Loi agricole : l'État promet de ne plus contrôler deux fois le même agriculteur dans l'année
L’État avoue ne plus vouloir harceler deux fois l’agriculteur dans l’année (ce qui en dit long). Dans le projet de loi d’urgence agricole adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 2 juin 2026, le gouvernement brandit comme une avancée majeure l’interdiction de soumettre un même exploitant à deux contrôles identiques dans l’année. Aveu involontaire d'un harcèlement institutionnel systématique, cette « victoire » résume à elle seule l'état de la relation entre l'État français et ceux qui le nourrissent.
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frAdopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 2 juin 2026, le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles est présenté comme une réponse concrète à la colère du monde paysan. Parmi les mesures mises en avant figure une disposition étonnante : un agriculteur ne pourra plus subir deux contrôles identiques au cours de la même année. Une avancée qui ressemble surtout à l’aveu d’un problème beaucoup plus profond.
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S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frUne « simplification » qui avoue le problème
Le gouvernement de Sébastien Lecornu a présenté le 8 avril 2026 un projet de loi d’urgence agricole de 23 articles, censé apporter des « solutions concrètes dans les cours des fermes » dès cet été. Parmi les dispositions les plus médiatisées figure l’interdiction des contrôles administratifs identiques répétés sur une même exploitation au cours d’une année.
Cette revendication est portée depuis longtemps par les organisations agricoles. Jusqu’ici, rien n’empêchait les multiples administrations ( DDTM, MSA, douanes, environnement, etc. ) de multiplier les visites sur une même exploitation déjà étranglée par les normes, les ZNT, les ICPE et la PAC. L’exploitation agricole moderne doit consacrer un temps croissant à répondre aux exigences de l’administration plutôt qu’à produire. Chaque contrôle mobilise du personnel, génère de l’incertitude juridique.
Le simple fait que l’exécutif juge nécessaire de légiférer sur ce point constitue un aveu : la bureaucratie française avait fini par considérer comme normale la répétition de contrôles sur des professionnels déjà soumis à une pression économique considérable.
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Cette mesure intervient après les mobilisations agricoles qui ont secoué le pays ces derniers mois. Derrière la colère des agriculteurs se cache un empilement de contraintes réglementaires, environnementales, sanitaires et administratives dont le coût est rarement mesuré par ceux qui les produisent.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait promis une réponse législative rapide. Le titre III du texte contient des mesures visant à simplifier des normes agricoles et à protéger le potentiel productif, autrement dit, à défaire partiellement ce que des années de zèle normatif avaient construit.
Le texte autorise le gouvernement à légiférer par ordonnance pour créer un régime spécial d'autorisation environnementale pour les bâtiments d'élevage, afin d'alléger les contraintes administratives lors de travaux de construction ou d'agrandissement. Ce qui signifie que les normes actuelles sont si pénalisantes qu'il faut une procédure dérogatoire d'urgence pour construire une étable.
Pourquoi une telle pratique a-t-elle pu exister si longtemps ? Lorsqu’un gouvernement présente comme une réforme majeure le fait de ne plus vérifier deux fois la même chose, il ne simplifie pas réellement le système ; il reconnaît implicitement qu’il était devenu excessif.
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LAISSER UN POURBOIRE merci !Cette loi semble offrir un soulagement ponctuel. Mais elle ne répond pas à la question centrale : combien de milliers de normes continuent de peser sur les exploitations françaises ? Une victoire contre un contrôle de trop ne constitue pas une réforme ; c’est le symptôme d’une bureaucratie devenue elle-même le problème.
