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"Je soignais en EHPAD au moment du COVID"

Pendant que la France comptait ses morts à la télévision, une animatrice d'Ehpad près de Bordeaux faisait choisir à ses résidents un cadeau à deux euros. Ils demandèrent des berlingots, des myrtilles, un caramel mou. Notre entretien avec Nathalie Firminy, soignante suspendue devenue accompagnante des mourants, dit ce que le pays a fait à ses vieux — et ce qu'il s'est fait à lui-même.

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Des soixante-deux pensionnaires de cette maison de retraite des environs de Bordeaux à qui, en pleine épidémie, entre deux confinements, une animatrice un peu têtue proposa de choisir un cadeau d'une valeur maximale de deux euros, la plupart ne demandèrent ni un objet, ni un vêtement, ni rien de ce que nous aurions cru utile à des gens enfermés : ils demandèrent un goût. Un berlingot qui rappelait l'enfance. Des myrtilles. Un caramel mou. Voilà ce que réclament des êtres humains de quatre-vingt-dix ans quand le monde se barricade autour d'eux : la confiserie d'un jeudi de 1937, quelque chose qui fonde sous la langue et qui dise que la vie a eu lieu.

L'animatrice s'appelait Nathalie Firminy. Elle a tenu la chronique de ces années-là dans un livre, Ma vie de soignante en Ehpad — édité d'abord par une maison qui fit faillite, réédité depuis par ses propres soins, ce qui est une autre histoire française. Je l'ai reçue cette semaine pour la chaîne du Courrier, au moment où le pays fait mine de commémorer le Covid, c'est-à-dire de le ranger. L'entretien est à voir en entier. J'en retire ici ce qui m'a semblé devoir être écrit, parce que l'écrit reste.

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Ce qu'on a fait

Reprenons les scènes, une à une, telles qu'elle les raconte — sérieusement, précisément, sans jamais hausser le ton, ce qui rend la chose plus terrible.

Un matin de mars 2020, une injonction tombe : plus de visites. Puis, les visites supprimées n'ayant pas suffi, on enferme les résidents dans leurs chambres — des chambres de quatre, six, dix mètres carrés, dans des unités qui étaient déjà fermées. On leur apporte des plateaux-repas, servis par des silhouettes masquées, gantées, parfois en blouse, dont ils ne distinguent plus ni le visage ni la voix. Le soir, à la télévision, le décompte des morts s'égrène — comme les numéros du loto, dit Nathalie Firminy, sauf que rien n'était jamais gagné, et que les numéros montaient.

Les familles, à défaut d'entrer, déposent des cadeaux. Les cadeaux sont mis en quarantaine. Vingt-quatre heures dans un bureau, au titre de la décontamination — pendant que les soignants, eux, font leurs courses au supermarché comme tout le monde, touchent ce que tout le monde touche, et reviennent le lendemain servir les plateaux. Une consigne impose d'aérer les chambres à intervalles réguliers ; on a donc vu des chambres aérées en plein hiver avec le résident dedans, parce que la consigne disait d'aérer et que la consigne ne disait rien du résident. Une vieille dame malentendante supplie qu'on retire ce masque qui lui vole les voix ; la soignante, pour le retirer, doit reculer de deux mètres, et la voix se perd dans la distance. La protection a ses géométries. Elles ne passent jamais par le visage.

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Il faut dire aussi ce qui arrivait au-dehors. Des soignants — ceux-là mêmes qu'on applaudissait à vingt heures — trouvaient en rentrant chez eux des mots punaisés dans l'ascenseur : ne rentrez pas ici, vous êtes un danger pour nous. Et sur la route de l'Ehpad, un gendarme contrôlant l'attestation de déplacement sommait l'animatrice de fermer sa vitre et de plaquer le papier contre le verre, tant la peur, à ce moment du siècle, tenait lieu d'ordre public. La peur montait comme une eau d'hiver, sans bruit, par toutes les fissures à la fois ; et chacun, du gendarme au voisin, s'y noyait à sa hauteur.

Le vocabulaire médical a un mot pour ce qui arriva ensuite aux plus fragiles : le syndrome de glissement. Le vieillard enfermé, coupé des siens, cesse un matin de vouloir. Il ne proteste pas, ne réclame rien ; il glisse. Nathalie Firminy en a vu glisser plusieurs — par perte de sens, dit-elle, plus que par virus. Aucune statistique nationale ne recense ces morts-là. Je suppose qu'aucune ne le pourra jamais : on ne compte pas ce qui s'éteint.

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Ce qu'elle a fait

En face de cette machinerie, qu'opposait-elle ? Presque rien, et c'est ce presque rien qui mérite un article. Des récits de vie écrits avec chaque résident et lus à voix haute devant les autres — chacun attendait, disaient-ils, son heure de gloire. Un téléphone tendu entre une mère de quatre-vingts ans et son fils confiné à Madagascar, chacun croyant l'autre mort, et elle entre les deux qui fait, selon ses mots, la traduction avec les émotions. Des conversations sur la mort, organisées, assumées, dans une institution dont la mort est l'horizon officiel et le tabou ordinaire. Et ce concours de cadeaux à deux euros, qui en dit plus long sur l'anthropologie que bien des rapports.

Puis vint l'obligation vaccinale. On avait promis trois choses, rappelle-t-elle : le libre choix, la gratuité, la sécurité. Elle constata que le premier terme manquait à l'appel et en tira la conséquence — non en militante, elle ne l'est pas, mais en personne qui avait eu le Covid, s'estimait immunisée, et demandait seulement le temps de réfléchir qu'on ne lui laissa pas. Sa croyance, dit-elle honnêtement, la sienne. On peut la discuter. On ne discutera pas le prix qu'elle l'a payée : suspension — être sus-pendue, relève-t-elle, le mot est vraiment moche —, puis, la direction refusant toute rupture conventionnelle, démission sèche, sans droits, en 2022. Son collègue vacataire, qui pensait comme elle, signa, lui : des enfants à nourrir, un loyer, un crédit. La liberté, dans ce pays, est demeurée légale à condition de pouvoir se l'offrir. Lui ne pouvait pas. Elle l'a pu, de justesse, et en a fait quelque chose.

Car voici la fin de l'histoire, qui n'en est pas une. Retournée à La Réunion qu'elle avait quittée à dix-neuf ans, Nathalie Firminy exerce aujourd'hui un métier dont le nom manque encore à nos nomenclatures : thanadoula. Comme la doula accueille le premier souffle, la thanadoula accompagne le dernier — et surtout ceux qui restent, dans un monde qui somme les endeuillés de « passer à autre chose » comme il sommait les vieillards d'être protégés. Elle s'assoit auprès des mourants et de leurs familles, explique ce qui se passe, nomme l'agonie pour la désarmer. Ce qu'on n'aime pas, c'est ne pas comprendre, dit-elle. J'ignore s'il existe une meilleure définition de ce qui nous est arrivé collectivement entre 2020 et 2022.

Dernier mot

L'institution a suspendu cette femme pour défaut de conformité ; elle est devenue, hors de l'institution, exactement ce que l'institution prétendait être — quelqu'un qui protège. Je ne tirerai pas de cette symétrie une thèse, encore moins un slogan. Mais on me permettra une question, qui est au fond celle de Bernadette, cette résidente de son livre qui annonçait : cet épisode va nous faire réfléchir, surtout après. L'après est arrivé. Avons-nous réfléchi ?

Le pays a commémoré, c'est-à-dire classé. Les protocoles dorment dans des classeurs, prêts à resservir — elle le dit sans drame : si ça recommençait demain, le traumatisme serait le même. Rien, dans nos institutions, n'a été réparé de ce qui s'est défait là : la confiance des soignants, le bon sens des consignes, le droit des très vieux à autre chose qu'à la survie. Et pendant ce temps, dans une île de l'océan Indien, une femme sans titre apprend à des familles à rester assises auprès d'un père qui meurt — à ne pas avoir peur, à comprendre, à tenir la main jusqu'au bout.

Elle dit qu'après le dernier souffle, la pièce reste habitée par quelque chose. Je ne sais pas ce qu'il en est des chambres d'Ehpad qu'on a fermées à clef. Mais je crois que les pays aussi gardent, longtemps après, la trace de ce qui s'y est éteint — et qu'il nous reste à choisir, chacun, entre la consigne et le caramel mou.

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URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

n auto-entrepreneur de l’Yonne fournit à l’URSSAF l’intégralité de ses factures, corrige ses déclarations et demande le recalcul de ses cotisations sur son chiffre d’affaires réel. Malgré cela, l’organisme lui réclame 17 837 € sur la base de montants qu’il sait inexacts. Le tribunal d’Auxerre vient d’annuler intégralement cette extorsion administrative. Mais combien de petits indépendants paient sans se défendre ?

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Un tribunal d'Auxerre vient d'annuler intégralement une contrainte émise par l'URSSAF contre un micro-entrepreneur de l'Yonne. Motif : la caisse connaissait le chiffre d'affaires réel avant de pondre sa réclamation, et a quand même choisi d'ignorer les preuves qu'on lui avait remises. Une affaire qui révéle une mécanique administrative inquiétante où la réalité des faits semble parfois secondaire face à la logique bureaucratique.

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Quand l’administration ignore ses propres preuves

Affilié à l’URSSAF entre novembre 2018 et décembre 2023, ce micro-entrepreneur constate des erreurs dans ses déclarations. En juin 2024, il prend l’initiative de transmettre l’ensemble de sa facturation afin que ses cotisations soient recalculées sur ses revenus réels : 33 250 euros en 2021 et 28 827 euros en 2022.

Il régularise son chiffre d’affaires auprès du fisc. L’URSSAF lui réclame quand même 17 837 € sur une base erronée. La contrainte s’effondre.
L’URSSAF qui connaît le chiffre d’affaires réel ne peut taxer sur une autre base.
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €Avocat Spécialiste en Droit du Travail et Droit de la Sécurité Sociale | Eric ROCHEBLAVEAvocat Spécialiste en Droit du Travail et Droit de la Sécurité Sociale | Eric ROCHEBLAVE
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

Loin de dissimuler son activité, il régularise également sa situation fiscale en octobre 2024. Plus troublant encore, l’URSSAF reconnaît officiellement, dans un courrier du 28 août 2024, avoir reçu ces éléments et connaître le chiffre d’affaires exact du cotisant.

Le COR chiffre l’impact de la dénatalité sur les retraites
Par Élise Rochefort Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a adopté le jeudi 11 juin 2026 son rapport annuel sur les évolutions et perspectives du système de retraite. Le document, dont une version provisoire avait été communiquée à la presse dès le lundi 8 juin, actualise les projections financières
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €Le Courrier des StratègesRédaction
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

Pourtant, le 7 janvier 2025, l’organisme émet une contrainte de 17 837 euros, dont 16 988 euros de cotisations et 849 euros de majorations. Le calcul repose cette fois sur des bases différentes : 32 350 euros pour 2021 et surtout 39 079 euros pour 2022, soit plus de 10 000 euros au-dessus du chiffre réellement déclaré.

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Le tribunal rappelle une évidence juridique

Dans sa décision rendue le 22 avril 2026, le pôle social du tribunal judiciaire d’Auxerre estime que l’URSSAF ne pouvait ignorer les informations qu’elle détenait déjà.

La responsabilité du Titanic (ou comment Lecornu a nationalisé le dictionnaire), par Veerle Daens
Il faut parfois rendre hommage à l’audace. Pas celle de l’entrepreneur qui hypothèque sa maison pour créer de la valeur – cette audace-là est morte depuis longtemps sous les coups de boutoir de l’URSSAF. Non, je parle de l’audace sémantique de nos maîtres. Cette capacité fascinante
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €Le Courrier des StratègesCDS
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S’appuyant sur l’article L.613-7 du Code de la sécurité sociale, les juges rappellent que les cotisations d’un micro-entrepreneur doivent être calculées sur le chiffre d’affaires effectivement réalisé. Dès lors que l’organisme possédait les justificatifs nécessaires, il lui était interdit de retenir une assiette différente sans explication.

La juridiction souligne un point essentiel : une contrainte fondée sur un montant inexact empêche le cotisant de connaître précisément l’étendue de son obligation. Elle doit donc être annulée.

TVA : l’étranglement programmé des auto-entrepreneurs
Il est très vraisemblable que le budget 2026 instaure une franchise de TVA à 37.500€ pour les auto-entrepreneurs, avec une exception à 25.000€ dans le bâtiment. Cette spoliation légale devrait susciter des polémiques. C’est la guerre fiscale de l’État contre le travail libre. La question
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €Le Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

Cette position s’inscrit dans le prolongement d’un arrêt de la Cour de cassation du 9 janvier 2025, qui avait déjà rappelé qu’un organisme de recouvrement ne peut recourir à des évaluations alternatives lorsqu’il dispose des données réelles.

Cette victoire individuelle révèle un problème systémique. Lorsqu’un entrepreneur se trompe, les pénalités tombent rapidement. Lorsque l’administration persiste dans une base de calcul manifestement erronée, c’est au citoyen d’assumer le coût, le temps et le risque du contentieux.

Hausse de la BCE : ce que le 1/4 point change pour votre épargne, et ce qu’il ne change pas
Par Vincent Clairmont La Banque centrale européenne a relevé ce jeudi son taux de dépôt de 2 % à 2,25 %, première hausse depuis près de trois ans, sur fond d’inflation remontée à 3,2 % en zone euro en mai, portée par l’énergie. La question qui remplit ma boîte
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €Le Courrier des StratègesRédaction
URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

Beaucoup d’indépendants paieraient ces 17 837 € sans broncher, faute de moyens ou de temps. Ici, le justiciable a eu un avocat. Mais combien de milliers de contraintes absurdes ne sont jamais contestées ?

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L'humeur de Veerle Daens : l'État, le gamin et le mot de passe

Mes chers libertariens de l'Absurdistan, permettez à une Flamande qui prend son café à Malines, sous un carillon qui n'a jamais demandé sa carte d'identité à personne, de saluer votre dernière trouvaille : l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, votée en janvier, applicable en septembre, faisable jamais.

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Le calendrier d'abord, parce qu'il est beau comme un retable. À la rentrée, plus de nouveaux comptes pour les moins de quinze ans. Au 1er janvier 2027, une vérification d'âge efficace pour tout le monde, anciens comptes compris. Entre les deux, un détail : personne — ni le Gouvernement, ni les plateformes, ni Bruxelles — ne sait comment on fait.

Posons les questions au bureaucrate absent. Comment vérifiera-t-on l'âge ? Par une solution technique robuste et respectueuse de la vie privée. Laquelle ? Elle sera précisée. Par qui ? Un décret. Quand ? Ultérieurement. Et le droit européen, qui a déjà enterré votre majorité numérique de 2023 — loi votée, promulguée, jamais appliquée, paix à son âme ? Nous sommes confiants. Voilà. La France est le seul pays au monde qui légifère en deux exemplaires : un pour le Journal officiel, un pour le musée.

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Admirez maintenant la symétrie, parce qu'elle vaut le détour. Le même État qui interdira Instagram à votre fils de quatorze ans lui a remis, à huit ans, un environnement numérique de travail obligatoire, un Pronote qui sonne plus souvent que mon carillon, et parfois une tablette de la région, payée par vous, garantie sans bouton d'arrêt. L'écran est un poison quand l'enfant s'en sert pour parler à ses amis, et un outil pédagogique quand l'administration s'en sert pour parler à l'enfant. Comprenez : ce n'est pas l'écran qu'on interdit. C'est la conversation non homologuée.

Et puis il y a le plus délicieux, mes chers compagnons d'Absurdistan, le petit mécanisme que l'émotion vous cache. Pour vérifier qu'un utilisateur n'a pas quinze ans, il faut vérifier l'âge de tous les utilisateurs. Tous. Vous, moi, votre notaire, votre grand-mère qui regarde des vidéos de tricot. L'enfance est l'argument ; l'infrastructure d'identification générale est le produit. On ne bâtit pas un portillon pour les petits sans installer un portique pour tout le monde — demandez à n'importe quel ingénieur, ou à n'importe quel ministre de l'Intérieur, c'est le même métier désormais.

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À Malines, j'ai grandi sans ministère de l'enfance numérique. Quand j'abusais de la télévision, ma mère tournait un bouton, et la Flandre entière survivait à cette technologie de pointe qu'on appelait l'autorité parentale. Amai, qu'on était sous-équipés.

Une dernière chose, à méditer devant votre café froid : l'Australie a essayé, les gamins ont mis quatre jours à passer par-dessus. Les vôtres mettront deux. Mais le portique, lui, restera — et un jour où il faudra prouver son âge pour parler, on finira par devoir prouver son innocence pour se taire.

Réfléchissez. À Malines, le carillon sonne pour tout le monde, sans pièce d'identité.

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Le COR chiffre l'impact de la dénatalité sur les retraites

Le COR chiffre l'impact de la dénatalité sur les retraites

Par Élise Rochefort

Le Conseil d'orientation des retraites (COR) a adopté le jeudi 11 juin 2026 son rapport annuel sur les évolutions et perspectives du système de retraite. Le document, dont une version provisoire avait été communiquée à la presse dès le lundi 8 juin, actualise les projections financières du système à l'horizon 2070.

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Institué en 2000 et rattaché aux services du Premier ministre, le COR réunit quarante et un membres — parlementaires, représentants des organisations syndicales et patronales, administrations, personnalités qualifiées. Il est présidé depuis novembre 2023 par l'économiste Gilbert Cette.

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À moyen terme, les projections sont inchangées par rapport au rapport de juin 2025 : un déficit de 0,2 % du PIB en 2030 et de 0,9 % en 2045. Cette stabilité tient à deux révisions de sens opposé qui se compensent partiellement : l'Insee a doublé son hypothèse de solde migratoire, portée à 150 000 personnes par an, ce qui accroît le nombre de cotisants projetés ; l'espérance de vie progresserait par ailleurs légèrement moins vite qu'anticipé, ce qui modère la durée de versement des pensions.

À long terme, en revanche, la projection se dégrade nettement : le déficit atteindrait 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % dans le rapport de 2025. Le COR avance deux explications principales. La première est démographique : l'hypothèse

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Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolaires

Du 1er au 22 juin 2026, François Bernardini, ex-maire socialiste d'Istres, comparaît devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d'intérêts. Au cœur du dossier : huit marchés publics truqués, dont ceux des cantines scolaires, gonflés de dizaines de milliers d'euros sur des deniers publics. Le Parquet national financier instruit cette affaire depuis dix ans. La défense, elle, joue la montre.

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Le procès en cours de François Bernardini, ex-maire d’Istres, révèle un système classique de favoritisme municipal : des marchés publics de cantines scolaires artificiellement gonflés de dizaines de milliers d’euros, au détriment des familles et des finances locales. Entre détournement de fonds publics, favoritisme et prise illégale d’intérêts, cette affaire illustre comment une caste locale transforme l’assiette des écoliers en instrument de pouvoir et d’enrichissement.

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Comment l'argent des écoliers a financé le système Bernardini

Du 1er au 22 juin 2026, devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, François Bernardini et plusieurs de ses anciens collaborateurs répondent de huit marchés publics attribués de manière irrégulière.

Constitution de partie civile de la ville d’Istres dans le procès Bernardini : l’opposition dénonce une “séquence de communication”
Constitution de partie civile de la ville d’Istres dans le procès Bernardini : l’opposition dénonce une “séquence de communication”
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolairesLa ProvenceLéa CORNU
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolaires

Parmi eux figurent ceux des cantines scolaires, dont les montants ont été surévalués de dizaines de milliers d’euros par rapport aux offres initiales. Les faits les plus anciens remontent à 2009. Pendant des années, sous la municipalité Bernardini, des marchés publics auraient été attribués en dehors de toute mise en concurrence sérieuse (en violation du Code des marchés publics), dont la raison d'être est précisément d'éviter ce type de captation.

Fonds Marianne: l’argent de la République finançait une BMW
Le scandale éclate une nouvelle fois autour du Fonds Marianne, créé en urgence après l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020 pour « protéger la République » et combattre l’islamisme. Selon Le Canard enchaîné, des fonds publics destinés à cette noble cause ont servi à financer une hausse de salaire
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolairesLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolaires

L’ex-maire divers gauche, en poste depuis 2008, et ses proches ( dont l’ancienne première adjointe Nicole Joulia) sont au cœur de l'affaire. Les magistrats examinent comment les règles d’attribution des contrats publics semblaient traitées comme de simples détails, au profit d’entreprises choisies. La ville d’Istres s’est constituée partie civile pour obtenir « toute la vérité », selon son nouveau maire.

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Le favoritisme, maladie chronique des collectivités

L’affaire dépasse largement le cadre technique des marchés publics. Elle met en lumière un mécanisme classique de la vie politique locale : la concentration du pouvoir favorise l’émergence de réseaux de fidélité où les procédures censées garantir la concurrence deviennent progressivement des formalités.

Menacée d’inéligibilité pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen sauve Macron et Barnier…
Y a-t-il un gouvernement des juges en France ? Chacun en tirera les conséquences qu’il voudra, mais enfin, quelques coïncidences
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolairesLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolaires

La défense du maire a notamment tenté de faire valoir la prescription de certains faits. Mais au-delà des débats procéduraux, une question demeure : comment des marchés portant sur un service aussi essentiel que la restauration des enfants ont-ils pu faire l’objet de telles pratiques présumées sans déclencher plus tôt d’alerte institutionnelle ?

La Justice manque-t-elle vraiment de moyens ? Assez de cette farce...
par Elise Rochefort La question revient à chaque fait divers, à chaque procès médiatisé, à chaque rapport parlementaire : la justice française serait exsangue, faute de crédits. L’affirmation mérite d’être confrontée aux documents budgétaires. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L’essentiel
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolairesLe Courrier des StratègesRédaction
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolaires

Le PNF, habitué aux grandes affaires de corruption d'État, a consacré dix ans à démêler les pratiques d'une ville de 43 000 habitants dans les Bouches-du-Rhône. Ce détail mérite attention : ce n'est pas l'ampleur financière qui justifie une telle mobilisation judiciaire, mais la densité du réseau et l'obstruction probable à l'enquête.

Assistants parlementaires : la justice referme le dossier Mélenchon
La justice française a clôturé, mardi 26 mai 2026, l’instruction ouverte depuis novembre 2018 contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise pour détournement présumé de fonds publics européens. Aucune mise en examen n’a été prononcée. Seuls deux anciens assistants restent en statut de témoin assisté. LFI célèbre
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolairesLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Istres : le maire jugé en ce moment pour les marchés gonflés des cantines scolaires

La vraie question n'est pas de savoir si Bernardini sera condamné, la prescription pourrait bien sauver une partie du dossier. Elle est ailleurs : combien de maires, dans combien de communes françaises, pratiquent le même favoritisme ordinaire, à l'abri d'un PNF débordé et d'une presse locale trop souvent complaisante ?

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Lithothérapie comme politique sportive? Ferrari distribue des pierres magiques aux Bleus

Alors que l’équipe de France s’apprête à disputer une compétition internationale majeure, la visite ministérielle organisée à Clairefontaine a viré à la séquence embarrassante. La ministre des Sports, Marina Ferrari, aurait offert aux joueurs des pierres aux prétendues vertus porte-bonheur, sous le regard d’Emmanuel Macron. Une initiative qui interroge.

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À quelques jours du début de la compétition, les joueurs de l’équipe de France avaient surtout besoin de calme, de préparation et de concentration. Pourtant, la séquence rapportée par Le Canard enchaîné a déplacé l’attention vers un tout autre sujet : la distribution par la ministre des Sports de pierres supposées favoriser les performances sportives. Une pour chaque joueur.

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La lithothérapie au service de l'État

Les joueurs de l’équipe de France n’avaient nul besoin de talismans. Leur métier exige préparation physique, tactique et mentale de haut niveau, pas des cailloux aux vertus autoproclamées.

Coupe du monde 2026 : La ministre des Sports apporte ses pierres à l’édifice | Le Canard enchaîné
Venue déjeuner avec l’équipe de France avant le Mondial, Marina Ferrari a cru bon d’offrir aux Bleus des pierres aux prétendues vertus porte-bonheur et thérapeutiques.……
Lithothérapie comme politique sportive? Ferrari distribue des pierres magiques aux BleusLe Canard enchaînéUrbs and Camille Eider
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Selon Le Canard enchaîné, la ministre aurait expliqué aux joueurs, Kylian Mbappé inclus, que le jaspe bleu possède des "vertus dynamisantes" et "donne la force d'atteindre ses objectifs", tandis que le cristal de roche "réduit le stress et l'anxiété" et "peut atténuer les douleurs musculaires". Kylian Mbappé et ses coéquipiers, comme le président de la République, seraient restés circonspects face à cette scène surréaliste.

Ce n’est pas la première fois que la sphère publique française flirte avec l’irrationnel, mais le timing et l’origine du geste interpellent. À quelques semaines d’une Coupe du monde exigeante, où chaque détail compte, une ministre de la République transforme une visite officielle en distribution de porte-bonheur.

Une catastrophe – le sport Français au bord de la crise, par Michel Goldstein
L’enjeu des Jeux dans la tourmente. L’après Jeux Olympique de Paris 2024 devait être un renouveau pour le sport français,
Lithothérapie comme politique sportive? Ferrari distribue des pierres magiques aux BleusLe Courrier des StratègesRédaction
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Derrière l’anecdote se profile une stratégie classique : associer l’image du pouvoir à celle d’une équipe populaire. Les ministres viennent en photo, les éloges pleuvent en cas de victoire, les critiques en cas d’échec. Les joueurs, eux, sont priés de performer.

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Réactions médiatiques et malaise institutionnel

Sur les plateaux des Grandes Gueules, la séquence a suscité des réactions virulentes. Olivier Truchot ironise: "on n'a qu'à embaucher un marabout à la place de la ministre des Sports", tandis que plusieurs intervenants ont dénoncé une confusion entre croyance personnelle et fonction publique.

[Podcasts] L’intégrale des Grandes Gueules du mercredi 10 juin 2026 avec Fatima Aït Bounoua, Antoine Diers et Abel Boyi - 09h/12h
3 heures de débats où toutes les opinions sont les bienvenues. A la table des Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. Pour cette 20ème saison, Alain Marschall et Olivier Truchot, accompagnés des GG issues de la société civile, mêlent information et divertissement.…
Lithothérapie comme politique sportive? Ferrari distribue des pierres magiques aux BleusRMCRMC
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Le débat ne porte pas tant sur la lithothérapie en elle-même que sur sa promotion implicite par une représentante de l’État. La professeure Fatima Aït-Bounoua a rappelé que la question centrale résidait dans la position institutionnelle de la ministre, tandis que d’autres chroniqueurs ont souligné une dérive symbolique dans un univers sportif structuré par la rationalité et la performance.

Abel Boyi renchérissait : "croyances spirituelles relèvent du privé ; les étaler dans l’espace public relève du grand n’importe quoi", en renvoyant opportunément au principe de laïcité si volontiers brandi par ce même gouvernement dès qu'une autre croyance s'aventure dans l'espace public.

Le football français va-t-il ouvrir la voie à une faillite de la société mondialisée du spectacle ?
La mondialisation n’a pas concerné que l’économie et le commerce : la culture elle-même, au sens large, a subi un
Lithothérapie comme politique sportive? Ferrari distribue des pierres magiques aux BleusLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
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Au final, cette affaire de « pierres porte-bonheur » illustre moins une croyance individuelle qu’un déséquilibre institutionnel : celui d’un pouvoir cherchant à s’inviter partout, même là où la seule exigence devrait être la préparation, la discrétion et l’efficacité.

Reste désormais à savoir si les coéquipiers d’Ousmane Dembélé vont suivre ses recommandations. Au terme d’une préparation contrastée avec une défaite inquiétante contre la Côte d’Ivoire (1-2) suivie d’une victoire plus convaincante face à l’Irlande du Nord (3-1), les Bleus ouvriront leur Coupe du monde 2026 par un rendez-vous explosif contre le Sénégal, le 16 juin à 21 heures, dans le New Jersey.

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La Justice manque-t-elle vraiment de moyens ? Assez de cette farce...

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par Elise Rochefort

La question revient à chaque fait divers, à chaque procès médiatisé, à chaque rapport parlementaire : la justice française serait exsangue, faute de crédits. L'affirmation mérite d'être confrontée aux documents budgétaires.

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Sur les dix dernières années, la mission Justice est l'une des rares missions du budget de l'État en hausse continue ; sur la même période, les délais de jugement se sont allongés et la France demeure dans le bas des classements européens. Les deux séries de chiffres sont exactes. C'est leur coexistence qui constitue le sujet.

Lyhanna : au lieu d’une nouvelle loi, mettons l’administration au travail
par Thibault de Varenne Une enfant de onze ans a disparu à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai. On a retrouvé son corps le 4 juin. Elle s’appelait Lyhanna. Le pays s’est arrêté un instant, comme il convient devant une tombe d’enfant, puis il a fait ce qu’il fait
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Dix ans de hausse continue

Les crédits de la mission Justice s'élevaient à environ 8 milliards d'euros en 2016. Ils ont progressé de manière ininterrompue depuis : 8,86 milliards en 2022 (hors contribution aux pensions), 10,1 milliards en 2024 — en hausse de 5,3 % sur un an —, et 10,7 milliards d'euros inscrits au projet de loi de finances pour 2026, soit 266 millions de plus qu'en 2025. Le Sénat relève que les crédits de la mission ont augmenté d'un tiers en euros constants en dix ans — c'est-à-dire une fois l'inflation déduite — et que la justice est, dans le projet de loi de finances pour 2026, l'un des rares budgets en hausse.

Cette progression s'inscrit dans deux lois de programmation successives. La seconde, la loi d'orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, fixe une trajectoire de 8,86 milliards d'euros en 2022 à 10,75 milliards en 2027, et prévoit 10 000 créations nettes d'emplois sur la période, dont 1 500 magistrats et 1 800 greffiers. À ce stade, les rapporteurs budgétaires des deux assemblées constatent que la trajectoire financière est globalement tenue.

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Ce que disent les comparaisons européennes

La Commission européenne pour l'efficacité de la justice (CEPEJ), organe du Conseil de l'Europe, publie tous les deux ans une évaluation comparée des systèmes judiciaires. Son rapport 2024, portant sur les données 2022, situe la France à 77,2 euros par habitant et par an consacrés au système judiciaire, contre 96,8 euros en Espagne, 100,6 euros en Italie, 102,5 euros en Belgique et 136,1 euros en Allemagne. Rapporté à la richesse nationale, l'effort français représente 0,20 % du PIB, pour une médiane européenne de 0,28 %.

Les effectifs suivent le même profil. La France compte 11,3 juges professionnels pour 100 000 habitants, contre 12,2 en Italie, 14 en Belgique et 24,2 en Allemagne. L'écart est plus marqué encore au parquet : 3,2 procureurs pour 100 000 habitants, pour une médiane européenne de 11,2 — les procureurs français traitant, à effectifs réduits, un périmètre de tâches parmi les plus larges d'Europe.

Deux précautions de lecture s'imposent. Les périmètres ne sont pas strictement comparables : l'Allemagne fédérale intègre des dépenses portées en France par d'autres missions, et la donnée CEPEJ de 2022 ne reflète pas encore la montée en charge de la programmation 2023-2027. La hiérarchie d'ensemble, elle, n'est contestée par aucune des parties prenantes.

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Ce que les crédits ont produit

Sur la décennie de hausse budgétaire, l'indicateur le plus suivi — le délai de traitement des affaires civiles — s'est dégradé : selon les chiffres du ministère transmis aux commissions parlementaires, il a doublé en dix ans, de 279 jours à 637 jours en moyenne pour une affaire au fond.

L'affectation des crédits éclaire en partie ce paradoxe. Une fraction importante de la hausse a été absorbée par l'administration pénitentiaire — de l'ordre de 40 %

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Agde: un chat traîné en justice parce qu’il saute une clôture

Cinq années de procédure, des audiences au tribunal judiciaire de Béziers, des avocats mobilisés et une enseignante traînée en justice pour les escapades de son chat Rémi. Le 7 avril 2026, Dominique a été condamnée à verser 100 euros à son voisin, qui réclamait 5 700 euros de dommages et intérêts pour une douzaine de jours de passages félins. Une décision qui reconnaît sa bonne foi tout en illustrant l’absurdité d’une machine judiciaire qui s’acharne sur le quotidien des citoyens ordinaires.

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Alors que la justice française est régulièrement critiquée pour ses délais, ses moyens limités et l'engorgement des tribunaux, l'affaire de Rémi, un chat roux et blanc d'Agde, illustre une réalité parfois déroutante : cinq années de contentieux pour quelques passages félins de l'autre côté d'une clôture.

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5 700 € réclamés pour des sauts de clôture


Le 7 avril 2026, le tribunal judiciaire de Béziers a rendu son verdict. Dominique, enseignante à Agde et propriétaire de Rémi, devra verser 100 euros à son voisin. Une somme symbolique comparée aux 5.700 euros réclamés par le plaignant, un chef d'entreprise marseillais propriétaire d'une résidence dans le quartier.

“Ma bonne foi a été reconnue” : Dominique, propriétaire du chat Rémi à Agde, condamnée à verser 100 euros à son voisin - ICI
Dominique, la propriétaire de Rémi le chat, s’exprime pour la toute première fois ce lundi. Elle espère un apaisement avec son voisin qui lui réclamait plus de 5.000 euros de dommages et intérêts pour les allées et venues de son chat, sur son terrain. Finalement, elle ne lui versera que 100 euros.
Agde: un chat traîné en justice parce qu’il saute une clôtureICI, le média de la vie localeStefane Pocher
Agde: un chat traîné en justice parce qu’il saute une clôture

Le conflit remonte à plusieurs années. Le voisin reprochait au chat de traverser régulièrement sa propriété et d'y faire ses besoins. Une première décision avait même envisagé une astreinte de 30 euros par intrusion constatée. Au fil de la procédure, photographies, témoignages et constats ont été produits pour tenter d'établir la responsabilité du seul animal incriminé.

L'un des éléments déterminants du dossier a toutefois affaibli la thèse du plaignant : plusieurs chats au pelage similaire fréquentent le quartier. Des témoignages ont confirmé la présence d'autres félins sur les clichés produits devant le tribunal.

Parcoursup : quels recours possibles contre les décisions de la plateforme ?
par Elise Rochefort La procédure nationale de préinscription dans l’enseignement supérieur, dite Parcoursup, résulte de la loi n° 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, codifiée à l’article L. 612-3 du code de l’éducation. Voici quels sont les recours contre les décisions de
Agde: un chat traîné en justice parce qu’il saute une clôtureLe Courrier des StratègesRédaction
Agde: un chat traîné en justice parce qu’il saute une clôture

Plus surprenant encore, Dominique apparaît comme la seule propriétaire poursuivie alors que d'autres chats, parfois identifiés par les riverains, circuleraient également dans le secteur. Le tribunal a finalement reconnu que Rémi n'était pas l'unique animal à pénétrer sur la propriété concernée, réduisant considérablement la portée des demandes indemnitaires.

Pour sa défense, la propriétaire a multiplié les mesures de précaution : confinement partiel de l'animal, fenêtres maintenues fermées, achat d'un enclos grillagé destiné à empêcher toute nouvelle escapade.

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Le droit contre l'évidence


Au-delà du simple différend animalier, cette affaire révèle la mécanique des conflits de voisinage poussés à l'extrême. D'un côté, un particulier mobilisant l'arsenal judiciaire pour obtenir plusieurs milliers d'euros de réparation .

Comment Trump a permis d’industrialiser les délits d’initié en bourse...
par Vincent Clairmont Près de 800 millions de dollars de positions vendeuses sur les contrats à terme pétroliers ont été placés le 8 juin à 8 h 24, heure de New York, selon les données de séance horodatées publiées par The Kobeissi Letter. Vingt et une minutes plus tard, à
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Agde: un chat traîné en justice parce qu’il saute une clôture

De l'autre, Dominique sort de cinq ans d'insomnie, de stress chronique et de sur-alimentation . Elle se dit soulagée mais pas réparée, elle vit désormais fenêtres fermées, vient d'installer une cage grillagée dans son jardin pour que Rémi prenne l'air sans s'échapper. Elle a gagné sa liberté au prix de la sienne.

Le jugement de Béziers apparaît finalement comme un rappel au principe de proportionnalité. La justice a reconnu un trouble limité tout en rejetant implicitement l'essentiel des prétentions financières du plaignant.

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La vraie question que cette affaire soulève dépasse le fait divers : dans un pays où la justice manque de moyens pour instruire des dossiers autrement urgents, combien coûte à la collectivité cinq ans de procédure pour une clôture et un chat ?

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ParcoursSup : notre kit gratuit de recours-type à télécharger

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par Elise Rochefort

Les réponses de la phase principale d'admission Parcoursup sont publiées depuis le 2 juin 2026. Pour les candidats refusés, deux démarches écrites peuvent être engagées dès maintenant : la demande de communication des motifs du refus, ouverte par l'article L. 612-3 du code de l'éducation dans le délai d'un mois suivant la notification, et le recours gracieux, qui sollicite le réexamen du dossier.

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Le Courrier des Stratèges met à disposition, gratuitement, deux lettres-types au format Word couvrant ces deux démarches. Elles sont téléchargeables ci-dessous.

→ Télécharger la lettre n° 1 — Demande de communication des motifs du refus (.docx)

→ Télécharger la lettre n° 2 — Recours gracieux (demande de réexamen) (.docx)

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par Elise Rochefort La procédure nationale de préinscription dans l’enseignement supérieur, dite Parcoursup, résulte de la loi n° 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, codifiée à l’article L. 612-3 du code de l’éducation. Voici quels sont les recours contre les décisions de
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Ce que contient le kit

La première lettre demande à l'établissement les critères et modalités d'examen de la candidature, ainsi que les motifs pédagogiques du refus. Cette communication est de droit lorsque la demande est formée dans le mois suivant la notification ; les décisions de refus, par dérogation au droit commun, ne sont pas motivées d'office. Le Conseil constitutionnel a validé ce dispositif dans sa décision n° 2020-834 QPC du 3 avril 2020, en précisant que les paramètres de classement ne sont communicables qu'au candidat lui-même, pour sa propre candidature.

La seconde lettre forme un recours gracieux. Elle comporte un argumentaire en trois blocs à compléter : les résultats scolaires, l'adéquation du parcours à la formation demandée, et le cas échéant un élément que le dossier ne reflétait pas — erreur matérielle, circonstance particulière justifiée, situation de santé ou de handicap. Un paragraphe optionnel permet de répondre point par point aux motifs communiqués à la suite de la première lettre.

Les deux modèles sont préparés pour un envoi en recommandé avec accusé de réception et listent les pièces à joindre.

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Comment les utiliser

L'ordre des démarches a une logique : demander d'abord les motifs, contester ensuite. Un recours gracieux argumenté contre des motifs connus a une portée différente d'une demande de réexamen à l'aveugle. Les délais encadrent l'ensemble : un mois après la notification pour la demande de motivation ; deux mois pour un éventuel recours contentieux devant le tribunal administratif, délai que le recours gracieux exercé à temps interrompt et préserve.

Deux limites doivent être énoncées clairement. Le recours gracieux n'ouvre aucun droit à une décision favorable : son issue dépend des places disponibles et des éléments produits. Et la voie contentieuse, si elle existe, relève d'une autre échelle de moyens et de temps — le juge administratif exerce un contrôle restreint sur ces décisions et peut statuer après la rentrée. Les candidats qui envisagent un contentieux ont intérêt à consulter un avocat en droit public ; les présents modèles relèvent de l'information générale, non du conseil juridique individualisé.

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Les autres voies, en parallèle

Ces lettres n'épuisent pas les possibilités. La phase complémentaire est ouverte du 11 juin au 10 septembre et permet de formuler jusqu'à dix nouveaux vœux. Les candidats sans aucune proposition pourront saisir la commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES) depuis leur dossier à partir du 1er juillet. Un droit au réexamen spécifique existe pour les situations de santé, de handicap ou de charges de famille, sur demande adressée au recteur. L'ensemble de ces voies, leur portée et leurs limites sont détaillés dans notre état des lieux : Parcoursup : quels recours contre les décisions de la plateforme ?

Le ministère présente ce dispositif gradué comme un équilibre entre l'accompagnement des candidats et le secret des délibérations pédagogiques ; les organisations étudiantes objectent qu'un droit difficile à exercer dans le temps utile d'une rentrée protège peu. Les lettres mises à disposition ici permettent, au minimum, d'exercer celui des droits qui ne dépend que du candidat : obtenir les motifs, et demander le réexamen.

Le kit est en ligne. Les délais courent depuis la notification de chaque refus.

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Parcoursup : quels recours possibles contre les décisions de la plateforme ?

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par Elise Rochefort

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Les réponses de la phase principale d'admission ont été publiées le 2 juin 2026 à 19 heures ; la phase complémentaire, qui permet de formuler jusqu'à dix nouveaux vœux dans les formations disposant encore de places, est ouverte du 11 juin au 10 septembre. Pour les candidats refusés ou laissés sans proposition, quatre voies de contestation ou de réexamen coexistent, de portée et de calendrier différents.

“17/20 et recalé 28 fois…”, ces lycéens modèles abandonnés par Parcoursup
Alors que les premiers résultats de Parcoursup tombaient le 2 juin, des lycéens aux dossiers impeccables découvraient des dizaines de refus. Nikita, 17 de moyenne générale au lycée André-Malraux de Biarritz, 28 vœux rejetés malgré maths-physique, quatre langues et une formation Python. À Toulon, Katya, 16 de moyenne en ST2S,
Parcoursup : quels recours possibles contre les décisions de la plateforme ?Le Courrier des StratègesRédaction
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La demande de motivation

Les décisions de refus prises par les formations ne sont pas motivées lors de leur notification : la loi de 2018 a expressément dérogé, sur ce point, au droit commun des décisions administratives individuelles défavorables. En contrepartie, l'article L. 612-3 du code de l'éducation ouvre à chaque candidat le droit d'obtenir, s'il en fait la demande dans le délai d'un mois suivant la notification du refus, la communication des critères et modalités d'examen de sa candidature ainsi que des motifs pédagogiques justifiant la décision. La demande s'adresse au président ou au directeur de l'établissement concerné.

Afin de garantir la nécessaire protection du secret des délibérations des équipes pédagogiques chargées de l'examen des candidatures présentées dans le cadre de la procédure nationale de préinscription prévue au même deuxième alinéa, les obligations résultant des articles L. 311-3-1 et L. 312-1-3 du code des relations entre le public et l'administration sont réputées satisfaites dès lors que les candidats sont informés de la possibilité d'obtenir, s'ils en font la demande, la communication des informations relatives aux critères et modalités d'examen de leurs candidatures ainsi que des motifs pédagogiques qui justifient la décision prise. (L612-3, Code de l'Éducation)

Le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité, a jugé ce dispositif conforme à la Constitution dans sa décision n° 2020-834 QPC du 3 avril 2020, sous une réserve : chaque établissement doit publier, à l'issue de la procédure, les critères selon lesquels les candidatures ont été examinées. La même décision maintient le secret des délibérations à l'égard des tiers : les paramètres de classement dits « algorithmes locaux » ne sont communicables qu'au candidat qui en fait la demande, pour sa propre candidature. Les organisations étudiantes qui demandaient leur publication intégrale n'ont pas obtenu gain de cause.

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Le recours gracieux

Le candidat peut demander à la formation, ou au recteur de région académique, le réexamen de son dossier. Aucun texte ne fixe de délai propre à ce recours ; exercé dans les deux mois suivant la notification, il préserve le délai du recours contentieux. Les sites d'accompagnement des candidats recommandent d'agir dans les jours qui suivent le refus, le calendrier des admissions rendant un réexamen tardif sans objet pratique. L'issue dépend des places disponibles : le recours gracieux n'ouvre aucun droit à une nouvelle décision favorable.

La commission d'accès à l'enseignement supérieur

Pour les candidats n'ayant reçu aucune proposition d'admission, l'article L. 612-3 prévoit un dispositif d'accompagnement distinct du contentieux : la commission d'accès à l'enseignement supérieur (CAES), placée auprès du recteur de chaque région académique. Elle peut être saisie directement depuis le dossier Parcoursup, à partir du 1er juillet en 2026. La commission examine le projet et la situation du candidat et lui propose une inscription dans une formation disposant de places vacantes. Il s'agit d'une procédure de placement, non d'un réexamen de la décision contestée : la CAES ne peut pas imposer à une formation sélective d'admettre un candidat qu'elle a refusé.

Un droit au réexamen spécifique existe par ailleurs pour les candidats justifiant de circonstances exceptionnelles tenant à leur état de santé, à leur handicap ou à leurs charges de famille ; la demande s'adresse au recteur, qui peut prononcer une inscription dans une formation adaptée.

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Le recours contentieux

Les décisions des formations publiques peuvent être déférées au tribunal administratif dans le délai de deux mois suivant leur notification, le cas échéant assorties d'un référé-suspension fondé sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui suppose une urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision. Le juge administratif exerce sur ces décisions un contrôle restreint : il censure l'erreur manifeste d'appréciation, le vice de procédure ou la rupture d'égalité, mais ne substitue pas son appréciation à celle de la commission d'examen des vœux sur la valeur d'un dossier.

Les analyses juridiques disponibles convergent sur la portée pratique de cette voie. Le Club des Juristes décrit un contentieux possible mais encadré, ordonné autour du triptyque recours gracieux, CAES, référé ; les sites spécialisés relèvent que les annulations restent rares et que la durée de l'instance s'accommode mal du calendrier d'une rentrée universitaire. Aucune statistique publique consolidée du contentieux Parcoursup — nombre de requêtes, taux de succès — n'est publiée à ce jour par le ministère ou par la juridiction administrative.

Ce que les positions en présence laissent ouvert

Le ministère présente l'ensemble — motivation sur demande, CAES, réexamen pour circonstances exceptionnelles — comme un équilibre entre la transparence due aux candidats et le secret des délibérations pédagogiques. Les organisations étudiantes et une partie de la doctrine universitaire soutiennent que la motivation différée et l'opacité des classements locaux privent les recours d'une partie de leur effectivité, un candidat ne pouvant utilement contester ce qu'il ne connaît pas. Le Défenseur des droits, dès 2019, puis la Cour des comptes, en 2020, ont recommandé un renforcement de la transparence des critères, partiellement suivi d'effet par la publication des rapports des comités d'examen des vœux.

Les voies de recours sont en place et leurs délais courent depuis le 2 juin. Leur usage effectif par les candidats de la session 2026 ne sera mesurable qu'à l'issue de la procédure, en septembre.

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Fonds Marianne: l'argent de la République finançait une BMW

Le scandale éclate une nouvelle fois autour du Fonds Marianne, créé en urgence après l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020 pour « protéger la République » et combattre l’islamisme. Selon Le Canard enchaîné, des fonds publics destinés à cette noble cause ont servi à financer une hausse de salaire de 500 % et l’acquisition d’une BMW X3 M Sport pour un dirigeant de l’association USEPPM, bénéficiaire de ces subventions. Quatre personnes sont renvoyées devant le juge pour escroquerie en bande organisée et faux en écriture. Une affaire qui illustre une nouvelle fois les failles du contrôle de l’argent public.

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Le Fonds Marianne, doté de 2,5 millions d'euros, fut lancé en 2021 sous l'impulsion de Marlène Schiappa, alors secrétaire d'État à la Citoyenneté. L'objectif était de financer des associations capables de « contrer les discours séparatistes » sur internet. Des millions d'argent public ont été distribués à des associations proches du pouvoir, mais dont l'une a visiblement confondu la lutte contre l'obscurantisme avec l'acquisition d'un SUV de luxe. Quatre personnes seront jugées pour escroquerie en bande organisée.

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L’émotion nationale transformée en manne financière

Créé en 2021 sous l’impulsion du gouvernement après le meurtre du professeur Samuel Paty, le Fonds Marianne devait soutenir des associations engagées dans la défense des principes républicains. Doté de plusieurs millions d’euros d’argent public, il avait pour ambition de lutter contre les discours extrémistes et séparatistes en ligne.

Fonds Marianne : Les fraudeurs abusent aussi les juges | Le Canard enchaîné
D’anciens membres d’une association risquent la prison pour avoir voulu la protéger des agissements de Mohamed Sifaoui et Cyril Karunagaran. Ces derniers sont……
Fonds Marianne: l'argent de la République finançait une BMWLe Canard enchaînéTristan Berteloot
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Mais depuis plusieurs mois, les enquêtes judiciaires et administratives accumulent les révélations embarrassantes. Selon Le Canard Enchaîné, l’un des responsables de l’USEPPM, association bénéficiaire du dispositif, se serait accordé une augmentation salariale de près de 500 %, ainsi que la mise à disposition d’une BMW X3 M Sport financée indirectement par les fonds publics reçus.

Fonds Marianne, Mc Kinsey : quand la caste regarde le doigt et pas la lune
Coup sur coup, le Sénat et la Cour des Comptes ont rendu des rapports sur des sujets polémiques : l’un
Fonds Marianne: l'argent de la République finançait une BMWLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
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Au coeur de cette affaire de fraudes, quatre personnes sont renvoyées devant le tribunal pour des faits présumés d’escroquerie en bande organisée et de faux en écriture. Les magistrats cherchent à déterminer si les subventions attribuées dans le cadre du Fonds Marianne ont été utilisées conformément à leur objet ou détournées au profit d’intérêts privés.

Cette procédure s’ajoute à une longue série de controverses ayant déjà mis en cause les modalités d’attribution des financements, le manque de contrôle administratif et la proximité entre certains bénéficiaires et les cercles du pouvoir.

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L'État subventionnaire, éternel pigeon institutionnel

Derrière les discours enflammés sur la défense des valeurs républicaines se cache une réalité inquiétante : l’impôt ponctionné aux Français sert trop souvent à entretenir des structures intermédiaires dont l’efficacité reste douteuse.

Fonds Marianne : savourons le match Schiappa – Hidalgo, par Modeste Schwartz
Ce mardi, Anne Hidalgo a porté plainte contre X pour « détournement de fonds publics et abus de confiance » dans l’affaire
Fonds Marianne: l'argent de la République finançait une BMWLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
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Le Fonds Marianne, comme d’autres dispositifs similaires, concentre pouvoir et argent sans aucune transparence. Un dispositif ou les élites politico-administratives excellent à instrumentaliser la mémoire des victimes pour justifier de nouvelles dépenses, pendant que le contribuable paie. L'État injecte, les réseaux captent, les contribuables financent.

Lyhanna : au lieu d’une nouvelle loi, mettons l’administration au travail
par Thibault de Varenne Une enfant de onze ans a disparu à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai. On a retrouvé son corps le 4 juin. Elle s’appelait Lyhanna. Le pays s’est arrêté un instant, comme il convient devant une tombe d’enfant, puis il a fait ce qu’il fait
Fonds Marianne: l'argent de la République finançait une BMWLe Courrier des StratègesRédaction
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Pour mémoire, Marlène Schiappa, mise en cause lors des premières révélations en 2023, avait été auditionnée par le Sénat. Aucune sanction politique significative ne s'en est suivie. La machine tourne, les procès arrivent tard, toujours tard.

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Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

Au Chesnay-Rocquencourt, dans les Yvelines, une piste cyclable financée en grande partie par l’argent public a été supprimée quelques mois seulement après sa réalisation. Alors que la Région Île-de-France avait accordé 387 700 euros de subventions, dont 324 500 euros pour l’avenue Charles-de-Gaulle, la nouvelle municipalité a décidé de revenir sur l’aménagement. Une affaire qui pose une question simple : qui paie quand les élus détruisent ce que d’autres ont financé ?

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A peine élue maire du Chesnay-Rocquencourt, Anne Père-Brillaut a décidé de transformer une partie de la piste cyclable située sur l’avenue Charles-de-Gaulle en une voie partagée entre les voitures et les vélos, une décision très critiquée.

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Un "réaménagement" financé à prix d’or

L’histoire a de quoi surprendre. À peine élue le 27 mars 2026, la nouvelle maire LR du Chesnay-Rocquencourt, Anne Père-Brillault, a fait modifier dès avril la piste cyclable de l’avenue Charles-de-Gaulle. Sur le tronçon situé entre le rond-point du 18-Juin et la rue Pottier, les cyclistes ont été renvoyés sur une chaussée désormais partagée avec les automobilistes.

Suppression de la piste cyclable au Chesnay-Rocquencourt : la Ville va t-elle devoir rembourser la subvention ?
L’opposition de gauche à la Région réclame que la ville du Chesnay-Rocquencourt (Yvelines) rembourse une subvention touchée pour réaliser une piste cyclable supprimée depuis.
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardactu.frAlexandre Marque
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

Suite à cette décision, l’association Vélo Versailles Grand Parc parle de suppression d’une voie destinée aux cyclistes. Les Ecologistes des Yvelines considèrent cet agencement de « contresens » en indiquant qu’il risque de compliquer la circulation à vélo vers Versailles, Bailly et Noisy-le-Roi. Les opposants à cette décision s’inquiètent également de la sécurité des cyclistes obligés désormais de rouler avec les voitures.

La municipalité se défend dans un communiqué du 4 mai 2026. Elle invoque des « remontées d’habitants » sur les difficultés de circulation aux heures de pointe et un usage cyclable jugé trop faible. Elle préfère parler de « réaménagement » et promet un audit global des itinéraires vélo. Cet aménagement avait bénéficié d’un financement régional conséquent. Par la délibération CP2024-223 du 27 septembre 2024, la Région Île-de-France avait accordé 387 700 euros à la commune dans le cadre de son Plan vélo.

Piscines municipales: pourquoi votre taxe foncière explose cet été
Alors que l’été 2026 s’annonce caniculaire, les Français découvrent dans leurs avis d’imposition locale la note cachée des équipements aquatiques. Plus de 2 800 communes ont lancé des projets entre 2023 et 2025 pour un total de 4,2 milliards d’euros. À Toulouse, la contribution aux
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

La seule piste de l’avenue Charles-de-Gaulle représentait 324 500 euros de subventions, soit l’essentiel de l’aide publique accordée. En d’autres termes, le contribuable a financé la création de l’infrastructure avant d’en financer indirectement la disparition.

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Qui rembourse les 387 700 € de cette piste ?

Selon une source, l’opposition de gauche au conseil régional d’Ile-de-France revendique le remboursement de cette subvention vu que la commune n’a pas respecté les conditions d’utilisation du financement, mentionnées dans le Plan vélo régional. Cette information n’a pas été confirmée par la Région. Pour l’heure, aucune procédure officielle n’a été engagée et la Région n’a pas annoncé de demande de reversement.

Christine Cotton ? ou l’éloge de la phronèsis
par Eric Verhaeghe Une statisticienne s’est éteinte le 1er juin, après avoir passé trois ans à compter ce que d’autres voulaient qu’on cesse de regarder. Sa disparition dit quelque chose de notre époque : nous avons gagné, au début de 2022, la bataille du passe sanitaire — et perdu, sans la voir,
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

Mais au-delà du débat sur le vélo, cette affaire révèle une dérive récurrente de la gestion publique française. Une majorité aménage, la suivante défait, puis une troisième réaménagera peut-être demain. À chaque étape, la facture est réglée par les mêmes : les contribuables.

Réponse à un lecteur : un héritage de 150 000 € ne se place pas sur cinq ETF de défense après +69 %
par Vincent Clairmont Un lecteur veut placer les 150 000 euros d’un héritage sur les cinq ETF de défense et de cybersécurité de notre article du 7 avril, après une hausse de près de 70 %. Mais ce papier disait « spéculatifs », et son volet jumeau s’adressait à qui possède déjà une
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tardLe Courrier des StratègesRédaction
Le Chesnay-Rocquencourt: 387 000 € pour une piste cyclable… supprimée quelques mois plus tard

L’audit cyclable promis par la mairie permettra peut-être d’éclairer les choix techniques. Il ne répondra cependant pas à la question essentielle : comment justifier qu’un équipement financé à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros soit remis en cause quelques mois plus tard sans qu’aucun responsable politique ou administratif n’ait à assumer le coût de cette décision ? Dans le secteur privé, une telle destruction de valeur appellerait des comptes. Dans la sphère publique, elle semble n’être qu’une ligne budgétaire parmi d’autres.

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Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail

Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travail

par Thibault de Varenne

Une enfant de onze ans a disparu à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai. On a retrouvé son corps le 4 juin. Elle s'appelait Lyhanna. Le pays s'est arrêté un instant, comme il convient devant une tombe d'enfant, puis il a fait ce qu'il fait désormais à chaque fois : il a réclamé une loi.

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Le Premier ministre a réuni ses ministres. On annonce des peines aggravées pour les viols sériels, des règles de prescription revues, l'obligation de motiver les classements sans suite. Le mécanisme est connu, et il a sa beauté triste. À chaque drame, un texte. À chaque texte, le sentiment d'avoir agi. Le législateur se penche, le pays se calme, et l'on passe au malheur suivant en attendant qu'il réclame sa loi à son tour.

Lyhanna, victime de l’inertie administrative
Et si le vrai danger n’était pas la malveillance, mais l’absence de zèle ? Un dossier qui met treize jours à franchir quatre-vingts kilomètres, des semaines à être ouvert, et jamais le temps d’une garde à vue. La mort de Lyhanna, onze ans, dit moins sur un homme que sur des
Lyhanna : au lieu d'une nouvelle loi, mettons l'administration au travailLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
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Mais regardons cette affaire-ci, puisqu'on nous demande d'en faire une règle générale. L'homme aujourd'hui mis en examen n'était pas un inconnu de la justice. Un signalement de gendarmerie en 2017, écarté comme une affaire de mœurs sans suite. Une plainte pour viol sur une enfant, déposée en 2022, classée en 2024 comme « insuffisamment caractérisée ». Une autre plainte encore, en 2025. L'administration savait. Pas l'avenir, certes, pas l'irréparable — mais elle savait ce qu'il était possible de savoir, et elle l'a rangé dans un tiroir. Le garde des Sceaux lui-même a reconnu des « défaillances graves ». Le mot est exact, et il dit tout : ce qui a manqué n'était pas une loi, c'était l'usage de celles que nous avions.

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Car il faut l'énoncer sans détour. On ne légifère pas, dans ces moments, pour protéger ; on légifère pour se montrer. La loi nouvelle est visible, gratuite, immédiate : un communiqué, une signature, une émotion convertie en article du code. Gouverner est l'exact contraire. C'est suivre un dossier que personne ne suivra à votre place, doter un parquet qui croule, relancer une enquête qu'on serait tenté d'enterrer, décider et porter le poids de sa décision. Rien de tout cela ne se voit. Rien de tout cela ne se tweete. Et c'est pourtant en cela, et en cela seul, que consiste la protection d'un peuple.

La France a, contre le viol sur mineur, des lois parmi les plus sévères d'Europe. Elles existaient le 29 mai. Elles n'ont pas été appliquées. Je ne vois pas par quel prodige un article supplémentaire, voté dans l'émotion, serait mieux appliqué que ceux qu'on a laissés dormir. On ajoute un étage à une maison dont on n'a pas réparé les fondations, et l'on s'étonne ensuite qu'elle penche.

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Tacite, qui avait observé de près le déclin d'un grand État, avait laissé une formule que nos législateurs devraient relire avant chaque séance : plus une république est corrompue, plus elle compte de lois. Montesquieu l'a redite à sa manière : les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires. Ce n'est pas un paradoxe d'académie. Une nation qui répond à chaque défaillance de son administration par une inflation de son droit finit par avoir un code immense et un État impuissant — beaucoup de textes, et plus personne pour les faire vivre.

Le premier devoir d'un État, avant toute politique, avant toute idéologie, est de protéger les siens. C'est le seul qu'on ne puisse déléguer ni au marché ni au temps. Quand une administration classe sans suite ce qu'elle devait instruire, ce n'est pas la loi qui a failli, c'est l'homme qui devait l'appliquer, et la chaîne qui devait le tenir comptable. On nous promet de réformer le code ; je préférerais qu'on réforme le sérieux. Qu'un classement sans suite, sur un crime d'enfant, ne soit plus une porte qu'on referme à la hâte mais une décision qu'un magistrat doit assumer, nom et motifs à l'appui. Cela, du reste, ne demande pas de loi : cela demande qu'on travaille.

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Je sais ce qu'on objectera. Que faire une loi, c'est aussi répondre à une colère légitime, lui donner une forme, l'empêcher de tourner à la vengeance. C'est vrai, et je ne méprise pas cette colère ; elle est saine, elle est le dernier signe qu'un peuple tient encore à ses enfants. Mais on ne la respecte pas en lui offrant un texte de plus à oublier. On la respecte en lui rendant ce qu'elle réclame vraiment, et qu'elle n'ose plus espérer : un État qui fait ce qu'il a dit, et qui répond quand il ne l'a pas fait.

Lyhanna ne demandait pas une loi. Elle demandait, sans le savoir, que ce pays consente enfin à faire son travail. C'est moins glorieux qu'un grand discours, et infiniment plus difficile. Mais une nation ne se juge pas au nombre de ses lois. Elle se juge à ce qu'elle fait des quelques-unes qui suffiraient, si seulement on les appliquait.

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Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis

Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsis

par Eric Verhaeghe

Une statisticienne s'est éteinte le 1er juin, après avoir passé trois ans à compter ce que d'autres voulaient qu'on cesse de regarder. Sa disparition dit quelque chose de notre époque : nous avons gagné, au début de 2022, la bataille du passe sanitaire — et perdu, sans la voir, celle qui a suivi. Non plus par la contrainte, mais par la gestion silencieuse de nos comportements.

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Il y a des femmes dont le courage ne fait pas de bruit, qui ne haussent jamais le ton, qui n'ont pour seule arme qu'une colonne de chiffres tenue avec entêtement contre l'air du temps, et Christine Cotton, biostatisticienne de métier, vingt-cinq ans de méthodologie pour Roche, Sanofi, Janssen avant de retourner cette compétence contre l'industrie qui l'avait formée, fut, pendant de longues années, de celles-là.

Elle est morte le 1er juin, en Suisse, au terme d'une longue souffrance physique qu'elle disait insupportable, après avoir laissé un message d'adieu. Elle laisse un rapport de plus de quatre cents pages sur les pratiques méthodologiques de l'essai clinique du vaccin Pfizer — non pas un pamphlet, non pas une profession de foi, mais une lecture patiente des documents réglementaires à l'aune des bonnes pratiques cliniques. Elle ne demandait rien d'autre que ce que demande tout savant : qu'on puisse vérifier. C'est, à le bien regarder, la chose la moins révolutionnaire du monde. C'est aussi celle qui, en notre époque, suffit à faire de vous un ennemi.

Christine Cotton, la lanceuse d’alerte anti-Pfizer, est morte
Biostatisticienne reconnue, critique acharnée des essais cliniques des injections ARN Covid, Christine Cotton est décédée début juin 2026 après avoir publié un bouleversant message d’adieu. Figure incontournable du débat sanitaire français, elle avait consacré les cinq dernières années à dénoncer ce qu’elle considérait comme les failles méthodologiques des
Christine Cotton ? ou l'éloge de la phronèsisLe Courrier des StratègesRédaction
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Je voudrais partir d'elle pour dire où nous en sommes, quatre ans après. Ce texte accompagne l'hommage que lui rend le Courrier en vidéo.

Ce que nous avons gagné, et qui était réel

Rappelons-nous, car la mémoire est courte. À l'hiver 2021-2022, la France vivait sous un régime d'exception devenu ordinaire : un passe qu'il fallait dégainer pour entrer dans un café, monter dans un train, parfois voir un médecin. Le pays s'était coupé en deux — les admis et les empêchés — sur un critère que l'État ajustait à sa guise. Nous fûmes nombreux à nous organiser, parfois de façon publique, souvent dans une clandestinité que le gouvernement suspectait, pour combattre une scission organisée de la société. Et le 14 mars, le passe vaccinal était suspendu.

Soyons honnêtes sur la causalité, car c'est la condition pour être cru. Le gouvernement a expliqué qu'il levait la mesure parce que la vague refluait, et il avait, sur le plan épidémiologique, des arguments. Les opposants ont lu dans ce retrait leur victoire, et ils avaient, sur le plan politique, des raisons. Je suppose que les deux lectures sont vraies à la fois, et que la concomitance n'est pas tout à fait un hasard. Un pouvoir cède rarement à la seule rue ; mais il choisit le moment de céder en regardant la rue. La mobilisation n'a peut-être pas renversé la table. Elle a rendu le maintien du passe politiquement coûteux. C'est déjà une victoire, et il ne faut pas en rougir.

Seulement voilà : on n'avait gagné qu'une bataille, et la plus visible. La plus médiatique, la plus frontale, la plus facile à raconter. Pendant qu'on la livrait, une autre se préparait, qu'on ne nous a pas annoncée parce qu'elle ne se déclare jamais.

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Le détour par Tocqueville, qui avait tout vu

Il faut relire les pages de La Démocratie en Amérique sur ce que Tocqueville appelait le despotisme doux. Il imaginait un pouvoir qui ne tyranniserait pas les hommes mais les materait, qui ne briserait pas les volontés mais les amollirait, un pouvoir « absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux » qui travaillerait au bonheur des citoyens à condition d'en être l'unique arbitre, et qui aimerait que ceux-ci se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il manquait à Tocqueville, pour que sa prophétie fût complète, un outil qu'il ne pouvait pas concevoir : la science du comportement. La possibilité technique de ne plus contraindre les conduites, mais de les incliner. De ne plus interdire, mais d'architecturer le choix pour qu'il tombe de lui-même du bon côté.

Tocqueville, père fondateur de la théorie de l’avachissement
Voici la huitième livraison de la Liberty Academy. Elle est essentielle puisqu’elle clôture le premier trimestre de cours... et qu’elle aborde la pensée de Tocqueville !
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Cet outil existe. Il porte un nom anodin, presque attendrissant : le nudge, le coup de coude. La théorie, formulée par Thaler et Sunstein, part d'une intuition juste — nous décidons mal, par biais, par paresse, par peur — pour en tirer une conclusion qui ne l'est pas : puisque vous décidez mal, d'autres décideront le cadre dans lequel vous déciderez. La Grande-Bretagne a institué dès 2010 une « Nudge Unit ». La France a passé dès 2018 un accord-cadre avec cette équipe, qui a ouvert son bureau parisien adossé à la Direction interministérielle de la transformation publique. On ne nous l'a pas caché. On ne nous l'a pas dit non plus. C'est entre les deux que se loge le despotisme doux : dans ce qui est public sans jamais être annoncé.

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Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas

Bastiat nous a légué la seule grille d'économie politique dont on ne se lasse pas : il y a ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Ce qu'on a vu, en 2022, c'est le passe levé, les terrasses rouvertes, la victoire. Ce qu'on n'a pas vu, c'est le déplacement du front. La contrainte légale, trop visible, trop contestable, trop génératrice de convois, a cédé la place à quelque chose de plus fin : la gestion des publics.

Bastiat, le libertarien du visible et de l’invisible !
Dans cette nouvelle livraison de la Liberty Academy, je passe en revue les éléments les plus importants de la philosophie du français Frédéric Bastiat. Essentiel pour comprendre la liberté.
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Que l'État ait recouru, pendant la crise, à des techniques d'influence émotionnelle n'est pas une hypothèse : c'est documenté. Outre-Manche, les minutes du groupe consultatif comportemental recommandaient en mars 2020 d'augmenter « le niveau de menace personnelle perçue » chez les récalcitrants au moyen d'un « message émotionnel percutant ». On a, en clair, décidé d'avoir peur pour nous, et de nous la distribuer à dose utile. Ce qui valait pour la pandémie ne s'est pas évaporé avec elle. L'appareil, une fois rodé, cherche son emploi.

Au-delà de ce socle avéré commence le terrain où je dois avancer en disant ce que je sais, ce que je suppose, et ce que j'ignore — car c'est précisément le respect de cette frontière qui sépare la critique du délire. Ce que je sais : la segmentation psychométrique des populations est une technique mûre, qu'aucune entreprise de marketing politique sérieuse n'ignore plus. Des modèles de personnalité comme HEXACO — six dimensions, dont l'honnêteté-humilité — permettent de classer, de prédire, d'anticiper les réactions d'un public à un message. Ce que je suppose : qu'il serait naïf d'imaginer que ces outils, disponibles pour vendre une lessive ou un candidat, s'arrêtent pudiquement à la porte de la gestion des dissidences. Ce que j'ignore : l'ampleur exacte, les commanditaires, le degré de coordination. Je me garderai d'inventer ce que je ne peux pas établir. Mais l'asymétrie est troublante : on connaît par cœur la psychologie de ceux qui doutent ; ceux qui doutent, eux, ne savent rien de la machine qui les étudie.

Ce n'est pas nouveau : c'est très français

Car la neutralisation des oppositions par l'intérieur n'a rien d'une nouveauté technologique. C'est une très vieille spécialité française, et il suffit d'ouvrir nos archives. La Convention avait ses comités et ses indicateurs ; la monarchie de Juillet, ses mouchards ; la République, ses agents provocateurs glissés dans les cortèges pour les pousser à la faute qui justifierait la charge. Le procédé est constant, seuls changent les moyens : on n'interdit pas une opposition sérieuse, c'est trop coûteux et cela en fait des martyrs ; on la rend ridicule, on l'excite jusqu'à l'outrance, on l'enferme dans sa propre caricature.

Je me demande — et je le pose comme une question, non comme un verdict — si une part de ce que nous avons pris, ces trois dernières années, pour la spontanéité du camp des résistants ne relevait pas de cette mécanique ancienne. Non pas nécessairement des infiltrés au sens du roman d'espionnage ; plus simplement, des amplificateurs : ceux qui, à chaque débat naissant, tirent vers l'hystérie, dressent les sceptiques les uns contre les autres, transforment une exigence de transparence en foire aux invectives. Qu'ils soient mandatés ou seulement utiles, le résultat est le même, et c'est le seul qui compte : aucune construction politique sérieuse ne tient debout dans le vacarme. L'hystérisation n'est pas un dérapage du débat. Dans bien des cas, j'en viens à le croire, elle en est la fonction. On ne tue plus les idées : on les noie dans le bruit qu'on a soi-même organisé autour d'elles.

Pendant ce temps, la plomberie

Et tandis que nous nous épuisions à ces querelles, on posait tranquillement les tuyaux. C'est la règle d'or de l'époque : le spectacle occupe le devant, l'infrastructure s'installe à l'arrière. Identité numérique, portefeuille d'identité européen, projet d'euro numérique programmable, interconnexion des fichiers : l'architecture d'un contrôle fin des existences se met en place pièce par pièce, pendant que l'attention publique est captée par la polémique du jour. Comme l'orage qui fixe le regard à l'horizon pendant que l'eau, sous nos pieds, monte sans bruit. Le passe sanitaire n'était qu'un prototype, maladroit parce que visible. Ce qui vient sera invisible parce que commode. On ne nous imposera pas la traçabilité : on nous la rendra si pratique que la refuser passera pour une excentricité.

Dernier mot

Que faire, alors ? Ni la fuite dans le déni, ni la fuite dans la fureur — qui sont les deux versants d'une même défaite, et précisément les deux ornières où l'on souhaite nous voir tomber. Les Grecs avaient un mot pour la vertu qui manque le plus à notre temps : la phronèsis, que nos traducteurs rendent par prudence et qu'Aristote plaçait au-dessus des autres vertus intellectuelles parce qu'elle seule sait appliquer le vrai au particulier, dans le concret, au bon moment, dans la juste mesure. Non pas la raison froide des calculateurs, non pas la passion chaude des excités, mais le discernement de l'homme qui pèse, qui doute à bon escient, qui tient sa colère et n'abdique pas son jugement.

Opposer, à la fabrique de la peur, la plus subversive des armes en régime d'hystérie organisée : la rigueur, la patience, le chiffre vérifiable, l'obstination tranquille de qui refuse à la fois de se taire et de hurler, tels que la bio-staticienne Christine Cotton avait déployés dans son étude documentée sur les vaccins ARN injectés en urgence et sans précaution. Voilà l'héritage indispensable qui doit nous guider, et qui vaut bien mieux qu'un mausolée. La phronèsis n'est pas une posture ; c'est un travail. Le seul, peut-être, qui résiste à ceux qui ont appris à manipuler tout le reste.

Elle a tenu sa colonne de chiffres jusqu'au bout. À nous de tenir la nôtre.

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Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

À Valenciennes, le maire Laurent Degallaix n’aura savouré sa réélection que quelques semaines. Condamné le 30 avril à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende, l’élu Horizons est contraint de quitter l’ensemble de ses mandats. Une affaire qui illustre jusqu’où certains barons locaux peuvent croire que leur pouvoir les place au-dessus des règles communes.

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Un maire qui règne depuis 2012 sur une sous-préfecture de 44 000 habitants, cumule la présidence d'une agglomération de 200 000 âmes, siège au conseil départemental, et se représente tranquillement face à ses électeurs alors même que son procès se tient en pleine campagne électorale. Résultat : réélu au second tour avec 36,5 % des voix. Puis condamné quelques semaines plus tard à la peine maximale d'inéligibilité.

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La chute brutale d’un notable solidement installé

Réélu en mars 2026 avec seulement 36,5 % des voix au second tour, Laurent Degallaix semblait avoir une nouvelle fois survécu à la tempête judiciaire qui l’accompagnait depuis plusieurs années.

Valenciennes : à peine réélu, le maire aussitôt condamné
Le trône municipal est vide à Valenciennes, le maire qui devait s’y asseoir a été prié de partir fissa. Laurent Degallaix a été en effet condamné à cinq ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts et subordination de témoin.
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéPOLITISGuillaume Deleurence
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Maire de Valenciennes depuis 2012, président de Valenciennes Métropole et conseiller départemental du Nord, cet ancien proche de Jean-Louis Borloo incarnait l’une de ces figures locales installées durablement dans les rouages du pouvoir.

Le tribunal correctionnel de Lille en a décidé autrement. Le 30 avril, il l’a condamné pour complicité de prise illégale d’intérêts et subornation de témoin, assortissant la peine maximale d’inéligibilité d’une exécution provisoire. Concrètement, l’appel immédiatement annoncé par ses avocats ne suspend pas sa sortie forcée de la vie politique locale.

Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice
Condamné à deux ans de prison avec sursis, 75.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien député LREM Jean-Jacques Bridey rejoint la longue liste des élus sanctionnés pour détournement de fonds publics. Le motif : 230 000 euros de fonds publics détournés au fil de mandats cumulés.
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Les faits reprochés à Degallaix: il a fait embaucher une relation intime dans la société gérant le stationnement municipal conflit d'intérêts caractérisé. Il a ensuite tenté de convaincre cette femme de retirer sa plainte (subornation de témoin).

Il a enfin usé de son statut pour accélérer le licenciement d'une proche d'opposants politiques ( abus de pouvoir à peine voilé). Ce qui aggrave le tableau : il avait déjà été condamné pour prise illégale d'intérêts en 2019, via une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.

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"Un dieu qui décide tout" à Valenciennes

La présidente du tribunal a donc parlé d'un « sentiment manifeste d'impunité » et d'une « perte de repères complète ». Le procureur, lui, l'avait dépeint comme un « dieu qui décide tout » à Valenciennes.

Après la condamnation de Marine Le Pen, vite un sondage pour pousser Bardella!
Moins de vingt-quatre heures se sont passées depuis la condamnation de Marine Le Pen et l’on nous gratifie d’un sondage
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéLe Courrier des StratègesCDS
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Côté RN, Sébastien Chenu et Tanneguy Adriencense ont crié à l'« exécution politique » . Pour rappel, Marine Le Pen a elle-même été condamnée en première instance à une peine similaire dans l'affaire des assistants parlementaires européens.

Malgré une condamnation antérieure, malgré une enquête publique et malgré un procès tenu en pleine campagne municipale, Laurent Degallaix a été reconduit par les urnes quelques semaines avant sa chute judiciaire. Comme souvent dans les systèmes locaux fortement personnalisés, l’électeur se retrouve face à des réseaux d’influence, des fidélités anciennes et un entre-soi politique qui survivent aux scandales.

Assistants parlementaires : la justice referme le dossier Mélenchon
La justice française a clôturé, mardi 26 mai 2026, l’instruction ouverte depuis novembre 2018 contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise pour détournement présumé de fonds publics européens. Aucune mise en examen n’a été prononcée. Seuls deux anciens assistants restent en statut de témoin assisté. LFI célèbre une
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamnéLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
Valenciennes: à peine réélu, le maire est aussitôt condamné

Tant que le juge n’intervient pas avec exécution provisoire, le système continue. Le simple électeur, lui, n’a droit ni à la seconde chance ni à l’impunité. À Valenciennes comme ailleurs, la vraie rupture viendra quand les citoyens exigeront que les règles du droit commun s’appliquent enfin aux puissants. Sans exception.

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"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par Parcoursup

Alors que les premiers résultats de Parcoursup tombaient le 2 juin, des lycéens aux dossiers impeccables découvraient des dizaines de refus. Nikita, 17 de moyenne générale au lycée André-Malraux de Biarritz, 28 vœux rejetés malgré maths-physique, quatre langues et une formation Python. À Toulon, Katya, 16 de moyenne en ST2S, préparée depuis des années pour devenir manipulatrice radio, se retrouve sur liste d’attente tandis que ses vœux infirmiers sont acceptés. Derrière ces cas, révélés par Le Parisien, se cache l’échec prévisible d’un système bureaucratique qui prétend « orienter » mieux que les individus et leurs familles.

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Avec 17 de moyenne générale, quatre langues maîtrisées et un solide parcours scientifique, Nikita, 17 ans, a pourtant essuyé 28 refus sur Parcoursup. Son cas est loin d’être isolé. Derrière les statistiques rassurantes du ministère, les premiers résultats de la plateforme révèlent une réalité plus dérangeante : celle d’élèves performants confrontés à une sélection opaque dont les critères demeurent souvent incompréhensibles.

La méritocratie scolaire en panne

Le 2 juin, date de publication des premières réponses Parcoursup, Nikita, élève du lycée André-Malraux à Biarritz, découvre que la quasi-totalité de ses candidatures a été rejetée.

Parcoursup : 17 de moyenne générale, 28 refus, ces bons élèves qui peinent à trouver une formation : Actualités - Orange
Alors que les premiers résultats de Parcoursup ont été dévoilés, de nombreux lycéens découvrent des réponses décevantes, malgré d’excellents dossiers. Certains peinent à comprendre pourquoi les formations qu’ils visaient leur ont échappé, selon des témoignages recueillis par Le Parisien. D’excellents résultats scolaires qui ne suffisent pas. En découvrant les premiers résultats de la plateforme d’admission post-bac Parcoursup, le 2 juin dernier, Nikita, 17 ans, a ressenti une profonde déception lorsqu’il a découvert que 28 de ses vœux avaient été refusés. Élève au lycée André-Malraux à Biarritz, l’adolescent a pourtant tout d’un bon élève. Inscrit en spécialités mathématiques et physique-chimie, le jeune homme a brillamment réussi son année de terminale en obtenant 17 de moyenne générale. L’adolescent parle également quatre langues, dont l’anglais et le serbe couramment, et passe une bonne partie de son temps libre à se former sur Python. Un parcours qui ne lui a cependant pas suffi pour valider ses vœux. “Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas été admis, ni ce que j’aurais dû faire de plus. J’ai pris le temps de me renseigner sur les critères de sélection dans chaque formation, adapté mes lettres de motivation en conséquence et participé à plusieurs journées portes ouvertes. J’ai même pris des cours particuliers pour me préparer aux prépas MPSI que je visais. Mais j’ai l’impression que mes efforts n’ont servi à rien. Je le vis vraiment comme une injustice.” confie-t-il. “L’aberration du système” À plus de 700 kilomètres de là, la désillusion est similaire pour Émilie. Sa fille Katya, également âgée de 17 ans et scolarisée en terminale ST2S au lycée Bonaparte de Toulon, n’a pas été admise dans la formation dont elle rêvait. Depuis des années, la jeune fille rêve de devenir manipulatrice radio et a tout fait pour réaliser son objectif. “Elle s’est inscrite dans la bonne filière, a rencontré des radiologues, effectué des stages, passé le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa)”, énumère sa mère Émilie. Un engagement qui n’a pas porté ses fruits. Malgré une année d’avance et une moyenne générale de 16, Katya se retrouve sur liste d’attente pour intégrer l’Institut de formation public varois des professions de santé, son premier choix. Même situation pour l’école d’Avignon, où elle n’a pas encore obtenu de place. La jeune fille a toutefois été acceptée sur pratiquement tous ses vœux infirmiers alors que ce n’est pas son principal objectif : “C’est toute l’aberration du système”, s’exclame Émilie. Des situations qui remontent régulièrement à la FCPE, comme l’explique Grégoire Ensel, son vice-président : “La plupart du temps, il s’agit d’élèves travailleurs, impliqués, respectueux des consignes, avec de bons résultats, qui ont toujours répondu aux attentes du système scolaire. Et au moment de la découverte des réponses sur Parcoursup, les vœux espérés n’aboutissent pas, ou très mal.” Une injustice pour certains Un échec qui, pour beaucoup, prend la forme d’une injustice.“Beaucoup de parents, notamment dans les classes moyennes et supérieures, ont intégré l’idée que si leur enfant faisait ce qu’on lui demandait à l’école, il serait récompensé”, constate Grégoire Ensel. “Quand cette promesse implicite ne se concrétise pas, c’est extrêmement dur à vivre.” Sur les réseaux sociaux, les témoignages similaires sont nombreux : des élèves sérieux, avec de bons dossiers, qui n’ont pas obtenu la formation qu’ils souhaitaient. Malgré tout, le 2 juin, les deux tiers des lycéens avaient reçu au moins une réponse favorable à l’un de leurs vœux.
"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par ParcoursupOrange ActualitésTristan Gorgeret and 6Medias
"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par Parcoursup

Pourtant, son dossier semble exemplaire : 17 de moyenne générale, spécialités mathématiques et physique-chimie, maîtrise de plusieurs langues et compétences en programmation Python. Malgré une préparation minutieuse de ses candidatures et des démarches ciblées vers les classes préparatoires MPSI, les portes se ferment.

Supprimer 4.000 postes à l’Éducation Nationale fera-t-il baisser le niveau ?
La suppression de 4.000 postes d’enseignants au budget de l’Education Nationale pour 2025 n’a pas tardé à susciter les foudres
"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par ParcoursupLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par Parcoursup

Même constat pour Katya, lycéenne de terminale ST2S à Toulon. Avec une moyenne de 16 et une année d’avance, elle visait une formation de manipulatrice radio. Malgré des stages professionnels, des rencontres avec des praticiens et un engagement démontré, elle se retrouve en liste d’attente dans les établissements qu’elle ciblait. Ironiquement, elle est admise dans de nombreuses formations infirmières qui ne correspondent pas à son projet principal.

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Un algorithme opaque au service d’une allocation administrée

Créé en 2018 pour remplacer APB et ses dysfonctionnements, Parcoursup devait fluidifier l’accès au supérieur. Parcoursup repose sur des algorithmes locaux, des classements propres à chaque établissement et des capacités d’accueil limitées, créant une concurrence intense entre candidats. Le problème n’est donc plus seulement celui de la réussite académique, mais celui des critères de sélection eux-mêmes.

Bac 2026 : l’État redécouvre l’exigence, vingt ans trop tard
Un enfant de 10 ans candidat au bac, un taux de réussite frôlant les 92 %, une fraude en hausse de 30 %, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray vient d’annoncer une série de mesures de renforcement. Salutaires sur le papier. Révélatrices d’un naufrage institutionnel sur le fond. A quelques semaines du
"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par ParcoursupLe Courrier des StratègesLalaina Andriamparany
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L’État a progressivement transféré aux établissements la responsabilité du tri des dossiers tout en maintenant le discours d’une égalité des chances fondée sur le mérite. Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE, résume le problème : ce sont des élèves qui ont « toujours répondu aux attentes du système » et qui se retrouvent néanmoins exclus.

Le mécanisme de sélection de Parcoursup repose sur des critères opaques, définis établissement par établissement, sans que les candidats ni même les familles, puissent en comprendre la hiérarchie réelle.

Bac 2026 : l’orthographe redevient obligatoire… après avoir été sacrifiée
Dans sa circulaire de rentrée publiée le 7 mai 2026 au Bulletin officiel, le ministre Édouard Geffray place « le langage et le raisonnement scientifique » au cœur de la mission des enseignants. Fini les « textes à trous » en primaire : place au geste scripteur et aux phrases complètes. Au baccalauréat, la qualité
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"Beaucoup de parents, notamment dans les classes moyennes et supérieures, ont intégré l'idée que si leur enfant faisait ce qu'on lui demandait à l'école, il serait récompensé", dénonce Grégoire Ensel.

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Les bons élèves découvrent l’arbitraire d’État

Les témoignages concordent : élèves travailleurs, respectueux des règles scolaires, impliqués dans des stages et des journées portes ouvertes, se heurtent à un mur. Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE, le reconnaît : ces profils « répondent aux attentes du système » mais n’obtiennent pas les places espérées.

Derrière la rhétorique de la « méritocratie républicaine » se jouent des rapports de force. Les filières sélectives (classes prépa, IFSI, paramédical) appliquent des quotas implicites, des priorités géographiques ou sociales et une logique de remplissage statistique.

L’État, en monopole quasi-absolu sur la régulation des formations et des numerus clausus, décide de l’offre de places. Parcoursup illustre parfaitement les limites de la planification par l’État : il produit de la frustration, de l’arbitraire et un gâchis humain coûteux. Plutôt que de laisser les établissements sélectionner librement et les étudiants choisir sans intermédiaire bureaucratique, on maintient une illusion d’équité qui sert surtout à préserver les rentes institutionnelles et les équilibres corporatistes.

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Euro numérique : quand la CNIL s'inquiète elle-même pour votre vie privée

La CNIL et son homologue allemande , BfDI, ont posé, le 13 mai, leurs conditions à la confidentialité de l'euro numérique. Le Comité européen de la protection des données exige que la BCE révise sa copie sur trois points critiques. Pendant ce temps, à Bruxelles, la BCE continue de promettre la « liberté de paiement » et le calendrier, lui, ne bouge pas : émission prévue pour 2029.

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Le 3 juin 2026, Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, a réaffirmé devant le Parlement européen l’engagement de l’institution en faveur de la liberté de paiement et de la complémentarité entre espèces et euro numérique. Quelques semaines plus tôt, le 13 mai, la CNIL et son homologue allemande, la BfDI, publiaient une mise au point conjointe exigeant des garanties concrètes de confidentialité. Le Comité européen de la protection des données (CEPD) demande à la BCE de revoir sa copie sur trois points cruciaux : les paiements hors ligne sans connexion internet, les paiements de pair à pair, et un seuil de confidentialité pour éviter le traçage systématique des transactions.

Confidentialité de l’euro numérique : où en sommes-nous ?
Les autorités européennes chargées de la protection des données conseillent les institutions de l’UE sur ce sujet depuis le début du projet et expliquent pourquoi un niveau élevé de protection de la vie privée et des données est une condition essentielle au succès du projet et à ses avantages po
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« Sans un haut niveau de confidentialité, l'euro numérique ne tiendra pas ses promesses. »
— CNIL & BfDI, communiqué conjoint du 13 mai 2026

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Des gardiens qui tirent la sonnette d'alarme

Le 13 mai 2026, la CNIL et son homologue allemande, la BfDI, ont publié une mise au point conjointe inédite sur l'architecture du futur euro numérique. Le même jour, le Comité européen de la protection des données (CEPD) demandait officiellement à la BCE de revoir sa copie sur trois points précis : les paiements hors ligne sans connexion internet, les transactions de pair à pair, et surtout l'instauration d'un seuil de confidentialité en dessous duquel aucun traçage ne serait possible. L'objectif explicite : éviter « un traçage généralisé des transactions ».

Euro numérique : la CNIL pose les conditions de la confidentialité avant 2029
CNIL et BfDI précisent les exigences de confidentialité de l’euro numérique avant l’émission de 2029. Ce que les DPO doivent anticiper dès maintenant.
Euro numérique : quand la CNIL s'inquiète elle-même pour votre vie privéeLetoLeto
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Cette dernière formulation mérite qu'on s'y arrête. Elle ne vient pas d'un collectif de militants libertaires, ni d'un think-tank eurosceptique ; elle sort de la plume des régulateurs européens eux-mêmes, ceux-là mêmes qui sont censés valider l'architecture du système.

Euro numérique : comment s’en protéger ? par Vincent Clairmont
Le Parlement européen doit se prononcer en mai 2026 sur le mandat de négociation du règlement relatif à l’euro numérique, soit deux ans et onze mois après le dépôt de la proposition de la Commission européenne en juin 2023. Le Conseil de l’Union européenne a adopté sa position commune en
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Un rapport d'experts du CEPD d'octobre 2025 avait déjà établi qu'un système à jetons pouvait garantir l'anonymat pour les paiements hors ligne mais cette option reste, à ce stade, non contraignante dans le texte législatif dont l'adoption n'est pas attendue avant 2027.

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La BCE rassure, le calendrier lui donne raison

Le 3 juin, devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, a réaffirmé que l'euro numérique « préserverait la liberté de paiement des Européens ».

La monnaie des Européens évolue pour préserver leur liberté de paiement
La Banque centrale européenne (BCE) est la banque centrale des pays de l’Union européenne qui ont adopté l’euro. Notre principale mission consiste à maintenir la stabilité des prix dans la zone euro et à préserver ainsi le pouvoir d’achat de la monnaie unique.
Euro numérique : quand la CNIL s'inquiète elle-même pour votre vie privéeEuropean Central BankEuropean Central Bank
Euro numérique : quand la CNIL s'inquiète elle-même pour votre vie privée

Discours bien rodé, chiffres en ordre de bataille : plus de 50 candidatures reçues pour le pilote, annonce des prestataires sélectionnés prévue en juillet, démarrage du pilote au second semestre 2027, émission à l'horizon 2029. La mécanique institutionnelle est en marche, et elle ne s'arrête pas pour attendre les objections des gardiens de la vie privée.

ALERTE : la grande laisse monétaire de l’euro numérique adoptée de façon imminente
Et si défenseurs fédéralistes et adversaires souverainistes de l’euro numérique se trompaient au même endroit, sans s’en apercevoir ? L’instrument que la BCE s’apprête à faire voter ne change pas seulement nos moyens de paiement. Il achève, à le bien regarder, l’invention d’une tutelle dont Tocqueville avait, voici un siècle et
Euro numérique : quand la CNIL s'inquiète elle-même pour votre vie privéeLe Courrier des StratègesÉric Verhaeghe
Euro numérique : quand la CNIL s'inquiète elle-même pour votre vie privée

Sur le fond, la BCE met en avant deux arguments. Premier argument : l'euro numérique serait une monnaie non programmable contrairement au yuan numérique chinois, aucun tiers ne pourrait conditionner un paiement.

Deuxième argument : l'institution s'est engagée à respecter le RGPD dans son architecture, notamment les principes de minimisation des données et de limitation des finalités inscrits à l'article 5. Sauf que ces garanties ne sont, pour l'instant, que des engagements déclaratoires, le cadre législatif contraignant n'existe pas encore.

Le pilote prévu au second semestre 2027, après sélection des prestataires en juillet, permettra de tester cette infrastructure avant l’émission. Les citoyens, eux, n’ont pas vraiment leur mot à dire sur ce choix stratégique.

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Le véritable enjeu: qui contrôle l'infrastructure de demain?

Aujourd'hui, 61 % des paiements par carte dans la zone euro transitent par deux réseaux non européens , à savoir Visa et Mastercard. L'euro numérique se présente comme la réponse souverainiste à cette dépendance : une infrastructure publique, des normes ouvertes, un acteur européen au cœur du système.

Euro numérique : l’architecture programmable se précise par Vincent Clairmont
Le plafond de détention par personne fixé par la BCE pour la phase pilote de l’euro numérique s’établit à 3 000 euros, selon les annonces du Conseil des gouverneurs du 24 mars 2026 reprises par le discours public de Christine Lagarde. La Bundesbank pousse pour un plafond plus bas, entre
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Cependant, remplacer une dépendance privée américaine par une dépendance publique européenne n'est pas, par définition, un progrès pour la vie privée des citoyens. Une banque centrale qui sait, en temps réel, où, quand et combien chaque résident de la zone euro dépense dispose d'un instrument de surveillance financière sans précédent, quelles que soient ses bonnes intentions déclarées. Le fait que 81 % des adultes européens se disent inquiets de l'usage de leurs données de paiement n'a pas modifié d'un iota le calendrier de la BCE.

Pour les libertariens, une monnaie centrale numérique, même avec des garde-fous techniques, concentre entre les mains d’une bureaucratie un levier inédit de traçabilité des échanges privés. Dans un contexte où la France a perdu sa souveraineté monétaire au profit de Francfort et Bruxelles, cet euro numérique illustre parfaitement les dérives de l’UE. La vraie liberté de paiement passe par le maintien des espèces physiques et, à terme, par la reconquête nationale de notre politique monétaire.

Désormais, lorsque les gardiens de la vie privée tirent eux-mêmes la sonnette d’alarme, il serait imprudent de considérer le débat comme réglé.

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L'humeur de Veerle Daens : Mélenchon à Saint-Denis, la primaire est finie, le décret commence

Mes chers libertariens de l'Absurdistan, permettez à une Flamande qui prend son café devant le carillon de Saint-Rombaut de vous rapporter ce qui s'est dit dimanche place Victor-Hugo à Saint-Denis, entre une mairie insoumise et une basilique royale — car le décor, déjà, est un programme.

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Vingt-six mille personnes, paraît-il. Un homme monte, et annonce trois choses. La primaire est finie : entendez qu'il est, sans le moindre doute possible, la première force du changement, ce qui en bon français de meeting signifie que le Parti socialiste n'existe plus. L'union de la gauche commence donc par l'excommunication d'une partie de la gauche. C'est une méthode. À Malines, on appelle ça inviter tout le monde au mariage en barrant la moitié des noms sur le faire-part.

Puis vient le programme, et là, amai, le tableur se met à trembler. Le SMIC à mille sept cents euros — par la parole, comme on transforme l'eau en vin. La retraite à soixante ans, ou quarante annuités, au choix — comme si l'on choisissait la couleur d'une cuisine et non l'équilibre d'un régime que personne ne sait plus financer. On ne nous dit pas qui paie. On ne le dit jamais. C'est l'argument de vente du décret : le prix est toujours dans une autre pièce, celle où l'on ne fait pas entrer le public.

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Mais le plus beau, mes chers lecteurs sans tableur, c'est la première loi promise dès le début du mandat : démanteler les trusts médiatico-culturels. Méditez la chose. Un homme qui veut décider, par la force de l'État, quels journaux sont trop gros, quelles voix sont trop concentrées, quels propriétaires sont de trop. La concentration de la presse l'inquiète ; sa solution est de concentrer entre ses mains le pouvoir de la défaire. Il dénonce des trusts ; il propose le plus beau de tous : le monopole d'État sur la liste des monopoles tolérés. Ceci n'est pas une censure, dira le tableau. Au mur, l'horloge marquera l'heure exacte où la liberté de la presse a été sauvée en étant nationalisée.

Le reste suit la pente : planification écologique, inégalités, antiracisme, et le Rassemblement national rangé sous le mot suprémacisme, comme on jette un drap sur un meuble qu'on ne veut plus regarder. On ne discute pas un adversaire qu'on a fini de nommer. On le range.

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Voilà donc l'offre. Un État qui fixe les salaires, qui rouvre les retraites, qui choisit les journaux, qui désigne les méchants. On appelle cela, place Victor-Hugo, l'émancipation.

Une dernière question, mes amis du Pays-des-Cartésiens, à méditer devant votre café froid : quand l'État aura décidé quels médias sont trop puissants pour être libres, qui décidera que l'État est devenu trop puissant pour être contredit ?

Réfléchissez. À Malines, on a déjà rangé le faire-part.

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Présidentielle 2027 ? ou la République en délibéré

Et si la principale échéance de la prochaine présidentielle n'était pas une élection, mais une audience ? Le 7 juillet, à treize heures trente, une cour d'appel dira un mot qui pèsera plus lourd qu'un congrès. L'affaire en dit moins sur le Rassemblement national que sur un pays qui a pris l'habitude de trancher ses questions politiques ailleurs que dans l'isoloir.

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Il existe des dates qui ne paient pas de mine, qui se logent dans un agenda judiciaire entre deux renvois et trois remises, qui n'ont l'air de rien pour qui ne suit pas l'affaire, et le 7 juillet 2026, à treize heures trente, est de celles-là : la cour d'appel de Paris y rendra son délibéré sur l'inéligibilité de Marine Le Pen. Treize heures trente. L'heure creuse de la digestion, celle où les rédactions somnolent et où les Français retournent à leur travail. C'est à cette heure-là, j'imagine, qu'on aura choisi de dire si la principale opposante au pouvoir pourra, ou non, se présenter devant les électeurs en 2027.

Une heure. Une cour. Une candidature suspendue à un mot.

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L'audience qui vaut un congrès

Rappelons les faits, car ils sont précis et méritent de l'être. En première instance, le 31 mars 2025, Marine Le Pen avait été condamnée dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national à quatre ans de prison dont deux fermes, cent mille euros d'amende, et cinq ans d'inéligibilité assortis de l'exécution provisoire — c'est-à-dire applicable immédiatement, sans attendre l'appel. Le procès en appel s'est tenu du 13 janvier au 12 février 2026. Le parquet général y a requis la confirmation des condamnations et de cinq ans d'inéligibilité, mais cette fois sans exécution provisoire. La nuance est technique ; ses effets sont vertigineux. Et le délibéré, donc, le 7 juillet.

Voilà le décor. Maintenant, regardons les deux camps, parce qu'il y a deux camps et qu'aucun n'a tout à fait tort.

D'un côté, ceux qui se réjouissent. Nul n'est au-dessus des lois, disent-ils, et le détournement de fonds publics européens, si détournement il y a, ne saurait être lavé par le suffrage. L'argument est sérieux. On ne le balaiera pas d'un revers de main libertarien : un État de droit qui exempterait ses puissants de la règle commune ne serait plus un État de droit. De l'autre côté, ceux qui crient au déni de démocratie : écarter par une décision de justice la candidate que les sondages placent en tête, n'est-ce pas, disent-ils, confier au juge le soin de faire ce que l'électeur s'apprêtait à défaire ?

Je ne trancherai pas entre ces deux cris. Ce qui me retient, c'est ce qu'ils ont en commun. Les deux camps, sans se l'avouer, sont d'accord sur un point : le véritable électeur, en 2027, siège peut-être en robe. L'un s'en félicite, l'autre s'en désole. Aucun ne conteste le fait. Et le fait, à le bien regarder, est l'événement.

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Ce que Tocqueville avait vu venir

Il faut ici faire un détour, et le faire par l'Amérique, parce qu'un Français de 1835 y a vu ce que nous vivons en 2026. Tocqueville, parcourant la jeune République américaine, fut frappé par une singularité qu'il consigna dans De la démocratie en Amérique avec sa netteté coutumière : « Il n'est presque pas de question politique, aux États-Unis, qui ne se résolve tôt ou tard en question judiciaire. » Il observait une société où l'on portait devant les tribunaux ce que d'autres portaient sur les barricades. Il y voyait, faut-il le dire, un trait plutôt rassurant : le procès plutôt que l'émeute, l'avocat plutôt que le pavé.

Mais Tocqueville était trop fin pour ne pas apercevoir le revers. Quand tout devient justiciable, le juge cesse d'être l'arbitre des litiges pour devenir l'arbitre des destins. Il ne dit plus seulement le droit entre deux parties ; il dit le possible et l'impossible à un peuple entier. Et ce glissement, qui s'opère sans coup d'État, sans char dans la rue, sans rien de ce qui rend une tyrannie reconnaissable, est précisément le plus difficile à nommer. Il a la douceur des choses légales. C'est, transposé à notre objet, l'exacte définition du despotisme doux que le même Tocqueville décrivait au tome second : un pouvoir qui ne brise pas les volontés, qui les amollit, qui les plie, et qui finit par tenir chaque citoyen « comme des chiens battus qui demeurent peureux toute leur vie ». Nous n'en sommes pas là. Mais la pente, je suppose, est celle-là.

Le juge n'a rien usurpé. Il applique la loi qu'on lui a donnée. La question n'est pas sa probité ; elle est notre habitude. Nous avons pris l'habitude de demander au tribunal ce que nous ne savons plus régler par le vote.

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Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas

Bastiat nous a légué une discipline du regard : derrière l'effet visible, chercher les effets qu'on ne voit pas. Appliquons-la.

Ce qu'on voit, c'est une candidate empêchée, ou autorisée — selon ce que dira la cour. C'est un scrutin amputé d'un nom, ou maintenu avec lui. C'est un titre de presse, un soir de juillet, et l'agitation qui suivra.

Ce qu'on ne voit pas, c'est plus grave et plus lent. C'est un corps électoral qui apprend, élection après élection, à ne plus tenir son bulletin pour l'acte décisif. Qui prend le pli d'attendre, avant de voter, de savoir qui aura le droit de recevoir son vote. Qui intègre, sans même le formuler, que le premier tour se joue en amont, dans des prétoires, sur des questions de procédure dont il ne maîtrise ni le calendrier ni le vocabulaire. Ce citoyen-là ne se révolte pas. Il se retire. Il développe, à l'endroit de la chose publique, cette espèce d'ardeur de mouton qui suit le mouvement sans plus croire qu'il le commande. On ne mesure pas ce retrait dans les sondages d'intention de vote. On le mesurera, plus tard, dans les taux d'abstention, dans la défiance, dans le sentiment diffus que l'élection est une cérémonie dont l'issue se décide en coulisses. Ce qu'on ne voit pas, c'est le consentement qui s'effrite.

Et le consentement est tout. Une démocratie ne tient pas par ses procédures ; elle tient par la croyance partagée que ces procédures décident. Le jour où cette croyance s'use, les procédures restent, et la démocratie s'en va. Seuls demeurent les gestes.

Ce n'est pas nouveau, c'est très français

Qu'on ne s'y trompe pas : la tentation d'écarter l'adversaire plutôt que de le battre n'est pas une invention de notre temps. Elle est, à vrai dire, l'un des plus vieux réflexes de notre histoire politique. La Révolution, qui inventa tant de choses admirables, inventa aussi la proscription comme mode de gouvernement : on ne discutait pas le Girondin, on le décrétait hors-la-loi. La Restauration eut ses listes, l'épuration de 1944 les siennes, et chaque régime, en s'installant, dressa l'inventaire de ceux qu'il fallait rendre inéligibles, indignes, ou simplement absents. La France a toujours eu un faible pour la solution qui consiste à retirer un nom plutôt qu'à gagner un argument.

Je ne compare pas les peines. Une condamnation pour détournement de fonds n'est pas une proscription révolutionnaire, et il serait malhonnête de feindre de le croire. Je note seulement la permanence d'un tropisme : la préférence française pour l'exclusion sur la persuasion, pour le couperet sur le débat, pour la liste sur le vote. Les régimes changent, les motifs se raffinent, les procédures se civilisent. Le geste, lui, demeure étrangement stable.

Nous avons changé les formes. Nous n'avons pas changé le penchant.

Pendant ce temps

Et pendant que tout un pays guette une heure de délibéré et commente un sondage Odoxa — Bardella à 32 % au premier tour, vainqueur au second quel que soit l'adversaire ; Mélenchon et Philippe au coude-à-coude pour la deuxième place, à un point l'un de l'autre ; le candidat de la France insoumise lançant sa campagne devant 26 000 personnes à Saint-Denis en annonçant que « la primaire est finie » —, pendant ce temps, donc, un autre chiffre court sans faire de bruit. Ce n'est ni le 32 %, ni le 52-48. C'est la part, lentement croissante, de citoyens qui ne croient plus que leur voix tranche quoi que ce soit.

Ce chiffre-là, aucun institut ne le titre. Il n'a pas la beauté virale d'un duel de second tour. Mais c'est le seul qui dise vraiment l'état du régime. Une République se porte bien quand ses électeurs se disputent le résultat. Elle se porte mal quand ils se demandent si le résultat dépend encore d'eux. Nous en sommes, peut-être, à ce point de bascule où la question cesse d'être qui va gagner pour devenir qui aura le droit de concourir — et c'est une tout autre question, qui n'appelle plus le même genre de réponse.

Dernier mot

Que ferait une société libre, à notre place ? Elle ne mettrait pas son avenir en délibéré. Elle ne suspendrait pas le sort d'une nation à l'heure d'une audience, fût-elle parfaitement régulière. Non qu'elle méprise la justice — au contraire, elle la tiendrait pour trop précieuse pour la charger de ce qui n'est pas son office. Le rôle du juge est de dire le droit entre des parties, non de composer la liste des candidats qu'un peuple aura le droit de départager. Quand on lui confie cette seconde tâche, on l'abîme, et l'on s'abîme avec lui.

Une société libre, surtout, cesserait de croire que la souveraineté tient tout entière dans le rite quinquennal d'un bulletin déposé dans une urne, puis confisqué pour cinq ans. Elle chercherait à rapprocher la décision du citoyen, à la rendre continue plutôt que ponctuelle, vérifiable plutôt que déléguée, vivante plutôt que cérémonielle. Il existe des chemins pour cela, dont certains portent déjà des noms — démocratie directe, démocratie liquide, sécession des consciences qui décident d'abord d'être souveraines d'elles-mêmes avant de l'être d'un pays. Je ne prétends pas qu'ils soient mûrs. Je dis seulement qu'on les cherchera, tôt ou tard, le jour où l'on aura compris qu'un peuple qui attend de ses tribunaux qu'ils lui désignent ses candidats a déjà, sans s'en apercevoir, cessé de se gouverner.

Le 7 juillet, à treize heures trente, une cour dira son mot. Elle dira le droit, et elle le dira sans doute correctement. Ce n'est pas elle qu'il faut regarder. C'est nous, qui attendons d'elle, désormais, qu'elle nous dise ce que nous n'osons plus décider nous-mêmes.

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Piscines municipales: pourquoi votre taxe foncière explose cet été

Alors que l’été 2026 s’annonce caniculaire, les Français découvrent dans leurs avis d’imposition locale la note cachée des équipements aquatiques. Plus de 2 800 communes ont lancé des projets entre 2023 et 2025 pour un total de 4,2 milliards d’euros. À Toulouse, la contribution aux équipements aquatiques atteint désormais 85 euros par foyer et par an, une ligne budgétaire inexistante avant 2024. Personne n’a consulté le contribuable : les élus coupent le ruban, les ménages règlent l’addition.

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Entre 2023 et 2025, plus de 2 800 communes ont lancé des chantiers aquatiques pour 4,2 milliards d'euros au total. La note arrive cet été dans les avis de taxe foncière : jusqu'à 320 euros supplémentaires par foyer, une ligne budgétaire imposée sans référendum, sans consultation, et surtout sans alternative proposée au contribuable.

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La dérive des coûts, symptôme d'une gestion hors sol

Un complexe aquatique municipal coûtait 5,2 millions d'euros en 2020. Il en coûte aujourd'hui 8,5 millions en moyenne , soit une progression de 63 % en cinq ans, sans que les contribuables n'y aient jamais été explicitement associés. L'exemple rennais est à cet égard canonique : le centre aquatique intercommunal inauguré en mars 2026 a englouti 12,3 millions d'euros, soit 40 % de plus que les prévisions de 2022.

Facture de piscine municipale : pourquoi vos taxes locales flambent cet été 2026 - Le Blog Finance
Les communes investissent massivement dans les équipements aquatiques face aux canicules répétées, entraînant une hausse significative des impôts locaux. Décryptage de l’impact sur votre budget familial.
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À Rennes Métropole, la taxe foncière a mécaniquement augmenté de 8,5 % pour absorber la dérive. Les systèmes de filtration écologique, rendus obligatoires par la réglementation de 2024, ajoutent à eux seuls 1,2 million d'euros au coût initial de chaque équipement. L'écologie réglementaire a bon dos : elle permet de justifier le surcoût tout en évitant soigneusement la question du pilotage budgétaire.

Impôts 2026 : la liste complète de ce qui doit être adopté, par Elise Rochefort
Après le recours à l’article 49.3, le gouvernement devrait faire passer (si tout va bien, et grâce au soutien du Parti Socialiste) un train de recettes fiscales qu’Elise Rochefort a synthétisé pour nous. Le texte présenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu vise un redressement des comptes publics pour
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Selon les dernières données du ministère de l’Intérieur, les impôts locaux progressent en moyenne de 6,2 % en 2026. Pour de nombreux propriétaires, la hausse représente entre 180 et 320 euros supplémentaires par an.

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L’impôt local devient la variable d’ajustement

Dans les communes ayant investi dans des équipements aquatiques, la taxe foncière a augmenté de 7,8 % en moyenne, contre seulement 2,1 % dans les collectivités qui n’ont pas engagé ces projets. L’agglomération toulousaine illustre parfaitement cette tendance : une contribution spécifique aux équipements aquatiques atteint désormais 85 euros par foyer et par an, alors qu’elle n’existait pas avant 2024.

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Piscines municipales: pourquoi votre taxe foncière explose cet étéLe Courrier des StratègesRédaction
Piscines municipales: pourquoi votre taxe foncière explose cet été

Le plus frappant reste sans doute le décalage entre les décisions et leur contrôle démocratique. Peu de contribuables ont réellement mesuré l’impact fiscal de ces investissements au moment de leur lancement. Les inaugurations offrent une visibilité politique immédiate aux élus ; le coût, lui, est dilué sur plusieurs années et réparti sur l’ensemble des ménages.

Cette affaire illustre parfaitement le mécanisme pervers du modèle français : des élus locaux dépensent l’argent d’autrui pour se valoriser, pendant que le contribuable, silencieux et désarmé, voit son pouvoir d’achat rogné sans avoir jamais été consulté.

La question de la pertinence économique de ces investissements reste entière : qui a évalué le rapport coût-bénéfice à l'échelle intercommunale ?La réponse est: personne. Ou du moins, aucun organe indépendant soumis à une véritable responsabilité devant les administrés. L'Association des maires de France valide, l'État subventionne partiellement, les entreprises de BTP remportent les marchés et enfin, le contribuable, lui, reçoit la facture.

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