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La Justice manque-t-elle vraiment de moyens ? Assez de cette farce...

La Justice manque-t-elle vraiment de moyens ? Assez de cette farce...

par Elise Rochefort

La question revient à chaque fait divers, à chaque procès médiatisé, à chaque rapport parlementaire : la justice française serait exsangue, faute de crédits. L'affirmation mérite d'être confrontée aux documents budgétaires.

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Sur les dix dernières années, la mission Justice est l'une des rares missions du budget de l'État en hausse continue ; sur la même période, les délais de jugement se sont allongés et la France demeure dans le bas des classements européens. Les deux séries de chiffres sont exactes. C'est leur coexistence qui constitue le sujet.

Lyhanna : au lieu d’une nouvelle loi, mettons l’administration au travail
par Thibault de Varenne Une enfant de onze ans a disparu à Fleurance, dans le Gers, le 29 mai. On a retrouvé son corps le 4 juin. Elle s’appelait Lyhanna. Le pays s’est arrêté un instant, comme il convient devant une tombe d’enfant, puis il a fait ce qu’il fait
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Dix ans de hausse continue

Les crédits de la mission Justice s'élevaient à environ 8 milliards d'euros en 2016. Ils ont progressé de manière ininterrompue depuis : 8,86 milliards en 2022 (hors contribution aux pensions), 10,1 milliards en 2024 — en hausse de 5,3 % sur un an —, et 10,7 milliards d'euros inscrits au projet de loi de finances pour 2026, soit 266 millions de plus qu'en 2025. Le Sénat relève que les crédits de la mission ont augmenté d'un tiers en euros constants en dix ans — c'est-à-dire une fois l'inflation déduite — et que la justice est, dans le projet de loi de finances pour 2026, l'un des rares budgets en hausse.

Cette progression s'inscrit dans deux lois de programmation successives. La seconde, la loi d'orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027, fixe une trajectoire de 8,86 milliards d'euros en 2022 à 10,75 milliards en 2027, et prévoit 10 000 créations nettes d'emplois sur la période, dont 1 500 magistrats et 1 800 greffiers. À ce stade, les rapporteurs budgétaires des deux assemblées constatent que la trajectoire financière est globalement tenue.

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Ce que disent les comparaisons européennes

La Commission européenne pour l'efficacité de la justice (CEPEJ), organe du Conseil de l'Europe, publie tous les deux ans une évaluation comparée des systèmes judiciaires. Son rapport 2024, portant sur les données 2022, situe la France à 77,2 euros par habitant et par an consacrés au système judiciaire, contre 96,8 euros en Espagne, 100,6 euros en Italie, 102,5 euros en Belgique et 136,1 euros en Allemagne. Rapporté à la richesse nationale, l'effort français représente 0,20 % du PIB, pour une médiane européenne de 0,28 %.

Les effectifs suivent le même profil. La France compte 11,3 juges professionnels pour 100 000 habitants, contre 12,2 en Italie, 14 en Belgique et 24,2 en Allemagne. L'écart est plus marqué encore au parquet : 3,2 procureurs pour 100 000 habitants, pour une médiane européenne de 11,2 — les procureurs français traitant, à effectifs réduits, un périmètre de tâches parmi les plus larges d'Europe.

Deux précautions de lecture s'imposent. Les périmètres ne sont pas strictement comparables : l'Allemagne fédérale intègre des dépenses portées en France par d'autres missions, et la donnée CEPEJ de 2022 ne reflète pas encore la montée en charge de la programmation 2023-2027. La hiérarchie d'ensemble, elle, n'est contestée par aucune des parties prenantes.

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Ce que les crédits ont produit

Sur la décennie de hausse budgétaire, l'indicateur le plus suivi — le délai de traitement des affaires civiles — s'est dégradé : selon les chiffres du ministère transmis aux commissions parlementaires, il a doublé en dix ans, de 279 jours à 637 jours en moyenne pour une affaire au fond.

L'affectation des crédits éclaire en partie ce paradoxe. Une fraction importante de la hausse a été absorbée par l'administration pénitentiaire — de l'ordre de 40 %

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Comment Trump a permis d'industrialiser les délits d'initié en bourse...

Comment Trump a permis d'industrialiser les délits d'initié en bourse...

par Vincent Clairmont

Près de 800 millions de dollars de positions vendeuses sur les contrats à terme pétroliers ont été placés le 8 juin à 8 h 24, heure de New York, selon les données de séance horodatées publiées par The Kobeissi Letter. Vingt et une minutes plus tard, à 8 h 45, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi déclarait le détroit d'Ormuz « complètement ouvert ». À 9 h 10, les cours s'étaient effondrés. Le Brent, qui avait touché 126 dollars au pic de mars, refluait vers 93 dollars. Pour qui avait vendu quarante-six minutes plus tôt, l'opération était bouclée.

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Un incident isolé relèverait de la chance. Celui-ci est le cinquième en onze semaines.

La série documentée

Depuis le début de la guerre d'Iran, cinq épisodes de ventes massives précédant de quelques minutes à quelques heures une annonce qui fait baisser les cours ont été documentés publiquement, principalement par The Kobeissi Letter, et recoupés par Seeking Alpha et Asia Times.

Le 22 mars, environ 580 millions de dollars de positions vendeuses sont placés quinze minutes avant un message de Donald Trump sur Truth Social annonçant une pause des frappes sur les installations énergétiques iraniennes ; le pétrole perd 10 %. Le 7 avril, environ 950 millions précèdent de quelques heures l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines et de la réouverture d'Ormuz ; les cours perdent 15 %. Le 17 avril, 7 990 lots de Brent — environ 750 millions de dollars — sont vendus vingt minutes avant une déclaration du ministre iranien confirmant l'ouverture du détroit. Le 6 mai, à 3 h 40 du matin heure de New York, environ 10 000 contrats vendeurs sur le WTI et le Brent — 920 millions de dollars de notionnel — sont placés soixante-dix minutes avant qu'Axios ne révèle que Washington et Téhéran sont « proches » d'un mémorandum d'entente ; à 7 heures, les cours ont perdu plus de 12 %, et la position a gagné environ 125 millions de dollars. Le 8 juin, enfin, les 800 millions évoqués plus haut.

Total cumulé : plus de 4 milliards de dollars de notionnel — la valeur faciale des contrats, à distinguer du capital réellement engagé, qui se limite au dépôt de garantie, soit un levier de l'ordre de dix à vingt fois. C'est ce levier qui transforme une baisse de 12 % en un gain de 125 millions pour une mise initiale de quelques dizaines de millions.

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Ce que la mécanique exige

Un contrat à terme vendeur ne demande aucune compétence particulière pour être rentable dans cette configuration. Il demande une seule chose : connaître l'annonce avant le marché. Or les cinq annonces concernées ont un point commun.

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