No próximo dia 13 de junho de 2026, o Parque de Convívio e Lazer de Pechão recebe a primeira edição do Sunset no Parque, um evento de entrada livre promovido pelo Clube Oriental de Pechão, que promete marcar o arranque do verão na freguesia com música, convívio e animação ao ar livre. Com início marcado para as 18h30 e prolongando-se até às 02h00, […]
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) a officiellement rétrocédé la base de Mbaïki à l'État centrafricain. La cérémonie s'est tenue mercredi 10 juin, en présence des autorités locales, des partenaires de la Minusca ainsi que du corps diplomatique. En remettant ces bases au gouvernement, la Minusca transfère également plusieurs responsabilités aux autorités nationales, notamment la sécurisation des zones concernées, la protection des civils, l'appui aux autorités administratives ainsi que l'entretien de certaines voies de communication.
Le docteur Mark Godeschalk – ou juste « Docteur Mark » – est médecin missionnaire, originaire des Pays-Bas. Il est en RDC depuis 2018 et travaille pour la communauté Emmanuel CE39, une église protestante de la région de l'Ituri. Basé successivement à Nyankunde, à Lolwa, puis à Bunia depuis 2022, il voyage en permanence pour superviser plus de 40 structures sanitaires.
Après le coup d'Etat au Mali, le directeur de Microsoft pour l'Afrique, M. Cheick Modibo Diarra, a été nommé premier ministre. Google, dont certains employés se sont illustrés dans le « printemps arabe », recrute des militants des droits humains, et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton soutient des projets humanitaires mêlant affaires et technologie : voici venue l'ère de la diplomatie numérique.
Dans les heures qui suivent le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, plusieurs initiatives permettent de cartographier les besoins, les demandes d'aide, les appels de familles de disparus… Enseignant-chercheur spécialisé dans la cartographie de crise, Patrick Meier s'associe au programmeur kényan David Kobia, qui, en 2007, avait fondé le système Ushahidi, destiné à permettre à des citoyens de signaler les affrontements postélectoraux. De façon inattendue, cet outil va offrir une plate-forme à l'information d'urgence en Haïti : Meier et Kobia mettent en effet sur pied un système d'alertes géolocalisées transmises par téléphone mobile. L'opérateur Digicel leur emboîte le pas et fournit aux Haïtiens un numéro d'urgence unique, le 4636. Des centaines de vies seront sauvées.
A l'aide du service de messagerie (SMS) des téléphones portables et d'instruments de géolocalisation, Ushahidi permet d'organiser la réponse avec très peu de moyens. De tout le pays affluent des signalements : disparitions, manque de nourriture ou d'eau dans les orphelinats, personnes rescapées, etc. Traduits en français, anglais et créole par deux organisations non gouvernementales (ONG) — Samasource et Crowdflower —, les textos sont localisés, vérifiés et catégorisés avant d'être publiés sur une carte par une équipe de volontaires rassemblés à la Fletcher School of Law and Diplomacy, basée dans le Massachusetts, où enseigne Meier.
Grâce à une passerelle SMS mise en place par Instedd, une start-up américaine spécialisée dans la gestion informatisée des situations de crise, la Croix-Rouge — mais également les marines américains — est en mesure de recevoir les alertes signalant une situation dangereuse et sa localisation.
Cette rencontre inédite entre informaticiens kényans et armée américaine a joué un rôle déterminant dans la redéfinition, sous l'impulsion de Mme Hillary Clinton, des méthodes du département d'Etat. Les Etats-Unis ont certes une longue tradition d'usage des technologies de communication, liée à la transmission de la Voix de l'Amérique — nom de la radio de diffusion internationale lancée durant la seconde guerre mondiale et destinée à promouvoir les intérêts américains. Mais, ces dernières années, le smart power est devenu un axe stratégique de cette politique. Variante du soft power (« pouvoir doux ») de Joseph Nye — terme désignant le déploiement de moyens d'influence non coercitifs, structurels, culturels ou idéologiques —, ce « pouvoir de l'intelligence » théorisé en 2004 par Mme Suzanne Nossel, présidente de l'organisation Human Rights Watch, propose un catalogue d'outils — diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux ou culturels — adaptés à chaque situation. Il s'agit aussi de favoriser les sociétés américaines de haute technologie dans le cadre d'une coopération renouvelée entre l'Etat, le marché et les ONG ou les fondations d'intérêt public. Avec cette doctrine, la diplomatie américaine favorise donc un modèle économique nouveau, hybridant les secteurs marchand et non lucratif.
Un outil pour déjouer la censure d'Internet
Les réseaux de télécommunication numériques et mobiles en sont les instruments privilégiés. « La communauté technique a mis en place la technologie des cartes interactives pour nous aider à identifier les besoins et à cibler les ressources, indique ainsi Mme Clinton dans son discours fondateur du 15 février 2011. Ce lundi [en Haïti], une fillette de 7 ans et deux femmes ont été retirées des décombres d'un supermarché qui s'était effondré par une équipe américaine de recherche et de sauvetage, après avoir envoyé un texto appelant à l'aide. » La secrétaire d'Etat insiste sur la nécessité de faire en sorte que le peuple s'approprie les technologies numériques afin de faire avancer la démocratie et les droits humains. Elle en appelle à un « partenariat entre l'industrie, le monde universitaire et les ONG afin d'organiser un effort permanent qui permettra d'exploiter la puissance des technologies de connexion et de les mettre au service de nos objectifs diplomatiques (1) ».
Financé à hauteur de 2 millions de dollars, Commotion est un projet typique de cette approche. Il s'agit d'un réseau cellulaire autonome qui fonctionne selon les mêmes principes qu'Internet et tient dans une valise. Il doit permettre aux militants de contourner la censure du réseau — on se souvient qu'en Egypte, en janvier 2011, juste avant la chute de M. Hosni Moubarak, Internet avait été coupé. A l'origine de ce projet, un militant du logiciel libre et des libertés numériques, M. Sascha Meinrath, qui envisage de relier par Wi-Fi des ordinateurs portables et des téléphones mobiles afin de constituer une infrastructure sans fil à haut débit (2), où des outils de sécurisation permettraient d'assurer l'anonymat des utilisateurs. Ainsi, paradoxalement, au moment même où WikiLeaks piratait le département d'Etat, la smart diplomacy rejoignait les problématiques « hacktivistes » (3).
L'Afghanistan fut l'un des premiers terrains d'expérimentation de cette techno-diplomatie. En 2009 déjà, le pays comptait plus de quinze millions d'abonnés mobiles, sur une population de trente millions de personnes. 65 % d'entre eux envoient des textos, et plus de la moitié utilisent leur téléphone pour écouter la radio. Mais l'armée américaine a aussi remarqué que les talibans étaient plus actifs dans les zones peu couvertes par le réseau mobile. Y voyant un lien de cause à effet, elle a investi 113 millions de dollars pour développer les communications civiles, dans une véritable stratégie associant propagande et développement économique. En outre, dans le cadre de la lutte contre la corruption, la police afghane paye désormais ses employés par l'intermédiaire du système mobile M-Paisa (lire « Une carte SIM en guise de porte-monnaie »), et non plus en argent liquide (4).
Des acteurs très divers multiplient ainsi les initiatives technopolitiques. On peut mentionner le programme des « Routes de la soie numériques » lancé par l'Internet Bar Organization. 85 % des Afghans vivent de leur terre ; après des années de guerre, il existe d'importants conflits de propriété foncière. Le programme utilise les fonctionnalités du GPS, les photographies et les textos pour envoyer des informations sécurisées dans une base de données. Un cadastre virtuel a ainsi été constitué, et une assistance juridique est proposée pour régler les conflits, en lien avec le droit coutumier.
Il arrive également que le smart power se concrétise dans la surveillance d'élections. C'est le cas en Afrique subsaharienne. L'ambassade des Etats-Unis en Guinée a appuyé la commission électorale du pays pour la mise en place, lors du scrutin du 27 juin 2010, le premier depuis 1958, d'un programme baptisé « I vote, I see, I send » (« je vote, j'observe, j'envoie »). Ce programme permettait de relayer des textos sur un site Web où ils pouvaient être analysés par les observateurs et les électeurs (5). L'ambassade de France a été associée à ce programme à travers la mise en place d'un centre de presse. Surveillance officielle et « sous-veillance » citoyenne (comme celle d'Ushahidi au Kenya) se complètent, utilisant parfois les mêmes plates-formes.
En 2010 et 2011, au Soudan, le contrôle citoyen des élections a également reçu l'appui des membres du département d'Etat, tandis qu'en Ethiopie, en Egypte, en Tanzanie, en Côte d'Ivoire et au Liberia des systèmes inspirés par Ushahidi ont été déployés (6). Les rapports envoyés pointent les fraudes (impossibilité de voter, bulletins manquants pour certains candidats…), mais aussi des irrégularités durant la campagne (harcèlements, illégalité de certaines actions, provocations racistes…) et permettent de signaler les violences postélectorales.
Signalés à la vitesse d'un texto — dans des situations d'observation sur le terrain, on a plus facilement sous la main un téléphone portable qu'un ordinateur —, les actes délictueux sont épinglés sur une carte. Cette approche relève du principe, difficile à traduire en français, d'accountability. Si le sens politique du terme évoque la responsabilisation des gouvernements, dans le vocabulaire de la sociologie l'accountability renvoie à un réseau conceptuel associant factualité, visibilité et responsabilité (7). Dans ce cadre, la transparence ressort d'une philosophie politique qui autorise à rendre visibles des éléments pour étayer un pacte de factualité — au sens où il est indéniable qu'« il s'est passé là quelque chose pour quelqu'un » — engageant la responsabilité de chacun.
Depuis la Silicon Valley, Mme Clinton a lancé un appel aux entrepreneurs ès technologies dans le monde : « Il faut soutenir les personnes qui sont derrière ces outils, les innovateurs et les entrepreneurs eux-mêmes. Nous savons que les chefs d'entreprise sont nombreux à vouloir consacrer une partie de l'expertise de leurs salariés à résoudre les problèmes dans le monde entier ; mais, souvent, ils ne savent pas comment faire. Quel est le point d'entrée ? Quelle idée va avoir le plus d'impact (8) ? » Discours assorti d'un appel à la coopération entre diplomates, entrepreneurs et organisations sans but lucratif pour soutenir l'espace d'innovation mobile que représente l'Afrique.
Application pour femmes enceintes
Un appel aux bonnes volontés ? Pas seulement. Deuxième marché régional après l'Asie, celle-ci connaît la plus forte croissance du monde, avec 649 millions de connexions à la fin de 2011 et 735 millions d'abonnés prévus à la fin de 2012, selon le rapport de l'Association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA). Google, implanté en Afrique du Sud et au Kenya, a mis en place, en lien avec la Fondation Grameen (9) et l'opérateur MTN, une structure de développement d'applications — un « AppLab » — où ont été réalisés différents services mobiles : SMS Tips, qui répond aux questions sur la santé ou l'agriculture envoyées par texto, ou encore Google Trader, qui met en relation petites entreprises et acheteurs en temps réel.
Par le biais de concours comme Apps4Democracy, basé sur les données publiques ouvertes et librement utilisables que diffuse le gouvernement sur le site Data.gov, les acteurs du smart power recrutent de nouveaux partenaires. C'est sur ce modèle qu'une compétition baptisée Apps4Africa a été lancée, en juillet 2010 à Nairobi, par Mme Judith McHale, sous-secrétaire à la diplomatie et aux affaires publiques. Elle a suscité une vingtaine de propositions venues du Kenya, du Rwanda, de l'Ouganda et de la Tanzanie. L'application gagnante, Mamabika, est un dispositif qui propose aux femmes enceintes des bidonvilles de Nairobi d'épargner neuf mois durant sur un compte lié à leur téléphone, pour pouvoir accoucher dans une clinique (10). Autres concours et programmes soutenus par le smart power « féministe » et technologique de Mme Clinton : le mWomen BOP App Challenge (ou TechWomen), dont le but est de créer des applications spécifiques pour les femmes des pays pauvres. Son modèle : HarassMap, un système de cartographie qui rapporte des cas de harcèlement sexuel et de violence conjugale en Egypte.
Bon nombre de fondations américaines sont engagées dans cette voie. On peut s'interroger sur leur rôle, quand certains acteurs locaux clament, à l'instar du chanteur militant afro-américain Gil Scott Heron : « The revolution will be not funded (11) » (« La révolution ne sera pas financée »). Créée par le fondateur d'eBay, M. Pierre Omidyar — qui théorise son approche dans la Harvard Business Review (12) —, la Fondation Omidyar Network a ainsi ouvert un fonds doté de 2 millions d'euros pour favoriser, en Afrique subsaharienne, les initiatives axées sur « les technologies qui donnent aux citoyens des outils » contraignant les gouvernements à les prendre en compte. Une ONG néerlandaise, Hivos, administre le fonds basé à Nairobi. En septembre 2010, au sommet de la Clinton Global Initiative (fondée en 2005 par l'ancien président William Clinton), la Fondation Omidyar avait annoncé un versement de 55 millions de dollars au réseau Tech for Transparency, dont près de la moitié pour l'innovation dans le domaine mobile. La fondation soutient aussi FrontlineSMS, une passerelle consacrée à la communication des ONG et souvent associée à la plate-forme Ushahidi.
Pour M. Bill Gates, fondateur de Microsoft et acteur le plus en vue dans le monde de la technophilanthropie, il est peu efficace de vendre des ordinateurs dans les pays pauvres, mais il faut absolument utiliser les téléphones portables, qui permettent de sauver des vies (13). Il intervient donc dans le domaine du m-health (usage du mobile en santé), en organisant des concours pour des logiciels de lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH/sida), le paludisme, la tuberculose, etc. En favorisant, naturellement, Windows Mobile, le système d'exploitation de Microsoft.
Créée en 1994, la Fondation Bill et Melinda Gates (BMGF) dispose d'un capital de 66 milliards de dollars. Pour bénéficier du régime d'exonération fiscale des fondations, au moins 5 % de ses avoirs doivent être consacrés à des donations. Restent 95 %, qui sont investis dans des activités lucratives et parfois bien peu philanthropiques (14). En 2009, la BMGF a fourni plus de 3 milliards de dollars de subventions et dépensé 409 millions de dollars en frais d'exploitation, principalement pour des projets visant à améliorer la vie des pauvres dans les pays en développement. Dans le domaine de la santé publique, à part le gouvernement des Etats-Unis, aucun bailleur de fonds n'est aussi influent (15). Grâce au don de 30 milliards de dollars de M. Warren Buffett, la fondation a plus que doublé son fonds initial, devenant ainsi l'institution caritative la plus importante.
Cette rencontre entre MM. Gates et Buffett a permis à M. Matthew Bishop, chef du bureau du journal The Economist à New York, de forger la notion de « philanthrocapitalisme (16) » pour désigner la convergence entre grandes causes et bonnes affaires. MM. Buffett et Gates imposent en effet un nouveau type de partenariat avec les organisations caritatives et les gouvernements. Il s'agit de montrer que l'entreprise peut être « la plus grande force du bien dans le monde », au moment où les Etats réduisent leurs budgets sociaux et prennent souvent moins de risques que ne peuvent le supporter ces nouvelles organisations philanthropiques.
Grandes causes et bonnes affaires
Selon MM. Gates et Buffett, « donner » pourrait ainsi devenir le plus grand levier du changement dans le monde. Mais « donner » de façon stratégique — et selon les modèles du monde des affaires. Ces nouveaux philanthropes doivent être compris comme des investisseurs sociaux au sens propre du terme. Ils se distinguent de l'action de charité qui animait les premiers industriels créateurs des fondations américaines, comme Andrew Carnegie ou John D. Rockefeller.
Dans la culture de ces acteurs, les technologies permettent aussi de scruter les retours sur investissement. Ainsi, le téléphone portable est au philanthrocapitalisme ce que le chronomètre est au taylorisme. Grâce à ses diverses fonctionnalités — textos, caméra vidéo et appareil photo, répondeur téléphonique, GPS… —, le portable est un bon outil de reporting, et donc de transparence. Les actions soutenues financièrement par ces fondations peuvent être présentées en détail aux donateurs. Chacun peut voir comment le projet est utilisé, et combien il est utile. L'action humanitaire technicise, la philanthropie se rationalise, le don charitable devient investissement.
Les nouveaux riches de la Silicon Valley, milliardaires de l'informatique qui ont parfois pris leur retraite des affaires, semblent bien décidés à conquérir les économies des pays émergents. Le téléphone portable, ce petit objet si efficace et rendant de réels services aux populations, constitue pour cela leur outil de prédilection.
(7) Cf. Harold Garkinkel, Recherches en ethno-méthodologie, Presses universitaires de France, Paris, 1967 (rééd. 2007), qui fait de l'accountability le ressort même de l'ordre social.
(14) Cf. Charles Piller, Edmund Sanders et Robin Dixon, « Les investissements bien peu philanthropiques de la Fondation Gates », Problèmes économiques, Paris, octobre 2008.
(16) Matthew Bishop et Michael Green, Philanthrocapitalism : How the Rich Can Save the World, Bloomsbury Press, New York, 2008. www.philanthro-capitalism.net.
Depuis leur création, les États-Unis connaissent alternativement des périodes d'interventionnisme militaire et des moments d'isolationnisme. En apparence opposées, ces deux stratégies s'inscrivent dans une même idéologie nationaliste, célébrant l'« exceptionnalisme » américain.
Depuis la seconde guerre mondiale, la conduite de la politique extérieure des États-Unis est, dans une large mesure, indépendante de leur système politique intérieur, dans lequel deux blocs électoraux continuent de s'opposer. Les contours de ces blocs sont relativement changeants et leurs affrontements en même temps de plus en plus violents. Mais, en matière de politique étrangère, partageant les mêmes perspectives et poursuivant les mêmes objectifs, ils sont très proches l'un de l'autre. La gestion de l'empire et le gouvernement du pays lui-même constituent ainsi deux mondes distincts (1). Ce qui les sépare correspond d'une certaine façon à la différence existant dans toutes les démocraties capitalistes entre les chancelleries et les grandes entreprises, d'un côté, et, de l'autre, les citoyens ordinaires — ce qui se passe à l'étranger étant de bien plus grande conséquence pour les banquiers et les diplomates, les dirigeants de sociétés et les industriels que pour les électeurs, les réponses des premiers sont plus adaptées et plus cohérentes.
Dans le cas des États-Unis, cela procède aussi de deux traits propres au pays : le provincialisme d'un électorat qui n'a qu'une connaissance extrêmement limitée du reste du monde, et un système politique qui, en contradiction flagrante avec les intentions des Pères fondateurs, a progressivement accordé à l'exécutif un pouvoir quasiment sans entraves dans la conduite de la politique étrangère, permettant ainsi aux différentes présidences — souvent empêchées d'atteindre leurs objectifs de politique intérieure par un Congrès hostile — d'agir à l'étranger beaucoup plus librement. Dans l'espace créé par ces conditions objectives d'élaboration de la politique, il s'est développé autour de la présidence, depuis le milieu du siècle dernier, un groupe étroit de spécialistes de politique étrangère qui a son vocabulaire idéologique particulier, sans équivalent en politique intérieure : là se passe la « grande stratégie » de l'État américain dans ses relations avec le reste du monde.
L'imperium américain qui s'impose après 1945 a une longue préhistoire. Les conditions qui allaient permettre la création d'un empire étaient présentes d'emblée, fait unique, lorsque naquit le pays, dans l'Amérique du Nord de la fin du XVIIIe siècle : c'était une économie de colonisation, débarrassée des restes du Vieux Monde féodal et de ses contraintes, et installée sur un territoire continental protégé par deux océans. De là sortit la forme la plus pure du capitalisme naissant, dans le plus vaste État-nation du monde. Et cela demeura le fondement matériel solide de l'essor du pays au cours du siècle qui suivit l'indépendance. Aux avantages objectifs d'une économie et d'une géographie sans équivalents dans le monde s'ajoutait, dans la conscience américaine, la force d'un double héritage, culturel et politique : d'abord l'idée, qui remontait à la colonie puritaine primitive, d'une nation jouissant de la faveur divine, chargée d'une mission sacrée ; ensuite la conviction, née de la guerre d'Indépendance, qu'était apparue dans le Nouveau Monde une république dotée pour toujours d'une Constitution de liberté. À partir de ces quatre composantes, le nationalisme américain constitua rapidement le fonds idéologique qui lui permit de glisser en douceur à un impérialisme caractérisé par une complexio oppositorum, l'union de l'exceptionnalisme et de l'universalisme. Les États-Unis, uniques en leur genre, étaient en même temps un modèle à suivre pour le monde : un ordre sans exemple dans l'histoire, mais dont tous, à la fin, devaient suivre l'exemple.
La conviction des Pères fondateurs était que le rayonnement de la nation serait en un premier temps territorial, à l'échelle du continent américain, comme Thomas Jefferson l'exposait à James Monroe en 1801 : « Quoique nos intérêts présents puissent nous maintenir à l'intérieur de nos frontières, on ne peut pas ne pas attendre avec impatience les temps lointains où en nous multipliant nous étendrons [le rayonnement de notre nation] au-delà de ces frontières et où tout le nord voire le sud du continent se couvriront de gens parlant la même langue, gouvernés de façon semblable et par des lois semblables. » Mais, en dernière instance, ce rayonnement serait plus que territorial, il serait moral et politique. John Adams écrivait ainsi à Jefferson en 1813 : « Notre république pure, vertueuse, ayant le sens civique, fédérative, durera à jamais, elle gouvernera le monde et ouvrira à la perfection de l'homme. » Aux environs du milieu du siècle, les deux registres fusionnèrent, comme en témoigne, en 1845, la fameuse formule de John O'Sullivan sur la « destinée manifeste » des États-Unis et du droit qui s'ensuit pour les Américains « de [s']étendre et de prendre possession de tout le continent que la Providence [leur] a donné pour [leur] magnifique expérience de liberté et d'autonomie fédérée ». Car un pays « vigoureux et tout juste sorti de la main de Dieu » est investi d'une « sainte mission qui concerne les nations du monde ». Qui pouvait douter que « l'avenir immense, sans limites, [fût] le temps de la grandeur de l'Amérique » (2) ? Trois ans plus tard, la moitié du Mexique était annexée.
Depuis toujours, des voix dénoncent la mégalomanie de la « destinée manifeste »
Les frontières actuelles des États-Unis une fois atteintes pour l'essentiel, la même façon de concevoir l'avenir prit une forme plus commerciale que territoriale, qui regardait plus vers l'ouest que vers le sud. Le secrétaire d'État d'Abraham Lincoln s'adressait ainsi à ses compatriotes : « Vous êtes déjà la grande puissance continentale de l'Amérique. Mais cela vous suffit-il ? J'espère que non. Vous voulez le commerce mondial. C'est ce qu'il faut rechercher dans le Pacifique. La nation qui tire le plus de la terre, qui fabrique le plus et qui vend le plus aux pays étrangers doit être et sera la grande puissance mondiale (3). » Ce que la « destinée manifeste » et la conquête du Mexique avaient été sur terre, le commodore Matthew Perry et la politique de la porte ouverte (4) pouvaient l'être sur la mer — c'est-à-dire la perspective d'une suprématie maritime et commerciale des États-Unis en Orient, un Orient où débarqueraient en même temps le libre-échange et le christianisme. Puis vint la guerre hispano-américaine, un conflit interimpérialiste classique qui permit aux États-Unis d'acquérir des colonies dans le Pacifique et dans les Caraïbes, et de prendre pleinement leur place parmi les grandes puissances. Sous la présidence de Theodore Roosevelt (1901-1909), la Colombie fut amputée d'une partie de son territoire, le Panamá, ce trait d'union entre les deux océans qui devint colonie des États-Unis ; et la race — éducation et solidarité anglo-saxonnes — s'ajouta à la religion, à la démocratie et au commerce dans la rhétorique de la nation et de sa vocation.
Tout cela n'alla jamais sans contestation. À chaque étape, des voix éloquentes s'élevèrent aux États-Unis pour dénoncer la mégalomanie de l'idée de « destinée manifeste », le pillage du Mexique, la prise d'Hawaï ou les massacres perpétrés aux Philippines, et pour s'en prendre à toutes les formes de racisme et d'impérialisme qui constituaient une trahison de l'héritage anticolonial de la république américaine. Refuser les aventures à l'étranger — annexions ou interventions —, ce n'était pas rompre avec les valeurs nationales, c'était, de façons diverses, leur être toujours fidèle. Dès le départ, l'exceptionnalisme et l'universalisme formèrent un composé potentiellement instable. Être convaincu du caractère exceptionnel des États-Unis permettait de croire qu'ils ne pourraient conserver leurs vertus exceptionnelles qu'en restant une société à l'écart d'un monde déchu. Être du côté de l'universalisme autorisait un activisme messianique — les États-Unis en sauveurs du monde. Entre ces deux pôles — « séparation » et « intervention régénératrice », pour reprendre les termes d'Anders Stephanson —, l'opinion publique eut plus d'une fois l'occasion de basculer brutalement.
(1) Pendant les campagnes présidentielles, accuser le président en exercice de faiblesse ou d'erreurs dans sa conduite de la politique étrangère est un exercice convenu. Pour l'essentiel, les nouveaux présidents reconduisent la politique de leurs prédécesseurs.
(2) Cf. Anders Stephanson, Manifest Destiny : American Expansion and the Empire of Right, Hill and Wang, New York, 1995.
(3) Ibid. L'un des grands intérêts de cet ouvrage, qui rassemble un florilège des déclarations chauvines les plus extravagantes, est qu'il donne aussi les répliques (souvent passionnées) du camp opposé.
(4) NDLR. La doctrine de la porte ouverte désigne la politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de la Chine au tournant du XXe siècle.
Le nom exprime une identité. Le nom et le prénom sont des marqueurs culturels. Ils transmettent une histoire, une langue, une filiation, une vision du monde. Ils constituent l’une des premières expressions de l’identité. Dans de nombreuses sociétés africaines, les noms portent traditionnellement une signification. Mais l’esclavage a profondément bouleversé cette réalité. Des millions d’Africains […]
Les pays de la Communauté économique et monétaire des États de l'Afrique centrale (Cemac) sont préoccupés face à la propagation de l'épidémie Ebola, dont l'épicentre est en Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Si aucun cas n'est recensé dans ces pays, les ministres de la Santé de cet espace ont tenu une réunion de concertation d'urgence mardi 9 juin. Ils ont pris quelques décisions.
Des milliers de langues nées durant les cinq derniers millénaires auraient disparu, généralement sans laisser de traces. Depuis le XIXe siècle, le rythme de ces disparitions s'accélère singulièrement, notamment à partir des conquêtes coloniales européennes. Parmi tous les facteurs conduisant à cet assèchement du patrimoine culturel mondial, la domination économique joue un rôle majeur.
Il ne resterait que 7 100 langues environ aujourd'hui à travers la planète. Les experts prévoient qu'au cours du présent siècle entre 50 % et 90 % disparaîtront à leur tour. Un « massacre », estime l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), qui doit publier bientôt une nouvelle édition de son Atlas des langues en danger dans le monde. On ne le remarquera même pas, car la disparition d'une langue ne représente jamais un événement spectaculaire. Pourtant, on peut parler d'un véritable « cataclysme » culturel, qui se produit dans l'indifférence générale.
Toute langue dont les utilisateurs ne détiennent pas un pouvoir politique ou qui ne dispose pas d'un statut reconnu est précaire
La mort de nombreuses langues apparaît comme une conséquence inévitable de la suprématie d'autres. En vérité, une menace pèse dès qu'une langue n'est plus en état d'expansion, qu'elle perd une partie de ses fonctions de communication, qu'elle n'est plus pratiquée quotidiennement pour les besoins usuels de la vie, qu'elle n'est plus rentable au plan économique.
Les causes de la disparition des langues demeurent multiples et complexes, mais elles sont plus ou moins circonscrites, comme pour les facteurs d'expansion, à des causes d'ordre militaire, démographique, géographique, économique, politique et culturel. Ces facteurs s'imbriquent les uns dans les autres, sans qu'il soit toujours aisé d'identifier lequel d'entre eux joue un rôle prépondérant.
1 Les conquêtes militaires
Une langue peut cesser d'exister par l'élimination pure et simple de la population qui la parle. S'il s'agit d'une petite langue minoritaire, l'effet est radical, immédiat et irréversible. Qu'on pense à la liquidation de nombreuses langues amérindiennes ou de celles de plusieurs peuples de l'ex-URSS, de la Chine : Ingouches, Kalmouks, Mekhétiens, Nus, Achangs, etc.
Dans certains cas extrêmes, un génocide constitue le début d'un long déclin. Rappelons les massacres des armées de Jules César, qui fauchèrent sept millions de guerriers gaulois et réduisirent la population du tiers de ses meilleurs effectifs ; la langue gauloise ne s'en est jamais remise. Signalons aussi l'extermination de deux millions d'Irlandais par les Anglais au XIXe siècle, celle de 1,2 million d'Arméniens par les Turcs au début du XXe siècle ou l'hécatombe des Ibos durant la guerre du Biafra (1966-1970).
2 La faiblesse numérique
Si l'essor démographique contribue à l'expansion des langues, une faible natalité entraîne leur régression. Les langues sont moribondes lorsqu'elles ne comptent que cinq, dix ou vingt locuteurs tous âgés de plus de 60 ans. C'est le cas du tosu, une langue tibéto-birmane parlée par neuf locuteurs (en 2015) dans la province du Sichuan en Chine. Cette langue disparaîtra avec le dernier locuteur survivant.
On estime que le seuil de survie d'une langue se situe à environ un million de locuteurs (un total de 382 langues en 2022), et que sa survie devient précaire dès qu'elle est pratiquée par moins de cent mille d'entre eux. Or, la plupart des 7 100 langues du monde sont parlées par un bien moindre nombre de personnes.
En somme, une langue peut disparaître parce qu'elle n'a plus suffisamment de locuteurs pour assurer un minimum de communication, mais surtout — et c'est là le phénomène le plus important — parce que ceux-ci acceptent ou choisissent de l'abandonner ou de ne plus la transmettre à leurs enfants. Autrement dit, parce qu'elle n'est plus jugée utile.
3 L'éparpillement démographique
L'une des pires situations pour une langue numériquement faible, c'est l'éparpillement de ceux qui la parlent sur de vastes étendues de territoire dominées par une ou plusieurs langues fortes.
Au Canada, le sort du million de francophones hors Québec est préoccupant dans la mesure où leur dispersion les rend vulnérables à l'assimilation. Il en est ainsi des quelque quarante mille utilisateurs du sorabe, une langue slave, qui sont dispersés dans environ cent quarante municipalités d'Allemagne. Au lendemain de la chute de l'Empire austro-hongrois en 1918, de nombreux peuples se sont retrouvés hors de leur pays d'origine et sont devenus des minorités isolées dans un autre pays, comme les petites communautés magyarophones (hongroises) dispersées en Autriche, en Slovaquie, en Slovénie, en Croatie, en Serbie, etc.
Une langue ne vit bien que lorsqu'elle est fortement concentrée sur un territoire.
4 La minorisation des communautés
Un déplacement de population peut minoriser numériquement ou fonctionnellement un groupe linguistique. Cette submersion a été pratiquée « avec succès » auprès de nombreuses communautés autochtones, notamment par la déforestation des zones équatoriales où de petites populations conservent de nombreuses langues distinctes. On retrouve ce phénomène avec les Américains à Hawaï, les Chinois au Tibet, les Italiens dans le Val d'Aoste ou en Sardaigne, les Anglais en Écosse et au Pays de Galles, les Indonésiens au Timor-Leste, les Allemands en Lusace (Brandebourg et Saxe), etc.
Fabienne Verdier ///// « Fractalscapes II, Paysage dans l'énergie d'un trait », 2012
Dans certains cas, une grande puissance peut forcer ses propres citoyens à émigrer dans des régions minoritaires afin de réduire fonctionnellement les langues locales. Les autorités d'Union soviétique répartirent ainsi des russophones dans toutes les républiques, de sorte que les langues dites tutélaires (ukrainien, géorgien, lituanien, kazakh, etc.) devenaient fonctionnellement minoritaires sur leur propre territoire, bien qu'elles aient été numériquement majoritaires. À long terme, ces langues se russifiaient à un point tel qu'elles perdaient la plupart de leurs fonctions de communication formelle, notamment en matière d'éducation. Un processus de mort lente !
5 Les mariages mixtes
Les mariages exogames affaiblissent les langues minoritaires, en accélérant la tendance à l'assimilation, à l'exemple des Canadiens francophones hors Québec, dont le taux d'assimilation varie de 30 % à 90 %.
Il existe des cas plus rares où l'exogamie joue contre les vainqueurs. Les Francs, et plus tard les Normands (Vikings), vainqueurs et minoritaires, se sont assimilés aux vaincus, car les enfants issus des mariages mixtes entre pères francs ou normands et mères gallo-romaines ou françaises ont appris la langue maternelle.
6 La domination socio-économique
La régression d'une langue dépend aussi de la place que ses locuteurs occupent dans les rapports socio-économiques. La prospérité économique a attiré les populations bretonne et galloise vers les zones urbaines où régnait la langue dominante. En moins d'une génération, le breton et le gallois ont perdu une bonne moitié de leurs locuteurs à la suite de l'industrialisation, de l'urbanisation et des brassages de population. L'apathie a fait le reste.
Une menace pèse dès qu'une langue n'est plus en état d'expansion, n'est plus pratiquée quotidiennement ou n'est plus rentable au plan économique
L'un des cas les plus étonnants de mutations linguistiques successives est celui des Kamasses. Ce petit peuple de Sibérie, comptant quatre cents individus, a changé d'idiome trois fois en cinquante ans : pratiquant à l'origine une langue samoyède (le kamassien), ils ont commencé à pratiquer le turc vers 1840 et ne parlaient plus que cette langue vingt ans plus tard ; mais à partir de 1890 ils avaient déjà abandonné le turc pour le russe. La dernière locutrice du kamassien est décédée le 20 septembre 1989.
Seul l'intérêt économique explique que des communautés entières abandonnent leur langue pour une autre jugée plus « rentable ». Réussir socialement et économiquement reste une source de motivation profonde chez les êtres humains, y compris en perdant sa langue.
7 L'impuissance politique
Toute langue dont les utilisateurs ne détiennent pas un quelconque pouvoir politique sur un territoire ou qui ne dispose pas d'un statut reconnu est nécessairement placée dans une situation précaire, particulièrement lorsqu'il s'agit d'un État fort et puissant. Les langues sans État ou celles dont les locuteurs ne bénéficient d'aucun statut dans leur pays doivent leur maintien à la bonne volonté de la majorité dominante.
Seule une minorité de langues, soit un peu plus d'une centaine, bénéficie de l'appui d'un État comme langue nationale, officielle ou coofficielle. Ainsi, les 385 000 Islandais ont beaucoup plus de chances de conserver leur langue que les Tibétains (environ 7,8 millions) ou les Kurdes (environ 30 millions), dispersés dans plusieurs pays et sans pouvoir politique. Seuls les Kurdes du Kurdistan irakien (3,8 millions sur 6,4 de kurdophones) jouissent d'une autonomie politique, acquise en 2005, qui leur procure un levier contre l'assimilation. La plupart des petits peuples ne disposent pas d'un tel levier : francophones de Louisiane (États-Unis) et de la plupart des provinces anglaises du Canada, Frisons aux Pays-Bas, Aborigènes australiens, peuples paléosibériens de Russie, Aïnous du Japon, Bochimans du sud de l'Afrique, Mélanésiens de l'Océanie, Papous en Nouvelle-Guinée, etc.
8 La domination culturelle
Fruit d'un rapport de forces au sein du pouvoir économique, la domination culturelle s'étend depuis l'école jusqu'aux produits véhiculés par les moyens technologiques tels le cinéma, la radio, la télévision, Internet ou les jeux vidéo. Faute d'école, de bibliothèque, de supports de création, les peuples qui utilisent massivement une langue et une culture différentes deviennent dépendants et anémient leur univers linguistique. La soumission tranquille devient acceptation, résignation et servitude. C'est comme si les locuteurs d'une langue étaient complices de leur propre liquidation !
La mort d'une langue n'est pas subite. Le premier symptôme de la régression apparaît quand un peuple commence à ne plus l'utiliser, l'abandonnant pour la remplacer par une autre, estimée plus « rentable ». Ce processus se déroule en des phases provisoires de bilinguisme variable, issu d'abord des élites, puis qui se généralise.
Dans la phase initiale de régression, la minorité se fait persuader qu'apprendre la langue de la majorité enrichira sa vie culturelle, lui assurera un meilleur développement économique, l'ouvrira vers l'internationalisme, tout en lui évitant un repliement sur soi. Mais les minoritaires assument le plus souvent seuls ce bilinguisme, inutile pour le groupe majoritaire, sauf quand il s'agit d'une coquetterie culturelle.
Le type de bilinguisme qui prévaut dans l'extinction des langues ne correspond ni au bilinguisme individuel ni au bilinguisme institutionnel, mais à un bilinguisme étendu à toute une communauté. La non-utilisation de la langue maternelle entraîne une perte d'habileté linguistique, d'appauvrissement dans l'expression, puis une perte d'identité culturelle, qui mène vers une mutation linguistique.
Deux forces convergentes favorisent l'assimilation : d'une part l'attraction de la langue dominante, qui se manifeste par les avantages économiques, symboliques et culturels que retire la minorité ; et, d'autre part, la pression sociale, qui se traduit par la perte des fonctions de communication : enseignement, travail, loisirs, information, etc. Plus ces fonctions s'orientent vers la langue dominante, plus l'assimilation linguistique sera rapide.
Toutefois, ce processus de mort d'une langue n'est pas irréversible, car celle-ci n'est pas un organisme biologique. C'est une réalité sociale ! Le processus d'assimilation, prélude à la disparition d'un idiome, peut s'arrêter exceptionnellement en cours d'évolution, même si la tendance commune, une fois le processus de la régression amorcée, conduit vers un déclin plus ou moins long. Cependant, tant et aussi longtemps que les locuteurs d'une langue vivront dans un isolement géographique (îles, montagnes, forêts) à l'abri d'une langue forte, ils peuvent perpétuer la survivance de leur langue. C'est l'éternel dilemme de Jean de La Fontaine dans la fable Le Pot de terre et le Pot de fer !
En Afrique du Sud, douze personnes ont été tuées mardi 9 juin dans la soirée dans un bidonville de l'est de Johannesburg. Neuf hommes et trois femmes ont perdu la vie dans une fusillade dont on ne connaît pas le mobile pour le moment, dix personnes sont également blessées.
Au Mali, après le placement sous mandat de dépôt des journalistes Chahana Takiou, lundi 8, et Abdrahamane Keita, mardi 9 juin, l'association Reporters sans frontières dénonce des « arrestations arbitraires ».
Le Pakistan confirme avoir mené de nouveaux bombardements le long de sa frontière avec l'Afghanistan, les plus meurtriers depuis plusieurs semaines. Islamabad parle de frappes « précises et calibrées » contre des groupes armés liés aux talibans pakistanais. Elles auraient fait 26 morts, mais Kaboul évoque aussi des victimes civiles.
À Madagascar, neuf organisations paysannes et de la société civile dénoncent l'opacité des Accords de partenariat économique en cours de négociation entre l'Union européenne et la Grande Île. Selon elles, le dernier round serait sur le point d'être conclu sans aucune consultation des principaux concernés. Une lettre conjointe a été envoyée mardi 9 juin à l'ambassadeur européen et au ministre de l'Agriculture, pour exiger la transparence.
Nesta segunda-feira (8), o Ministério da Saúde anunciou a suspensão temporária da aplicação da vacina contra a dengue desenvolvida pelo Instituto Butantan. A medida foi tomada após 42 pessoas apresentarem sintomas graves depois de terem sido vacinadas. Três foram internadas e duas faleceram.
Os casos de reação adversa e as mortes estão sendo investigados para saber se há uma relação de fato com a vacina.
O ministério alerta que a suspensão é uma medida de precaução e que as pessoas vacinadas estão protegidas contra a dengue.
"É importante lembrar que essa vacina tem eficácia comprovada. Todas essas pessoas que estão vacinadas, elas estão protegidas conforme a proteção que é dada pela vacina", destaca o diretor do Departamento do Programa Nacional de Imunizações do Ministério da Saúde, Eder Gatti, em entrevista à Rádio Nacional.
O que fazer se tiver reação adversa
O diretor explica que aqueles que receberam a vacina nos últimos 21 dias estão em um período chamado viremia vacinal, quando ainda há presença da forma enfraquecida do vírus da dengue no sangue. Isso ocorre porque a vacina "imita" a infecção de forma controlada, ajudando o organismo a desenvolver os anticorpos contra a doença.
Desta forma, as pessoas vacinadas, nesse período, devem ficar atentas a algum sintoma semelhante a dengue, como os citados abaixo, e procurar atendimento médico.
febre
dor no corpo
manchas no corpo
sinais de sangramento
vômito
"Se porventura tiverem algum desses sinais ou sintomas, elas devem procurar um serviço de saúde e devem procurar assistência", orienta Gatti.
Os vacinados há mais de 21 dias não necessitam buscar atendimento médico.
"As pessoas que foram vacinadas há mais de 21 dias estão fora de qualquer tipo de risco, e inclusive elas estão protegidas contra dengue", explica o diretor.
A vacina do Butantan evita em 65% a ocorrência de dengue e em mais de 80% casos graves da doença e de hospitalização.
"As pessoas que foram vacinadas e estão bem, passaram do período de 21 dias, não têm o que se preocupar", disse.
Até o dia 30 de maio, mais de 501 mil pessoas foram vacinadas com o imunizante, incorporado ao Sistema Único de Saúde (SUS) em janeiro deste ano. Na primeira fase de implantação, foram vacinadas as populações de três municípios-piloto: Botucatu (SP), Maranguape (CE) e Nova Lima (MG). Nessas localidades, o público-alvo é composto por adolescentes e adultos de 15 a 59 anos, que é a indicação aprovada para o Programa Nacional de Imunizações (PNI).
Em março, também foi promovida uma ação de vacinação na região de Araguaína (TO). Em fevereiro, passaram a ser vacinados os profissionais de saúde da atenção primária.
Antes de ser adotada no SUS, a vacina passou por todos os ritos necessários para o uso no país. Na fase de testes, foram vacinadas mais de 11 mil pessoas e monitoradas por até cinco anos. Após os testes, a vacina foi autorizada pela Anvisa.
Chamada de Qdenga, a vacina aplicada em crianças e adolescentes de 10 anos a 14 anos é fabricada pelo laboratório Takeda (japonês). Esse imunizante não sofreu nenhum tipo de suspensão.
"A vacina do laboratório Takeda, que é feito para crianças de 10 anos até adolescentes de 14 anos, essa segue com a vacinação normal em todo o país", explica o diretor do Departamento do Programa Nacional de Imunizações do Ministério da Saúde, Eder Gatti, em entrevista à Rádio Nacional.
A Qdenga está disponível na rede pública desde 2024. Cerca de 8 milhões de doses já foram aplicadas no Brasil, conforme o Ministério da Saúde.
Além disso, Gatti ressalta que a vacina do Butantan é indicada para pessoas acima de 15 anos de idade e não estava disponível para toda a população.
"Ela [vacina do Butantan] estava direcionada para um público muito específico, porque a gente tinha começado apenas a estratégia", afirma.
A vacina do Butantan foi incorporada ao Sistema Único de Saúde (SUS) em janeiro deste ano.
Foram vacinadas profissionais de saúde da Atenção Primária à Saúde e, de forma ampliada, público de 15 a 49 anos de idade de três cidades - Botucatu (SP), Maranguape (CE) e Nova Lima (MG) - e da região de Araguaína (TO). Até o dia 30 de maio, mais de 501 mil pessoas foram imunizadas.
Dengue no Brasil
De janeiro a maio, o Brasil já registrou uma queda de 97% nas mortes e de 94% nos casos de dengue em comparação ao mesmo período de 2024, segundo dados do Ministério da Saúde.
Os municípios e estados devem guardar as vacinas contra dengue do Butantan até uma nova orientação do Ministério da Saúde, informou o diretor do Departamento do Programa Nacional de Imunizações do Ministério da Saúde, Eder Gatti.
"A orientação é que os municípios coloquem o imunobiológico em reserva dentro da sua rede de frio, ou seja, nós não vamos distribuir mais vacinas de dengue por hora. Os estados que tiverem vacina de dengue no seu estoque devem segurar essa vacina. Os municípios que eventualmente tenham vacinas no seu território devem também guardar essas vacinas até segunda ordem", explicou Eder Gatti, em entrevista à Rádio Nacional.
Foi a vigilância de rotina do Programa Nacional de Imunização (PMI) que identificou as 42 pessoas que apresentaram dor abdominal, vômitos persistentes, episódios de sangramento e até perda de consciência.
Além disso, foram verificados três casos graves que apresentaram um quadro típico de dengue grave e precisaram de internação. Duas pessoas morreram.
Até o dia 30 de maio, mais de 501 mil foram vacinadas com o imunizante, sendo profissionais de saúde e público acima de 15 anos de três cidades: Botucatu (SP), Maranguape (CE) e Nova Lima (MG), além da região de Araguaína (TO).
Casos inusitados
A suspensão temporária foi uma medida de precaução do Ministério da Saúde, para evitar riscos até a elucidação dos casos identificados. O governo informou que a suspensão não significa que a vacina deixou de ser eficaz na prevenção de casos e mortes por dengue.
Os casos adversos são considerados inusitados, pois não apareceram durante o período de testes clínicos.
"Uma vez que a gente começa a usar em larga escala, é quando os eventos muito raros começam a aparecer. A vigilância do programa é que capta esses casos. O que aconteceu agora foi algo inesperado, identificado numa ação de vigilância de rotina, o que demonstra, inclusive, que a vigilância do Programa Nacional de Imunização está funcionando muito bem. O programa cuida da qualidade e da segurança da vacinação que é feita na nossa população", disse.
A expectativa do Programa Nacional de Imunização é que após a divulgação dos casos de reação adversa e da suspensão da vacina, novas notificações possam ser identificadas.
"Após darmos publicidade à ocorrência desses casos, é de se esperar que a vigilância se sensibilize, ou seja, ela comece a captar mais casos, porque as pessoas que eventualmente apresentaram algo e não buscaram assistência ou não foram notificadas, agora elas vão buscar notificação", explica.
Quem deve ficar atento
O grupo de pessoas que recebeu a vacina nos últimos 21 dias precisa ficar atento a sintomas comofebre, dor no corpo, manchas na pele, sangramento e vômito. Se eles surgirem, a orientação é buscar atendimento médico.
Esse período é quando a forma enfraquecida do vírus da doença ainda está no sangue, e por isso pode causar reações.
"Elas precisam ficar atentas para o surgimento de sintomas do tipo febre acompanhado de outros sintomas como, por exemplo, dor no corpo, manchas pelo corpo, sinais de sangramento, vômito. Tudo aquilo que leve a pensar em dengue. As pessoas precisam ficar atentas e se, porventura, tiverem algum desses sinais ou sintomas, devem procurar um serviço de saúde, devem procurar assistência", orienta o diretor.
Já quem está vacinado há mais de 21 dias não tem risco.
"As pessoas que foram vacinadas há mais de 21 dias estão fora de qualquer tipo de risco, e inclusive estão protegidas contra dengue", disse, acrescentado que a vacina do Butantan evita em 65% a ocorrência de dengue e em mais de 80% casos graves e de hospitalização.
Retomada da vacina do Butantan
O diretor informou que um comitê de especialistas está sendo convocado para realizar estudos e avaliar o que a vigilância detectou.
"A partir dessa avaliação [do comitê]", a gente vai definir prazos e até uma decisão final posterior. Ainda é cedo para eu dizer quando é que a gente vai ter uma decisão definitiva".
Vacina Qdenga
A vacina Qdenga, fabricada pelo laboratório Takeda (Japão) e recomendada para crianças e adolescentes de 10 a 14 anos, segue sendo aplicada normalmente. Gatti destaca que a vacina do Butantan é indicada apenas para pessoas de 15 anos ou mais.
"O SUS tem outra vacina da dengue, que é a vacina do laboratório Takeda. Ela é recomendada para pessoas de 10 a 14 anos e não apresentou qualquer tipo de sinal de segurança [alerta], ou seja, essa vacina segue com sua vacinação sendo feita normalmente", esclareceu.
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