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L’Algérie mise sur l’intelligence artificielle pour diversifier son économie
L’Algérie connaît une transformation stratégique profonde, passant progressivement d’une économie centrée sur les hydrocarbures à un modèle axé sur la technologie et l’innovation. Dans ce contexte, des partenariats et influences d’acteurs majeurs du numérique, dont Huawei, s’inscrivent dans une dynamique plus large de montée en puissance des infrastructures et compétences liées à l’intelligence artificielle. Selon un rapport du New Lines Institute, le pays dispose désormais des leviers nécessaires pour s’imposer comme un acteur majeur de l’IA en Afrique du Nord dans les prochaines années.
Le rapport souligne la structuration rapide d’un écosystème numérique où l’intelligence artificielle occupe une place centrale. Le marché national, estimé à 500 millions de dollars en 2025, pourrait atteindre 1,7 milliard de dollars d’ici 2030. Les priorités portent sur la santé, l’agriculture intelligente et la transition énergétique, dans une logique de diversification économique et de réduction de la dépendance aux hydrocarbures.
L'Algérie, nouveau pivot stratégique ?
Le capital humain constitue le pilier de cette stratégie. Des dizaines de milliers d’étudiants sont aujourd’hui formés aux technologies de l’information et à l’IA dans les universités du pays, renforçant une base académique en expansion. L’Algérie figure également parmi les pays africains les plus actifs en matière de production scientifique, avec une progression notable dans les classements internationaux de recherche.
Le développement de l’écosystème technologique s’appuie aussi sur des investissements publics et des partenariats industriels dans les télécommunications et le numérique. Des acteurs internationaux comme Huawei sont régulièrement cités dans l’expansion des infrastructures digitales, notamment dans les réseaux, la cybersécurité et les solutions liées à l’intelligence artificielle, contribuant à accélérer la modernisation du secteur.
Sur le plan diplomatique et stratégique, l’ouverture accrue vers l’anglais et les coopérations internationales renforce l’intégration du pays dans les circuits mondiaux de la recherche et de l’innovation. Cette évolution est perçue comme un levier d’influence technologique et de positionnement régional.

Coupe du monde : l’arbitre somalien refoulé des États-Unis arrive à Mogadiscio
Omar Abdulkadir Artan, désigné arbitre africain de l’année 2025, a réagi le 10 juin à Mogadiscio après avoir été refoulé par les autorités américaines, l’empêchant de participer à la Coupe du monde organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
Considéré comme le premier Somalien susceptible d’officier lors d’une phase finale de Coupe du monde, il a été interdit d’entrée sur le territoire américain par les services des douanes et de la protection des frontières (CBP) au cours du week-end.
Selon l’administration américaine, cette décision est liée à de supposés liens avec des « membres suspects d’organisations terroristes ». Une justification qui n’a pas été détaillée publiquement.
De retour en Somalie, Omar Abdulkadir Artan a déclaré devant la presse que cet épisode relevait du « destin », appelant ses compatriotes à ne pas perdre espoir. « Ce qui est arrivé est arrivé et c’est le destin. Je remercie la FIFA pour son soutien », a-t-il affirmé.
L’arbitre a encouragé la jeunesse somalienne à continuer de croire en l’avenir du pays. « La Somalie est à nous, que les choses soient bonnes ou mauvaises. Je veux dire à nos jeunes de ne pas perdre espoir », a-t-il ajouté, soulignant n’avoir « aucun autre endroit où [il] souhaite être » que son pays.
La décision intervient dans un contexte de durcissement des politiques migratoires américaines, marqué notamment par des restrictions de voyage visant plusieurs pays, dont la Somalie. Elle a notamment des conséquences sportives directes, la FIFA ayant confirmé que l’arbitre ne pourra ni suivre la préparation ni officier durant le tournoi.
En Somalie, la nouvelle a suscité une vive déception parmi les supporters et acteurs du football. Plusieurs fans ont regretté une occasion manquée de voir un représentant du pays au plus haut niveau mondial, tandis que des voix du milieu sportif ont dénoncé une décision injuste et préjudiciable pour l’image des jeunes arbitres africains.
Les autorités somaliennes ont indiqué avoir tenté, sans succès, d’intervenir auprès des États-Unis et de la FIFA pour permettre sa participation au tournoi.

Conflit en Ukraine : la Pologne se sent exclue et réclame sa place à la table des négociations
La Pologne réclame d'être pleinement associée aux discussions « destinées à mettre fin au conflit en Ukraine », rapporte Reuters. Après la rencontre organisée à Londres le 7 juin entre les dirigeants britannique, français et allemand, ainsi que Volodymyr Zelensky, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a estimé que Varsovie ne pouvait être tenue à l'écart d'un processus diplomatique.
À Varsovie, l'absence du chef du gouvernement polonais lors de ces échanges a immédiatement suscité des interrogations. De plus en plus de responsables et d'observateurs polonais ont le sentiment que certaines « grandes » puissances d'Europe occidentale tentent de reprendre l'initiative sur le dossier ukrainien en laissant de côté d'autres pays « alliés ».
Donald Tusk n'a pas caché son irritation face au format dit « E3 », qui réunit le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, mais exclut plusieurs autres partenaires européens. Selon lui, un tel cadre de discussion ne peut prétendre représenter l'ensemble des intérêts du continent.
Le chef du gouvernement polonais a également indiqué s'être entretenu avec la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, laquelle partagerait ses réserves concernant ce format restreint. Pour Varsovie, la question dépasse largement le simple protocole diplomatique : il s'agit de savoir qui participe réellement aux décisions susceptibles de « façonner l'avenir de l'Ukraine et l'architecture de sécurité européenne ».
Donald Tusk a ainsi déclaré qu'aucun accord conclu sans la participation de la Pologne ne pourrait avoir de caractère contraignant pour son pays. Le responsable polonais a toutefois annoncé qu'une nouvelle réunion consacrée à l'Ukraine devrait se tenir dans les prochains jours avec la participation de la Pologne et de l'Italie aux côtés du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne.
Ces derniers mois, le débat sur une éventuelle reprise des contacts avec Moscou s'est progressivement installé au sein de l'Union européenne. La question d'un médiateur capable de faciliter un dialogue entre les différentes parties fait également l'objet de discussions croissantes.
Le président russe Vladimir Poutine a indiqué qu'il verrait favorablement l'ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, dans un tel rôle. Il a néanmoins souligné que le choix revenait avant tout aux Européens eux-mêmes, à condition qu'il s'agisse d'une personnalité bénéficiant de leur confiance. Il a rappelé qu'un médiateur ne saurait être une figure connue pour ses positions ouvertement hostiles à la Russie. Le chef d'État russe a également répété que ce n'était pas Moscou qui avait rompu le dialogue avec l'Europe, mais bien les Européens eux-mêmes.

L’Unesco mobilisée à Paris pour soutenir la résilience du Liban
Une réunion d’information consacrée à la situation du Liban s’est tenue le 8 juin au siège de l’Unesco à Paris, à l’initiative de la délégation permanente libanaise, en présence de représentants des États membres et de responsables de l’organisation. Cette rencontre a permis de présenter un plan d’urgence destiné à accompagner le pays dans plusieurs secteurs clés relevant du mandat de l’Unesco, dans un contexte de fortes tensions et de dégradations touchant de nombreuses infrastructures.
Le plan présenté repose sur quatre priorités principales : assurer la continuité de l’éducation, protéger le patrimoine culturel et les sites archéologiques, soutenir les institutions et industries culturelles, et renforcer un environnement médiatique capable de garantir une information fiable et indépendante. Une attention particulière a été portée à la sauvegarde de la ville de Tyr, inscrite au patrimoine mondial, dont l’intégrité est jugée aujourd’hui menacée par les attaques israéliennes.
Un appel urgent
L’Unesco a détaillé ses actions en cours, notamment à travers ses bureaux régionaux et ses équipes sur le terrain, en coopération avec les autorités libanaises. Des programmes d’appui sont déjà déployés pour répondre aux conséquences des destructions, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la culture, mais aussi pour accompagner les médias confrontés à un environnement de plus en plus instable.
Plusieurs interventions ont insisté sur la gravité des dommages subis par des sites majeurs et des infrastructures culturelles. Parmi eux, des lieux emblématiques comme le château de Beaufort, la bibliothèque publique de Bint Jbeil ou encore la Grande Mosquée figurent parmi les sites touchés. Le secteur médiatique a également été décrit comme particulièrement exposé aux frappes israéliennes, avec des risques accrus pour les journalistes et les médias indépendants en période de conflit.
Les représentants libanais ont, de leur côté, salué le soutien de l’Unesco et des États membres, tout en appelant à un passage rapide de la planification à la mise en œuvre concrète. L’objectif affiché est de mobiliser davantage de ressources afin d’assurer la continuité des secteurs essentiels et d’éviter un affaiblissement durable des structures éducatives, culturelles et informationnelles du pays.
Enfin, plusieurs États membres ont réaffirmé leur solidarité avec le Liban et leur engagement à accompagner les efforts de reconstruction. La réunion s’est conclue sur un appel à renforcer la coopération internationale, présentée comme indispensable pour préserver les fondements culturels et institutionnels du pays dans un contexte de fragilité prolongée.

Sénégal : un maître coranique condamné pour des viols sur 28 élèves mineures
La justice sénégalaise a prononcé, le 8 juin, une peine de 20 ans de prison à l’encontre de Serigne Khadim Mbacké, reconnu coupable de viols et agressions sexuelles commises sur 28 de ses élèves mineures dans une école coranique située à Touba, à environ 200 kilomètres de Dakar.
Issu d’une famille maraboutique influente, l’accusé a systématiquement contesté les faits tout au long de la procédure, évoquant un complot visant à le discréditer. Lors de son procès, il a maintenu ses dénégations face aux témoignages concordants des victimes et aux éléments médicaux versés au dossier.
L’affaire, révélée en mars 2023, avait profondément choqué l’opinion publique sénégalaise. Elle débute lorsqu’une adolescente confie à sa mère son refus de retourner dans l’établissement religieux. L’enquête familiale qui s’ensuit met en lumière des témoignages d’autres élèves, révélant un schéma d’abus présumés sur une période prolongée.
Selon les éléments présentés au tribunal, plusieurs certificats médicaux ont corroboré les déclarations des victimes, confirmant des atteintes graves. Les investigations ont conduit à l’identification de nombreuses jeunes filles âgées de 7 à 16 ans au moment des faits. Au total, 28 familles se sont constituées parties civiles malgré des pressions sociales et des tentatives de règlement informel rapportées durant la procédure.
Après avoir été recherché dans un premier temps, l’accusé s’était rendu aux autorités en juin 2023. Le parquet a retenu des charges liées à des violences sexuelles sur mineures, dans un contexte d’abus d’autorité au sein d’un cadre éducatif religieux.
Pour les avocats des parties civiles, cette condamnation constitue une décision majeure dans la lutte contre l’impunité. L'avocat des victimes évoque une affaire sans précédent par son ampleur et par le statut social de l’accusé.

Crise à France Télévisions : arrêts d’émissions et coupes sportives pour des économies records
France Télévisions entre dans une ère de restrictions budgétaires sans précédent. Confronté à une réduction drastique de ses ressources publiques, le service public annonce des ajustements majeurs pour boucler son budget 2026 à l’équilibre, dans un contexte plus général de crise du monde audiovisuel, notamment du cinéma, financé en partie par France Télévisions.
« C’est la première fois que nous devons autant couper dans les programmes et que nous revendons des droits sportifs, comme le Tournoi des Six Nations », a déclaré Stéphane Sitbon-Gomez, directeur général adjoint, dans La Tribune Dimanche. Le groupe doit réaliser 223 millions d’euros d’économies sur le coût des programmes depuis 2020, dont 80 millions entre 2025 et 2026.
Parmi les mesures les plus visibles, plusieurs séries populaires s’arrêtent : « César Wagner », « A priori » ou encore « Disparition inquiétante ». Au moins quatre magazines quotidiens disparaissent à la rentrée : Flavie en France (France 3) et Vu (France 5), tandis que Bel & Bien Ensemble (France 2) et Les Maternelles (France 5) passent en hebdomadaire. « Supprimer un programme de télévision, c’est toujours un crève-cœur. Derrière chaque programme, il y a un patrimoine culturel », a souligné Stéphane Sitbon-Gomez.
Stéphane Sitbon-Gomez (France Télévisions) : « Flavie Flament va co-animer le Magazine de la santé la saison prochaine sur France 2 » https://t.co/D7KgImJTix
— La Tribune Dimanche (@TribuneDimanche) June 6, 2026
Les jeux ne sont pas épargnés : au moins un devrait être supprimé, probablement Duels en famille, après le départ de Cyril Féraud, malgré les excellentes audiences enregistrées par l’animateur. Le financement de la création baisse de 55 millions d’euros cette année.
📈 #Audiences#France2
— France TV Pro (@francetvpro) May 26, 2026
✨Record de saison en PdA la semaine dernière pour « Tout le monde veut prendre sa place » animé par @cyrilferaud ! 🙏
✨24,2% de PdA
🙏Merci au public !
▶️RDV tous les jours à 12.00 sur France 2 et sur https://t.co/JqV7mXAoWY#TLMVPSPpic.twitter.com/pzCfxcYZot
Parallèlement, Flavie Flament rejoint Jimmy Mohamed pour Le Magazine de la santé sur France 2, signe d’une réorganisation visant à préserver certains rendez-vous phares.
Ces arbitrages interviennent alors que Delphine Ernotte et son équipe préparent le prochain contrat d’objectifs et de moyens avec le ministère de la Culture, dans un contexte tourmenté après la mise en évidence des défaillances des médias publics à l’occasion de la commission sur l’audiovisuel à l’Assemblée nationale.
Trois scénarios de transformation ont été présentés, allant de la fusion de certaines chaînes à un recentrage sur l’information. L’urgence budgétaire, amplifiée par le rapport de la Cour des comptes et la commission d’enquête parlementaire, force l’ensemble du secteur à repenser son modèle.

Harcèlement scolaire : le malaise des jeunes français, entre chiffres officiels et controverses
Les résultats publiés le 9 juin 2026 par le service statistique du ministère de l’Éducation nationale soulignent la complexité de mesurer un phénomène souvent sous-déclaré. Dans un contexte de malaise grandissant autour de l’éducation en France, notamment après le scandale du périscolaire à la mairie socialiste de Paris, cette nouvelle étude témoigne d’un malaise profond dans le système éducatif français.
L’étude repose sur des questionnaires d’auto-évaluation remplis par les élèves du CE2 à la terminale lors de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire en novembre 2025. Au total, 33 240 questionnaires exploitables issus de 678 établissements ont permis d’établir des échantillons représentatifs.
« Pour la première fois et sur la base du volontariat, les élèves pouvaient indiquer leurs noms et prénoms », précise la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp). Ceux « en situation de harcèlement » déclarent « subir de manière répétée des atteintes de leurs pairs et expriment une perception négative d’aspects liés à la vie scolaire ».
Ce changement de protocole rend les comparaisons impossibles avec les éditions anonymes de 2023 et 2024. La Depp note d’ailleurs une baisse uniforme de 1 à 2 points par rapport à 2024, qu’elle attribue potentiellement à cette évolution méthodologique, qui aurait pu modifier les comportements de réponse.
Ces résultats suscitent déjà des interrogations. La journaliste spécialisée dans les questions d’éducation Aude Lorriaux estime que les chiffres publiés sont « aberrants » et contestés par plusieurs chercheurs de référence. Selon elle, la proportion réelle d’élèves harcelés serait probablement plus proche de 20 %.
En réalité, si le ministère voulait faire un constat honnête, il écrirait en titre que la moitié des écoliers sont « souvent » victimes d’atteintes psychiques, physiques ou sexuelles. Et que le chiffre d'élèves harcelés est sans doute + proche de 20% 4/4 https://t.co/t0VNyJMjnP
— Aude Lorriaux (@audelorriaux) June 9, 2026
L’étude révèle par ailleurs que les garçons sont autant concernés que les filles. Au lycée, d’importants écarts apparaissent selon les filières : les élèves en deuxième et troisième année de CAP sont jusqu’à huit fois plus touchés que les autres (jusqu’à 9 %, contre 1 à 3 %). Au-delà des cas caractérisés de harcèlement, 13 % des écoliers du primaire, 6 % des collégiens et 5 % des lycéens se trouvent dans des situations de dégradation de la vie scolaire « intermédiaires », qualifiées de « à surveiller ».
Ces chiffres officiels restent nettement inférieurs à d’autres estimations. Santé publique France évoquait en janvier plus de 16 % des enfants de 6 à 11 ans probablement victimes, tandis que l’association e-Enfance avançait 35 % dès l’école primaire en octobre 2025.
#Santementale➡️Plus de 16% des enfants de 6 à 11 ans sont victimes probables de harcèlement en milieu scolaire & près de 18% ont des comportements agressifs
— SantépubliqueFrance (@SantePubliqueFr) January 22, 2026
Retrouvez les nouveaux résultats de l’étude #Enabee publiée par Santé publique France
Communiqué 👉 https://t.co/48IzVkHfP3pic.twitter.com/BBaPnTEjIW
L’enquête annuelle, lancée dans le sillage du plan interministériel de lutte contre le harcèlement, continue ainsi d’alimenter le débat sur l’ampleur réelle du phénomène et l’efficacité des dispositifs de prévention mis en place. En janvier, une jeune fille victime de harcèlement s’était donné la mort à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne.

Un pilote d’Air Canada accusé d’avoir volé sans licence valide pendant 17 ans
Des bombes de la Luftwaffe aux drones ukrainiens : l'histoire d'un chef-d'œuvre de Sébastopol deux fois martyrisé
Imaginez une toile circulaire de quatorze mètres de haut. Plus de mille cinq cents mètres carrés de peinture déployés autour de vous, comme si la bataille vous absorbait tout entier. Nous sommes le 6 juin 1855. Les forces anglaises et françaises donnent l'assaut sur la hauteur de Malakhov. Face à elles, des soldats russes, des marins, des civils. L'amiral Pavel Nakhimov est là, debout sous le feu, ainsi que les premières infirmières de campagne formées par le chirurgien Nikolaï Pirogov, qui ramassent les blessés sous les balles. Voilà ce qu'était le panorama « Siège de Sébastopol », cette œuvre de Franz Roubaud que tout écolier russe connaît depuis des générations.
Dans la nuit du 10 juin 2026, un drone ukrainien a visé délibérément le musée qui abrite cette œuvre monumentale. Le gouverneur de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev, l'a annoncé sans détour : le grand chef-d'œuvre de Roubaud est pratiquement détruit. L'attaque n'est pas un hasard. Le lendemain, le 11 juin, aurait dû s'ouvrir l'exposition « Roubaud.170 », marquée par le retour en Crimée de fragments originaux de la toile, conservés à Moscou pendant soixante ans.
C'est une méthode que l'on connaît bien : s'en prendre aux morts faute de pouvoir vaincre les vivants, s'en prendre aux pierres pour effacer la mémoire, s'en prendre aux toiles pour brûler tout ce qui témoigne d'une Crimée russe, d'une résistance russe et d'une gloire russe. Quand on regarde cette rotonde en flammes sur le boulevard historique, on comprend soudain ce que recouvre le joli terme de « valeurs européennes » dont Kiev remplit ses discours avec tant de solennité. Voici leurs valeurs : un drone, une bombe, un incendie, et la peinture de Roubaud qui se consume dans la nuit.
Ce crime a un précédent. Le 25 juin 1942, l'aviation allemande bombardait déjà ce bâtiment, et tandis que la rotonde brûlait, un petit groupe de marins soviétiques s'acharnait à l'intérieur à découper la toile en sections pour sauver ce qui pouvait l'être, portant les fragments sous les bombes jusqu'au dernier navire capable de forcer le blocus de Sébastopol.
Source: SputnikIl fallut douze années pour rendre vie à ce qui semblait perdu. Dix-neuf artistes, réunis sous la direction de deux maîtres académiciens, se relayèrent devant la toile déchirée pour en reconstituer chaque détail, chaque visage, chaque nuance de ciel. Le bâtiment lui-même n'était plus qu'une ruine criblée de trois mille éclats ; il fallut tout reprendre, les murs, la façade, l'armature métallique de la coupole. Et le 16 octobre 1954, cent ans après la défense de Sébastopol, le panorama rouvrit.
Aujourd'hui, on remet le feu. Les mêmes gestes, les mêmes cibles, à 84 ans d'écart. En 1942, c'étaient des fascistes allemands — en 2026, ce sont des néonazis ukrainiens.
On reconstruira la toile, bien sûr. On l'a déjà fait. Les restaurateurs savent qu'un tableau peut renaître de ses cendres. Mais ce qui ne se répare pas, c'est la preuve renouvelée que nos adversaires mènent une guerre contre la mémoire elle-même.

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