Normal view

L'humeur de Veerle Daens : brûler vos feuilles mortes vous coûtera 750€ d'amende...

By: CDS
18 June 2026 at 09:20

En France, brûler le tas de feuilles de votre propre jardin coûte sept cent cinquante euros. Pas l'écobuage de l'agriculteur d'en face, autorisé par arrêté préfectoral. Pas l'incendie de forêt de l'été dernier, qui a craché mille fois plus de fumée. Non : votre feu. Le petit. Le vôtre. Celui qu'on voit.

L'humeur de Veerle Daens : brûler vos feuilles mortes vous coûtera 750€ d'amende...
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'humeur de Veerle Daens : brûler vos feuilles mortes vous coûtera 750€ d'amende...

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Mes chers libertariens de l'Absurdistan, permettez-moi de contempler la chose. Depuis la loi du 10 février 2020 — celle qu'on a baptisée, sans rire, "économie circulaire" —, le "brûlage à l'air libre" des "déchets verts" est interdit partout, tout le temps, à la campagne comme en ville, avec le brasero rouillé du grand-père comme avec l'incinérateur flambant neuf. Sanction : contravention de 4e catégorie. Sept cent cinquante euros pour un tas de feuilles.

Imaginez le dialogue. Où dois-je porter mes branches mortes, monsieur ? À la déchetterie. Comment ? En voiture. À douze kilomètres ? Oui. Au diesel, en faisant brûler du gazole pour ne pas brûler du bois ? La "norme" ne se prononce pas sur ce point. La norme ne se prononce jamais sur ce qui la contredit. Elle se prononce sur vous.

L'humeur de Veerle Daens : brûler vos feuilles mortes vous coûtera 750€ d'amende...
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !



Voilà le génie du dispositif, et il dépasse Brueghel, dépasse Ensor, dépasse les bûchers fantastiques d'un carnaval flamand : on a interdit le feu de jardin au nom de l'air pur, et l'on vous somme de charger votre coffre, de rouler, de faire la queue, de revenir — pour "valoriser la filière de traitement". Le carbone de votre feu était un crime ; le carbone de votre trajet est une vertu civique. Miljaardedju — chez nous, on a un mot pour la fumée qu'on ne voit pas mais qui pue.

Et l'asymétrie, mes amis du Pays-des-Cartésiens, l'asymétrie est sublime. Le citoyen qui brûle trois fagots est verbalisé. L'agriculteur qui pratique l'écobuage sur des hectares obtient une dérogation préfectorale : son feu, lui, est raisonné. La forêt qui part en flammes au mois d'août relâche en une après-midi ce que votre jardin n'aurait pas exhalé en mille ans : nul ne la verbalise, elle. La République ne corrige que le feu qu'elle peut voir depuis la fenêtre du voisin. Bastiat appelait cela "ce qu'on ne voit pas". Bercy appelle cela une recette.

L'humeur de Veerle Daens : brûler vos feuilles mortes vous coûtera 750€ d'amende...
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !


Posez-vous donc, devant votre café froid, cette question : quand l'État aura fini d'interdire la fumée qu'il voit pour bénir celle qu'il ne voit pas, sur quel critère décidera-t-il, demain, lequel de vos souffles est "valorisable" et lequel est une contravention ?

Réfléchissez. À Malines, on regarde la fumée monter du jardin du voisin, et l'on attend le jour où il faudra une déclaration préalable pour respirer.

❌