les chiffres du ministère transmis aux commissions parlementaires, il a doublé en dix ans, de 279 jours à 637 jours en moyenne pour une affaire au fond.
L'affectation des crédits éclaire en partie ce paradoxe. Une fraction importante de la hausse a été absorbée par l'administration pénitentiaire — de l'ordre de 40 %
Cinq années de procédure, des audiences au tribunal judiciaire de Béziers, des avocats mobilisés et une enseignante traînée en justice pour les escapades de son chat Rémi. Le 7 avril 2026, Dominique a été condamnée à verser 100 euros à son voisin, qui réclamait 5 700 euros de dommages et intérêts pour une douzaine de jours de passages félins. Une décision qui reconnaît sa bonne foi tout en illustrant l’absurdité d’une machine judiciaire qui s’acharne sur le quotidien des citoyens ordinaires.
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Alors que la justice française est régulièrement critiquée pour ses délais, ses moyens limités et l'engorgement des tribunaux, l'affaire de Rémi, un chat roux et blanc d'Agde, illustre une réalité parfois déroutante : cinq années de contentieux pour quelques passages félins de l'autre côté d'une clôture.
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Le 7 avril 2026, le tribunal judiciaire de Béziers a rendu son verdict. Dominique, enseignante à Agde et propriétaire de Rémi, devra verser 100 euros à son voisin. Une somme symbolique comparée aux 5.700 euros réclamés par le plaignant, un chef d'entreprise marseillais propriétaire d'une résidence dans le quartier.
Le conflit remonte à plusieurs années. Le voisin reprochait au chat de traverser régulièrement sa propriété et d'y faire ses besoins. Une première décision avait même envisagé une astreinte de 30 euros par intrusion constatée. Au fil de la procédure, photographies, témoignages et constats ont été produits pour tenter d'établir la responsabilité du seul animal incriminé.
L'un des éléments déterminants du dossier a toutefois affaibli la thèse du plaignant : plusieurs chats au pelage similaire fréquentent le quartier. Des témoignages ont confirmé la présence d'autres félins sur les clichés produits devant le tribunal.
Plus surprenant encore, Dominique apparaît comme la seule propriétaire poursuivie alors que d'autres chats, parfois identifiés par les riverains, circuleraient également dans le secteur. Le tribunal a finalement reconnu que Rémi n'était pas l'unique animal à pénétrer sur la propriété concernée, réduisant considérablement la portée des demandes indemnitaires.
Pour sa défense, la propriétaire a multiplié les mesures de précaution : confinement partiel de l'animal, fenêtres maintenues fermées, achat d'un enclos grillagé destiné à empêcher toute nouvelle escapade.
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Au-delà du simple différend animalier, cette affaire révèle la mécanique des conflits de voisinage poussés à l'extrême. D'un côté, un particulier mobilisant l'arsenal judiciaire pour obtenir plusieurs milliers d'euros de réparation .
De l'autre, Dominique sort de cinq ans d'insomnie, de stress chronique et de sur-alimentation . Elle se dit soulagée mais pas réparée, elle vit désormais fenêtres fermées, vient d'installer une cage grillagée dans son jardin pour que Rémi prenne l'air sans s'échapper. Elle a gagné sa liberté au prix de la sienne.
Le jugement de Béziers apparaît finalement comme un rappel au principe de proportionnalité. La justice a reconnu un trouble limité tout en rejetant implicitement l'essentiel des prétentions financières du plaignant.
La vraie question que cette affaire soulève dépasse le fait divers : dans un pays où la justice manque de moyens pour instruire des dossiers autrement urgents, combien coûte à la collectivité cinq ans de procédure pour une clôture et un chat ?
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Les réponses de la phase principale d'admission Parcoursup sont publiées depuis le 2 juin 2026. Pour les candidats refusés, deux démarches écrites peuvent être engagées dès maintenant : la demande de communication des motifs du refus, ouverte par l'article L. 612-3 du code de l'éducation dans le délai d'un mois suivant la notification, et le recours gracieux, qui sollicite le réexamen du dossier.
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Le Courrier des Stratèges met à disposition, gratuitement, deux lettres-types au format Word couvrant ces deux démarches. Elles sont téléchargeables ci-dessous.
→ Télécharger la lettre n° 1 — Demande de communication des motifs du refus(.docx)
La première lettre demande à l'établissement les critères et modalités d'examen de la candidature, ainsi que les motifs pédagogiques du refus. Cette communication est de droit lorsque la demande est formée dans le mois suivant la notification ; les décisions de refus, par dérogation au droit commun, ne sont pas motivées d'office. Le Conseil constitutionnel a validé ce dispositif dans sa décision n° 2020-834 QPC du 3 avril 2020, en précisant que les paramètres de classement ne sont communicables qu'au candidat lui-même, pour sa propre candidature.
La seconde lettre forme un recours gracieux. Elle comporte un argumentaire en trois blocs à compléter : les résultats scolaires, l'adéquation du parcours à la formation demandée, et le cas échéant un élément que le dossier ne reflétait pas — erreur matérielle, circonstance particulière justifiée, situation de santé ou de handicap. Un paragraphe optionnel permet de répondre point par point aux motifs communiqués à la suite de la première lettre.
Les deux modèles sont préparés pour un envoi en recommandé avec accusé de réception et listent les pièces à joindre.
L'ordre des démarches a une logique : demander d'abord les motifs, contester ensuite. Un recours gracieux argumenté contre des motifs connus a une portée différente d'une demande de réexamen à l'aveugle. Les délais encadrent l'ensemble : un mois après la notification pour la demande de motivation ; deux mois pour un éventuel recours contentieux devant le tribunal administratif, délai que le recours gracieux exercé à temps interrompt et préserve.
Deux limites doivent être énoncées clairement. Le recours gracieux n'ouvre aucun droit à une décision favorable : son issue dépend des places disponibles et des éléments produits. Et la voie contentieuse, si elle existe, relève d'une autre échelle de moyens et de temps — le juge administratif exerce un contrôle restreint sur ces décisions et peut statuer après la rentrée. Les candidats qui envisagent un contentieux ont intérêt à consulter un avocat en droit public ; les présents modèles relèvent de l'information générale, non du conseil juridique individualisé.
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Ces lettres n'épuisent pas les possibilités. La phase complémentaire est ouverte du 11 juin au 10 septembre et permet de formuler jusqu'à dix nouveaux vœux. Les candidats sans aucune proposition pourront saisir la commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) depuis leur dossier à partir du 1er juillet. Un droit au réexamen spécifique existe pour les situations de santé, de handicap ou de charges de famille, sur demande adressée au recteur. L'ensemble de ces voies, leur portée et leurs limites sont détaillés dans notre état des lieux : Parcoursup : quels recours contre les décisions de la plateforme ?
Le ministère présente ce dispositif gradué comme un équilibre entre l'accompagnement des candidats et le secret des délibérations pédagogiques ; les organisations étudiantes objectent qu'un droit difficile à exercer dans le temps utile d'une rentrée protège peu. Les lettres mises à disposition ici permettent, au minimum, d'exercer celui des droits qui ne dépend que du candidat : obtenir les motifs, et demander le réexamen.
Le kit est en ligne. Les délais courent depuis la notification de chaque refus.
La procédure nationale de préinscription dans l'enseignement supérieur, dite Parcoursup, résulte de la loi n° 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l'orientation et à la réussite des étudiants, codifiée à l'article L. 612-3 du code de l'éducation. Voici quels sont les recours contre les décisions de la "machine".
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Les réponses de la phase principale d'admission ont été publiées le 2 juin 2026 à 19 heures ; la phase complémentaire, qui permet de formuler jusqu'à dix nouveaux vœux dans les formations disposant encore de places, est ouverte du 11 juin au 10 septembre. Pour les candidats refusés ou laissés sans proposition, quatre voies de contestation ou de réexamen coexistent, de portée et de calendrier différents.
Les décisions de refus prises par les formations ne sont pas motivées lors de leur notification : la loi de 2018 a expressément dérogé, sur ce point, au droit commun des décisions administratives individuelles défavorables. En contrepartie, l'article L. 612-3 du code de l'éducation ouvre à chaque candidat le droit d'obtenir, s'il en fait la demande dans le délai d'un mois suivant la notification du refus, la communication des critères et modalités d'examen de sa candidature ainsi que des motifs pédagogiques justifiant la décision. La demande s'adresse au président ou au directeur de l'établissement concerné.
Afin de garantir la nécessaire protection du secret des délibérations des équipes pédagogiques chargées de l'examen des candidatures présentées dans le cadre de la procédure nationale de préinscription prévue au même deuxième alinéa, les obligations résultant des articles L. 311-3-1 et L. 312-1-3 du code des relations entre le public et l'administration sont réputées satisfaites dès lors que les candidats sont informés de la possibilité d'obtenir, s'ils en font la demande, la communication des informations relatives aux critères et modalités d'examen de leurs candidatures ainsi que des motifs pédagogiques qui justifient la décision prise. (L612-3, Code de l'Éducation)
Le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité, a jugé ce dispositif conforme à la Constitution dans sa décision n° 2020-834 QPC du 3 avril 2020, sous une réserve : chaque établissement doit publier, à l'issue de la procédure, les critères selon lesquels les candidatures ont été examinées. La même décision maintient le secret des délibérations à l'égard des tiers : les paramètres de classement dits « algorithmes locaux » ne sont communicables qu'au candidat qui en fait la demande, pour sa propre candidature. Les organisations étudiantes qui demandaient leur publication intégrale n'ont pas obtenu gain de cause.
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Le candidat peut demander à la formation, ou au recteur de région académique, le réexamen de son dossier. Aucun texte ne fixe de délai propre à ce recours ; exercé dans les deux mois suivant la notification, il préserve le délai du recours contentieux. Les sites d'accompagnement des candidats recommandent d'agir dans les jours qui suivent le refus, le calendrier des admissions rendant un réexamen tardif sans objet pratique. L'issue dépend des places disponibles : le recours gracieux n'ouvre aucun droit à une nouvelle décision favorable.
La commission d'accès à l'enseignement supérieur
Pour les candidats n'ayant reçu aucune proposition d'admission, l'article L. 612-3 prévoit un dispositif d'accompagnement distinct du contentieux : la commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES), placée auprès du recteur de chaque région académique. Elle peut être saisie directement depuis le dossier Parcoursup, à partir du 1er juillet en 2026. La commission examine le projet et la situation du candidat et lui propose une inscription dans une formation disposant de places vacantes. Il s'agit d'une procédure de placement, non d'un réexamen de la décision contestée : la CAES ne peut pas imposer à une formation sélective d'admettre un candidat qu'elle a refusé.
Un droit au réexamen spécifique existe par ailleurs pour les candidats justifiant de circonstances exceptionnelles tenant à leur état de santé, à leur handicap ou à leurs charges de famille ; la demande s'adresse au recteur, qui peut prononcer une inscription dans une formation adaptée.
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Les décisions des formations publiques peuvent être déférées au tribunal administratif dans le délai de deux mois suivant leur notification, le cas échéant assorties d'un référé-suspension fondé sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui suppose une urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision. Le juge administratif exerce sur ces décisions un contrôle restreint : il censure l'erreur manifeste d'appréciation, le vice de procédure ou la rupture d'égalité, mais ne substitue pas son appréciation à celle de la commission d'examen des vœux sur la valeur d'un dossier.
Les analyses juridiques disponibles convergent sur la portée pratique de cette voie. Le Club des Juristes décrit un contentieux possible mais encadré, ordonné autour du triptyque recours gracieux, CAES, référé ; les sites spécialisés relèvent que les annulations restent rares et que la durée de l'instance s'accommode mal du calendrier d'une rentrée universitaire. Aucune statistique publique consolidée du contentieux Parcoursup — nombre de requêtes, taux de succès — n'est publiée à ce jour par le ministère ou par la juridiction administrative.
Ce que les positions en présence laissent ouvert
Le ministère présente l'ensemble — motivation sur demande, CAES, réexamen pour circonstances exceptionnelles — comme un équilibre entre la transparence due aux candidats et le secret des délibérations pédagogiques. Les organisations étudiantes et une partie de la doctrine universitaire soutiennent que la motivation différée et l'opacité des classements locaux privent les recours d'une partie de leur effectivité, un candidat ne pouvant utilement contester ce qu'il ne connaît pas. Le Défenseur des droits, dès 2019, puis la Cour des comptes, en 2020, ont recommandé un renforcement de la transparence des critères, partiellement suivi d'effet par la publication des rapports des comités d'examen des vœux.
Les voies de recours sont en place et leurs délais courent depuis le 2 juin. Leur usage effectif par les candidats de la session 2026 ne sera mesurable qu'à l'issue de la procédure, en septembre.
Près de 800 millions de dollars de positions vendeuses sur les contrats à terme pétroliers ont été placés le 8 juin à 8 h 24, heure de New York, selon les données de séance horodatées publiées par The Kobeissi Letter. Vingt et une minutes plus tard, à 8 h 45, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi déclarait le détroit d'Ormuz « complètement ouvert ». À 9 h 10, les cours s'étaient effondrés. Le Brent, qui avait touché 126 dollars au pic de mars, refluait vers 93 dollars. Pour qui avait vendu quarante-six minutes plus tôt, l'opération était bouclée.
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Un incident isolé relèverait de la chance. Celui-ci est le cinquième en onze semaines.
La série documentée
Depuis le début de la guerre d'Iran, cinq épisodes de ventes massives précédant de quelques minutes à quelques heures une annonce qui fait baisser les cours ont été documentés publiquement, principalement par The Kobeissi Letter, et recoupés par Seeking Alpha et Asia Times.
Le 22 mars, environ 580 millions de dollars de positions vendeuses sont placés quinze minutes avant un message de Donald Trump sur Truth Social annonçant une pause des frappes sur les installations énergétiques iraniennes ; le pétrole perd 10 %. Le 7 avril, environ 950 millions précèdent de quelques heures l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines et de la réouverture d'Ormuz ; les cours perdent 15 %. Le 17 avril, 7 990 lots de Brent — environ 750 millions de dollars — sont vendus vingt minutes avant une déclaration du ministre iranien confirmant l'ouverture du détroit. Le 6 mai, à 3 h 40 du matin heure de New York, environ 10 000 contrats vendeurs sur le WTI et le Brent — 920 millions de dollars de notionnel — sont placés soixante-dix minutes avant qu'Axios ne révèle que Washington et Téhéran sont « proches » d'un mémorandum d'entente ; à 7 heures, les cours ont perdu plus de 12 %, et la position a gagné environ 125 millions de dollars. Le 8 juin, enfin, les 800 millions évoqués plus haut.
Total cumulé : plus de 4 milliards de dollars de notionnel — la valeur faciale des contrats, à distinguer du capital réellement engagé, qui se limite au dépôt de garantie, soit un levier de l'ordre de dix à vingt fois. C'est ce levier qui transforme une baisse de 12 % en un gain de 125 millions pour une mise initiale de quelques dizaines de millions.
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Un contrat à terme vendeur ne demande aucune compétence particulière pour être rentable dans cette configuration. Il demande une seule chose : connaître l'annonce avant le marché. Or les cinq annonces concernées ont un point commun.
Le scandale éclate une nouvelle fois autour du Fonds Marianne, créé en urgence après l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020 pour « protéger la République » et combattre l’islamisme. Selon Le Canard enchaîné, des fonds publics destinés à cette noble cause ont servi à financer une hausse de salaire de 500 % et l’acquisition d’une BMW X3 M Sport pour un dirigeant de l’association USEPPM, bénéficiaire de ces subventions. Quatre personnes sont renvoyées devant le juge pour escroquerie en bande organisée et faux en écriture. Une affaire qui illustre une nouvelle fois les failles du contrôle de l’argent public.
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Le Fonds Marianne, doté de 2,5 millions d'euros, fut lancé en 2021 sous l'impulsion de Marlène Schiappa, alors secrétaire d'État à la Citoyenneté. L'objectif était de financer des associations capables de « contrer les discours séparatistes » sur internet. Des millions d'argent public ont été distribués à des associations proches du pouvoir, mais dont l'une a visiblement confondu la lutte contre l'obscurantisme avec l'acquisition d'un SUV de luxe. Quatre personnes seront jugées pour escroquerie en bande organisée.
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L’émotion nationale transformée en manne financière
Créé en 2021 sous l’impulsion du gouvernement après le meurtre du professeur Samuel Paty, le Fonds Marianne devait soutenir des associations engagées dans la défense des principes républicains. Doté de plusieurs millions d’euros d’argent public, il avait pour ambition de lutter contre les discours extrémistes et séparatistes en ligne.
Mais depuis plusieurs mois, les enquêtes judiciaires et administratives accumulent les révélations embarrassantes. Selon Le Canard Enchaîné, l’un des responsables de l’USEPPM, association bénéficiaire du dispositif, se serait accordé une augmentation salariale de près de 500 %, ainsi que la mise à disposition d’une BMW X3 M Sport financée indirectement par les fonds publics reçus.
Au coeur de cette affaire de fraudes, quatre personnes sont renvoyées devant le tribunal pour des faits présumés d’escroquerie en bande organisée et de faux en écriture. Les magistrats cherchent à déterminer si les subventions attribuées dans le cadre du Fonds Marianne ont été utilisées conformément à leur objet ou détournées au profit d’intérêts privés.
Cette procédure s’ajoute à une longue série de controverses ayant déjà mis en cause les modalités d’attribution des financements, le manque de contrôle administratif et la proximité entre certains bénéficiaires et les cercles du pouvoir.
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Derrière les discours enflammés sur la défense des valeurs républicaines se cache une réalité inquiétante : l’impôt ponctionné aux Français sert trop souvent à entretenir des structures intermédiaires dont l’efficacité reste douteuse.
Le Fonds Marianne, comme d’autres dispositifs similaires, concentre pouvoir et argent sans aucune transparence. Un dispositif ou les élites politico-administratives excellent à instrumentaliser la mémoire des victimes pour justifier de nouvelles dépenses, pendant que le contribuable paie. L'État injecte, les réseaux captent, les contribuables financent.
Pour mémoire, Marlène Schiappa, mise en cause lors des premières révélations en 2023, avait été auditionnée par le Sénat. Aucune sanction politique significative ne s'en est suivie. La machine tourne, les procès arrivent tard, toujours tard.
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Au Chesnay-Rocquencourt, dans les Yvelines, une piste cyclable financée en grande partie par l’argent public a été supprimée quelques mois seulement après sa réalisation. Alors que la Région Île-de-France avait accordé 387 700 euros de subventions, dont 324 500 euros pour l’avenue Charles-de-Gaulle, la nouvelle municipalité a décidé de revenir sur l’aménagement. Une affaire qui pose une question simple : qui paie quand les élus détruisent ce que d’autres ont financé ?
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A peine élue maire du Chesnay-Rocquencourt, Anne Père-Brillaut a décidé de transformer une partie de la piste cyclable située sur l’avenue Charles-de-Gaulle en une voie partagée entre les voitures et les vélos, une décision très critiquée.
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L’histoire a de quoi surprendre. À peine élue le 27 mars 2026, la nouvelle maire LR du Chesnay-Rocquencourt, Anne Père-Brillault, a fait modifier dès avril la piste cyclable de l’avenue Charles-de-Gaulle. Sur le tronçon situé entre le rond-point du 18-Juin et la rue Pottier, les cyclistes ont été renvoyés sur une chaussée désormais partagée avec les automobilistes.
Suite à cette décision, l’association Vélo Versailles Grand Parc parle de suppression d’une voie destinée aux cyclistes. Les Ecologistes des Yvelines considèrent cet agencement de « contresens » en indiquant qu’il risque de compliquer la circulation à vélo vers Versailles, Bailly et Noisy-le-Roi. Les opposants à cette décision s’inquiètent également de la sécurité des cyclistes obligés désormais de rouler avec les voitures.
La municipalité se défend dans un communiqué du 4 mai 2026. Elle invoque des « remontées d’habitants » sur les difficultés de circulation aux heures de pointe et un usage cyclable jugé trop faible. Elle préfère parler de « réaménagement » et promet un audit global des itinéraires vélo. Cet aménagement avait bénéficié d’un financement régional conséquent. Par la délibération CP2024-223 du 27 septembre 2024, la Région Île-de-France avait accordé 387 700 euros à la commune dans le cadre de son Plan vélo.
La seule piste de l’avenue Charles-de-Gaulle représentait 324 500 euros de subventions, soit l’essentiel de l’aide publique accordée. En d’autres termes, le contribuable a financé la création de l’infrastructure avant d’en financer indirectement la disparition.
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Selon une source, l’opposition de gauche au conseil régional d’Ile-de-France revendique le remboursement de cette subvention vu que la commune n’a pas respecté les conditions d’utilisation du financement, mentionnées dans le Plan vélo régional. Cette information n’a pas été confirmée par la Région. Pour l’heure, aucune procédure officielle n’a été engagée et la Région n’a pas annoncé de demande de reversement.
Mais au-delà du débat sur le vélo, cette affaire révèle une dérive récurrente de la gestion publique française. Une majorité aménage, la suivante défait, puis une troisième réaménagera peut-être demain. À chaque étape, la facture est réglée par les mêmes : les contribuables.
L’audit cyclable promis par la mairie permettra peut-être d’éclairer les choix techniques. Il ne répondra cependant pas à la question essentielle : comment justifier qu’un équipement financé à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros soit remis en cause quelques mois plus tard sans qu’aucun responsable politique ou administratif n’ait à assumer le coût de cette décision ? Dans le secteur privé, une telle destruction de valeur appellerait des comptes. Dans la sphère publique, elle semble n’être qu’une ligne budgétaire parmi d’autres.
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L'encyclique *Magnifica Humanitas* n'est pas vraiment un texte sur l'intelligence artificielle. C'est un texte sur le pouvoir. Sous prétexte d'IA, Léon XIV réactive toute la doctrine sociale de l'Église pour mettre en garde contre une nouvelle forme de totalitarisme technologique. Le constat est souvent juste : concentration du pouvoir numérique, tentation transhumaniste, risques militaires, manipulation de l'information. Mais le remède reste flou : davantage de régulation, davantage de gouvernance mondiale, davantage de « discernement collectif ».
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Le lecteur français découvre alors un pape profondément mondialiste, parfois méfiant à l'égard de la liberté spontanée des sociétés, et dont certaines formulations évoquent davantage les vieux réflexes du catholicisme social que l'esprit de subsidiarité. Une encyclique intéressante, parfois brillante, mais qui parle finalement beaucoup plus de Babel que d'algorithmes.
Une langue datée
Lorsqu'un catholique français ouvre l'encyclique *Magnifica Humanitas* consacrée à l'intelligence artificielle, sa première surprise n'est pas le fond. C'est la langue.
Non pas le français lui-même, impeccable, mais la structure intellectuelle du texte. Même pour un catholique pratiquant, même pour quelqu'un qui fréquente régulièrement les églises sans être spécialiste du droit canon ou de la théologie, la lecture demande un effort considérable. Nous sommes très loin d'un essai politique ou d'un rapport de commission parlementaire.
Léon XIV écrit comme écrivent les papes : à l'intérieur d'un univers conceptuel vieux de deux mille ans, peuplé de références bibliques, de conciles, d'encycliques antérieures et d'une doctrine sociale dont il faut connaître les codes pour saisir toutes les nuances.
Ce décalage est frappant. L'Église prétend parler au monde contemporain mais continue souvent à s'exprimer dans un langage dont seuls les initiés possèdent véritablement les clés.
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Pourtant, passé cet obstacle initial, le lecteur découvre un texte beaucoup plus informé qu'il ne l'imaginait.Sur l'état de l'art de l'intelligence artificielle, Léon XIV a manifestement travaillé son dossier.
Le pape comprend parfaitement que l'enjeu dépasse largement les performances techniques des modèles de langage. Il identifie les grandes questions qui structurent aujourd'hui le débat : la concentration du pouvoir numérique, les transformations du travail, l'éducation des jeunes générations, les risques de manipulation de l'information, l'automatisation militaire et surtout la tentation transhumaniste.
Une enfant de onze ans a disparu à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai. On a retrouvé son corps le 4 juin. Elle s'appelait Lyhanna. Le pays s'est arrêté un instant, comme il convient devant une tombe d'enfant, puis il a fait ce qu'il fait désormais à chaque fois : il a réclamé une loi.
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Le Premier ministre a réuni ses ministres. On annonce des peines aggravées pour les viols sériels, des règles de prescription revues, l'obligation de motiver les classements sans suite. Le mécanisme est connu, et il a sa beauté triste. À chaque drame, un texte. À chaque texte, le sentiment d'avoir agi. Le législateur se penche, le pays se calme, et l'on passe au malheur suivant en attendant qu'il réclame sa loi à son tour.
Mais regardons cette affaire-ci, puisqu'on nous demande d'en faire une règle générale. L'homme aujourd'hui mis en examen n'était pas un inconnu de la justice. Un signalement de gendarmerie en 2017, écarté comme une affaire de mœurs sans suite. Une plainte pour viol sur une enfant, déposée en 2022, classée en 2024 comme « insuffisamment caractérisée ». Une autre plainte encore, en 2025. L'administration savait. Pas l'avenir, certes, pas l'irréparable — mais elle savait ce qu'il était possible de savoir, et elle l'a rangé dans un tiroir. Le garde des Sceaux lui-même a reconnu des « défaillances graves ». Le mot est exact, et il dit tout : ce qui a manqué n'était pas une loi, c'était l'usage de celles que nous avions.
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Car il faut l'énoncer sans détour. On ne légifère pas, dans ces moments, pour protéger ; on légifère pour se montrer. La loi nouvelle est visible, gratuite, immédiate : un communiqué, une signature, une émotion convertie en article du code. Gouverner est l'exact contraire. C'est suivre un dossier que personne ne suivra à votre place, doter un parquet qui croule, relancer une enquête qu'on serait tenté d'enterrer, décider et porter le poids de sa décision. Rien de tout cela ne se voit. Rien de tout cela ne se tweete. Et c'est pourtant en cela, et en cela seul, que consiste la protection d'un peuple.
La France a, contre le viol sur mineur, des lois parmi les plus sévères d'Europe. Elles existaient le 29 mai. Elles n'ont pas été appliquées. Je ne vois pas par quel prodige un article supplémentaire, voté dans l'émotion, serait mieux appliqué que ceux qu'on a laissés dormir. On ajoute un étage à une maison dont on n'a pas réparé les fondations, et l'on s'étonne ensuite qu'elle penche.
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Tacite, qui avait observé de près le déclin d'un grand État, avait laissé une formule que nos législateurs devraient relire avant chaque séance : plus une république est corrompue, plus elle compte de lois. Montesquieu l'a redite à sa manière : les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. Ce n'est pas un paradoxe d'académie. Une nation qui répond à chaque défaillance de son administration par une inflation de son droit finit par avoir un code immense et un État impuissant — beaucoup de textes, et plus personne pour les faire vivre.
Le premier devoir d'un État, avant toute politique, avant toute idéologie, est de protéger les siens. C'est le seul qu'on ne puisse déléguer ni au marché ni au temps. Quand une administration classe sans suite ce qu'elle devait instruire, ce n'est pas la loi qui a failli, c'est l'homme qui devait l'appliquer, et la chaîne qui devait le tenir comptable. On nous promet de réformer le code ; je préférerais qu'on réforme le sérieux. Qu'un classement sans suite, sur un crime d'enfant, ne soit plus une porte qu'on referme à la hâte mais une décision qu'un magistrat doit assumer, nom et motifs à l'appui. Cela, du reste, ne demande pas de loi : cela demande qu'on travaille.
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Je sais ce qu'on objectera. Que faire une loi, c'est aussi répondre à une colère légitime, lui donner une forme, l'empêcher de tourner à la vengeance. C'est vrai, et je ne méprise pas cette colère ; elle est saine, elle est le dernier signe qu'un peuple tient encore à ses enfants. Mais on ne la respecte pas en lui offrant un texte de plus à oublier. On la respecte en lui rendant ce qu'elle réclame vraiment, et qu'elle n'ose plus espérer : un État qui fait ce qu'il a dit, et qui répond quand il ne l'a pas fait.
Lyhanna ne demandait pas une loi. Elle demandait, sans le savoir, que ce pays consente enfin à faire son travail. C'est moins glorieux qu'un grand discours, et infiniment plus difficile. Mais une nation ne se juge pas au nombre de ses lois. Elle se juge à ce qu'elle fait des quelques-unes qui suffiraient, si seulement on les appliquait.
Une statisticienne s'est éteinte le 1er juin, après avoir passé trois ans à compter ce que d'autres voulaient qu'on cesse de regarder. Sa disparition dit quelque chose de notre époque : nous avons gagné, au début de 2022, la bataille du passe sanitaire — et perdu, sans la voir, celle qui a suivi. Non plus par la contrainte, mais par la gestion silencieuse de nos comportements.
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Il y a des femmes dont le courage ne fait pas de bruit, qui ne haussent jamais le ton, qui n'ont pour seule arme qu'une colonne de chiffres tenue avec entêtement contre l'air du temps, et Christine Cotton, biostatisticienne de métier, vingt-cinq ans de méthodologie pour Roche, Sanofi, Janssen avant de retourner cette compétence contre l'industrie qui l'avait formée, fut, pendant de longues années, de celles-là.
Elle est morte le 1er juin, en Suisse, au terme d'une longue souffrance physique qu'elle disait insupportable, après avoir laissé un message d'adieu. Elle laisse un rapport de plus de quatre cents pages sur les pratiques méthodologiques de l'essai clinique du vaccin Pfizer — non pas un pamphlet, non pas une profession de foi, mais une lecture patiente des documents réglementaires à l'aune des bonnes pratiques cliniques. Elle ne demandait rien d'autre que ce que demande tout savant : qu'on puisse vérifier. C'est, à le bien regarder, la chose la moins révolutionnaire du monde. C'est aussi celle qui, en notre époque, suffit à faire de vous un ennemi.
Rappelons-nous, car la mémoire est courte. À l'hiver 2021-2022, la France vivait sous un régime d'exception devenu ordinaire : un passe qu'il fallait dégainer pour entrer dans un café, monter dans un train, parfois voir un médecin. Le pays s'était coupé en deux — les admis et les empêchés — sur un critère que l'État ajustait à sa guise. Nous fûmes nombreux à nous organiser, parfois de façon publique, souvent dans une clandestinité que le gouvernement suspectait, pour combattre une scission organisée de la société. Et le 14 mars, le passe vaccinal était suspendu.
Soyons honnêtes sur la causalité, car c'est la condition pour être cru. Le gouvernement a expliqué qu'il levait la mesure parce que la vague refluait, et il avait, sur le plan épidémiologique, des arguments. Les opposants ont lu dans ce retrait leur victoire, et ils avaient, sur le plan politique, des raisons. Je suppose que les deux lectures sont vraies à la fois, et que la concomitance n'est pas tout à fait un hasard. Un pouvoir cède rarement à la seule rue ; mais il choisit le moment de céder en regardant la rue. La mobilisation n'a peut-être pas renversé la table. Elle a rendu le maintien du passe politiquement coûteux. C'est déjà une victoire, et il ne faut pas en rougir.
Seulement voilà : on n'avait gagné qu'une bataille, et la plus visible. La plus médiatique, la plus frontale, la plus facile à raconter. Pendant qu'on la livrait, une autre se préparait, qu'on ne nous a pas annoncée parce qu'elle ne se déclare jamais.
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Il faut relire les pages de La Démocratie en Amérique sur ce que Tocqueville appelait le despotisme doux. Il imaginait un pouvoir qui ne tyranniserait pas les hommes mais les materait, qui ne briserait pas les volontés mais les amollirait, un pouvoir « absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux » qui travaillerait au bonheur des citoyens à condition d'en être l'unique arbitre, et qui aimerait que ceux-ci se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il manquait à Tocqueville, pour que sa prophétie fût complète, un outil qu'il ne pouvait pas concevoir : la science du comportement. La possibilité technique de ne plus contraindre les conduites, mais de les incliner. De ne plus interdire, mais d'architecturer le choix pour qu'il tombe de lui-même du bon côté.
Cet outil existe. Il porte un nom anodin, presque attendrissant : le nudge, le coup de coude. La théorie, formulée par Thaler et Sunstein, part d'une intuition juste — nous décidons mal, par biais, par paresse, par peur — pour en tirer une conclusion qui ne l'est pas : puisque vous décidez mal, d'autres décideront le cadre dans lequel vous déciderez. La Grande-Bretagne a institué dès 2010 une « Nudge Unit ». La France a passé dès 2018 un accord-cadre avec cette équipe, qui a ouvert son bureau parisien adossé à la Direction interministérielle de la transformation publique. On ne nous l'a pas caché. On ne nous l'a pas dit non plus. C'est entre les deux que se loge le despotisme doux : dans ce qui est public sans jamais être annoncé.
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Bastiat nous a légué la seule grille d'économie politique dont on ne se lasse pas : il y a ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Ce qu'on a vu, en 2022, c'est le passe levé, les terrasses rouvertes, la victoire. Ce qu'on n'a pas vu, c'est le déplacement du front. La contrainte légale, trop visible, trop contestable, trop génératrice de convois, a cédé la place à quelque chose de plus fin : la gestion des publics.
Que l'État ait recouru, pendant la crise, à des techniques d'influence émotionnelle n'est pas une hypothèse : c'est documenté. Outre-Manche, les minutes du groupe consultatif comportemental recommandaient en mars 2020 d'augmenter « le niveau de menace personnelle perçue » chez les récalcitrants au moyen d'un « message émotionnel percutant ». On a, en clair, décidé d'avoir peur pour nous, et de nous la distribuer à dose utile. Ce qui valait pour la pandémie ne s'est pas évaporé avec elle. L'appareil, une fois rodé, cherche son emploi.
Au-delà de ce socle avéré commence le terrain où je dois avancer en disant ce que je sais, ce que je suppose, et ce que j'ignore — car c'est précisément le respect de cette frontière qui sépare la critique du délire. Ce que je sais : la segmentation psychométrique des populations est une technique mûre, qu'aucune entreprise de marketing politique sérieuse n'ignore plus. Des modèles de personnalité comme HEXACO — six dimensions, dont l'honnêteté-humilité — permettent de classer, de prédire, d'anticiper les réactions d'un public à un message. Ce que je suppose : qu'il serait naïf d'imaginer que ces outils, disponibles pour vendre une lessive ou un candidat, s'arrêtent pudiquement à la porte de la gestion des dissidences. Ce que j'ignore : l'ampleur exacte, les commanditaires, le degré de coordination. Je me garderai d'inventer ce que je ne peux pas établir. Mais l'asymétrie est troublante : on connaît par cœur la psychologie de ceux qui doutent ; ceux qui doutent, eux, ne savent rien de la machine qui les étudie.
Ce n'est pas nouveau : c'est très français
Car la neutralisation des oppositions par l'intérieur n'a rien d'une nouveauté technologique. C'est une très vieille spécialité française, et il suffit d'ouvrir nos archives. La Convention avait ses comités et ses indicateurs ; la monarchie de Juillet, ses mouchards ; la République, ses agents provocateurs glissés dans les cortèges pour les pousser à la faute qui justifierait la charge. Le procédé est constant, seuls changent les moyens : on n'interdit pas une opposition sérieuse, c'est trop coûteux et cela en fait des martyrs ; on la rend ridicule, on l'excite jusqu'à l'outrance, on l'enferme dans sa propre caricature.
Je me demande — et je le pose comme une question, non comme un verdict — si une part de ce que nous avons pris, ces trois dernières années, pour la spontanéité du camp des résistants ne relevait pas de cette mécanique ancienne. Non pas nécessairement des infiltrés au sens du roman d'espionnage ; plus simplement, des amplificateurs : ceux qui, à chaque débat naissant, tirent vers l'hystérie, dressent les sceptiques les uns contre les autres, transforment une exigence de transparence en foire aux invectives. Qu'ils soient mandatés ou seulement utiles, le résultat est le même, et c'est le seul qui compte : aucune construction politique sérieuse ne tient debout dans le vacarme. L'hystérisation n'est pas un dérapage du débat. Dans bien des cas, j'en viens à le croire, elle en est la fonction. On ne tue plus les idées : on les noie dans le bruit qu'on a soi-même organisé autour d'elles.
Pendant ce temps, la plomberie
Et tandis que nous nous épuisions à ces querelles, on posait tranquillement les tuyaux. C'est la règle d'or de l'époque : le spectacle occupe le devant, l'infrastructure s'installe à l'arrière. Identité numérique, portefeuille d'identité européen, projet d'euro numérique programmable, interconnexion des fichiers : l'architecture d'un contrôle fin des existences se met en place pièce par pièce, pendant que l'attention publique est captée par la polémique du jour. Comme l'orage qui fixe le regard à l'horizon pendant que l'eau, sous nos pieds, monte sans bruit. Le passe sanitaire n'était qu'un prototype, maladroit parce que visible. Ce qui vient sera invisible parce que commode. On ne nous imposera pas la traçabilité : on nous la rendra si pratique que la refuser passera pour une excentricité.
Dernier mot
Que faire, alors ? Ni la fuite dans le déni, ni la fuite dans la fureur — qui sont les deux versants d'une même défaite, et précisément les deux ornières où l'on souhaite nous voir tomber. Les Grecs avaient un mot pour la vertu qui manque le plus à notre temps : la phronèsis, que nos traducteurs rendent par prudence et qu'Aristote plaçait au-dessus des autres vertus intellectuelles parce qu'elle seule sait appliquer le vrai au particulier, dans le concret, au bon moment, dans la juste mesure. Non pas la raison froide des calculateurs, non pas la passion chaude des excités, mais le discernement de l'homme qui pèse, qui doute à bon escient, qui tient sa colère et n'abdique pas son jugement.
Opposer, à la fabrique de la peur, la plus subversive des armes en régime d'hystérie organisée : la rigueur, la patience, le chiffre vérifiable, l'obstination tranquille de qui refuse à la fois de se taire et de hurler, tels que la bio-staticienne Christine Cotton avait déployés dans son étude documentée sur les vaccins ARN injectés en urgence et sans précaution. Voilà l'héritage indispensable qui doit nous guider, et qui vaut bien mieux qu'un mausolée. La phronèsis n'est pas une posture ; c'est un travail. Le seul, peut-être, qui résiste à ceux qui ont appris à manipuler tout le reste.
Elle a tenu sa colonne de chiffres jusqu'au bout. À nous de tenir la nôtre.
Un lecteur veut placer les 150 000 euros d'un héritage sur les cinq ETF de défense et de cybersécurité de notre article du 7 avril, après une hausse de près de 70 %. Mais ce papier disait « spéculatifs », et son volet jumeau s'adressait à qui possède déjà une épargne de sécurité. La performance passée n'est pas un point d'entrée, et « défense » n'a jamais voulu dire « défensif ».
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Un lecteur, Serge C., m'écrit après avoir lu notre article du 7 avril, « Sur quels ETF spéculatifs placer les 150 000 € de l'héritage de grand-maman ». Il n'était pas abonné à sa parution, l'a découvert depuis, a regardé les cours sur son compte Swissquote, les a trouvés « énormément augmentés », et souhaite désormais y placer son héritage. Il cite les cinq fonds du papier — VanEck Defense (DFNS), Global X Defense Tech (ARMR), Future of Defence Indo-Pacific (QUAD), First Trust Nasdaq Cybersecurity (CIBR), WisdomTree Cybersecurity (WCBR) — et précise qu'il ne dispose que de dollars et ne peut acheter qu'en USD.
Je le remercie de sa fidélité, et je vais lui répondre franchement, quitte à corriger la lecture qu'il a faite de ce papier. Car entre ce que l'article disait et ce qu'il s'apprête à en faire, il y a un écart qui peut lui coûter cher.
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L'article du 7 avril parlait de « vecteurs spéculatifs », invitait à « passer à l'offensive » et à transformer l'héritage en « arsenal financier ». Ces mots ne sont pas décoratifs : ils désignent une catégorie précise d'actifs — la branche risquée. Or la stratégie Barbell que défend cette rubrique ne met jamais la totalité d'un patrimoine dans sa branche risquée. Elle répartit 80 % en branche sûre — ce qui perd peu si le système tient — et 20 % seulement en branche risquée — ce qui peut tout perdre comme tout multiplier. Les ETF de défense et de cyber relèvent, de l'aveu même du titre, de ces 20 %. Les acheter avec la totalité de l'héritage, ce n'est pas suivre l'article : c'est en faire l'exact contraire.
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Le papier supposait une chose que votre message ne dit pas
Son volet jumeau, « Que faire avec un héritage de 150 000 € en stratégie Barbell ? », s'ouvrait sur une phrase qu'il faut relire : il s'adressait à celui « qui dispose déjà d'une épargne antifragile » et se demandait quoi faire « de ce cadeau du ciel ».
L'inflation de la zone euro est repartie à 3,2 %, tirée par l'énergie et la guerre au Moyen-Orient. La Banque centrale européenne, prisonnière d'un choc qu'elle n'a pas créé, s'apprête à relever ses taux. Pour l'épargnant, le rendement réel du « sans risque » est déjà négatif — voici comment protéger son patrimoine sans parier sur le prochain baril.
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L'inflation de la zone euro est remontée à 3,2 % sur un an en mai 2026, son plus haut niveau depuis septembre 2023, selon l'estimation rapide d'Eurostat. La composante énergie progresse de 10,9 % sur douze mois. Dans le même temps, le baril de Brent a bondi de 4,9 % en une séance pour s'établir à 97,67 dollars, porté par le centième jour de la guerre entre Israël et l'Iran et par la tension permanente sur le détroit d'Ormuz, par où transite près d'un cinquième du pétrole mondial. La Banque centrale européenne, qui avait maintenu son taux de dépôt à 2,00 % en avril, est désormais attendue à la hausse dès sa réunion de juin — un relèvement de 25 points de base portant ce taux de dépôt à 2,25 %, avec une seconde hausse anticipée par le marché en septembre.
Cet enchaînement mérite d'être nommé pour ce qu'il est. Il ne s'agit pas d'une inflation de demande — celle qui naît d'une économie en surchauffe, de salaires qui courent après les prix, d'un crédit trop bon marché. La croissance de la zone euro est ressortie à 0,1 % au premier trimestre. Il s'agit d'une inflation importée : un choc d'offre venu de l'extérieur, transmis par le prix de l'énergie, sur lequel une banque centrale n'a aucune prise directe. C'est la distinction la plus mal comprise du moment, et c'est elle qui commande la conduite à tenir pour un épargnant.
Le taux d'intérêt agit sur la demande intérieure : il renchérit le crédit, freine l'investissement et la consommation, refroidit les prix tirés par l'activité. Il n'a aucun effet sur le prix du baril fixé à Singapour ou sur la prime de risque géopolitique d'Ormuz. En relevant ses taux face à une inflation importée, la BCE ne combat pas la cause — elle ajoute une contraction de la demande à un choc d'offre déjà récessif. Elle le fait quand même, pour une raison qui n'est pas économique mais institutionnelle : défendre la crédibilité de sa cible de 2 % et