Normal view

The data brokers Congress forgot to regulate

10 June 2026 at 18:00
The SECURE Data Act and the GUARD Financial Data Act offer a potential solution to the lack of federal regulation of data brokers, but both bills leave significant gaps in protecting consumers from the misuse of their personal data.

The data brokers Congress forgot to regulate

10 June 2026 at 18:00
The SECURE Data Act and the GUARD Financial Data Act offer a potential solution to the lack of federal regulation of data brokers, but both bills leave significant gaps in protecting consumers from the misuse of their personal data.

Portrait de groupe à la Banque mondiale

Organisation mondiale du commerce, Fonds monétaire international, Banque mondiale... Par leur action, les organismes financiers internationaux occupent le cœur stratégique de la mondialisation libérale. Avec une ironie mordante, Jean Ziegler montre comment, malgré de cuisants échecs — désastreux pour le tiers-monde —, leurs dirigeants — ici ceux de la Banque mondiale — multiplient les théories justificatrices, récupèrent les discours contestataires et parviennent toujours, in fine, à maintenir le cap fixé par le « consensus de Washington ».

La Banque mondiale a connu son âge d'or de la fin des années 1960 au début des années 1980 (1). Ancien ministre de la défense des présidents John F. Kennedy et Lyndon B. Johnson, Robert McNamara la dirigea de 1968 à 1981. Sous sa présidence, le volume annuel des prêts est passé de 1 milliard à 13 milliards de dollars, le personnel a été multiplié par quatre et le budget administratif par 3,5. Avec l'aide de son trésorier Eugène Rotberg, McNamara parviendra à lever sur les différents marchés nationaux de capitaux près de 100 milliards de dollars d'emprunts. Ironie de l'histoire : une grande partie de cette somme a été obtenue auprès des banquiers suisses, ceux-là mêmes qui abritent l'essentiel des capitaux en fuite provenant des nababs, des dictateurs et des classes parasitaires d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.

Selon Jerry Mander (2), McNamara a tué plus d'êtres humains à la tête de la Banque mondiale que lorsqu'il était, en tant que ministre de la défense des Etats-Unis, préposé aux massacres du Vietnam. Jerry Mander dessine ainsi son portrait : « Honteux du rôle qu'il avait joué pendant la guerre du Vietnam, il voulut se racheter en volant au secours des pauvres du tiers-monde. Il se mit à l'ouvrage en bon technocrate, avec l'arrogance d'un authentique croyant : “Je vois dans la quantification un langage qui ajoute de la précision au raisonnement. J'ai toujours pensé que plus une question est importante, moins nombreux doivent être ceux qui prennent les décisions”, écrit-il dans Avec le recul : la tragédie du Vietnam et ses leçons (3). Faisant confiance aux chiffres, McNamara a poussé les pays du tiers-monde à accepter les conditions attachées aux prêts de la Banque mondiale et à transformer leur économie traditionnelle afin de maximaliser la spécialisation économique et le commerce mondial. Ceux qui s'y refusaient étaient abandonnés à leur sort. » Et, plus loin : « Sur ses instances, de nombreux pays n'eurent d'autre choix que de passer sous les fourches caudines de la Banque. McNamara ne détruisait plus les villages pour les sauver, mais des économies entières. Le tiers-monde se retrouve maintenant avec des grands barrages envasés, des routes qui tombent en ruine et ne mènent nulle part, des immeubles de bureaux vides, des forêts et des campagnes ravagées, des dettes monstrueuses qu'il ne pourra jamais rembourser. (…) Aussi grande soit la destruction semée par cet homme au Vietnam, il s'est surpassé pendant son mandat à la Banque. »

L'actuel président de la banque est un Australien de 68 ans, à la crinière blanche, au beau regard triste, du nom de James Wolfensohn. Un homme exceptionnel par son destin et ses dons. Ancien banquier de Wall Street, multimilliardaire, idéologue et impérialiste dans l'âme, il est aussi un artiste accompli. D'abord pianiste, il s'adonne actuellement à la pratique du violoncelle et déploie une intense activité d'auteur. D'où son surnom : « le Pianiste ».

Activité prométhéenne et multiforme

Alors que les mercenaires de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) veillent à la circulation des flux commerciaux, ceux de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) s'occupent des flux financiers. FMI et Banque mondiale forment les plus importantes des institutions dites de Bretton-Woods (4). Le terme « Banque mondiale » est d'ailleurs imprécis : officiellement, l'institution s'appelle « The World Bank Group ». Elle comprend la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l'Association internationale pour le développement, la Compagnie financière internationale, l'Agence multilatérale pour la garantie des investissements et le Centre international pour la gestion des conflits relatifs aux investissements.

Dans ses propres publications, le groupe utilise le terme « Banque mondiale  » pour désigner la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et l'Association internationale pour le développement. Nous procéderons de même ici. Les trois autres instituts faisant partie du groupe assument des fonctions limitées, marginales par rapport au sujet traité. (…)

Le World Bank Group emploie un peu plus de 10 000 fonctionnaires. Il est probablement l'organisation interétatique qui renseigne le plus complètement l'opinion publique sur ses propres stratégies, intentions et activités. Un flot quasi continu de statistiques, de brochures explicatives, d'analyses théoriques s'écoule depuis sa forteresse de verre et de béton du numéro 1818 H Street Northwest, à Washington.

La Banque mondiale exerce sur la planète un pouvoir immense, déploie une activité prométhéenne et multiforme. Elle seule, aujourd'hui, alloue des crédits aux pays les plus démunis. Durant la décennie passée, elle a ainsi accordé aux pays du tiers-monde des crédits à long terme pour une somme supérieure à 225 milliards de dollars. Elle assure la création d'infrastructures par des crédits d'investissement. Dans certains cas - au Niger, par exemple -, elle couvre aussi (en deuxième position, derrière des donateurs bilatéraux) le déficit budgétaire d'un Etat particulièrement démuni. Elle finance également chaque année des centaines de projets de développement.

En termes de technique bancaire, cet organisme est partout le « prêteur de dernière instance » (« the lender of last resort »), celui qui se trouve en situation d'imposer au débiteur les conditions de son choix. Qui d'autre que lui serait prêt à accorder le moindre crédit au Tchad, au Honduras, au Malawi, à la Corée du Nord ou à l'Afghanistan ?

Entre la Banque mondiale et Wall Street, l'alliance est, bien entendu, stratégique. La Banque a d'ailleurs sauvé à maintes reprises certains instituts financiers imprudemment engagés dans des opérations de spéculation ici ou là sur d'autres continents. Dans sa pratique quotidienne, elle fonctionne selon des critères strictement bancaires. Sa charte exclut expressément toute conditionnalité politique ou autre. Sa pratique est néanmoins surdéterminée par un concept totalisant d'origine non bancaire, et idéologique celui-là : le « Consensus de Washington » (5).

Chaque année, la Banque publie une sorte de catéchisme : The World Development Report. Cette publication fait autorité dans les milieux universitaires et onusiens. Elle tente de fixer les grands thèmes qui, pendant un certain temps, occuperont les agences spécialisées de l'ONU, les universités et, au-delà, l'opinion publique. Ce rapport porte la marque personnelle du président James Wolfensohn. Son édition 2001 s'ouvre sur cette profession de foi : « La pauvreté dans un monde riche constitue pour l'humanité le plus grand défi (6).  » Les idéologues de la Banque mondiale témoignent traditionnellement d'une admirable souplesse théorique. Malgré les évidents échecs de leur institution, ils n'ont cessé, au cours des cinq décennies passées, de multiplier les théories justificatrices. Ils ont réponse à tout. Ils sont infatigables. Ils accomplissent un travail de Sisyphe. Regardons-y de plus près.

Du temps de McNamara, la théorie préférée de la Banque était celle de la « croissance ». Croissance = progrès = développement = bonheur pour tous. Vint une première vague de contestation, portée notamment en 1972 par les savants du Club de Rome, sur le thème : « La croissance illimitée détruit la planète. » Les théoriciens de la Banque réagirent au quart de tour : « Comme vous avez raison, estimés érudits ! La Banque mondiale vous approuve. Désormais, elle mettra en œuvre le “développement intégré”. » Autrement dit, elle ne prendra plus seulement en compte la croissance du produit intérieur brut d'un pays, elle examinera aussi les conséquences produites par cette croissance sur d'autres secteurs de la société. Voici les questions que la Banque entreprit alors de se poser : la croissance est-elle équilibrée ? Quelle conséquence produit-elle sur la distribution intérieure des revenus ? Une trop rapide croissance de la consommation énergétique d'un pays ne risque-t-elle pas d'affecter les réserves énergétiques de la planète ? Etc.

D'autres rapports critiques contre le capitalisme débridé furent alors publiés, notamment ceux établis par des groupes de chercheurs présidés respectivement par Gro Harlem Brundtland et par Willy Brandt. Ces critiques s'adressaient à l'« économisme » de la Banque. Elles revendiquaient d'autres paramètres, non économiques, du développement, ceux notamment de l'éducation, de la santé, du respect des droits de l'homme, et reprochaient à la Banque de ne pas les prendre en considération. Celle-ci réagit illico. Elle produisit une superbe théorie sur la nécessité du « développement humain ».

Nouvelle étape de la contestation : le mouvement écologiste prit de l'ampleur et gagna de l'influence partout en Europe, en Amérique du Nord. Pour développer les forces de production d'une société, disaient les écologistes, il ne suffit pas d'avoir l'œil fixé sur les indicateurs classiques ni même sur les fameux paramètres du développement humain. Il faut aussi prévoir sur le long terme les effets des interventions dites de développement, notamment sur l'environnement. Les idéologues de la Banque sentirent immédiatement le vent tourner. Désormais, ils seraient les partisans farouches du « développement durable » — le « sustainable development ».

En 1993, se tint à Vienne la Conférence mondiale sur les droits de la personne. Contre les Américains et certains Européens, les nations du tiers-monde imposèrent la reconnaissance des « droits économiques, sociaux et culturels ».

Une conviction présidait à cette révolution : un analphabète se soucie comme d'une guigne de la liberté de la presse. Avant de se préoccuper des droits civils et politiques, donc des droits démocratiques classiques, il est indispensable de satisfaire les droits sociaux, économiques, culturels. James Wolfensohn publia alors rapport sur rapport, déclaration sur déclaration. La Banque mondiale, comme de bien entendu, serait à l'avant-garde du combat pour la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels. A Prague, en septembre 2000, « le Pianiste » fit même un discours émouvant sur le sujet.

Un maître du langage ambigu

Une des dernières en date des pirouettes des intellectuels organiques de la Banque mondiale concerne l'« empowered development », l'exigence d'un développement économique et social contrôlé par les victimes du sous-développement elles-mêmes. Pourtant, aucune des déclarations d'intention successives de la Banque n'est parvenue à masquer durablement cette évidence : l'échec éclatant des différentes stratégies de « développement » mises en œuvre par ses soins. Que faire ? La Banque n'est jamais à court d'idées. Désormais, elle plaidera les circonstances atténuantes. Elle invoquera la fatalité. La conférence prononcée le 8 avril 2002 dans la salle XI du Palais des nations de Genève, devant les cadres de l'ONU et de l'OMC, par le vice-président chargé des relations extérieures de la Banque, était intitulée : « L'aide au développement parviendra-t-elle jamais aux pauvres ? ». Réponse de l'éminent vice-président : « Personne n'en sait rien. »

Pour porter la bonne parole au monde, James Wolfensohn s'assure les services d'un certain nombre de messagers triés sur le volet. Ce que les jésuites sont à l'Eglise catholique, les missi dominici du « Pianiste » le sont à la Banque mondiale : ces « envoyés du maître » exécutent les missions les plus diverses. Exemples.

A Lagos, capitale du Nigeria, grande puissance pétrolière et l'une des sociétés les plus corrompues du monde, James Wolfensohn a installé un bureau de la « good governance » (contrôle de la corruption). Son préposé recueille des informations venues de particuliers, de mouvements sociaux, d'organisations non gouvernementales, d'Eglises, de syndicats ou de fonctionnaires révoltés, concernant des affaires de corruption. Il observe les mises aux enchères truquées des grands chantiers de la région, les dessous-de-table payés à des ministres par des directeurs locaux de sociétés multinationales, l'abus de pouvoir pratiqué par tel ou tel chef d'Etat contre rémunération sonnante et trébuchante. En bref, il enregistre, se documente, essaie de comprendre les multiples voies empruntées par les corrompus et les corrupteurs. Mais que devient ensuite ce savoir ? Mystère.

Wolfensohn a également désigné un vice-président exécutif, tout spécialement chargé de la lutte contre l'extrême pauvreté. Lui aussi se documente et s'informe… Jusqu'à récemment, ce poste était occupé par Kemal Dervis. Il s'agit d'un économiste d'une cinquantaine d'années, de nationalité turque, chaleureux et fin, qui a grandi en Suisse. Musulman, il a passé son baccalauréat dans un établissement privé catholique, le collège Florimont, au Petit-Lancy, près de Genève. Au début 2001, il a quitté la Banque. Il est aujourd'hui ministre de l'économie et des finances de Turquie [NDLR : depuis le 14 août 2002, son parti a rejoint l'opposition].

Autre personnage totalement atypique travaillant au service de Wolfensohn : Alfredo Sfeir-Younis. Depuis novembre 1999, ce dernier dirige à Genève le World Bank Office, la représentation de la Banque auprès du quartier général européen de l'ONU et auprès de l'OMC. L'homme n'est pas banal. Voici comment le journaliste André Allemand le décrit : « Avec le charisme un peu retenu d'un Richard Gere barbu, le tout nouveau représentant de la Banque mondiale dépeint une organisation en pleine mutation philosophique, à l'écoute des plus démunis et cherchant activement à éliminer la pauvreté dans le monde (7). » Allemand le surnomme « l'Enjoliveur ».

Sfeir-Younis est un Chilien d'origine libanaise, cosmopolite et diplomate-né. Fils d'une grande famille maronite dont une branche s'est fixée au Chili, il est le neveu de Nasrallah Sfeir, le patriarche de l'Eglise maronite. Dès 1967, son père ayant été nommé ambassadeur du Chili à Damas et à Beyrouth, le jeune Alfredo a assisté à toutes les convulsions, guerres et turbulences du Croissant fertile.

« L'Enjoliveur » est un pionnier. Il a été le premier économiste de l'environnement (« environmental economist ») à entrer dans la Banque. Aujourd'hui, elle en compte 174. Il a par ailleurs travaillé pendant sept ans, dans des conditions souvent difficiles, en Afrique sahélienne. Témoignant de convictions antifascistes solides, il s'est autrefois opposé à la dictature de Pinochet. Bouddhiste, il pratique la méditation.

Mais Don Alfredo est surtout un maître du langage ambigu : « Les difficultés économiques actuelles relèvent d'abord de la distribution des richesses et non pas tant de problèmes relatifs à la production ou à la consommation… Le monde souffre du manque de gouvernance globale (8). » Tout pasteur calviniste genevois lisant ces lignes sera saisi d'enthousiasme. Voici un frère ! Enfin un responsable bancaire qui n'a pas la croissance, la productivité et la maximalisation des profits à la bouche ! Mais ce que le naïf lecteur de ces propos ne sait pas, c'est que le messager du « Pianiste » à Genève est un partisan farouche de la « stateless global governance », du gouvernement mondial sans Etat, et du Consensus de Washington.

Don Alfredo est un dur. Un agent d'influence de haut vol : à certains moments, et sur ordre du « Pianiste », il joue aussi les agents secrets, comme lors de la Conférence mondiale du commerce à Seattle, en 1999. « En décembre dernier, j'étais dans les rues de Seattle, chargé de rapporter à mon organisation les points soulevés par les manifestants (9).  »

Un autre missus totalement atypique du « Pianiste » s'appelle Mats Karlsson. Collaborateur étroit et disciple de Pierre Schori — le principal héritier intellectuel et spirituel d'Olof Palme -, Karlsson a été économiste en chef du ministère suédois des affaires étrangères et secrétaire d'Etat à la coopération. C'est un socialiste convaincu. Outre Pierre Schori, il a pour ami Gunnar Sternave, la tête pensante des syndicats suédois. Or Karlsson est aujourd'hui vice-président chargé des affaires étrangères et des rapports avec l'ONU de la Banque mondiale. Je le dis sans ironie : certains de ces idéologues me séduisent. Leur brio intellectuel, leur culture sont attachants. Certains sont même de bonne foi. Alfredo Sfeir-Younis et Mats Karlsson, pour m'en tenir à eux, sont des hommes profondément sympathiques. Le problème est que si leurs théories changent et s'adaptent, la pratique, elle, est constante : elle découle de la pure rationalité bancaire, impliquant l'exploitation systématique des populations concernées et l'ouverture forcée des pays aux prédateurs du capital mondialisé.

Car à l'instar de l'OMC et du FMI, la Banque mondiale est, elle aussi, un bastion du dogme néolibéral. En toute circonstance et à tous les pays débiteurs, elle impose le consensus de Washington. Elle promeut la privatisation des biens publics et des Etats. Elle impose l'empire des nouveaux maîtres du monde.

En janvier 2000, tremblement de terre ! Le messager le plus important, le plus proche de Wolfensohn, Joseph Stiglitz, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale, démissionne en dénonçant publiquement la stratégie de privatisation à outrance et l'inefficacité des institutions de Bretton Woods (10). Wolfensohn, tout à coup, éprouve des doutes. Il en vient même à se poser des questions : les capitaux rentrent, les crédits sortent, les barrages se construisent, donnent de l'électricité… et partout autour les êtres humains meurent de faim. Partout dans le tiers-monde, la malaria revient au galop et tue un million de personnes par an, les écoles ferment, l'analphabétisme progresse, les hôpitaux tombent en ruine, les patients décèdent faute de médicaments. Le sida fait des ravages.

Désastre sur désastre

Quelque chose ne va pas. Alors, Wolfensohn interroge, voyage, invite à sa table des militants des mouvements sociaux, les écoute, réfléchit, et tente de comprendre l'échec gigantesque de sa Banque (11). Des doutes du « Pianiste », un nouvel organigramme est né (12). Le département social (« Social Board »), dont il a renforcé le personnel, doit désormais être consulté impérativement par tout chef de projet.

Ce département a pour tâche d'examiner et d'évaluer les conséquences humaines et sociales provoquées dans la société d'accueil par l'intervention de la Banque : construction d'une autoroute, d'un barrage, d'une correction de fleuve, d'un port, d'un conglomérat d'usines, etc.

De quelle façon la nouvelle autoroute affectera-t-elle la vie dans les villages qu'elle traversera ? Comment un conglomérat industriel pèsera-t-il sur le marché du travail dans la région ? Que deviendront les paysans chassés par l'expropriation des terres qui précède la construction d'un barrage ? Des plantations extensives de cultures destinées à l'exportation exigent la destruction de milliers d'hectares de forêts : dans quelle mesure le climat de la région en sera-t-il affecté ? Les questions examinées par le département social sont innombrables. Mais il n'a aucun pouvoir. Même si ses conclusions sont entièrement négatives, même s'il prévoit désastre sur désastre, il ne pourra empêcher la construction du conglomérat industriel, l'arrachage des arbres ou le détournement du fleuve.

La décision des banquiers est toujours souveraine.

Voir en ligne : /2002/10/ZIEGLER/9499

Cet article est tiré des Nouveaux Maîtres du monde, Fayard, Paris, 2002.

(1) Elle a commencé à fonctionner en 1946.

(2) Jerry Mander, « Face à la marée montante », in Edward Goldsmith et Jerry Mander, Le Procès de la mondialisation, Fayard, Paris, 2001, p. 42.

(3) Seuil, Paris, 1996.

(4) Bretton-Woods, bourg du New Hampshire aux Etats-Unis, a vu se réunir en 1944 les délégations des alliés occidentaux. Ils ont mis en place les principes et les institutions (FMI, Banque mondiale, etc.) devant assurer la reconstruction de l'Europe et d'un ordre économique mondial.

(5) Ensemble d'accords informels conclus tout au long des années 1980-1990 entre les principales sociétés transcontinentales, les banques de Wall Street, la Federal Bank américaine et les organismes financiers internationaux, avec comme maître d'œuvre les Etats-Unis.

(6) Préface de James Wolfensohn, The World Development Report, Oxford University Press, 2001, p. 5.

(7) La Tribune de Genève, 8 juin 2000.

(8) Alfredo Sfeir-Younis, in La Tribune de Genève, 8 juin 2000.

(9) Ibid.

(10) Joseph Stiglitz, La Grande Désillusion, Paris, Fayard, 2002.

(11) Voir notamment l'interview de James Wolfensohn dans Libération, 10 juillet 2000.

(12) Laurence Boisson de Chazournes, « Banque mondiale et développement social », in Pierre de Senarclens, Maîtriser la mondialisation, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 2001.

La diplomatie du téléphone portable à la conquête des pauvres

Après le coup d'Etat au Mali, le directeur de Microsoft pour l'Afrique, M. Cheick Modibo Diarra, a été nommé premier ministre. Google, dont certains employés se sont illustrés dans le « printemps arabe », recrute des militants des droits humains, et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton soutient des projets humanitaires mêlant affaires et technologie : voici venue l'ère de la diplomatie numérique.

JPEG - 262.3 kio

Dans les heures qui suivent le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, plusieurs initiatives permettent de cartographier les besoins, les demandes d'aide, les appels de familles de disparus… Enseignant-chercheur spécialisé dans la cartographie de crise, Patrick Meier s'associe au programmeur kényan David Kobia, qui, en 2007, avait fondé le système Ushahidi, destiné à permettre à des citoyens de signaler les affrontements postélectoraux. De façon inattendue, cet outil va offrir une plate-forme à l'information d'urgence en Haïti : Meier et Kobia mettent en effet sur pied un système d'alertes géolocalisées transmises par téléphone mobile. L'opérateur Digicel leur emboîte le pas et fournit aux Haïtiens un numéro d'urgence unique, le 4636. Des centaines de vies seront sauvées.

A l'aide du service de messagerie (SMS) des téléphones portables et d'instruments de géolocalisation, Ushahidi permet d'organiser la réponse avec très peu de moyens. De tout le pays affluent des signalements : disparitions, manque de nourriture ou d'eau dans les orphelinats, personnes rescapées, etc. Traduits en français, anglais et créole par deux organisations non gouvernementales (ONG) — Samasource et Crowdflower —, les textos sont localisés, vérifiés et catégorisés avant d'être publiés sur une carte par une équipe de volontaires rassemblés à la Fletcher School of Law and Diplomacy, basée dans le Massachusetts, où enseigne Meier.

Grâce à une passerelle SMS mise en place par Instedd, une start-up américaine spécialisée dans la gestion informatisée des situations de crise, la Croix-Rouge — mais également les marines américains — est en mesure de recevoir les alertes signalant une situation dangereuse et sa localisation.

Cette rencontre inédite entre informaticiens kényans et armée américaine a joué un rôle déterminant dans la redéfinition, sous l'impulsion de Mme Hillary Clinton, des méthodes du département d'Etat. Les Etats-Unis ont certes une longue tradition d'usage des technologies de communication, liée à la transmission de la Voix de l'Amérique — nom de la radio de diffusion internationale lancée durant la seconde guerre mondiale et destinée à promouvoir les intérêts américains. Mais, ces dernières années, le smart power est devenu un axe stratégique de cette politique. Variante du soft power pouvoir doux ») de Joseph Nye — terme désignant le déploiement de moyens d'influence non coercitifs, structurels, culturels ou idéologiques —, ce « pouvoir de l'intelligence » théorisé en 2004 par Mme Suzanne Nossel, présidente de l'organisation Human Rights Watch, propose un catalogue d'outils — diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux ou culturels — adaptés à chaque situation. Il s'agit aussi de favoriser les sociétés américaines de haute technologie dans le cadre d'une coopération renouvelée entre l'Etat, le marché et les ONG ou les fondations d'intérêt public. Avec cette doctrine, la diplomatie américaine favorise donc un modèle économique nouveau, hybridant les secteurs marchand et non lucratif.

Un outil pour déjouer
la censure d'Internet

Les réseaux de télécommunication numériques et mobiles en sont les instruments privilégiés. « La communauté technique a mis en place la technologie des cartes interactives pour nous aider à identifier les besoins et à cibler les ressources, indique ainsi Mme Clinton dans son discours fondateur du 15 février 2011. Ce lundi [en Haïti], une fillette de 7 ans et deux femmes ont été retirées des décombres d'un supermarché qui s'était effondré par une équipe américaine de recherche et de sauvetage, après avoir envoyé un texto appelant à l'aide. » La secrétaire d'Etat insiste sur la nécessité de faire en sorte que le peuple s'approprie les technologies numériques afin de faire avancer la démocratie et les droits humains. Elle en appelle à un « partenariat entre l'industrie, le monde universitaire et les ONG afin d'organiser un effort permanent qui permettra d'exploiter la puissance des technologies de connexion et de les mettre au service de nos objectifs diplomatiques (1) ».

Financé à hauteur de 2 millions de dollars, Commotion est un projet typique de cette approche. Il s'agit d'un réseau cellulaire autonome qui fonctionne selon les mêmes principes qu'Internet et tient dans une valise. Il doit permettre aux militants de contourner la censure du réseau — on se souvient qu'en Egypte, en janvier 2011, juste avant la chute de M. Hosni Moubarak, Internet avait été coupé. A l'origine de ce projet, un militant du logiciel libre et des libertés numériques, M. Sascha Meinrath, qui envisage de relier par Wi-Fi des ordinateurs portables et des téléphones mobiles afin de constituer une infrastructure sans fil à haut débit (2), où des outils de sécurisation permettraient d'assurer l'anonymat des utilisateurs. Ainsi, paradoxalement, au moment même où WikiLeaks piratait le département d'Etat, la smart diplomacy rejoignait les problématiques « hacktivistes » (3).

L'Afghanistan fut l'un des premiers terrains d'expérimentation de cette techno-diplomatie. En 2009 déjà, le pays comptait plus de quinze millions d'abonnés mobiles, sur une population de trente millions de personnes. 65 % d'entre eux envoient des textos, et plus de la moitié utilisent leur téléphone pour écouter la radio. Mais l'armée américaine a aussi remarqué que les talibans étaient plus actifs dans les zones peu couvertes par le réseau mobile. Y voyant un lien de cause à effet, elle a investi 113 millions de dollars pour développer les communications civiles, dans une véritable stratégie associant propagande et développement économique. En outre, dans le cadre de la lutte contre la corruption, la police afghane paye désormais ses employés par l'intermédiaire du système mobile M-Paisa (lire « Une carte SIM en guise de porte-monnaie »), et non plus en argent liquide (4).

Des acteurs très divers multiplient ainsi les initiatives technopolitiques. On peut mentionner le programme des « Routes de la soie numériques » lancé par l'Internet Bar Organization. 85 % des Afghans vivent de leur terre ; après des années de guerre, il existe d'importants conflits de propriété foncière. Le programme utilise les fonctionnalités du GPS, les photographies et les textos pour envoyer des informations sécurisées dans une base de données. Un cadastre virtuel a ainsi été constitué, et une assistance juridique est proposée pour régler les conflits, en lien avec le droit coutumier.

Il arrive également que le smart power se concrétise dans la surveillance d'élections. C'est le cas en Afrique subsaharienne. L'ambassade des Etats-Unis en Guinée a appuyé la commission électorale du pays pour la mise en place, lors du scrutin du 27 juin 2010, le premier depuis 1958, d'un programme baptisé « I vote, I see, I send » (« je vote, j'observe, j'envoie »). Ce programme permettait de relayer des textos sur un site Web où ils pouvaient être analysés par les observateurs et les électeurs (5). L'ambassade de France a été associée à ce programme à travers la mise en place d'un centre de presse. Surveillance officielle et « sous-veillance » citoyenne (comme celle d'Ushahidi au Kenya) se complètent, utilisant parfois les mêmes plates-formes.

En 2010 et 2011, au Soudan, le contrôle citoyen des élections a également reçu l'appui des membres du département d'Etat, tandis qu'en Ethiopie, en Egypte, en Tanzanie, en Côte d'Ivoire et au Liberia des systèmes inspirés par Ushahidi ont été déployés (6). Les rapports envoyés pointent les fraudes (impossibilité de voter, bulletins manquants pour certains candidats…), mais aussi des irrégularités durant la campagne (harcèlements, illégalité de certaines actions, provocations racistes…) et permettent de signaler les violences postélectorales.

Signalés à la vitesse d'un texto — dans des situations d'observation sur le terrain, on a plus facilement sous la main un téléphone portable qu'un ordinateur —, les actes délictueux sont épinglés sur une carte. Cette approche relève du principe, difficile à traduire en français, d'accountability. Si le sens politique du terme évoque la responsabilisation des gouvernements, dans le vocabulaire de la sociologie l'accountability renvoie à un réseau conceptuel associant factualité, visibilité et responsabilité (7). Dans ce cadre, la transparence ressort d'une philosophie politique qui autorise à rendre visibles des éléments pour étayer un pacte de factualité — au sens où il est indéniable qu'« il s'est passé là quelque chose pour quelqu'un » — engageant la responsabilité de chacun.

Depuis la Silicon Valley, Mme Clinton a lancé un appel aux entrepreneurs ès technologies dans le monde : « Il faut soutenir les personnes qui sont derrière ces outils, les innovateurs et les entrepreneurs eux-mêmes. Nous savons que les chefs d'entreprise sont nombreux à vouloir consacrer une partie de l'expertise de leurs salariés à résoudre les problèmes dans le monde entier ; mais, souvent, ils ne savent pas comment faire. Quel est le point d'entrée ? Quelle idée va avoir le plus d'impact (8)  ? » Discours assorti d'un appel à la coopération entre diplomates, entrepreneurs et organisations sans but lucratif pour soutenir l'espace d'innovation mobile que représente l'Afrique.

Application pour femmes enceintes

Un appel aux bonnes volontés ? Pas seulement. Deuxième marché régional après l'Asie, celle-ci connaît la plus forte croissance du monde, avec 649 millions de connexions à la fin de 2011 et 735 millions d'abonnés prévus à la fin de 2012, selon le rapport de l'Association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA). Google, implanté en Afrique du Sud et au Kenya, a mis en place, en lien avec la Fondation Grameen (9) et l'opérateur MTN, une structure de développement d'applications — un « AppLab » où ont été réalisés différents services mobiles : SMS Tips, qui répond aux questions sur la santé ou l'agriculture envoyées par texto, ou encore Google Trader, qui met en relation petites entreprises et acheteurs en temps réel.

Par le biais de concours comme Apps4Democracy, basé sur les données publiques ouvertes et librement utilisables que diffuse le gouvernement sur le site Data.gov, les acteurs du smart power recrutent de nouveaux partenaires. C'est sur ce modèle qu'une compétition baptisée Apps4Africa a été lancée, en juillet 2010 à Nairobi, par Mme Judith McHale, sous-secrétaire à la diplomatie et aux affaires publiques. Elle a suscité une vingtaine de propositions venues du Kenya, du Rwanda, de l'Ouganda et de la Tanzanie. L'application gagnante, Mamabika, est un dispositif qui propose aux femmes enceintes des bidonvilles de Nairobi d'épargner neuf mois durant sur un compte lié à leur téléphone, pour pouvoir accoucher dans une clinique (10). Autres concours et programmes soutenus par le smart power « féministe » et technologique de Mme Clinton : le mWomen BOP App Challenge (ou TechWomen), dont le but est de créer des applications spécifiques pour les femmes des pays pauvres. Son modèle : HarassMap, un système de cartographie qui rapporte des cas de harcèlement sexuel et de violence conjugale en Egypte.

Bon nombre de fondations américaines sont engagées dans cette voie. On peut s'interroger sur leur rôle, quand certains acteurs locaux clament, à l'instar du chanteur militant afro-américain Gil Scott Heron : « The revolution will be not funded (11) » La révolution ne sera pas financée »). Créée par le fondateur d'eBay, M. Pierre Omidyar — qui théorise son approche dans la Harvard Business Review (12) —, la Fondation Omidyar Network a ainsi ouvert un fonds doté de 2 millions d'euros pour favoriser, en Afrique subsaharienne, les initiatives axées sur « les technologies qui donnent aux citoyens des outils » contraignant les gouvernements à les prendre en compte. Une ONG néerlandaise, Hivos, administre le fonds basé à Nairobi. En septembre 2010, au sommet de la Clinton Global Initiative (fondée en 2005 par l'ancien président William Clinton), la Fondation Omidyar avait annoncé un versement de 55 millions de dollars au réseau Tech for Transparency, dont près de la moitié pour l'innovation dans le domaine mobile. La fondation soutient aussi FrontlineSMS, une passerelle consacrée à la communication des ONG et souvent associée à la plate-forme Ushahidi.

Pour M. Bill Gates, fondateur de Microsoft et acteur le plus en vue dans le monde de la technophilanthropie, il est peu efficace de vendre des ordinateurs dans les pays pauvres, mais il faut absolument utiliser les téléphones portables, qui permettent de sauver des vies (13). Il intervient donc dans le domaine du m-health (usage du mobile en santé), en organisant des concours pour des logiciels de lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH/sida), le paludisme, la tuberculose, etc. En favorisant, naturellement, Windows Mobile, le système d'exploitation de Microsoft.

Créée en 1994, la Fondation Bill et Melinda Gates (BMGF) dispose d'un capital de 66 milliards de dollars. Pour bénéficier du régime d'exonération fiscale des fondations, au moins 5 % de ses avoirs doivent être consacrés à des donations. Restent 95 %, qui sont investis dans des activités lucratives et parfois bien peu philanthropiques (14). En 2009, la BMGF a fourni plus de 3 milliards de dollars de subventions et dépensé 409 millions de dollars en frais d'exploitation, principalement pour des projets visant à améliorer la vie des pauvres dans les pays en développement. Dans le domaine de la santé publique, à part le gouvernement des Etats-Unis, aucun bailleur de fonds n'est aussi influent (15). Grâce au don de 30 milliards de dollars de M. Warren Buffett, la fondation a plus que doublé son fonds initial, devenant ainsi l'institution caritative la plus importante.

Cette rencontre entre MM. Gates et Buffett a permis à M. Matthew Bishop, chef du bureau du journal The Economist à New York, de forger la notion de « philanthrocapitalisme (16) » pour désigner la convergence entre grandes causes et bonnes affaires. MM. Buffett et Gates imposent en effet un nouveau type de partenariat avec les organisations caritatives et les gouvernements. Il s'agit de montrer que l'entreprise peut être « la plus grande force du bien dans le monde », au moment où les Etats réduisent leurs budgets sociaux et prennent souvent moins de risques que ne peuvent le supporter ces nouvelles organisations philanthropiques.

Grandes causes et bonnes affaires

Selon MM. Gates et Buffett, « donner » pourrait ainsi devenir le plus grand levier du changement dans le monde. Mais « donner » de façon stratégique — et selon les modèles du monde des affaires. Ces nouveaux philanthropes doivent être compris comme des investisseurs sociaux au sens propre du terme. Ils se distinguent de l'action de charité qui animait les premiers industriels créateurs des fondations américaines, comme Andrew Carnegie ou John D. Rockefeller.

Dans la culture de ces acteurs, les technologies permettent aussi de scruter les retours sur investissement. Ainsi, le téléphone portable est au philanthrocapitalisme ce que le chronomètre est au taylorisme. Grâce à ses diverses fonctionnalités — textos, caméra vidéo et appareil photo, répondeur téléphonique, GPS… —, le portable est un bon outil de reporting, et donc de transparence. Les actions soutenues financièrement par ces fondations peuvent être présentées en détail aux donateurs. Chacun peut voir comment le projet est utilisé, et combien il est utile. L'action humanitaire technicise, la philanthropie se rationalise, le don charitable devient investissement.

Les nouveaux riches de la Silicon Valley, milliardaires de l'informatique qui ont parfois pris leur retraite des affaires, semblent bien décidés à conquérir les économies des pays émergents. Le téléphone portable, ce petit objet si efficace et rendant de réels services aux populations, constitue pour cela leur outil de prédilection.

Voir en ligne : /2012/05/ALLARD/47679

(1) « Remarks on Internet freedom », 21 janvier 2010.

(2) Yves Eudes, « Commotion, le projet d'un Internet hors de tout contrôle », Le Monde, 30 août 2011.

(3) Mot-valise associant hack — bricolage informatique — et « activiste ». Lire Jean-Marc Manach, « Les “bidouilleurs” de la société de l'information », Le Monde diplomatique, septembre 2008.

(4) Monty Munford, « M-Paisa : Ending Afghan corruption, one text at a time », Techcrunch, 17 octobre 2010.

(5) Charles W. Corey, « SMS texting program allows Guinean voters to protect their votes », www.america. gov (archive), 21 juin 2010.

(6) Pour toutes les actions citées, cf. http://blog.ushahidi.com/index.php/...

(7) Cf. Harold Garkinkel, Recherches en ethno-méthodologie, Presses universitaires de France, Paris, 1967 (rééd. 2007), qui fait de l'accountability le ressort même de l'ordre social.

(8) « Clinton to tech innovators and entrepreneurs : “We want you” », 15 octobre 2010, Fastcompany.com

(9) Cette fondation spécialisée dans la microfinance a dès 1997 aidé des femmes ougandaises à développer de petits commerces de téléphonie mobile.

(11) Hakima Abbas, « The role of donors in the movement for social justice in Africa », Pambazuka News, Nairobi, 17 novembre 2010.

(12) Pierre Omidyar, « How I did it : eBay's founder on innovating the business model of social change », Harvard Business Review, Boston, septembre 2011.

(13) Brian Dolan, « Bill Gates : Mobiles not PCs for global health », 27 avril 2010, Mobihealthnews.com

(14) Cf. Charles Piller, Edmund Sanders et Robin Dixon, « Les investissements bien peu philanthropiques de la Fondation Gates », Problèmes économiques, Paris, octobre 2008.

(16) Matthew Bishop et Michael Green, Philanthrocapitalism : How the Rich Can Save the World, Bloomsbury Press, New York, 2008. www.philanthro-capitalism.net.

Voir aussi le courrier des lecteurs dans notre édition de juin 2012.

Sines investment boost reflects economic strength

10 June 2026 at 10:14
Finance minister Joaquim Miranda Sarmento - Photo: António Cotrim/Lusa

Portugal’s economy has demonstrated remarkable resilience in the years following the Covid-19 pandemic, with strong growth, rising wages and continued success in attracting major international investment, according to Finance Minister

The post Sines investment boost reflects economic strength appeared first on Portugal Resident.

AARP: New Social Security report should be ‘wake-up call’

9 June 2026 at 21:47
After the Trump administration on Tuesday released its annual report on Social Security and its projected future, officials from AARP urged action to protect the program. The annual report from the board of trustees of Social Security and Medicare stated that Social Security’s Old-Age and Survivors Insurance (OASI) Trust Fund will be able to pay…

AARP: New Social Security report should be ‘wake-up call’

9 June 2026 at 21:47
After the Trump administration on Tuesday released its annual report on Social Security and its projected future, officials from AARP urged action to protect the program. The annual report from the board of trustees of Social Security and Medicare stated that Social Security’s Old-Age and Survivors Insurance (OASI) Trust Fund will be able to pay…

❌