Normal view

Received yesterday — 9 June 2026 Histoire et société

Le Kazakhstan ne « choisit pas l’Occident »

9 June 2026 at 07:21

: la visite de Poutine confirme la place centrale de la Russie dans la politique multivectorielle d’Astana (G. Chinappi)

Toujours dans le cadre du discours sur l’isolement de la Russie dont le monde politico-médiatique fait ses choux gras on peut et on doit analyser partout la réalité du partenariat Sino-russe et comment il s’est construit sur la nécessité au départ d’empêcher l’explosion de la chute de l’URSS de la lanière dont partout les USA et les Européens ont installé le terrorisme, des formes de pouvoir à leur solde en tablant sur l’anticommunisme. Comment il y a eu des choix très concret de développement, toute une histoire complètement occultée et qui a servi de matrice au monde multipolaire.(note et traduction de danielle Bleitrach pour histoire et societe)

 équipe éditoriale

06/06/2026

La récente visite de Vladimir Poutine à Astana contredit les interprétations occidentales qui avaient vu dans certaines initiatives kazakhes un rapprochement avec l’Occident. Le Kazakhstan ne rompt pas avec Moscou, mais diversifie ses relations tout en maintenant la Russie comme partenaire stratégique clé .

La politique étrangère du Kazakhstan constitue l’un des exemples les plus significatifs de diplomatie multivectorielle dans l’espace eurasien. Ces dernières années, certains médias occidentaux ont souvent interprété certaines décisions prises par Astana comme des signes d’un éloignement progressif de Moscou et d’un rapprochement avec le camp euro-atlantique. Le renforcement des relations avec l’Union européenne, l’intérêt porté au Corridor central, la coopération sur les matières premières critiques, la prudence dans la gestion des effets des sanctions contre la Russie et la volonté du Kazakhstan de maintenir une position indépendante sur le conflit ukrainien ont parfois été interprétés comme la preuve d’un « alignement » sur l’Occident. Cette interprétation paraît toutefois réductrice.

La récente visite d’État de Vladimir Poutine au Kazakhstan démontre que la Russie demeure un partenaire essentiel pour Astana, malgré la stratégie de différenciation des relations internationales adoptée par les dirigeants kazakhs.
Cette visite, effectuée à l’invitation du président Qasym-Jomart Tokaïev, revêtait une importance politique considérable. Les deux présidents ont discuté du renforcement du partenariat stratégique global et de l’alliance entre le Kazakhstan et la Russie, dans un contexte également marqué par la réunion du Conseil économique suprême eurasien et du Forum économique eurasien. La composition de la délégation russe, qui comprenait de hauts responsables du gouvernement, de la Banque centrale et de Rosatom, confirme que la visite était axée sur des enjeux clés : l’énergie, l’investissement, la finance, les transports, l’éducation, la sécurité technologique et l’intégration eurasienne.
Le résultat le plus symbolique a été l’adoption de la déclaration conjointe sur les « sept piliers de l’amitié et du bon voisinage » entre les peuples du Kazakhstan et de la Russie. Selon des sources kazakhes, ce document vise à consolider la coopération bilatérale dans un contexte d’instabilité mondiale croissante, en reconnaissant la frontière commune comme une zone de confiance, de connectivité économique, de commerce transfrontalier, de coopération environnementale, de transport et de gestion conjointe des questions relatives à l’eau et à la mer Caspienne.

La déclaration souligne également les dimensions culturelles, linguistiques, éducatives et humanitaires de la relation, réaffirmant l’importance du patrimoine commun et des échanges entre les jeunes, les écoles, les universités et les institutions scientifiques.
Le langage employé par les deux dirigeants est tout aussi significatif. Tokaïev a déclaré que la visite de Poutine confirme le « caractère particulier » des relations entre les deux pays et la volonté commune de les développer dans un esprit de partenariat et d’alliance stratégiques. Le président kazakh a également souligné qu’aucun sujet véritablement controversé ne figure à l’agenda bilatéral et que la coopération s’enrichit de nouvelles idées et de nouveaux projets. De son côté, Poutine a évoqué des relations « en pleine croissance », fondées sur les principes d’égalité et de respect mutuel, et a réaffirmé que les relations entre la Russie et le Kazakhstan ont atteint le niveau d’un partenariat et d’une alliance stratégiques globaux.
Ces déclarations réfutent clairement l’idée que le Kazakhstan abandonnerait la Russie pour se ranger du côté de l’Occident.

Il est indéniable qu’Astana a renforcé ses liens diplomatiques et économiques avec Bruxelles et Washington, mais aussi avec Pékin, Ankara et les pays du Golfe. De même, il est vrai que le Kazakhstan investit dans le Corridor central et de nouvelles voies logistiques susceptibles de réduire les vulnérabilités et les points de blocage, mais cette stratégie ne signifie pas une rupture avec Moscou. Au contraire, elle s’inscrit dans la logique traditionnelle de la politique étrangère kazakhe : maximiser l’autonomie, développer les partenariats, éviter toute dépendance unilatérale et maintenir le dialogue avec les principaux centres de pouvoir eurasiens.

Le plan économique, en particulier, illustre parfaitement la concrétisation des relations avec la Russie. Toqaev a souligné que la Russie est le premier investisseur direct au Kazakhstan, avec des IDE dépassant 29 milliards de dollars, tandis que les investissements kazakhs en Russie s’élèvent à 9 milliards de dollars. Plus de 20 000 entreprises russes sont implantées au Kazakhstan, et les deux pays ambitionnent de porter leurs échanges commerciaux à plus de 30 milliards de dollars. L’agence de presse russe TASS a également rapporté qu’Astana et Moscou ont élaboré une liste de 177 projets communs d’une valeur totale de 53 milliards de dollars. Loin de décrire une relation marginale ou en déclin, ces chiffres témoignent d’une interdépendance profonde, structurée et croissante.

Parmi les accords signés lors de cette visite, le plus important concerne le projet de construction d’une centrale nucléaire au Kazakhstan, impliquant Rosatom et incluant un accord de crédit à l’exportation pour financer la construction. Ce dossier est stratégique pour le Kazakhstan, grand producteur d’uranium et pays aux besoins énergétiques croissants, qui entend développer une base nucléaire civile capable de soutenir son industrialisation et sa sécurité énergétique. La Russie, quant à elle, propose non seulement un financement et des technologies, mais se positionne également comme partenaire dans la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement complète, allant de la formation spécialisée à la gestion de la sûreté nucléaire et radiologique.
Par ailleurs, la coopération énergétique s’étend au-delà du nucléaire. Parmi les documents signés figurent des accords visant à développer la coopération dans le secteur pétrolier, tandis que la coopération financière a été renforcée par un accord d’échange de devises entre le tenge kazakh et le rouble russe et un mémorandum entre banques centrales. S’y ajoutent des plans d’action pour la numérisation des transports, du fret ferroviaire, de la santé et de la sûreté nucléaire et radiologique pour la période 2026-2030.

Comme prévu, et en parallèle de la visite de Poutine, le Conseil économique suprême eurasien s’est également réuni à Astana. À cette occasion, Tokaïev a souligné que l’Union économique eurasienne continue d’afficher une dynamique macroéconomique positive et que les échanges commerciaux entre États membres, qui ont déjà dépassé 95 milliards de dollars, pourraient franchir la barre des 100 milliards cette année. Le président kazakh a également insisté sur l’importance d’adapter l’Union aux nouvelles réalités mondiales, de renforcer sa résilience interne, sa compétitivité, la numérisation de ses corridors de transport et l’intégration de ses systèmes d’information.
Ce cadre permet de comprendre pourquoi l’interprétation occidentale de cet « alignement » est trompeuse. Le Kazakhstan ne choisit pas entre la Russie et l’Occident selon une logique binaire. Il cherche plutôt à se positionner comme une puissance eurasienne moyenne, capable de dialoguer avec tous sans se soumettre entièrement à aucun. La coopération avec l’Union européenne sur les matières premières critiques, les batteries, l’hydrogène renouvelable et la connectivité contribue à attirer les investissements, les technologies et les opportunités de marché. La coopération avec la Chine vise à renforcer les infrastructures, le commerce et les corridors continentaux. Les relations avec la Russie restent cependant essentielles pour des raisons historiques, géographiques, économiques, industrielles, énergétiques, linguistiques et de sécurité régionale.

La politique des transports elle-même illustre cette complexité. Astana promeut le Corridor central, participe aux initiatives chinoises liées à l’initiative « la Ceinture et la Route », encourage les axes Nord-Sud et, parallèlement, continue de considérer l’espace eurasien intégré comme un pilier de sa stratégie. À cet égard, Toqaev a souligné que le réseau des corridors eurasiens s’étend sur plus de 50 000 kilomètres, dont plus de 10 000 traversent le territoire kazakh, et a défini la numérisation des infrastructures transfrontalières comme une condition nécessaire au maintien du rôle du Kazakhstan dans le commerce mondial. Il n’y a pas de contradiction entre ces orientations : il s’agit plutôt d’une volonté de faire du Kazakhstan une plateforme logistique multipolaire entre l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient.
Naturellement, une politique multivectorielle n’élimine pas les tensions. Astana doit évoluer dans un contexte géopolitique complexe, marqué par la guerre en Ukraine, les sanctions occidentales contre la Russie, la concurrence entre la Chine et les États-Unis, l’importance croissante de l’Asie centrale et la valeur stratégique des routes énergétiques et commerciales. Dans ce contexte, chaque geste est souvent interprété par les capitales étrangères comme un signe de rapprochement ou d’éloignement. Mais pour le Kazakhstan, la priorité n’est pas de se conformer aux catégories d’interprétation occidentales, mais bien de préserver sa souveraineté nationale, sa stabilité intérieure et son potentiel de développement économique.
La différenciation des relations internationales ne doit donc pas être confondue avec un changement d’orientation.

Le Kazakhstan peut coopérer avec Bruxelles sur les matières premières essentielles, avec Pékin sur les infrastructures, avec Ankara sur le plan turc, et avec Washington sur certaines questions économiques et technologiques, tout en maintenant une alliance stratégique avec Moscou. La visite de Poutine à Astana et la série d’accords signés en témoignent : le « Nouveau Kazakhstan » ne naît pas d’une rupture géopolitique, mais de la capacité à naviguer sur de multiples fronts, en préservant une relation étroite avec la Russie tout en développant un réseau international plus étendu.

Views: 4

Editorial : En tous les cas ne pas s’illusionner sur le rôle réel que l’on joue et les adversaires que l’on se donne par Danielle Bleitrach

9 June 2026 at 07:05

Hier j’ai parlé de Braudel et de ses concepts en particulier la manière dont il a mis en évidence que le capitalisme n’avait jamais été le « marché » parfait mais un marché basé sur un mode d’hégémonie fonctionnant sur une zone d’ombre. La classe dominante capitaliste a toujours établi des règles dont elle s’émancipait tandis qu’elle les fait subir dans toute la rigueur possible à ceux qui sont soumis. On peut considérer que c’est cette fiction du marché et du libéralisme qui lui est associé qui s’effondre en tornade avec Trump ses guerres hybrides, l’affirmation fasciste du droit de la grande puissance, ce cirque grotesque, puéril et effrayant a été précédé d’une tendance lourde pour ceux qui l’ont subie en blocus, interventions destructrices y compris chez les démocrates, qui s’exhibe aujourd’hui sans complexe. jusqu’aux alliés invités à participer à la curée ce qui ne les a jamais gêné, mais avec l’abandon des formes et qui jouent les mondains vexés mais qui suivent, anticipent même, revendiquent d’être considérés.

Le paradoxe dont il sera question aujourd’hui est comment en France, dans les élites poltico- médiatique se maintient la croyance dans la suprematie d’un tel système alors qu’il déborde sur les « alliés » comment il cautionne une division des rôles tel que pour le peuple français même si la foi est ébranlée, il reste l’incapacité à s’y opposer, une tendance qui existe aussi au plan international, c’est la résistance et la contestation qui est « criminalisée » diabolisée et là aussi nous sommes dans une tendance qui s’est développée sur des décennies .

Si l’impérialisme renonce à sa propre légalité et revendique la loi de la jungle, l’escalade apocalyptique, il reste la manière dont l’autorité devient superstitieuse sur le mode d’une sorte de théologie., la « démocratie » de ce type devient les saintes écritures et la révolte diabolique.

La diabolisation gratuite de l’adversaire, un adversaire le plus souvent créé de toute pièce, justifierait une telle fureur qui fait de la crainte l’ultime mode de gouvernement : Si les hommes pouvaient régler toutes leurs affaires suivant un dessein arrêté ou encore si la fortune leur était toujours favorable, ils ne seraient jamais prisonniers de la superstition. Mais souvent réduits à une extrémité telle qu’ils ne savent plus que résoudre, et condamnés, par leur désir sans mesure des biens incertains de fortune, à flotter presque sans répit entre l’espérance et la crainte, ils ont très naturellement l’âme encline à la plus extrême crédulité ; est-elle dans le doute, la plus légère impulsion la fait pencher dans un sens ou dans l’autre, et sa mobilité s’accroît encore quand elle est suspendue entre la crainte et l’espoir, taudis qu’à ses moments d’assurance elle se remplit de jactance et s’enfle d’orgueil. »

C’est la préface de Spinoza dans le traité théologico politique. Ou la démonstration que dans cette incertitude malheureuse à laquelle les peuples sont réduits, le recours à la superstition est encore le meilleur moyen de gouverner les êtres humains et même d’en arriver à leur faire aimer leur ignorance aliénée comme s’il s’agissait de leur bien le plus précieux.

Quand un pauvre choisit un tel système il a illustré cette crédulité superstitieuse qui exigé de lui pour maintenir une autorité qui a perdu tout fondement légitime.

Celui qui ne partage pas la crédulité générale devient un ennemi qui mérite tous les traitements et c’est pour cela qu’il parait vain de s’opposer à la censure dans un tel système parce qu’il se trouvera toujours quelqu’un pour subodorer que vous l’avez mérité et parce que les autres s’écarteront comme si vous étiez contagieux. .

C’est dire si j’ai pour ma part renoncer à lutter contre la censure et les diffamations dont mes pareils sont victimes, le problème est beaucoup plus vaste, j’ai découvert à quel point la volonté de faire taire ce qui exprimait un point de vue communiste réel ou même une contestation des saintes écritures de la démocratie impérialiste relevait d’un phénomène beaucoup général qui substituait à la remise en cause des règles, l’idée de transformation se heurtait en la foi dans la personne, dans le sauveur qui s’identifiait à la fuite en avant.

IL Y A LE CAS ETRANGE DE L’EUROPE

Un exemple : un aujourd’hui article décrivait comment le président de l’Arménie avait mis en prison des candidats d’Arménie forte le parti pro-russe, sans la moindre explication. Un commentaire s’exclamait : c’est très bien c’est là où devraient être tous les partisans de l’ignoble Poutine. Pour ceux qui ont un minimum de connaissance de la situation arménienne et de qui est  le premier ministre, Nikol Pachinian, le vainqueur du scrutin, avoir une telle conviction non seulement augure mal de l’argument démocratique par lequel est vendu l’adhésion à l’UE mais de l’avenir de ce malheureux pays .Pour faire simple avec la carotte de l’intégration à l’Europe, l’Arménie a accepté de fait de rétablir les relations avec l’Azerbaïdjan, qui s’étaient envenimées avec la fin de l’URSS et l’influence turque. Epuisé le peuple arménien espère une protection et une paix par la réddition sur un mode assez proche de celui qui s’est imposé en Syrie ou au Liban, ce sont les seules « sécurité » que l’UE offre et derrière lesquelles se profile le couple USA-Israël dont il devrait ne plus être besoin de décrire ce qu’on peut en attendre .. Ce « choix est en effet celui de l’exigence ‘une rupture avec deux partenaires historiques, la Russie et l’Iran. Moscou a déjà manifesté une irritation croissante face au rapprochement de l’Arménie avec l’Occident et le Kremlin a averti qu’un désengagement plus marqué pourrait entraîner une révision des conditions préférentielles d’approvisionnement en gaz naturel, composante essentielle de l’économie arménienne. Ce scénario est le miroir aux alouette dans lequel sont entraînés des pays jadis dans l’ère soviétique et qui paradoxalement attendent de l’UE ce qu’elle ne leur apportera pas la paix de l’UNion sovietique.

Et l’Arménie n’est qu’un cas parmi d’autres, le rôle que la France de Macron joue est là comme ailleurs d’être le supplétif des anglosaxons dans l’assaut de la Russie., il est la fiction d’une Europe autonome, impuissante et pleine de jactance.

Le mirage de l’Union européenne pour des populations qui ont perdu toute perspective, ont de graves difficultés fait de cette UE un mirage tel que critiquer le gouvernement revient à s’opposer à  l’Europe elle-même : la politique est alors réduite à un changement d’hommes, les autres étant plus ou moins convaincus de n’être là que pour leurs intérêts et la personnalisation jouant plus que les règles qui aboutissent à de telles dévalorisation, la corruption, les moeurs…

Que dire du régime ukrainien? Là encore la seule réponse que me fit un militant pourtant encarté au parti communiste il y a peu fut: le régime de Zelenski ne peut pas être pire que celui de Poutine. Là aussi cet état étrange ne date pas d’aujourd’hui. Que peut-on reprocher à ce militant quand il ignore tout de la réalité de ce qu’a été la fin de l’URSS, quand le parti communiste de la fédération de Russie est interdit dans les colonnes de l’humanité. Cet effet de censure ne s’est pas installé en jour: en 1994, Jacques Dimet interviewait pour l’hebdomadaire Révolution le dit Ziouganov,. Déléguée par le PCF en Inde, je le rencontrais à Chandigarh dans le Penjab, où il nous ‘expliquait à moi et à Risquet, délégué de Cuba, comme je l’étais pour le PCF alors parti de « gouvernement », (celui qui a le plus privatisé), que les communistes allaient reconquérir le pouvoir.

Il est trop tôt a commenté Risquet, alors que les Cubains étaient déjà entré en résistance, c’étai la période spéciale. Il voyait juste, effectivement cela aurait déclenché une guerre civile, les Etats-Unis régnaient en maitre et les Russes étaient trop traumatisés pour recommencer l’épopée… Il a fallu un autre processus, mais Ziouganov est un grand dirigeant, un sage qui aurait beaucoup à nous dire… quelle manque à gagner qu’une telle expérience soit il désormais censuré, le KPRF n’existe même plus.

Cette censure s’avère une contribution à la liquidation du communisme pour les Français puisque l’interdit est tel qu’il commence à englober tout ce qui est « communiste » , le système perdurera avec le congrès, c’est vraisemblable, il est littéralement enkysté. Mais au-delà de l’interdit communiste c’est le fascisme que l’on autorise, c’est une conception de la sécurité qui à l’échelle planètaire favorise la guerre contre les pauvres, et qui leur interdit de connaitre la proposition d’autres issues, il ne reste à ces malheureux que la crédulité et la diabolisation, l’attente d’un sauveur qui balayera ce qui les opprime et qui paraîtra « hors système ».

VOUS ENRôlER DANS LA GUERRE HYBRIDE ET HORS LIMITE PAR LE MIRAGE

On me dira que j’exagère la cécité de ce landernau politique mais comment ne pas voir qu’il fonctionne sur une ignorance crasse des FAITS, de l’Histoire comme de la geopolitique. Quand à l’oNU l’Allemagne et les Philippines, les deux proches des USA ne sont pas « élus au conseil de sécurité parce qu’ils représentent une insécurité maximale pour toutes les nations de l’Assemblée de l’ONU, qui mesure ce qu’est le Kirzighistan l’Asie centrale? Ce qui se joue partout pour empêcher le terrorisme, les explosions… les guerres hors limite, hybrides.

Parce que la question est bien là, si quelques peuples cèdent au mirage de l’adhésion à l’UE c’est un facteur de division et de polarisation supplémentaire, en tous les cas l’hégémon occidental ne représente plus la sécurité et sans hostilité réelle se multiplient les dynamiques régionales qui s’en écartent., ce qui domine est la peur, la recherche de protection ou du moins la tentative d’échapper à la fureur aveugle.

Se multiplient pourtant les manifestations de la nocivité d’un tel système, qu’il s’agisse de ce qui se passe au Moyen Orient, en Afrique, à Cuba, en Amérique latine partout non seulement l’hegemon crée les conditions de la misère pour les peuples auquel il s’attaque mais il s’emploie désormais à ce que les conséquences comme dans le cas du détroit d’Ormuz ou des guerres tarifaires s’élargissent à toute l’humanité, en devienne la punition qui inspire la crainte. C’est le cas du blocus de Cuba où l’on s’emploie à interdire qu’il soit apporté du pétrole mais encore à faire partir les investisseurs étrangers. C’est le blocus « le plus long de l’histoire » et maintenant « le plus cruel et le plus inhumain ».Cuba a connu des situations difficiles mais celle-ci est la pire de toutes et l’atmosphère d’escalade entretenue rend toujours plus terrible pour les petits pays la manière dont l’impérialisme est acculé à s’en prendre à des peuples désarmés, aucune loi ne les protège plus.

Ce qui est interdit c’est toute manifestation de souveraineté et l’UE n’est plus exclue. En revanche, il y a un espoir de voir ce fléau endigué il réside dans le monde multipolaire et dans les résistances diabolisées c’est le parti pris d’Histoire et societe et c’est à ce titre qu’il a subi les mille et une forme de la censure des saintes écritures, la diaibolisation , le silence et l’invite à reconnaitre que c’est de notre faute, les mille et une trahison des culs bénis ou que l’on a transformé en tels dans des factions, des sectes, des gens qui ne veulent plus entendre parler de ça.

L’IGNORANCE ENKYSTEE

La Russie lors du récent Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), le vice-Premier ministre russe Dmitri Chernishenko a envoyé un message fort à la communauté internationale : la Russie est prête pour une expansion massive à long terme à Cuba. Cette annonce n’est pas un hasard ; elle répond directement à la crise complexe de l’île, aggravée par le retrait des capitaux européens et des chaînes hôtelières. Comme la Chine, des pays qui sont déjà en train pour leur propre compte de faire face à l’agression sont les seuls d’où émane un message clair celui qui dénonce la fascisation qui n’attend pas les échéances électorales mais qui est déjà là sous une forme globale, geopolitique alors que nous sommes la proie d’une vision sanctifiée de l’occident, de sa démocratie et tout ce qui la conteste va a contrario de cette conception religieuse de notre « salut ». En fait voici bien longtemps que s’est substitué à la démocratie les inventions multiples qui obligent les autres à penser comme eux.

Et aujourd’hui où ils agissent avec de moins en moins de scrupule ils continuent à attribuer à la démocratie confondue avec la suprématie y compris raciste le pouvoir de vaincre le mal absolu ou désigné comme tel. Nul ne peut s’opposer à leur arbitraire sauf être convaincu d’appartenir à l’espèce des damnés et être interdit de parole, d’hymne, de drapeau avec l’assentiment de tous.comme aux jeux olympiques ou plus grotesque encore à Roland Garros. C’est leur toute puissance destructrice qui se joue et quand nous sommes incapables d’en voir le caractère global et que partout c’est l’adversaire qui est convaincu de mériter son sort nous acceptons d’être gouvernés par la crédulité.

Qui échappe à un tel état de superstition, en ce qui concerne l’expérience que j’en ai : personne! Que peut-on espérer ? Une accélération de l’histoire déjà perceptible, il y a moins de résistance à accepter de reconsidérer les préjugés dans le grand public que dans les groupes plus idéologisés… Mais chez ces derniers l’impression d’un savoir immédiat demeure l’obstacle comme l’illusion que le changement de leader résout tout. alors qu’il faut accroitre le niveau politique, défendre les règles existantes pied à pied et en conquérir d’autres. Qui sera capable d’apaiser tout en mobilisant ? Peut-on ignorer un tel contexte ?

En tous les cas ne pas s’illusionner sur le rôle réel que l’on joue et les adversaires que l’on se donne.

danielle Bleitrach

Views: 7

Gennady Zyuganov à Komsomolskaya Pravda : à propos du forum de Saint-Petesbourg-Léningrad

9 June 2026 at 00:03
Le dirigeant du Parti communiste de la Fédération de Russie, Héros du travail de Russie, en marge du SPIEF avec l’observateur politique du KP, qui n’est pas un journal communiste mais Alexandre Gamov a visiblement une relation privilégiée avec Ziouganov et celui-ci adopte en général un ton plus décontracté et lui fait des confidences ici il parle de la satisfaction que lui inspiré le forum et l’attitude présidentielle vers le monde multipolaire et refusant les compromis avec les oligarques. Mais aussi l’intérêt pour l’Afrique et le fait que Poutine s’est entretenu avec la présidente tanzanienne pendant plus de trois heures.

D’après des documents provenant de KP.RU

6 juin 2026, 14h38

  • Bonjour Gennady Andreyevich. Ici Alexander Gamov, assistant de Zyuganov, du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Je vous ai cherché dans les environs jusqu’à tard hier soir, mais malheureusement, je ne vous ai pas trouvé et nous ne nous sommes pas rencontrés. Me voici cependant au stand de Komsomolskaya Pravda.
  • Salut Sasha ! Je te cherchais aussi depuis longtemps… mais je ne te trouvais pas. Et maintenant, félicitations pour la clôture de ce forum unique.
  • Et tout d’abord, aujourd’hui, c’est la Journée de la langue russe, la Journée Pouchkine et l’anniversaire d’Alexandre Pouchkine. Vous avez donc une bonne raison de célébrer ces événements aujourd’hui.

— Absolument. Mais seulement avec toi.

– Ensuite, nous lirons les poèmes…

– Parfait ! Et maintenant… Pour revenir au forum, quel est le point le plus important dont vous vous souvenez, camarade Secrétaire général ?

– Maintenant, maintenant…

– Il y a un an, lors de notre rencontre à propos du dernier SPIEF, j’avais attiré votre attention sur le fait qu’il y avait beaucoup de rouge.

— (rires) Toi, camarade Gamov, tu ne veux que la couleur rouge.

— Qu’est-ce qui a attiré votre attention en premier lieu ? Et quel était le plus important, selon vous ?

— Eh bien, naturellement, l’événement principal était la séance plénière de plus de trois heures — avec les discours de Vladimir Poutine et de nos invités.

Voyez, 130 délégations représentant la quasi-totalité des pays du monde, nos gouverneurs, chefs d’entreprise, ministres, scientifiques, spécialistes, se sont réunis et ont discuté en détail de toutes les questions urgentes.

Il s’agit avant tout de questions liées à la guerre et à la paix… S’y ajoutent celles relatives au développement stable de la planète et à la résolution efficace des problèmes urgents… Il faut trouver des solutions à la crise systémique – nous en sommes là et ce qui nous menace de graves difficultés.

Et nous sommes déjà contraints de lutter contre le fascisme OTAN-Bandera, qui a déclaré la guerre au monde russe, à notre brillante civilisation.

– Qu’est-ce qui vous a agréablement surpris lors du forum ?

– J’étais ravi que cette fois-ci, ceux qui déterminent le climat économique, culturel et social de la planète aujourd’hui soient venus.

– Que voulez-vous dire exactement ?

— Une importante délégation chinoise… Un groupe conséquent de représentants indiens. L’Inde figure parmi les trois pays les plus industrialisés.

Le Brésil et l’Indonésie figurent parmi les dix premiers. Autrement dit, tous les pays les plus avancés en matière de progrès sont très bien représentés.

Dans son discours, Vladimir Poutine a souligné que les BRICS sont désormais bien plus solides, efficaces et dynamiques. Et le G7 n’est pas là pour dicter sa loi ; au contraire, il adopte une attitude provocatrice.

Globalement, j’ai apprécié le professionnalisme qui régnait lors du forum. Il est clair que la nécessité de surmonter la crise et le grave ralentissement économique de l’année écoulée ont eu des répercussions. Nous devons tirer des leçons des autres, consolider nos acquis autant que possible et résoudre les problèmes plus rapidement. Le nombre de participants inactifs a diminué ; il y en avait beaucoup lors des éditions précédentes, mais je n’ai pas ressenti leur présence cette fois-ci.

– Moi aussi.

Cela a permis d’accroître le niveau d’efficacité, de responsabilité et de mobilisation de tous ceux qui se sont réunis à Leningrad-Saint-Pétersbourg.

J’avoue avoir été très impressionné par le discours de la présidente tanzanienne. Samia Suluhu Hassan est arrivée à Moscou en visite d’État le 2 juin, et une réception de gala a été organisée au Kremlin à son arrivée.

C’est une interlocutrice très intéressante. Le président m’a dit avoir passé plus de trois heures à discuter avec elle.

— Et hier, quand Vladimir Vladimirovitch vous a-t-il parlé de cela ?

– Je te l’ai dit hier et avant hier.

— Et avez-vous parlé au président Poutine hier ?

— Oui, j’ ai parlé avec lui de cette question… J’en parle régulièrement. De manière générale, nous devons être plus actifs en Afrique.

« Gennady Andreevich, je vous soutiens. Komsomolskaya Pravda vous soutient. Et à ce forum, nous offrons à tous les participants notre café ougandais . Je vous ai même offert un sachet de grains… »

– Oui, c’est utile.

Je vous le dis tout de suite : le discours de Mirziyoyev, le président de l’Ouzbékistan, m’a fait très bonne impression.

Il est ouvert d’esprit et très constructif. J’en suis globalement satisfait.

Le président Poutine s’est comporté avec assurance, fermeté et cohérence.

Et lorsqu’on l’a interrogé sur les négociations avec l’Ukraine, notre président avait raison : négocier ? Avec qui ? Et pourtant, ce sont eux-mêmes, les provocateurs, qui tuent des enfants, des étudiants, et se comportent comme les pires créatures et des brigands de grand chemin.

– Ceci concerne l’Ukraine.

Eh bien, l’Ukraine elle-même s’est retrouvée prise au piège comme une poule prise au piège, transformée en une plaie sanglante, elle est devenue la proie des nazis, les bandéristes et les fascistes…

Et le président, depuis notre forum, s’est adressé directement à tous les soldats, commandants et officiers russes : au travail, frères !

Aujourd’hui, ces frères poursuivent leur œuvre ; ils ont répondu sur tous les fronts que nous libérerons notre république fraternelle du fascisme et que nous instaurerons une paix durable et garantie.

Et une dernière chose… Désormais, tous ceux qui ne le connaissent pas encore doivent étudier « Les calomniateurs de la Russie » (de Pouchkine) et le réciter par cœur.

– Je suis tout à fait d’accord avec toi, Gennady Andreevich !

(Guennadi Ziouganov commence à réciter Pouchkine. Par cœur !)

– De quoi parlez-vous donc, orateurs populaires ?

Pourquoi menacez-vous la Russie d’anathème ?

Qu’est-ce qui vous a indigné ? Les troubles en Lituanie ?

Laissez tomber : c’est un différend entre les Slaves,

Une vieille querelle familiale, déjà lourde de conséquences,

Une question à laquelle vous ne parviendrez pas à répondre.

Depuis longtemps maintenant, entre nous

Ces tribus sont en conflit ;

Plus d’une fois, je me suis incliné sous un orage.

Parfois leur camp, parfois le nôtre.

Qui restera ferme dans un conflit inégal ?

Un Polonais vantard ou un Russe loyal ?

Les cours d’eau slaves se jetteront-ils dans la mer de Russie ?

Va-t-elle s’assécher ? Telle est la question.

Laissez-nous : vous n’avez pas lu

Ces fichus comprimés ;

C’est incompréhensible pour vous, c’est étranger à vous.

Cette querelle familiale;

Pour vous, le Kremlin et Prague restent silencieux ;

Cela vous séduit sans raison.

Le courage de la lutte désespérée –

Et vous nous détestez…

Pour quoi faire alors ? Réponse : pour cela,

Que trouve-t-on sur les ruines de Moscou en flammes ?

Nous n’avons pas reconnu la volonté insolente

Celui sous qui vous faisiez trembler ?…

— Merci beaucoup, camarade secrétaire général ! À vous ! Et à Pouchkine !

Aux calomniateurs de la Russie (Pouchkine)

Par RédactionCulture

Pouchkine

Nous reproduisons ce texte de Pouchkine pouvant sembler d’actualité.

Si vous vous intéressez à son contexte d’origine, vous pouvez consulter cette page : https://www.erudit.org/fr/revues/ttr/2001-v14-n1-ttr408/000534ar/


Pourquoi tempêtez-vous, orateurs populaires,
et pourquoi l’anathème enfle-t-il votre voix ?
Le sort de Varsovie allume ces colères ?
L’émeute polonaise excite votre émoi ?
Laissez, laissez entre eux se quereller les Slaves,
laissez-les donc vider leurs antiques débats.
Leur conflit domestique est séculaire et grave ;
vos clameurs aujourd’hui ne l’apaiseront pas.

Voilà longtemps que sont en guerre
les deux voisins, les deux tribus.
Tantôt, c’est nous qui touchons terre :
tantôt, ce sont eux les vaincus.
Qui donc l’emportera dans la lutte sans trêve,
la force du vrai Russe ou l’orgueil polonais ?
La mer russe doit-elle absorber à jamais
tous les ruisseaux slavons qui coulent sur sa grève.
Où sont-ce les ruisseaux qui tariront la mer ?
Voilà la question, que tranchera le fer.

Laissez-nous : les sanglantes pages
de nos annales, ô rhéteurs,
ne sauraient parler à vos coeurs ;
étranger vous est leur langage
et muets sont pour vous le Kremlin et Praga.
Contre nous, ô rhéteurs, qui donc vous instigua ?
C’est l’insurrection et sa fureur sauvage
qui vous séduisent, je le sais :
et surtout, vous nous haïssez !

Nous haïr ? et pourquoi ? Serait-ce point, peut-être,
parce que dans l’horreur des flammes de Moscou
nous n’avons point voulu, nous Russes, nous soumettre
au joug déshonorant qui ployait votre cou ?
Parce que nous avons fait rouler dans l’abîme l’idole qu’adoraient vos lâches potentats,
parce que nous avons affranchi vos Etats,
vaincu la tyrannie et châtié le crime ?
parce que notre sang, Europe, a racheté
ta paix et ton honneur avec ta liberté ?
Vous menacez, rhéteurs : agissez donc, de grâce.
Mais agir est douteux ; plus sûre est la menace.
Car nous sommes nombreux ; ne le savez-vous plus ?
Car nos héros d’hier ne sont pas tous perclus.
Plus d’un pourrait encore visser la baïonnette
au fusil d’Ismaïlia.
Ou pensiez-vous que l’art de faire place nette,
le soldat russe l’oubliât ?
La parole du Tsar serait-elle impuissante ?
Lutter contre l’Europe, est-ce chose effrayante,
est-ce chose inouïe et nouvelle pour nous ?

Sachez qu’un peuple entier – si l’épreuve vous tente
et si chez vous les sots suivent toujours les fous –
demain de Perm à la Colchide,
des froids rochers finnois à l’ardente Tauride,
de la Chine immobile au Kremlin chancelant,
surgira hérissé d’acier étincelant!
Envoyez-nous, rhéteurs, vos belliqueuses races !
Pour vos guerriers, ne craignez rien,
dans nos steppes encore il reste assez de place
entre certains tombeaux qu’ils reconnaîtront bien !

1831.

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine
Œuvres poétiques,
Volume 1
Éditions L’Âge d’Homme

Views: 44

Grand Entretien avec le général Jean-Bernard Pinatel – Guerre Ukraine : La guerre des drones, l’offensive russe à venir et l’impasse des négociations

8 June 2026 at 23:08
La guerre en Ukraine est de plus en plus la guerre de l’OTAN des anglosaxons, celle de l’Allemagne, l’Ukraine avec leur aide financière a mis en place un système de mercenariat et utilise des drones et missiles de longue portée contre la population civile. Ce qui accroît en Russie le nombre de partisans d’une offensive de grande ampleur qui se prépare pour l’été. . Les Russes n’ont pas fait quatre ans de guerre pour renoncer à leurs objectifs, c’est mal les connaitre. Un article sur le fond et sans concession qui plaide pour que la France se dégage de la « stratégie anglo-saxonne ». Il existe en France, des forces qui ont toujours plaidé pour une stratégie gaullienne, de souveraineté nationale qui a tenu compte des « alliances » millénaires et de la nécessité d’une entente franco-russe et qui aujourd’hui se prononce de fait pour une alliance avec le monde multipolaire face au fascisme dans lequel nous sommes entraînés. Les communistes auraient un grand rôle à jouer dans cette perspective si les compromis de congrès ne leur font pas ignorer cette perspective historique. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Par Le Diplomate / 04.06.2026

Imprimer l’article

Écouter

 général Jean-Bernard Pinatel
Réalisation Le Lab Le Diplo

Le conflit en Ukraine entre dans sa cinquième année dans une configuration paradoxale : le front reste globalement stable, mais les signaux d’une offensive estivale russe se multiplient dans les directions Sloviansk-Kramatorsk et Orikhiv-Zaporijia, tandis que 163 drones russes ont encore ciblé le territoire ukrainien dans les dernières vingt-quatre heures. Sur le plan diplomatique, les pourparlers menés sous égide américaine piétinent : si Zelensky affirmait fin décembre 2025 qu’environ 90 % du plan en vingt points de Trump avait été approuvé, la Russie est accusée par Kiev de « faire traîner les négociations » tout en préparant une nouvelle offensive. L’Ukraine, elle, a considérablement développé sa capacité de frappe à longue distance par drones, mais continue de subir une guerre d’usure à laquelle ses ressources humaines peinent à répondre. Comment lire, depuis le terrain et la stratégie militaire, cette guerre qui écrit chaque jour de nouvelles pages de l’histoire de la guerre moderne ?

Pour analyser l’état réel du conflit et ses perspectives, Le Diplomate Média reçoit à nouveau le général Jean-Bernard Pinatel, général de brigade (2s), ancien officier de l’armée française et spécialiste des questions stratégiques et de défense.

Propos recueillis par Le Diplomate Média

Le Diplomate : Au 29 mai 2026, le ministère des Armées publie une carte de situation montrant des progressions russes dans le secteur de Houliaïpole au sud et d’Ivanivka à l’est, tandis que 163 drones ont ciblé l’Ukraine dans les dernières vingt-quatre heures. Après plus de quatre ans de guerre, comment évaluez-vous l’état réel du rapport de forces sur le terrain ? La Russie est-elle en train de reprendre progressivement l’avantage opérationnel ?

Général Pinatel : Sur le terrain dans une guerre d’attrition ou de haute intensité, la logistique commande les opérations. Depuis la fin des livraisons américaines à l’Ukraine et de son soutien financier, le poids de la guerre repose entièrement sur les pays européens qui sont incapables de se substituer entièrement à l’aide américaine pour deux raisons. 

L’Europe n’a pas une industrie de défense capable de remplacer au même niveau les moyens clés de cette guerre, les missiles en particulier anti-aériens ou la fourniture de munitions d’artillerie. Or même si les Européens financent des commandes aux USA, elles seront honorées avec des retards de plusieurs années car la guerre contre l’Iran a asséché les dotations de l’armée américaine et de ses alliés au Moyen-Orient : Israël et états du golfe persique. Ce sont eux qui seront servis en priorité. Alors que du côté russe et de ses alliés, l’industrie de défense n’a jamais autant produit notamment dans les nouvelles armes de la guerre : les drones et les moyens pour s’en défendre.

Du côté ukrainien les pertes sont de plus comblées par des mercenaires étrangers qui sont payés avec l’aide financière de l’Europe et dont le but de la majorité d’entre eux est de gagner de l’argent, pas de se faire tuer.

Il faut enfin souligner que les frappes de drones ukrainiens dans la profondeur et visant les civils accroissent en Russie l’influence des partisans d’une escalade au sein de la population et des dirigeants russes. Il faut donc s’attendre, si les provocations ukrainiennes s’amplifient, à une augmentation de la pression russe voire l’élargissement des objectifs de guerre pouvant aller jusqu’à la prise de Kiev ou d’Odessa en fonction de la résistance des forces ukrainiennes. 

Macron qui se rêve président d’une Europe fédérale refuse de comprendre que Poutine est le dirigeant Russe le plus modéré par tempérament, par sa formation et par calcul et que s’il est remplacé le risque d’une nucléarisation du conflit s’accroîtrait et ce serait alors chacun pour soi. 

Dans notre précédent entretien, vous souligniez que la Russie s’est « adaptée très efficacement » à cette guerre où aucune concentration de troupes ne peut plus être dissimulée, en utilisant des motos, des conduites souterraines ou en déguisant des soldats en civils pour contourner les drones thermiques ukrainiens. Faut-il voir dans cette adaptation l’émergence d’une nouvelle doctrine militaire russe ? Et l’Ukraine a-t-elle été en mesure de répondre à cette évolution ?

Les nouveaux armements ont toujours fait évoluer la doctrine opérationnelle militaire. Le développement de l’artillerie a fait évoluer les systèmes défensifs : les hautes murailles des châteaux forts ont été remplacées par le système défensif de Vauban. Le poids nouveau des drones sur le champ de bataille est pour l’instant un fait déterminant qui sera demain amoindri quand les soldats de première ligne des armes seront équipés d’armes anti-drones peu coûteuses qui sont en cours de développement. Cela dit les préparations l’artillerie, les lourdes bombes planantes restent aujourd’hui comme hier les armes décisives pour réduire les villes transformées en fortifications et pour ouvrir la voie à l’infiltration de petits éléments d’assaut pour réduire les derniers défenseurs.

Certes aujourd’hui l’omniprésence des drones ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance) à bas coût rend toute concentration de troupes ou de blindés immédiatement détectable. Le rassemblement de forces à proximité de la ligne de contact en vue d’une offensive massive devient extrêmement périlleux. On observe un retour à une dispersion des unités. Les mouvements se font par petits groupes, souvent de nuit, pour échapper à la surveillance constante.

Le drone FPV (First Person View) et les munitions rôdeuses (type Switchblade ou Lancet) ont démocratisé la frappe de précision. Auparavant, détruire un char demandait un missile coûteux (Javelin) ou un appui aérien lourd. Aujourd’hui, un drone à 500 € peut neutraliser un véhicule de plusieurs millions d’euros. L’assaut blindé classique n’est possible que dans des conditions météo extrêmes vent très fort, brouillard. Les chars doivent désormais être équipés de « cages de protection » (cope cages) et de systèmes de brouillage électronique (EW) portatifs.

La tactique offensive évolue vers la saturation des défenses adverses. En envoyant des essaims de drones simultanément, on sature les capacités de traitement des systèmes anti-aériens traditionnels (très coûteux et limités en munitions).

Utiliser un missile à 1 million d’euros pour abattre un drone Shahed ou FPV à 20 000 euros crée une équation économique insoutenable pour le défenseur. La guerre contre l’Iran l’a récemment démontré. Après 6 semaines de guerre, les forces américaines étaient « out of weapons »

L’ISW et des responsables ukrainiens signalent que la Russie prépare une offensive estivale 2026, vraisemblablement dans les directions Sloviansk-Kramatorsk ou Orikhiv-Zaporijia. Quels seraient, selon vous, les objectifs stratégiques de cette offensive ? Constituerait-elle un tournant décisif dans le conflit, ou s’inscrirait-elle dans la logique d’usure que Moscou poursuit depuis deux ans ?

L’objectif essentiel de Poutine comme l’a montré les négociations d’Anchorage est le Donbass dont les habitants ont choisi en 2014 a plus de 90% des votants de constituer deux républiques autonomes au sein de la fédération de Russie. Il a les forces mécanisées blindées nécessaires pour réaliser cette offensive mais ce que je ne sais pas s’il a aujourd’hui les moyens anti-drones suffisants pour couvrir ces forces de plusieurs couches de moyens allant de systèmes portables pour équiper les forces de contact face à des menaces ciblant les individus à des moyens nombreux et efficaces au niveau de la brigade pour intercepter toutes les menaces contre les moyens blindés leurs appuis artillerie et logistique. C’est à cette condition qu’une offensive de grande ampleur peut être couronnée de succès.

L’Ukraine a considérablement développé sa capacité de frappe longue distance par drones, en ciblant notamment la route logistique R-280 reliant Rostov-sur-le-Don aux territoires occupés et à la Crimée. Mais la contre-offensive hivernale dans la région de Zaporijia s’est épuisée en deux à trois semaines selon plusieurs analystes. L’Ukraine dispose-t-elle encore des ressources humaines et industrielles nécessaires pour tenir face à une offensive russe d’été ?

Les Ukrainiens n’ont plus que la capacité à mener des petites contre-offensives locales car ils ont consommé leurs réserves stratégiques dans l’opération à but politique et médiatique de Koursk. C’est pour cela qu’ils craignent une grande offensive russe de l’été. J’en ai expliqué au paragraphe précédemment les conditions de sa réussite.

À lire aussi : ANALYSE – Bilan de trois ans de guerre de haute intensité en Ukraine

Les négociations sous égide américaine se poursuivent, avec un plan en vingt points dont Zelensky déclarait fin décembre 2025 que 90 % avait été approuvé. Pourtant, Kiev accuse la Russie de « faire traîner » les négociations pendant qu’elle prépare une offensive. Poutine est-il réellement intéressé par un accord ? Ou utilise-t-il les pourparlers comme une couverture diplomatique pour poursuivre la guerre jusqu’à obtenir des conditions encore plus favorables ?

Poutine est plus intéressé que Zelensky et les dirigeants européens. En effet un accord sur la base d’Anchorage[1]  dévoilerait leur échec par rapport aux buts de guerre qu’ils n’ont cessé d’afficher :  la reconquête de tout le territoire ukrainien, Crimée comprise. 

Vous avez écrit que les Anglo-Saxons cherchent à « créer un mur de haine entre l’Europe et la Russie », et que la France aurait dû s’opposer à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Dans le plan Trump en vingt points, l’Ukraine renonce effectivement à l’OTAN. Mais le plan exige aussi des concessions territoriales majeures et un plafonnement de l’armée ukrainienne. Est-ce là, selon vous, une base réaliste pour une paix durable ou une capitulation déguisée qui ne réglera rien ?

Les Russes n’ont pas fait 4 ans de guerre pour renoncer à leurs objectifs de guerre tel qu’ils les ont exposés à Anchorage, le penser c’est ne pas les connaître.

Après quatre ans de sanctions, la Russie a réorienté son économie vers Pékin et Pyöngyang, et des élections parlementaires se préparent à l’automne 2026 dans un contexte de tensions économiques et de purges dans l’élite. Quel est l’état réel de la société et de l’économie russes après quatre ans de guerre ? Les sanctions ont-elles vraiment affaibli Moscou, ou ont-elles renforcé sa dépendance à des alliés de substitution ?

Les sanctions ont affaibli la situation stratégique de la Russie qui pouvait doser ses liens politiques et économiques entre l’Europe et la Chine mais elles ont encore plus affaibli la position de l’Europe et des USA car cette guerre d’Ukraine a créé « de facto » l’Eurasie que tous les penseurs stratégiques de l’Ouest considèrent comme la menace suprême. D’ailleurs c’est ce que Trump n’a pas arrêté de reprocher à Biden durant toute la campagne présidentielle.

Enfin, la France a voté une loi actualisant sa programmation militaire le 8 avril 2026, envoyé du matériel en Ukraine et débattait en mars de l’envoi de troupes au sol. Vous qui défendez une tradition gaulliste d’indépendance et de dialogue avec la Russie, que pensez-vous du rôle que la France joue aujourd’hui dans ce conflit ? 

La France joue un rôle délétère. Macron se sert du sang des Ukrainiens pour faire avancer le projet d’une Europe fédérale dont il se voit Président et il partira dans moins d’un an avec la haine ou le mépris de 80% des Français dont il a trahi les intérêts. Il aura contribué à affaiblir la position diplomatique de la France partout tout en ne jouant aucun rôle significatif dans ce conflit, sinon pour le prolonger au détriment des Ukrainiens.

Voter une loi de programmation militaire est une bonne chose, la respecter en pouvoir d’achat et en moyens pour nos forces durant son exécution en serait une meilleure mais malheureusement ce n’est pas le cas.

Prenons pour exemple l’année 2025. Le budget des armées dans la Loi de Finances initiale (LFI) 2025 a bénéficié d’une augmentation de 3,3 milliards d’euros par rapport à 2024, pour atteindre 50,5 milliards d’euros (hors pensions) en ligne avec la LPM.
Mais quand on examine la réalisation du budget des armées en 2025, les rapports de la commission des finances du Sénat et de l’Assemblée nationale mettent en lumière plusieurs facteurs qui réduisent fortement l’impact de cette augmentation pour les forces.

  1. Le traitement budgétaire des cessions de matériels à l’Ukraine (canons Caesar, blindés VAB, missiles, et les chasseurs Mirage 2000-5) a créé un véritable effet de ciseau sur les dotations des armées. En effet, quand on prélève un équipement opérationnel aujourd’hui, le budget LPM permet de passer commande pour le remplacer, mais la livraison industrielle n’intervient souvent que 2 à 3 ans plus tard. De plus, remplacer un matériel ancien cédé (parfois amorti) par un matériel neuf de dernière génération coûte beaucoup plus cher. La LPM doit financer du « neuf au prix fort ».
  2.  De plus, la hausse apparente de 3,3 milliards a été en partie grignotée par la hausse des coûts des matières premières et de l’énergie liée aux sanctions.
  3.  Ainsi, la réalisation du budget 2025 s’est ainsi traduite par l’explosion du report de charges : fin 2025, le report de charges (les factures non payées repoussées sur l’année suivante) a dépassé les 8 milliards d’euros. Les armées traînent une dette de gestion de plus en plus lourde qui pèse sur ses fournisseurs et qui handicape son pouvoir d’achat à venir.
  4. Cela entraine aussi une augmentation du total des commandes d’armes non encore réglée (engagements financiers à long terme) qui ont atteint, fin 2025, le niveau record de 117 milliards d’euros (presque 5 ans des budgets d’équipements).

À lire aussi : Guerre au Soudan : Les drones iraniens aident-ils l’armée soudanaise à gagner du terrain ?

Views: 35

ANDREEVA A GAGNE face à ce qu’ils osent pour l’humilier mais c’est la France qui l’est…

8 June 2026 at 08:59

Elle est russe mais il Ne faut pas le dire. Elle n’a droit ni à son hymne , ni à son drapeau, c’est comme si elle n’existait pas et pourtant elle a gagné Roland Garros après avoir été insultée par d’autres tenniswomen (d’Ukraine) . Elle a refusé la polémique en défendant le sport et c’est une fois de plus le pays d’accueil qui, comme pour les jeux olympiques, a été déconsidérée. Il s’est même trouvé des journalistes, des crétins dans les réseaux sociaux pour inciter son adversaire ukrainienne à une telle comédie.

qui ne se souvient de la honte des jeux olympiques et de l’imbécile polémique sur le schtroumf bleu, un leurre lancé pour faire oublier le scandale de ces jeux olympiques l’exclusion de la Russie, ce qui invalidait une grande partie des médaillés… La honte a été le silence devant les délégations d’Israël et les Etats-Unis et l’interdiction de celle de Russie, voici l’opération renouvelée à Roland Garros. Il faut un consensus bien médiocre pour en arriver là…

Certains de ces petites gens ont même demandé pourquoi Mira Andreeva avait pu obtenir un visa; Le traitement réservé aux Russes en France , relève d’une rhétorique raciste qui consiste à vouloir faire disparaître les gens parce qu’ils appartiennent à un peuple, à nier leur existence et à les discriminer.

Pour les bobos bien pensants ,c’est une aubaine, ils peuvent être raciste et politiquement corrects « en même temps »… elle est pas belle la vie. par contre, aucune nouvelle de mesures semblables contre un pays qui a mené 14 guerres illégales depuis 1991, un pays raciste, violent meurtrier, colonialiste, voleur … son drapeau c’est un machin à rayure couleur du sang… et son chef, un agent orange avec un prénom de canard : les USA

Mais cela n’est pas tout : des spectateurs ont osé applaudiir la jeune russe et là le régime de Zelenski a donné la pleine mesure de ce dont il est capable:

Pour avoir applaudi la tenniswomen Mira Andreeva qui a gagné roland Garros , des politiciens ukrainiens ont demandé que leur nom soit inscrit sur la liste du site Myrotvorets, un site officiel qui fonctionne comme une liste noire des « pro russes  » et qui appelle à leur … élimination ! Une très belle entreprise terroriste couverte par notre ami zelenski

Views: 210

Et Poutine répond qu’il en a rien à foutre de Zelenski et Abramovitch, il y a la diplomatie et l’armée russe, qui agissent au nom du peuple…

8 June 2026 at 08:32
Si vous suivez attentivement l’intervention de Poutine au forum quand il parle de l’intervention de Zelenski et la manière dont il dénie à Abramovitcvh un pouvoir quelconque comme « entremetteur » en ne reconnaissant que la diplomatie officielle, vous avez là une manifestation de l’Etat russe qui a défintivement échappé aux tripatouillages des oligarques… On pense au « mage du kremlin » c’est terminé pour lui, l’Etat russe qu’il soit soviétique ou millénaire ne se laissera plus être la proie des crapules qui règnent encore en maitre en Ukraine et dans l’UE.

𝗟𝗲 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝘂𝗸𝗿𝗮𝗶𝗻𝗶𝗲𝗻 𝗱𝗶𝘁 𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗿𝗲𝗺𝗶𝘀 𝗮̀ 𝗹’𝗼𝗹𝗶𝗴𝗮𝗿𝗾𝘂𝗲 𝗿𝘂𝘀𝘀𝗲 𝗥𝗼𝗺𝗮𝗻 𝗔𝗯𝗿𝗮𝗺𝗼𝘃𝗶𝘁𝗰𝗵 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗲𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗮𝗱𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲́𝘀 𝗮̀ 𝗩𝗹𝗮𝗱𝗶𝗺𝗶𝗿 𝗣𝗼𝘂𝘁𝗶𝗻𝗲

Volodymyr Zelensky confirme avoir reçu l’homme d’affaires russe Roman Abramovitch, proche de Vladimir Poutine, dans un entretien accordé à la chaîne britannique Sky News. L’information avait été révélée par le Financial Times.

« Il est venu à Kiev. Il a dit : “J’ai un message qui vous est directement destiné et je veux recevoir des messages de votre part et les transmettre à Poutine”. Mais il a dit que cela devait se faire en silence, sans aucune publicité. J’ai dit que c’était son choix ; pour nous, ça n’a pas d’importance », explique le président ukrainien, assurant que cette visite n’était « pas un secret ».

L’oligarque voulait comprendre « ce que nous sommes prêts à faire » pour parvenir à la paix, poursuit le chef de l’Etat, qui dit avoir exclu toute session du Donbass. « C’était le message clé. J’ai dit que nous ne partirions pas. Nous ne vous accorderons pas la victoire de cette manière », souligne-t-il. Prié de dire si M. Abramovitch joue le rôle d’« intermédiaire » entre lui et son homologue russe, il répond : « Lorsqu’il a reçu mes messages, il a dit qu’il irait directement voir Poutine. »

L’oligarque avait déjà joué discrètement le rôle de médiateur dans les négociations qui se sont déroulées en mars 2022

Views: 94

Dmitry Novikov : Notre Pouchkine. Quelques réflexions à cette occasion. Intervention de Zioganov

8 June 2026 at 05:54

Le 6 juin, la Russie célébrait la Journée de la langue russe, également connue sous le nom d’anniversaire d’Alexandre Pouchkine. Cette fête a été instaurée dans le pays grâce à la persévérance du Parti communiste de la Fédération de Russie ce que nous rappelle Novikov . Cette manière dont le KPRF a restitué la mémoire russe pour ancrer la révolution dans le patriotisme au moment de la débâcle de la défaite, rappelle la manière dont Aragon en a appelé à Matisse, à Victor Hugo sans jamais les enrôler d’une manière politicienne. C’est ce que j’évoque en ouverture de mon livre sur le Zugzwang et qui fut inscrit dans la mémoire des communistes français par le parti de Maurice Thorez.

Chaîne Telegram « Novikov »

6 juin 2026, 22h45

Aujourd’hui, l’instauration de cette journée semble banale. Les discours patriotiques résonnent désormais de toutes parts et sont devenus monnaie courante dans les discours et les reportages. Pourtant, l’idée d’instituer une Journée de la langue russe s’inscrit dans un contexte bien plus complexe. 

Il ne faut pas oublier l’un des symboles des tumultueuses années 1990 : les mots de Tchoubaïs : « Le patriotisme est le refuge des scélérats. » Le démon aux cheveux roux n’en est évidemment pas l’auteur. Cependant, dans son interprétation, cette phrase est devenue un appel à une lutte sans merci contre le patriotisme soviétique, et donc le plus profond. 

Il a fallu du temps et des efforts considérables pour changer la situation. Désormais, la Journée de la langue russe n’est plus célébrée uniquement par le Parti communiste de la Fédération de Russie. Plus personne ne s’étonne de la multitude de reportages télévisés consacrés à cette fête. La publicité en anglais, qui étouffait Moscou et d’autres villes, a été éradiquée. Des films sont réalisés sur Pouchkine, ainsi que des adaptations de ses œuvres. 

Aujourd’hui, les rives de l’Arbat ont accueilli notre rassemblement festif. Guennadi Ziouganov, Vladimir Kachine, Larissa Baranova et Sergueï Rozov se sont produits près de l’immeuble abritant l’appartement mémorial Pouchkine. Des représentants de notre culture musicale, menés par Dmitri Dmitrienko, lauréat du prix Lénine du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, ont interprété des œuvres classiques russes et soviétiques.

« Une encyclopédie de la vie russe » : cette appellation a été attribuée à de nombreuses œuvres majeures de notre littérature. Parmi elles figurent « Guerre et Paix » de Léon Tolstoï, « Le Chemin du Calvaire » d’Alexeï Tolstoï, ainsi que « Et le Don coule paisiblement » et « La Terre vierge retournée » de Mikhaïl Cholokhov. Mais Vissarion Belinsky fut le premier à appliquer ce titre au roman en vers de Pouchkine, « Eugène Onéguine ».

Bien sûr, Alexandre Pouchkine n’est pas apparu de nulle part. Il s’est inscrit dans la lignée de ses prédécesseurs. Citons par exemple Gavriil Derjavine, ou Mikhaïl Lomonossov, dont le savoir et les écrits étaient encyclopédiques. Mais Pouchkine a occupé une place à part dans notre culture.

Alexandre Sergueïevitch se montra incroyablement sensible à la Russie. Il excellait aussi bien en poésie qu’en prose. Son esprit civique et son expression de l’amitié étaient remarquables. Il excellait aussi bien dans ses grandes fresques historiques que dans son lyrisme subtil. Et tout cela, c’était Pouchkine.

J’ai un jour entendu les arguments d’un dissident ayant quitté l’URSS. Il affirmait que les auteurs de manuels d’histoire ne pouvaient pas couvrir tous les événements du passé. C’est pourquoi, pour chaque période, ils ne retenaient que quelques noms parmi les écrivains et les poètes. C’est ainsi, selon lui, que Pouchkine était devenu une figure majeure.

Apparemment, l’auteur de cette « découverte » voulait passer pour un véritable excentrique. Peut-être visait-il aussi quelque chose de plus profond : par exemple, s’arroger le droit de décider qui mérite d’accéder à la grandeur et qui ne le mérite pas. À mon avis, le résultat est tout simplement catastrophique. 

En réalité, Lénine et Staline n’étaient pas les seuls à accorder une place particulière à Pouchkine. Ses contemporains furent les premiers à le faire. Leurs appréciations furent ensuite approfondies par leurs successeurs, notamment Vissarion Belinsky. Parmi eux figuraient Mikhaïl Lermontov, Nicolas Gogol et bien d’autres. Ces personnalités, soit dit en passant, étaient très différentes. 

Oui, la culture russe regorge de grands noms. Mais presque tous considéraient Pouchkine comme le soleil de la poésie russe. Et il le restera. À jamais.

La langue russe est formidable, puissante, authentique et libre !

Félicitations du président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie, G.A. Ziouganov, à l’occasion de la Journée de la langue russe

Service de presse du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

La langue russe est formidable, puissante, authentique et libre !

6 juin 2026, 00h17 (mis à jour le 6 juin 2026 à 10h13)

Chers compatriotes !

Chers camarades et amis !

Je vous félicite sincèrement à l’occasion de la Journée internationale de la langue russe !

Nous célébrons cette date importante le 6 juin, anniversaire de la naissance du plus grand fils de notre nation, le génie national russe, Alexandre Sergueïevitch Pouchkine. C’est lui qui nous a révélé l’étonnante puissance de la langue russe : profonde, figurative et véridique. Ce n’est pas sans raison que Nikolaï Vassilievitch Gogol disait que chaque mot de Pouchkine recèle « un abîme d’espace ». Cet abîme, cette beauté et cette puissance uniques de la langue russe, ont été admirés par les plus grands esprits de l’humanité. Mikhaïl Vassilievitch Lomonossov a justement souligné que la langue russe allie la splendeur de l’espagnol, la vivacité du français, la force de l’allemand et la tendresse de l’italien. L’éminent écrivain français Prosper Mérimée qualifiait la langue russe de « plus riche d’Europe », créée spécialement pour exprimer les nuances les plus subtiles et les plus insaisissables de la pensée et de la poésie humaines. Et Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, loin de sa patrie, nous a laissé son testament sincère et empreint de foi : « Dans les jours de doute, dans les jours de douloureuses réflexions sur le sort de ma patrie, toi seule es mon soutien et mon réconfort, ô grande, puissante, véridique et libre langue russe !… Il est impossible de croire qu’une telle langue n’ait pas été donnée à un grand peuple ! »

Au XXe siècle, le russe est devenu la voix des plus grands exploits historiques. C’est dans cette langue que résonnèrent les appels révolutionnaires de Vladimir Lénine et les slogans de la Révolution d’Octobre 2000, qui inaugurèrent une ère nouvelle pour l’humanité. C’est dans cette langue que le mot tant attendu, si chèrement acquis, « Victoire ! », s’éleva sur le Reichstag en ruines. C’est dans cette langue que l’officier soviétique et communiste Youri Gagarine prononça son célèbre « Allons-y ! », ouvrant la voie à l’humanité vers les étoiles.

Aujourd’hui, à l’heure des bouleversements mondiaux, de la guerre de l’information féroce et des tentatives d’imposer à l’humanité un manque de spiritualité et une amnésie historique, il est plus important que jamais de se souvenir que la langue russe est bien plus qu’un simple moyen de communication. Elle est l’âme du peuple, un lien vivant entre les générations, le fondement de notre État et de notre grande culture millénaire.

C’est pourquoi la langue russe se retrouve une fois de plus au cœur du combat pour la vérité historique, l’identité culturelle et le droit des peuples à suivre leur propre voie de développement. Lors d’une opération militaire spéciale, nos soldats héroïques défendent le monde russe, font respecter le droit d’un peuple frère à parler sa langue maternelle russe et préservent ses traditions, sa culture et ses valeurs spirituelles. La lutte contre la russophobie et l’éradication violente du mot russe est devenue un élément crucial de la confrontation globale avec le bandérisme et le fascisme de l’OTAN.

Nous, communistes, croyons fermement que la protection de la langue, de la culture et de l’éducation russes est une question de sécurité nationale et de développement souverain du pays. C’est pourquoi le PCFR propose sans relâche son Programme de la Victoire. Sa mise en œuvre créera toutes les conditions nécessaires au développement harmonieux de la langue russe, de la littérature nationale, des sciences et de l’éducation. Nous rétablirons le prestige des écoles russes et assurerons un soutien sans faille aux enseignants, aux écrivains et aux personnalités culturelles. Le russe doit redevenir un symbole de créativité, de lumière et de grandeur spirituelle.

Aujourd’hui, le russe rayonne avec assurance à travers le monde. On l’étudie en Asie, en Afrique et en Amérique latine comme langue de la justice sociale et du nouveau monde multipolaire. Et dans notre chère patrie, il continue de remplir sa mission historique première : unir des centaines de peuples en une seule famille fraternelle et unie.

Il est de notre devoir de préserver avec soin la pureté et la beauté de notre langue maternelle, de cultiver le respect de la grande littérature russe, de notre histoire et de nos traditions. La langue russe est notre arme spirituelle, notre mémoire historique et la clé de nos victoires futures.

La langue russe a été et restera à jamais la langue de la victoire, la langue de la vérité, de l’amitié et de la création. Elle renferme la force de notre État, la foi de notre peuple et le grand avenir de la Russie.

Bonnes fêtes !

Bonne journée de la langue russe !

G.A. Ziouganov, président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie

Views: 97

Lettre ouverte de Volodymir Zélenski à Vladimir Poutine. et réponse de celui-ci

8 June 2026 at 05:52

QU’APPRENONS NOUS DANS CET « ECHANGE  » ?

1-sur l’information que nous recevons 

2-comment nous sommes ainsi manipulés.

𝗣𝗲𝘀𝗸𝗼𝘃 : 𝗦𝗶 𝗭𝗲𝗹𝗲𝗻𝘀𝗸𝘆 𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝘃𝗼𝘂𝗹𝘂 𝗿𝗲𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗣𝗼𝘂𝘁𝗶𝗻𝗲, 𝗶𝗹 𝗻’𝗮𝘂𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝘁𝗶𝗹𝗶𝘀𝗲́ 𝗹𝗲 𝗺𝗲́𝗴𝗮𝗽𝗵𝗼𝗻𝗲.

Rappelant les mots de Poutine selon lesquels Zelensky s’efforce de se faire passer pour un héros de film d’action américain, comme celui joué par Stallone, Peskov a fait remarquer :

« Zelensky ne ressemble pas à Rambo, mais il veut le faire, mais il n’y ressemble pas »

💬« La lettre ouverte de Zelensky à Poutine lui a été présentée conformément aux procédures établies. Nous sommes des bureaucrates, nous faisons tout conformément aux procédures établies. Si Zelensky voulait envoyer une lettre à Poutine, il aurait pu simplement le faire, plutôt que de l’annoncer publiquement. Si vous voulez envoyer une lettre – envoyez-la. Si vous utilisez un mégaphone – ne l’appelez pas une lettre.

Lettre ouverte de Volodymir Zélenski à Vladimir Poutine

Publié le 7 juin 2026 par Boyer Jakline

Nous constatons que les États-Unis consacrent toute leur attention à la question iranienne, et il est erroné d’attendre simplement qu’ils viennent à leur tour de s’engager dans la guerre en Europe.

L’Ukraine propose de mettre fin à la guerre dans un format « nous et vous ».

Je vous propose de vous rencontrer.

Tout le monde a entendu vos représentants sourire et dire que je pourrais venir à Moscou. Mais après 26 ans, le dirigeant ukrainien n’a rien à faire dans votre capitale, tout comme le dirigeant russe n’a rien à faire à Kiev.

Certains pays accueillent traditionnellement les dirigeants pour résoudre les problèmes liés à la guerre et à la paix. La Suisse, la Turquie et le monde arabe, par exemple, sont nombreux à être en mesure et disposés à organiser cette réunion.

Ce sont les dirigeants qui décident des questions clés – cela a toujours été le cas.

Je propose de fixer un point de rencontre. 

Nous avons entendu dire qu’on vous avait promis une solution à certains problèmes concernant l’Ukraine et l’Europe en Alaska. Mais voyez-vous, les problèmes ukrainiens et européens ne sont pas résolus à Anchorage.

Une fois la course à double sens lancée, d’autres participants spécifiques peuvent s’y joindre.

Puisque la guerre se poursuit en Europe, que nous en Ukraine avons besoin de garanties de sécurité et que vous souhaitez vous aussi des garanties de sécurité, il semble logique d’impliquer ceux qui peuvent véritablement agir en tant que garants.

Nous pensons que la participation de l’Europe est nécessaire – celle de ceux qui ont réellement la capacité d’influencer la situation.

Nous pensons que les États-Unis devraient être associés à ce processus et que c’est ce qui peut déterminer la configuration de la nouvelle architecture de sécurité dans notre partie du monde.

Nous avons déjà l’expérience de nombreux accords avec la Russie et des accords de Minsk, qui ont échoué. Par conséquent, nous devons avant tout trouver des réponses bilatérales aux questions en suspens, et ne pas éluder les problèmes complexes derrière des formulations arbitraires, des groupes techniques ou des allers-retours diplomatiques stériles.

Par votre guerre, vous avez séparé à jamais l’Ukraine et la Russie.

La ligne de front est désormais le point de départ de toute diplomatie.

L’Ukraine est prête à instaurer un cessez-le-feu complet pendant toute la durée des négociations. Cette pratique est courante, comme le confirme la situation actuelle avec l’Iran. Tenter d’établir un véritable cessez-le-feu est la meilleure façon d’entamer le dialogue. Nous sommes convaincus qu’il ne s’agira pas d’une simple tentative, mais d’un véritable cessez-le-feu, si tel est votre souhait.

Vous savez que les États-Unis peuvent assurer la surveillance du cessez-le-feu le long de la ligne de cessez-le-feu.

L’Ukraine est prête à procéder à un échange de prisonniers de guerre selon le principe « un pour tous », ce qui pourrait constituer un bon prélude à la fin de la guerre.

Des mesures concrètes doivent être prises pour rapatrier les civils et les enfants qui ont été emmenés pendant la guerre.

Il est nécessaire de déterminer quel sera l’avenir de toutes les générations futures d’Ukrainiens et de Russes.

Si vous ne parvenez pas personnellement à la conclusion qu’il est temps de mettre fin à cette guerre, l’Ukraine continuera de se battre pour sa survie. Nous aurons des soutiens.

Mais vous aussi, vous devrez lutter bien plus ardemment pour votre propre existence – non pas celle de la Russie, mais la vôtre. Et il ne s’agit pas d’une menace de ma part ni de celle de l’Ukraine. Ce sont des faits de l’histoire russe, que vous connaissez bien : quand la Russie se lasse, le changement survient.

Nous pouvons travailler jusqu’à une telle fatigue.

Vous pouvez suspendre votre guerre.

À la mémoire éternelle de tous ceux dont la vie a été fauchée par cette guerre.
 

Gloire à l’Ukraine !

Remarques

Nous entendons sur nos médias : Z. a écrit à Poutine. Il lui propose une rencontre pour un cessez-le-feu et des négociations de paix. Soit ce qu’il  propose régulièrement.  C’est la position de la Commission européenne. Poutine a refusé. Naturellement, pourrait on dire.

Le lendemain, Z. déclare : vous voyez, Poutine veut la guerre. Comme vous l’entendrez dans le reportage de A24news, il est évident que ni Trump,  ni Macron qui ont réagi vite et positivement,  n’ont lu en entier cette lettre. Il faut un grand journal britannique pour noter le caractère injurieux du propos. La lettre est écrite en ukrainien ce qui conforte l’opinion de ceux qui pensent que ce n’est pas Z. qui l’a écrite. Il l’a simplement signée…et assume de la porter.

QU’APPRENONS NOUS

1-sur l’information que nous recevons 

2-comment nous sommes ainsi manipulés.

 La seule source encore et toujours c’est Kiev. Les choix de la Russie, leurs causes structurelles sont tues ou données partiellement, et une demie vérité est plus proche du « narratif » que de la vérité. Ici, il faut aller sur l’article d’un grand journal britannique qui signale tout de même le caractère injurieux du texte. En fait, Z. demande la capitulation de la Russie sur un ton comminatoire.

Et ce, au moment où « sur le champ de bataille », que l’Union Européenne avait désigné comme devant trancher l’issue du conflit, l’armée ukrainienne est en déroute et ses seuls succès via les drones sont dus à la logistique Starling et le travail des spécialistes de l’OTAN, Britanniques en tête. Ça, vous ne le savez pas. De nombreux analystes français ou américains le disent aussi.

Ce succès est évidemment une plaie pour la Russie et les Russes. Ce sont chaque fois des civils ciblés et tués. Ces jours derniers un bateau de pêche turc a été ciblé en Mer Noire par un drone ukrainien : 3 morts. Fébrilité ukrainienne ? Exporter la guerre ? Les deux.

Enfin, écrire à Poutine dans une lettre ouverte…c’est écrire à tout le monde et aux maîtres américains où Trump a immédiatement réagi, ainsi que Macron positivement, à la démarche de Z. Dans une démarche diplomatique, on écrit à l’intéressé, puis selon la réaction on la rend publique. C’est ce qu’avait fait la Russie en général et plus particulièrement le 25 décembre 2021, quand elle a adressé une dernière proposition de règlement diplomatique et devant le silence de Biden a rendu public ce courrier ce que Biden avait demandé de NE PAS faire.

Après la forme, lettre ouverte, et le fond, insultant, il est clair que la seule réponse de V.Poutine était de remettre les points sur les i, rappeler sa disposition à rencontrer Z. quand les négociations auront avancées au point d’inclure ce que le champ de bataille a imposé soit la « récupération » des terres, du Donbass Novorossia, déjà intégrées à la Fédération de Russie. Et d’ajouter en rappel, que des accords ont déjà été signés, Minsk, qui n’ont absolument pas été respectés.

Cerise sur le gâteau, la lettre se termine par le cri de ralliement des nazis ukrainiens pendant la guerre, Gloire à l’Ukraine », devenu le signe de reconnaissance d’une grande partie de la population ukrainienne, moins le Donbass, la Crimée et Odessa, russes qui se souviennent.

Et entendu dans bien des Parlements occidentaux.

En suivant, extrait de la réaction de Vladimir Poutine.

Zelensky écrit à Poutine : la réponse de Moscou sur les négociations

Volodymyr Zelensky a adressé une lettre ouverte au président russe. Vladimir Poutine s’est exprimé sur les perspectives du processus de négociation.

A24news, la télévision kenyane. RT Afrique.

Publié dans UkraineGuerre en Ukraine

Views: 96

Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg de 2026,l’influence croissante de la Russie que l’Occident n’a pas réussi à isoler

8 June 2026 at 05:19
Voici vu par le groupe de chrétiens italiens qui relaie le message papal et défend Cuba, ce qu’a été le forum de Saint petesbourg . Le système de propagande en France s’est ingénié à percevoir ce forum uniquement à travers le prisme de la minable provocation de Zelenski, (présenté de surcroit comme le vainqueur face à l’armée russe). Et ce en rupture totale, avec la réalité de ce qu’a été cette 29e édition du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF 2026) qui s’est achevé ce samedi 6 juin avec un nombre record de transactions . Le volume des accords commerciaux et institutionnels signés lors de l’événement s’est élevé à 6,642 billions de roubles (plus de 89,57 milliards de dollars au taux de change actuel ), selon le bilan officiel  .Il a été constaté un retour massif du secteur privé des Etats-Unis s’ajoutant à l’afflux du monde du sud émergent; Une illustration donc de ce monde monde multipolaire dans lequel la Russie loin d’être un acteur marginal bénéficie de l’ouverture d’un nouveau marché plus stable, mais aussi de son affrontement avec l’OTAN, autant que du rôle de l’URSS dans la décolonisation. A ce propos, la Russie, comme nous le voyons par ailleurs, a créé les conditions pour qu’il soit investi à Cuba alors que les USA le revolver sur la tempe force les entreprises existant à quitter l’île en renforçant le blocus. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Depuis

 équipe éditoriale

05/06/2026

Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg 2026 confirme le rôle de la Russie
comme plateforme de dialogue économique mondial. La participation internationale
, les accords conclus avec des partenaires asiatiques, arabes et africains, ainsi que les données économiques, réfutent une fois de plus le discours occidental sur l’isolement de Moscou.

Se déroulant du 3 au 6 juin à l’Expoforum, cet événement s’impose une fois de plus comme un rendez-vous incontournable de la diplomatie économique russe et, plus largement, du monde multipolaire émergent. La vingt-neuvième édition du SPIEF a pour thème « Dialogue pragmatique : la voie d’un avenir stable », avec l’Arabie saoudite comme pays hôte, et un programme axé sur la définition d’un nouveau modèle de développement mondial dans le contexte de la transformation de l’économie mondiale.

Loin d’être une simple vitrine nationale, le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) constitue une tribune politique et économique où la Russie met en avant sa résilience, son adaptabilité et son rayonnement international.
Pour rappel, le SPIEF est la principale conférence économique annuelle de Russie. Créé en 1997, il attire chaque année plus de 10 000 participants venus de plus de 100 pays. En 2025, un nombre record de 24 200 participants, originaires de 144 pays et territoires,y ont assisté . Depuis 2010, le forum a été le théâtre de la signature d’accords et de mémorandums d’investissement d’une valeur supérieure à 775 milliards de dollars. La valeur des accords conclus lors des éditions 2024 et 2025 s’élevait respectivement à 6 490 et 6 480 milliards de roubles. Ces chiffres, au-delà de la dimension de propagande inhérente à tout grand forum économique , témoignent d’une réalité politique concrète : la Russie dispose toujours d’une plateforme internationale capable d’attirer gouvernements, entreprises, institutions financières et représentants du monde scientifique.

La rhétorique occidentale d’isolement de la Russie est donc largement contredite, avant tout, par la participation. Kirill Dmitriev, envoyé spécial du président pour la coopération économique étrangère et directeur général du Fonds russe d’investissement direct, a déclaré que des représentants de
plus de 130 pays sont attendus au SPIEF 2026. Selon lui, ce forum rassemble des États souverains prêts à développereurs économies sur la base d’un partenariat, se distinguant ainsi des
formats mondialistes occidentaux qu’il oppose à Saint-Pétersbourg. En bref, tandis que l’Occident
continue de présenter Moscou comme marginalisée, les capitales, les délégations et les acteurs économiques des pays du Sud et d’ailleurs continuent de considérer le dialogue avec la Russie comme utile, voire nécessaire dans de nombreux cas.

La présence de l’Arabie saoudite en tant que pays invité est, en particulier, l’un des signes les plus marquants de cette édition. Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman Al Saud, a annoncé que la Russie et l’Arabie saoudite signeraient trente accords de coopération en marge du SPIEF, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’éducation et du tourisme. Il s’agit d’une étape importante car elle confirme l’ approfondissement croissant des relations russo-saoudiennes, bien au-delà du seul cadre énergétique de l’OPEP+. Dans un contexte d’instabilité des marchés mondiaux, la coopération entre deux grands producteurs d’énergie représente non seulement un accord commercial, mais auss un facteur de rééquilibrage de l’équilibre international face à la prétention unilatérale de l’Occident à dicter les règles du marché.

L’énergie est en effet un thème central du forum. À cet égard, le vice-président du
gouvernement, Alexandre Novak, a affirmé que l’OPEP+ est plus que jamais nécessaire
pour atténuer les risques et les bouleversements des marchés mondiaux de l’énergie, dans un
contexte d’incertitudes économiques et géopolitiques croissantes . Loin d’être exclue du marché mondial de l’énergie, la Russie continue de jouer un rôle essentiel dans la stabilisation de l’approvisionnement et la mise en place de circuits alternatifs à ceux dominés par l’Occident.
C’est également sur ce fondement que repose sa relation avec la Chine.

Lors du forum, l’ambassadeur de Chine à Moscou, Zhang Hanhui, a déclaré que les échanges commerciaux entre la Russie et la Chine avaient progressé de 19,7 % entre janvier et avril, atteignant 85,2 milliards de dollars. Il a également souligné que, sous l’impulsion stratégique de Xi Jinping et de Vladimir Poutine, le partenariat global entre les deux pays continuait de se développer à un rythme soutenu. Moscou et Pékin s’emploient à mettre en œuvre l’
accord actualisé
sur la protection des investissements , à promouvoir des conditions préférentielles pour les entreprises
et à renforcer les liens entre les milieux d’affaires. Par conséquent, on peut
conclure que non seulement la stratégie de sanctions occidentales n’a pas perturbé
la coopération russo-chinoise, mais a au contraire contribué à la pousser vers
une plus grande intégration financière, industrielle et commerciale. La déclaration de Poutine, selon laquelle la Russie n’a opéré aucun « pivot » soudain vers l’Asie,
va dans ce sens . Le président russe a rappelé que les fondements de la relation avec la Chine remontent à l’accord de 2001 et a indiqué un volume d’échanges d’environ 250 milliards de dollars, accompagné d’une forte diversification. Cette précision est importante car elle réfute l’interprétation selon laquelle le repli de Moscou vers l’Asie serait uniquement une réaction aux sanctions. Au contraire, l’expansion eurasienne de la Russie est antérieure à la phase actuelle du conflit avec l’Occident et s’inscrit dans une stratégie à long terme.

Un autre axe important est celui avec l’Inde. À la veille du SPIEF, le PDG de
United Aircraft Corporation, Vadim Badeha, a déclaré que les compagnies aériennes indiennes
avaient manifesté leur intérêt pour l’acquisition de 100 à 200 avions russes Il-114-300 et SJ-100.
UAC a également signé un accord avec la société indienne HAL concernant une éventuelle
production sous licence du SJ-100 en Inde, ainsi qu’un accord préliminaire avec Flamingo
Aerospace pour la fourniture de six Il-114-300. Sur le plan économique, il s’agit d’un
dossier important pour l’industrie aéronautique russe ; sur le plan géopolitique, cela confirme que l’Inde
poursuit sa coopération technologique avec Moscou malgré
les pressions occidentales.
L’Afrique occupe également une place de plus en plus importante.
La présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, après sa rencontre avec Vladimir Poutine, a déclaré que la Tanzanie et la Russie s’étaient engagées à intensifier leurs efforts dans les domaines du commerce et de l’investissement. Elle a souligné que les échanges commerciaux entre les deux pays avaient progressé de 72 % entre 2020 et 2025, et a cité la science, la technologie, l’éducation,
l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, l’exploitation minière et le tourisme parmi les secteurs de coopération.
La référence historique faite par la dirigeante tanzanienne à la visite de Julius Nyerere en URSS en 1969
confère également une dimension politique à cette coopération : de nombreux pays africains perçoivent la Russie non pas comme une puissance coloniale, mais comme l’héritière d’une relation bâtie
en partie grâce au soutien soviétique aux mouvements de libération.

L’Asie du Sud-Est représente un autre front d’expansion.
Le ministre russe du Développement économique, Maxim Reshetnikov, a déclaré à SPIEF que Moscou était prêt à accroître ses livraisons de ressources énergétiques à faible émission de carbone à la Thaïlande à des prix compétitifs, ainsi que de technologies et d’équipements pour le secteur pétrolier et gazier.

Parallèlement, Sergueï Katyrine, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Russie
, a indiqué que des négociations étaient en cours pour le déploiement à grande échelle
des cartes Mir dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, notamment en Thaïlande, à Singapour
et en Malaisie, où le tourisme russe est important. L’énergie, le tourisme, les paiements et
les infrastructures financières s’inscrivent ainsi dans une stratégie globale visant à rendre
les relations économiques russes plus indépendantes des réseaux occidentaux.

En définitive, le SPIEF 2026 démontre que l’isolement de la Russie relève davantage d’un
objectif politique occidental que d’une réalité du système international. La
participation de plus d’une centaine de pays, le rôle de l’Arabie saoudite, la croissance
des échanges commerciaux avec la Chine, les liens industriels avec l’Inde, la revitalisation des relations avec la Tanzanie, l’ouverture à la Thaïlande et à l’Asie du Sud-Est, la dédollarisation des
paiements et la persistance des intérêts européens sur le marché russe, comme en témoigne
la présence de plusieurs délégations, dont la délégation allemande, indiquent
l’implication de la Russie dans des réseaux économiques différents de ceux dominés par le bloc euro-atlantique.

La crise économique maintes fois annoncée par les capitales occidentales n’a pas entraîné l’effondrement escompté. Au contraire, Moscou utilise le SPIEF pour démontrer que les pressions extérieures ont accéléré la recherche de nouveaux partenaires, de nouveaux instruments financiers et de nouvelles voies de développement.

Giulio Chinapp

Views: 110

Cuba et la Russie renforcent leur coopération stratégique lors du Forum économique de Saint Petesbourg

8 June 2026 at 05:17

Monde

Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg continue de renforcer sa position de lieu incontournable de dialogue entre les nations émergentes et les puissances traditionnelles. Certes les problèmes de Cuba qui subit une pression multiforme de la part du chef de gang que s’affirme sans vergogne les USA ne sont pas résolu par un appui de la Russie, de la Chine mais ces leaders du monde multipolaire ne démissionnent pas et créent un environnement démocratique, politique, culturel qui est le seul susceptible de soutenir la formidable résistance cubaine. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

Cuba

Pérez-Oliva a décrit le blocus comme le principal obstacle au progrès de Cuba. Il a également réaffirmé que la solidarité et le respect mutuel entre les nations sont essentiels à la construction de relations internationales. Photo : RT en Español

Cuba et la Russie renforcent leur coopération stratégique lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg


6 juin 2026 Heure : 04:0


Oscar Perez-Oliva, vice-Premier ministre et chef du ministère du Commerce extérieur et des Investissements étrangers de Cuba (MINCEX), a mené un programme de travail chargé axé sur l’évaluation des progrès des accords bilatéraux et l’établissement de nouvelles priorités économiques entre La Havane, dans le cadre du Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

À LIRE AUSSI :

La Douma russe condamne le siège hostile imposé par les États-Unis à Cuba, visant à l’étrangler et à la contrôler.

Dmitry, le vice-Premier ministre russe, et son homologue ont évalué l’état d’avancement des plans stratégiques communs lors de leur rencontre , en accordant une attention particulière aux investissements, au commerce, à la coopération énergétique et aux transports.

Pérez-Oliva a confirmé la volonté du gouvernement cubain de renforcer ses liens avec la Russie , tandis que Chernishenko a souligné le caractère historique de cette relation et la collaboration entre les deux pays pour surmonter les obstacles imposés par les sanctions internationales.

Le 29e Forum économique international de Saint-Pétersbourg a débuté. Saint-
Pétersbourg accueille la 29e édition du Forum économique international, le principal événement économique de Russie. @Senderov_RT vous donne tous les détails.
pic.twitter.com/9OfDLOHR8l– RT en Español (@ActualidadRT) 

3 juin 2026

Le responsable cubain a eu une autre réunion plus tard dans la journée avec Mikhaïl Mourachko, ministre de la Santé de la Fédération de Russie , pour discuter des possibilités de coopération dans le secteur de la santé.

Ils ont également partagé leurs expériences en matière de production de médicaments, de formation d’experts et de renforcement des systèmes de santé publique , des domaines dans lesquels les deux pays collaborent avec succès depuis des décennies.

Par ailleurs, Pérez-Oliva était présent à la séance plénière principale du forum, présidée par Vladimir Poutine, le président russe , et à laquelle assistaient des dirigeants et des représentants de plusieurs nations.

À cette occasion, le vice-premier ministre cubain a réaffirmé la volonté de l’île de continuer à renforcer ses liens avec la Russie et d’autres alliés stratégiques .

Le directeur général adjoint des affaires bilatérales du ministère cubain des Affaires étrangères, Alejandro Simancas, a participé à la table ronde « Perspectives sur le développement des BRICS : transformation et nouveaux horizons », en tant que membre de la délégation cubaine.

Dans son discours, Simancas a souligné l’engagement actif de Cuba envers ce mécanisme de coopération , auquel elle a récemment adhéré en tant que pays associé, et a plaidé en faveur de l’établissement d’un ordre mondial plus équitable, inclusif et multipolaire.

Dans cette optique, la délégation cubaine a condamné les effets du blocus financier, commercial et économique imposé par les États-Unis à l’île et a exprimé son soutien à la déclaration ministérielle des BRICS, qui préconise la levée de ces mesures unilatérales.

Pérez-Oliva a décrit le blocus comme le principal obstacle au progrès de Cuba . Il a également réaffirmé que la solidarité et le respect mutuel entre les nations sont essentiels à la construction de relations internationales.

Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg continue de renforcer sa position de lieu de dialogue essentiel entre les nations émergentes et les puissances traditionnelles ; à cette occasion, Cuba a réussi à mettre en avant ses priorités économiques, sa position géopolitique et sa ferme conviction de progresser vers un monde multipolaire.

Auteur : teleSUR – egv – MS

Views: 38

Received — 1 June 2026 Histoire et société

Que vivent les dirigeants étrangers lorsqu’ils empruntent le train à grande vitesse chinois ? (Éditorial du Global Times)

19 April 2026 at 10:12
Sur les traces de Marx, j’ai toujours éprouvé un intérêt puissant pour la manière dont le train avait transformé le capitalisme, plus généralement ce que le capital qui a priori se préoccupait du temps (celui en particulier de la plus value obtenue de la force de travail) y répondait par une organisation spatiale… la productivité, l’accumulation, qui intégrait divers espaces agricoles, urbains… Marx disait: « Au fur et à mesure que l’industrie, le commerce, la navigation, les chemins de fer se développaient, la bourgeoisie grandissait, décuplant ses capitaux et refoulant à l’arrière-plan les autres classes. La bourgeoisie ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave. » et il lie l’émancipation du peuple chinois, le déplacement du centre de gravité pacifique, au chemin de fer vers le pacifique proche du canal de Panama… mais l’esclave chinois, celui des pays du sud doit lui même assurer son existence. C’est que dit ce voyage de chefs d’Etat dans le socialisme à la chinoise dit bien ce que le développement des moyens de transport des routes, des échanges de marchandises mais aussi de civilisation est une proposition d’avenir… il ne s’agit plus seulement du train il s’agit de la proximité nouvelle, du voisinage, des relations de coopération qui s’imposent à nous. C’est ce qui m’intéresse le plus.. et ce qu’il faut lire entre les lignes de cet éditorial. Le succès du réseau ferroviaire à grande vitesse chinois témoigne de la convergence de forces institutionnelles, de capacités industrielles et d’une planification stratégique. (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete).

 / 

 ÉDITORIAL

Par Global TimesPublié le 18 avril 2026 à 00h44Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien (PCV) et président du Vietnam, To Lam, quitte Pékin en train à grande vitesse pour la région autonome Zhuang du Guangxi, dans le sud-ouest de la Chine, le 16 avril 2026. Photo : Xinhua

Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien (PCV) et président du Vietnam, To Lam, quitte Pékin en train à grande vitesse pour la région autonome Zhuang du Guangxi, dans le sud-ouest de la Chine, le 16 avril 2026. Photo : Xinhua


Lors de sa visite en Chine, le secrétaire général du Comité central du Parti communiste vietnamien et président du Vietnam, To Lam, a emprunté à deux reprises le train à grande vitesse chinois « Fuxing », passant au total près de 12 heures à bord. Ce voyage a suscité un vif intérêt international. En effet, voyager en train à grande vitesse n’est plus une nouveauté pour les dirigeants étrangers en visite. Des personnalités internationales telles que le président russe Vladimir Poutine, le secrétaire général de l’ONU António Guterres et le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev ont toutes choisi cette option lors de leurs déplacements. En ce sens, le train à grande vitesse est devenu un fleuron de l’industrie manufacturière chinoise à l’ère moderne, offrant à la communauté internationale un moyen direct d’en faire l’expérience.

Pourquoi tant de dirigeants étrangers choisissent-ils de voyager en train à grande vitesse en Chine ? La réponse va bien au-delà de la simple sensation de vitesse. Plus profondément, ils perçoivent la construction ferroviaire moderne comme un moyen d’appréhender les clés du développement de haute qualité de la Chine. En Chine, le réseau ferroviaire à grande vitesse fonctionne comme un puissant axe routier, reliant étroitement des régions autrefois éloignées les unes des autres. Il facilite la circulation efficace et l’allocation optimale des facteurs de production tels que les talents, les capitaux et les technologies à l’échelle nationale, apportant un soutien solide aux grandes stratégies régionales, notamment la région Pékin-Tianjin-Hebei, le delta du Yangtsé, la région de la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao et la zone économique Chengdu-Chongqing. Le succès du réseau ferroviaire à grande vitesse chinois témoigne de la convergence de forces institutionnelles, de capacités industrielles et d’une planification stratégique.

Il y a une vingtaine d’années, le train à grande vitesse était encore un « luxe » coûteux et rare, principalement concentré en Europe occidentale et au Japon. Aucun pays n’avait construit de réseau ferroviaire à grande vitesse de plus de 3 000 kilomètres. Ses coûts élevés de construction et d’exploitation le rendaient encore plus inaccessible à de nombreux pays en développement. L’Europe exploitait autrefois sa célèbre ligne à grande vitesse reliant Londres (Royaume-Uni) à Avignon (France), sur environ 1 150 kilomètres. Au Japon, le Shinkansen le plus long était la ligne Hayabusa reliant Tokyo à Shin-Hakodate, à Hokkaido, avec environ 823 kilomètres. Aujourd’hui, le réseau ferroviaire à grande vitesse mondial s’étend sur plus de 65 000 kilomètres, dont plus de 70 % en Chine. À titre de comparaison, le voyage en train à grande vitesse effectué par le secrétaire général To Lam – de Pékin à Nanning – dépasse les 2 400 kilomètres en un seul trajet, une différence frappante en soi.

Par son expérience, la Chine a profondément redéfini la notion de train à grande vitesse à l’échelle mondiale, offrant un modèle de modernisation aux pays du Sud. S’appuyant sur une demande massive du marché, une intégration technologique systématique, un système industriel complet, une forte capacité de production et une gestion de l’ingénierie et de la construction extrêmement efficace, la Chine a considérablement réduit le coût unitaire du train à grande vitesse, le transformant d’une vitrine technologique en un réseau national accessible. La Chine n’a pas seulement construit le plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse au monde, mais a également ouvert la voie à un modèle de développement adapté à son contexte national – efficace et intensif – constituant un système complet de normes techniques, de modèles de gestion de la construction et de chaînes d’approvisionnement industrielles. Cette expérience, reproductible et adaptable à grande échelle, représente une référence précieuse pour les pays du Sud en quête de modernisation de leurs infrastructures et d’industrialisation.

La construction ferroviaire, et notamment de lignes à grande vitesse, joue un rôle essentiel dans le renforcement des liens entre les peuples. Comparé à l’aviation, le transport ferroviaire est plus rentable, offre une couverture plus étendue et une capacité de transport supérieure ; comparé à la route, il est plus stable, plus sûr et permet de réaliser des économies d’échelle plus importantes. Grâce aux nouvelles liaisons ferroviaires, étudiants, touristes, chercheurs, professionnels des médias, habitants des zones frontalières et petits commerçants peuvent désormais se rendre plus fréquemment dans les pays voisins. Lorsque ces déplacements deviendront une habitude, la compréhension mutuelle entre les nations voisines et leurs populations se fondera de plus en plus sur des interactions concrètes et des expériences tangibles, permettant aux deux sociétés de passer d’une simple connaissance à un véritable rapprochement et réduisant ainsi la distance psychologique entre leurs peuples.

La Chine a toujours adhéré aux principes de consultation approfondie et de contribution conjointe pour un bénéfice partagé dans la coopération ferroviaire, ce qui témoigne de son ouverture d’esprit et de son sens des responsabilités en tant que grande puissance. La ligne à grande vitesse Jakarta-Bandung a fait entrer l’Indonésie dans l’ère du TGV ; la ligne Chine-Laos est devenue une voie royale reliant la Chine à l’Asie du Sud-Est, et ses systèmes et équipements clés ont été mis en œuvre avec succès dans des pays européens comme la Hongrie et la Serbie. Dans leur déclaration conjointe, la Chine et le Vietnam se sont engagés à faire de la coopération ferroviaire un pilier de leur partenariat stratégique, ce qui a suscité un vif intérêt. De plus en plus d’exemples montrent clairement que le développement de haute qualité de la Chine profite non seulement à sa propre population, mais contribue également au développement des infrastructures mondiales et améliore le bien-être des communautés locales.

Cette année marque le début du 15e plan quinquennal chinois. D’ici 2030, le réseau ferroviaire chinois devrait atteindre environ 180 000 kilomètres, dont près de 60 000 kilomètres de lignes à grande vitesse, et un réseau moderne de classe mondiale sera alors en place. Le développement continu du transport ferroviaire stimulera la modernisation industrielle dans tous les secteurs, en amont comme en aval, depuis la fabrication de nouveaux matériaux et d’équipements de pointe jusqu’aux technologies de l’information et à la logistique moderne, créant ainsi de nouveaux moteurs de croissance économique. Pour le monde, cela se traduira par une coopération technologique accrue, des échanges de talents et des opportunités de marché élargies. Un média français s’est émerveillé de voir la Chine, autrefois simple terrain d’expérimentation pour la technologie ferroviaire à grande vitesse, devenir un acteur clé de l’intégration régionale.

L’histoire du train à grande vitesse chinois n’est qu’un exemple parmi d’autres. Elle illustre la réussite d’une grande nation qui, grâce à l’autonomie et à un travail acharné, a maîtrisé des technologies essentielles, réalisé un développement fulgurant et apporté des bénéfices à sa population. Le train à grande vitesse « Fuxing » porte en lui la fierté et la confiance du peuple chinois, ainsi que la volonté sincère de la Chine de partager les opportunités de développement avec le monde. Les trains à grande vitesse de la compagnie ferroviaire chinoise, vrombissants, sont à l’avant-garde de notre époque et filent vers un avenir encore plus prometteur.

Views: 16

La troisième guerre mondiale a-t-elle commencé au Kosovo, par Danielle Bleitrach* et Jacques Jedwab**

19 April 2026 at 08:59

l’article qui avait été effacé et que l’on ne pouvait plus consulter et réapparu comme par miracle à partir du moment où j’ai menacé d’un procès la revue la Pensée. Nous n’en sommes pas à avoir des compte-rendus dans l’humanité ou dans le reste de la presse ex-communiste mais nous marquons des points..; c’est quand la bête nuisible se noie qu’il faut lui donner des coups sur la tête dit un proverbe chinois… ce n’est pas à moi de le faire… merci à tous ceux qui ont oeuvré pour un tel « miracle »… Notez que dès cette époque je tente d’inciter à ne pas se battre contre des « fantômes » illusoires montés par la propagande mais contre la réalité, le rôle joué concrètement par les institutions existantes dans notre volonté communiste d’émancipation et je me heurte à ceux qui interprétent ce que je dis, le diabolisent et exercent de ce fait toute la nocivité de leur pouvoir de censure qui nous mène à la guerre et au fascisme, pas fantasmé, non le réel l’arbitraire, la loi de la jungle identifié à la liberté, j’unis grâce à mon cousin psychanalyste le combat de classe à la destruction de l’individu, toutes choses qui demeurent ma problématique et aussi l’incapacité à me faire entendre … (note et traduction de danielle Bleitrach)

Cet article a été publié en décembre 1999 dans la Revue la Pensée. Il a suscité de grandes critiques de la part de la direction du secteur international du PCF, en l’occurrence Jacques Fath. Ce fut d’ailleurs le dernier article de moi publié dans la presse communiste. Je dénonçais en effet l’intervention de l’OTAN et j’annonçais la fin d’une Europe autonome des Etats-Unis, toutes choses qui déjà n’étaient pas bonnes à dire. Mais le lecteur jugera sur quelles bases a débuté mon interdit et ma censure dans la presse communiste, l’interdiction faite désormais aux communistes d’avoir connaissance de mes opinions, les diffamations sur la personne. S’il se trouve un jour des historiens aptes à juger de ce que fut le massacre des communistes au nom de « l’anti-stalinisme », en fait le ralliement au capital, je pense que cet article dans lequel je n’ai pas changé une virgule pourra servir de pièce au dossier. Cet article a été écrit avec mon cousin Jacques Jedwab, un psychanalyste. Merci à Stephen Chalk qui a réussi à le retrouver dans les archives de la revue dont je suis toujours membre du pléthorique conseil de rédaction, mais où mes livres, mes écrits subissent la même censure (note de Danielle Bleitrach).

Un texte de Noam Chomsky (publié dans le Monde diplomatique de mai 1999) sur « la rhétorique des bombardements » dit des choses qui comptent parmi les plus fortes qu’il nous ait été données de lire sur la guerre menée par l’OTAN en Yougoslavie : il n’existe aucun fondement légal international à l’intervention de l’OTAN et l’hypothèse qu’une intervention militaire à but humanitaire puisse avoir une quelconque légalité est également à écarter. Il ne s’agit pas de nier ou même de minimiser d’aucune manière les responsabilités politiques du gouvernement serbe. La grande responsabilité de Milosevic est d’avoir remis en cause en 1989 le statut d’autonomie du Kosovo de 1974. Devant l’effondrement du camp socialiste, il s’agissait pour lui d’asseoir son pouvoir politique sur des bases nationalistes. Les Kosovars ont résisté. La répression très dure a suivi, elle n’a aucune justification, surtout pas dans les mythes identitaires.

La Yougoslavie a été probablement la meilleure solution qu’ait connue cette zone des Balkans. Elle n’est pas née avec Tito mais, dès le XIXe siècle, des esprits éclairés ont choisi une unification et ont créé une langue, le serbo-croate. Fallait-il favoriser le dépeçage de la première tentative de paix et d’autonomie des hommes dans cette zone de déchirure séculaire ? Pourtant voilà un des actes fondateurs de l’Europe politique : favoriser la partition régionale de l’ex-Yougoslavie, réactiver la poudrière des Balkans. Car il ne faut pas non plus minimiser la part de responsabilité des Européens, des Allemands en particulier, qui ont appuyé la partition de la Yougoslavie (Slovénie et Croatie) en créant la base du développement des identités nationales toujours problématiques dans les Balkans.

La guerre civile avec son cortège d’abominations a suivi. Car nous sommes bien désormais en Yougoslavie, et peut-être plus tard dans tous les Balkans, dans une guerre civile.

La question est alors : en quoi l’intervention militaire de l’OTAN, celle des États-Unis mais aussi la nôtre à nous Français, permet-elle d’amender cette situation de guerre civile pour maintenant et pour l’avenir ?

LA POUDRIÈRE

Quand nous posons la question des responsabilités politiques à l’origine de la guerre civile nous sommes encore dans une logique ancienne, presque archaïque, celle d’une histoire d’empires, de guerres civiles et de vendettas. Quand nous abordons la responsabilité de l’OTAN, nous sommes déjà dans une autre logique, celle où s’est opérée la conversion du savoir, du progrès technologique, de la rationalité occidentale en un pouvoir d’extermination total de l’humanité, dont le nazisme n’a été qu’un des exemples.

La logique archaïque est celle de la « poudrière ». Bismarck affirmait qu’il y avait deux personnes qui avaient compris le problème des Balkans, lui-même et un autre qui était devenu fou. Peut-être y a-t-il une idée essentielle à dégager de cet imbroglio historique et de cet enchevêtrement de peuples en proie à d’obscures vendettas ? Les Balkans ont constitué la zone de contact historique et guerrier entre deux empires, les Habsbourg ou la chrétienté et l’Empire ottoman ou la zone musulmane, avec des haines réveillées de siècle en siècle. Il y a aussi la manière dont chaque empire a imposé sa domination, comment ils ont entretenu par leur despotisme de véritables poches de misère et de sous-développement, empêchant partout l’unification des particularismes locaux dans un État-nation. Il suffit de relire ce que Chateaubriand écrit dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem sur la domination turque : non seulement elle réprimait mais, par son pillage constant elle empêchait tout développement économique, plus personne n’osait accumuler le fruit de son travail de peur qu’il lui soit enlevé et les gens se terraient dans des zones dévastées, dans les ruines d’anciens palais, sous des haillons.

Le problème des Balkans est donc celui de peuples subissant les répressions économiques et politiques d’empires autocrates constamment en guerre et qui surtout, par la terreur et le sous-développement, ont empêché l’émergence de nations. Il en est résulté la difficulté à trouver aujourd’hui des bases d’identité qui ne soient pas ethniques ou religieuses; c’est là aussi que s’est enracinée l’impossibilité des territoires nationaux ayant leur langue, leur histoire. Ce n’est pas en surajoutant à cette histoire despotique une nouvelle logique d’empire (celle des USA avec nous comme vassaux) et en multipliant les destructions que l’on désamorcera la poudrière.

Quand nous revendiquons l’autonomie, l’autodétermination, ne nous-sommes nous pas, pour une part, plus ou moins condamnés à approuver tacitement, malgré l’horreur qu’elle nous procure, la « purification ethnique »? Il y a en effet sous ce terme révoltant deux idées : la première est insoutenable parce qu’elle renvoie à notre propre passé occidental, la manière dont ont été développé le massacre des Indiens, l’esclavage, le colonialisme et le nazisme, toutes choses auxquelles les peuples des Balkans n’ont pas participé sinon pour s’en défendre. Comme l’ont montré tous ceux qui connaissent l’histoire des Balkans avant 1945 et depuis jusqu’en


1990 : la péninsule a connu de multiples violences et déplacements forcés (Allemands de Banat, Albanais de l’Epire, Grecs d’Istanbul, Grec et Turcs de Chypre, Turcs de Bulgarie, etc.). Il ne faut pas chercher les précédents historiques du « nettoyage ethnique » à Auschwitz mais bien dans leur passé commun. Ce passé commun dont nous ignorons tout a été sans cesse recomposé. Il est celui de sociétés balkaniques intégrées dans des unités nécessairement autoritaires, comme la Grande Serbie puis à nouveau émiettées. C’est pourquoi la seconde idée qu’il faut dégager sous le terme de « purification ethnique » renvoie à une interrogation : à savoir sur quelles bases pourra se créer l’identité nationale de peuples entrelacés géographiquement ? (1) Si les Serbes veulent recréer la Grande Serbie, certains membres de l’UCK ne font pas mystère de leur préférence pour la Grande Albanie.

Un des héritages de l’Histoire étant bien évidemment que chacun revendique la mémoire du moment le plus favorable au cours des invasions, migrations et royaumes successifs pour établir des frontières. D’ailleurs il serait peut-être temps d’en finir avec l’hypocrisie de la bonne conscience, la solution des Occidentaux en Bosnie et même plus généralement dans toute l’ex-Yougoslavie est déjà passée par « la purification ethnique ». Ainsi cent cinquante mille Serbes ont été déplacés dans le silence général et on a laissé au hasard des déplacements de population face à la guerre se créer des morceaux de territoire « homogènes ».

Pourtant le résultat en est si morcelé, si imbriqué qu’il ne tiendra que par une présence constante d’armées pour les surveiller. Nous revoilà dans cette logique d’empire qui ne peut qu’aggraver la situation initiale de guerre civile. Il n’est même pas sûr que cette partition ethnique contenue dans le thème de l’autodétermination ait une quelconque validité sur le terrain. Les Albanais du Kosovo et ceux d’Albanie parlent la même langue, ont beaucoup de pratiques communes mais ils sont séparés depuis près de quatre-vingt-dix ans et ils ont vécu dans des État ayant des niveaux de développement très différents, la Grande Albanie est sans doute un rêve comme la Grande Serbie est sans doute un rêve, des rêves meurtriers.

Autre constat : ces peuples des Balkans toujours envahis par des empires ont dû déployer une telle énergie pour leur survie, et pour leur mouvement perpétuel de construction et décomposition, qu’ils n’ont jamais menacé personne, pas plus l’Europe d’hier que les pays de l’OTAN aujourd’hui. Ils n’ont fait que se défendre avec un courage qui force le respect. Car s’il y a quelque chose de commun dans ces sociétés balkaniques c’est le sens de l’honneur méditerranéen, avec au positif un courage indomptable ; et au négatif le sentiment que la guerre peut tout résoudre et que la défense de cet honneur se transmet comme un héritage. Donc nous avons une zone des Balkans dépecée par des empires et où l’unité nationale a eu du mal à se réaliser sur des bases autres qu’ethniques ou religieuses.

Les frappes de l’OTAN, l’intervention militaire en général aident-elles à dépasser cette situation ? Ou au contraire ont-elles pour résultat de rendre la paix impossible entre ces fragments de peuples imbriqués, déchirés par des vendettas séculaires ? Non seulement elles n’obtiendront pas la paix dans l’immédiat mais elles risquent de la rendre impossible dans l’avenir.

AVENIR DE LA MÉDITERRANÉE EN EUROPE

En quoi la zone des Balkans, ces peuples si pauvres, intéresse-t-elle l’empire nord-américain ? La surveillance de l’ex-URSS, qui demeure une puissance nucléaire de grande instabilité sociale, est vraisemblablement l’un des objectifs des États-Unis. Il y a probablement aussi un enjeu pétrolier. Un oléoduc et un gazoduc partiront du port de Bakou et traverseront le Kurdistan. Il est prévu d’y construire l’un des plus grands complexes industriels du monde. L’oléoduc et le gazoduc devraient passer par la Turquie, selon les plans qui sont déjà très avancés, par la Bulgarie et à partir de là se diriger vers le Kosovo avec une bifurcation vers le centre de l’Europe et une autre vers l’Italie pour desservir les pays européens de la Méditerranée. A travers le cas des Balkans se pose aussi la question du contrôle de la Méditerranée considérée comme une zone de grande turbulence politique. Le problème albanais ne saurait être détaché de celui des pays musulmans.

Si une intervention militaire est la mise en acte de la logique d’empire appliquée aux Balkans et plus largement à la zone méditerranéenne, faut-il voir le salut dans l’Europe ?

Nous ne pouvons ignorer que de la manière dont on terminera cette guerre dépendra la paix future dans toute la zone méditerranéenne qui devient de plus en plus explosive au fur et à mesure que s’accroît son sous-développement.

En raison, il n’y a pas d’autre voie que la négociation et la reconstruction des liens entre ces peuples dont l’histoire ne cesse d’exaspérer les tensions. Nous nous y sommes mollement attelés et nous nous sommes laissés manœuvrer. Non sans savoir que cette guerre et la stratégie des USA (cette puissance « autistique » selon l’expression d’Alain Joxe) dont les Européens se sont faits les supplétifs aura pour résultat la « libanisation » des Balkans, l’impossibilité de fermer les plaies et la scission à l’infini de peuples qui devraient s’unir. Je partage entièrement ce qu’écrivait Dominique Vidal, sur le site internet du Monde diplomatique le 13 avril 1999 : « Malgré les terribles affrontements actuels, la coexistence entre les peuples des Balkans n’est pas une utopie : elle a résisté, tant bien que mal, dans la Yougoslavie, pourtant bien peu démocratique, du maréchal Tito. Et c’est le démantèlement de celle-ci qui a replongé les Balkans dans l’horreur. Se lancer dans une recomposition généralisée de la région sur une base ethnique serait sans aucun doute la meilleure manière d’ouvrir grandes les portes à la barbarie. Pour autant, le retour à la paix dans les frontières établies ne va pas de soi. Il importe de recréer les conditions indispensables pour que les populations vivent à nouveau en bonne intelligence : développement économique, démocratie politique, garantie des droits de chaque communauté en sont les principaux piliers. »

Les bombardements, l’intervention militaire vont à l’encontre de cette démarche. Pendant combien de temps l’Europe portera-t-elle désormais sur son flanc cette plaie ouverte ? Ne sommes-nous pas aussi irresponsables que les passagers de première d’un avion qui diraient : « nous ne craignons rien la bombe est en seconde classe » ? On ne peut aussi s’empêcher de songer qu’avec les sommes fantastiques déversées sur la Yougoslavie sous forme d’armes (un bombardier furtif étant l’équivalent du PNB de l’Albanie, une bombe guidée au laser 200 000 F), il y aurait de quoi reconstruire économiquement ces pays, dépasser la logique de sous-développement, de destruction massive qui ne peut qu’engendrer les haines, laisser les peuples exsangues et prêts à en découdre à la prochaine génération.

Quand la guerre règne, le politique semble pris de folie, il ignore les évidences les plus élémentaires et notamment le fait qu’aujourd’hui le Kosovo isolé de la


Yougoslavie n’est pas viable, comme d’ailleurs le fait que la Yougoslavie doit retrouver des liens avec ses voisins. Or la destruction massive des ponts de Belgrade démontre bien la logique de cette guerre : l’asphyxie et l’isolement, l’exaspération des antagonismes. Quant à l’Europe, la manière dont elle gère cette zone, plus encore que dans l’existence d’institutions spécifiquement européennes, sera-t-elle celle de la manifestation de sa dépendance ou celle de sa liberté ? Va-t-elle accepter ou non de devenir une marche de l’empire américain, d’y défendre ses intérêts économiques et politiques ? Pour faire court l’AMI et l’OTAN n’avancent-ils pas d’un même pas ?

En quoi la construction européenne s’en distingue-t-elle ?

Aujourd’hui malgré certaines analyses optimistes qui font songer à celles qu’on entendait sur la nécessité de créer l’euro pour marquer l’indépendance à l’égard des États-Unis, le fait est que l’affaire du Kosovo marque un recul en matière d’autonomie de l’Europe à l’égard des stratégies nord-américaines.

Pour rééquilibrer l’alliance atlantique suffirait-il, comme l’affirment certains, de renforcer l’intégration européenne par la création d’une véritable défense européenne ? Même si la création d’institutions européennes politiques, militaires, peut être considérée comme nécessaires à l’indépendance face aux États-Unis, leur mise en place est loin d’être suffisante pour garantir cette indépendance tant que la politique économique, culturelle, militaire sera simplement calquée sur celle des États-Unis.

Dans cette crise, l’Europe paraît s’être placée plus derrière les États-Unis que d’avoir travaillé à recouvrer son indépendance d’action. Les Allemands se rapprochent des Anglais. Les Anglais ont toujours été plus proches des États-Unis que de l’Europe. Chomsky a sur le Royaume-Uni une phrase définitive quand il affirme que celui-ci est à peu près aussi indépendant que l’Ukraine avant Gorbatchev.

Nous Français avons toujours été déchirés entre la dépendance et l’indépendance, chaque événement nous permettant de marquer notre différence dans le cadre général de la dépendance. De même nous hésitons constamment entre dépeçage de l’Europe en régions sur des bases ethnico-linguistiques et maintien des États avec une forte préférence pour cette dernière solution. Aujourd’hui les Allemands ont choisi, c’est le dépeçage en régions comme base de l’intégration européenne (pour les autres et pas pour eux, bien sûr, qui au contraire ont enfin reconstitué la Grande Allemagne). Alors que la participation de Mitterrand à la guerre du Golfe avait déjà pour justification cynique le fait que « puisque les Américains feront de toute façon la guerre, autant la faire du côté des vainqueurs », cette fois notre participation semble avoir pour objectif notre volonté de constituer une Europe politique. Il y aurait eu front uni des Européens pour convaincre Milosevic, pour se réunir à Rambouillet et, l’échec constaté, ils auraient poussé à l’intervention militaire. Celle-ci donnant, comme chacun sait, d’excellents résultats, ils auraient poussé simultanément à la reprise des négociations et multiplié les initiatives diplomatiques pour donner toute leur place à la Russie, au Conseil de Sécurité de l’ONU (2). Il y a là une vision pour le moins idéalisée de la manière dont l’Europe s’est trouvée entraînée par les États-Unis, en particulier lors de la conférence de Rambouillet.

En dehors de ces quelques euro-optimistes assez isolés, la plupart des commentateurs s’entendent pour reconnaître la difficulté pour l’Europe de marquer son indépendance dans l’Alliance atlantique par temps de guerre. Le plus souvent en France, en provenance du camp du refus de l’agression et même de l’autre, il est suggéré que notre soumission aux États-Unis marquerait la faiblesse de la construction européenne et la nécessité donc de la parachever (3). L’argument n’est qu’à moitié pertinent. Nous avons vécu le temps où la France, tout en respectant ses alliances, était capable par la voix du général de Gaulle de refuser de se laisser engager dans des aventures guerrières. Nous avons alors su quitter le commandement militaire de l’OTAN après l’affaire des fusées de Cuba. Dans l’affaire actuelle des Balkans, ce qui manque n’est pas tant une défense européenne qu’une nouvelle conception de la politique de défense de l’Europe en Méditerranée.

Faut-il rappeler que la zone méditerranéenne appartient à l’Europe, mais pas seulement, et que pourtant la politique européenne vise à la domination plus qu’à la coopération ? Aujourd’hui, l’Union européenne accélère le pas et propose l’instauration d’une zone de libre échange d’ici l’an 2010 par la conclusion de nouveaux accords, en lien avec le plan Matutes qui vise la promotion de la coopération Union européenne/P.T.M. (Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Yougoslavie), accords contenant des calendriers pour la libéralisation des échanges et des listes de secteurs publics à démanteler. C’est-à-dire une réduction de l’emploi public, une perte de recettes fiscales et une réduction des dépenses publiques dont la population ne pourra que souffrir dans son accès à la santé, à l’éducation, etc. Si ces projets se concrétisent certains prédisent qu’il faudra 50 ans pour absorber le choc économique qui en résultera (4). D’où les tensions sociales escomptées. La catastrophe humanitaire que constitue l’extension de la pauvreté menace les côtes de l’Europe. L’arrivée des réfugiés kosovars épuisés, anéantis de douleur, ne peut que nous rappeler celle de ces bateaux vétustes surchargés d’Albanais aux prunelles fiévreuses et à la maigreur impressionnante. Il en résulte une question essentielle, celle du gendarme capable de tenir tout ce monde-là et de continuer à tenir ouverts les marchés.

Il existe effectivement une force méditerranéenne de l’Europe, initiée en décembre 1993 par l’Italie, la France et l’Espagne rejoints par le Portugal en mai 1995, cette force est l’EUROFOR. Celle-ci est accusée par maints pays musulmans du bassin méditerranéen d’être l’instrument d’une domination des pays de l’autre côté de la Méditerranée. Elle se bâtit de plus en plus sur le modèle américain comme une force d’intervention. L’existence d’une force spécifique de l’Europe qui ne se contente pas de son domaine européen stricto sensu n’empêche aucunement que


l’OTAN continue à renforcer sa politique en Méditerranée. Ainsi à Madrid en juillet 1997, l’OTAN, considérant que « la région méditerranéenne mérite une grande attention, car la sécurité dans l’ensemble de l’Europe est étroitement liée à la sécurité et à la stabilité en Méditerranée », a créé un Groupe de Coopération Méditerranéenne ( GCM). Cette structure réunit les membres de l’OTAN, l’Egypte, le Maroc, la Tunisie, la Jordanie, la Mauritanie mais aussi Israël avec Benjamin Netanyaou. Un certain nombre de ces pays et de leurs dirigeants sont devenus de véritables protectorats des Occidentaux et des États-Unis en particulier.

Une des solutions d’issue à la crise envisagée par le président de la République française est d’ailleurs d’établir un protectorat sur la Yougoslavie ; le terme est clairement prononcé pour le Kosovo, nul doute que les contradictions entre la Serbie et la Macédoine ne soient exploitées en ce sens.

On le voit à travers cet exemple, l’existence d’institutions européennes n’est pas en elle-même la garantie de l’indépendance de la politique européenne. C’est sans doute une condition nécessaire mais elle n’est pas suffisante si les stratégies et les buts demeurent les mêmes. Les institutions européennes peuvent être au contraire l’instrument d’une vassalisation économique comme militaire, une vassalisation qui, à partir de l’emprise des États-Unis sur les pays européens, leur donne les moyens d’accroître sa suzeraineté sur les marches du bassin méditerranéen. Il y a déjà un vaincu dans l’expédition de l’OTAN en Yougoslavie, c’est l’Europe. Non seulement elle est soumise à l’OTAN et aux États-Unis mais elle l’est parce qu’elle est incapable de dégager un projet politique qui soit autre que celui du néo-libéralisme et donc de la répression des peuples. C’est la fin de l’idée qu’il y aurait une solution de rechange avec la montée en puissance de la social-démocratie européenne et la chute de l’euro ne fait sans doute que traduire l’absence d’une telle alternative.

Il y a quelque chose de tragiquement risible dans le fait que les prochaines élections européennes se préparent dans un tel contexte de vassalisation et d’impossibilité pour les gouvernements européens d’imposer la seule voie raisonnable à cette folie. Quelle paix cherche-t-on ? A quelle condition sera-t-elle viable ? celle qu’on nous propose ne pourra perdurer qu’avec des armées installées de manière permanente, ce qui déjà nous dessine l’avenir que l’on cherche pour ces régions si proches de la France méridionale. Car la France est pour une part essentielle méditerranéenne et elle risque de payer plus chèrement que d’autres les effets d’une telle stratégie.

POURQUOI LES AMÉRICAINS ONT-ILS PRIVILÉGIÉ L’UCK ?

Il reste donc à comprendre la stratégie à laquelle nous avons accepté plus ou moins de nous soumettre. Les États-Unis ne souffrent qu’avec peine l’existence de l’ONU et en aucun cas ils n’acceptent d’y voir autre chose qu’un instrument de leur volonté d’empire, dans ce conflit comme dans d’autres. Mais cette fois ils sont allés si loin dans leur négation d’une instance universelle que cela revient à nier toute parole, tout espace public international.

Car les États-Unis nous ont imposé la guerre. Et parce que nous l’acceptons, il ne peut même plus exister chez nous de débat comparable à celui qui a lieu aux États-Unis. Jamais nous n’avons la possibilité de nous interroger sur la manière dont le déroulement de cette guerre et donc son issue ont été complètement dominés par la stratégie des USA à l’égard de l’Europe avec des conséquences dont nous Européens risquons de faire durablement les frais. Le président de la République et son challenger, Premier ministre, ont pris la décision, quitte en sous-main à jouer cavalier seul (ou avec l’Italie) dans les discussions de l’OTAN, et c’est l’union sacrée : nos intellectuels dans leur grande masse s’alignent sur le prétexte humanitaire.

Que s’est-il passé ? Comme le souligne Alain Joxe « la modalité caractéristique du pouvoir américain, comme de la plupart des pouvoirs impériaux, c’est le malentendu, c’est-à-dire la non-intelligence des informations surgissant sans cesse des situations et des sociétés soumises. La compensation de cette mésintelligence est sans cesse opérée par la force matérielle économique ou militaire. Cette dernière doit en permanence racheter cette déficience logicielle. Ce gaspillage est la preuve du leadership » (5).

L’attaque contre la Yougoslavie part d’un double malentendu : les dirigeants des États-Unis, au départ, sont comme les Français des médiateurs dans une guerre civile, et ils se choisissent l’allié le plus belliciste, celui qui a les positions les plus extrêmes, l’UCK, tout en affirmant défendre des accords modérés dans leur esprit.

Ils pensent qu’au bout de deux jours de bombardement les Serbes s’inclineront.

Les Européens sont enrôlés sous bannière de l’OTAN et les Français devront fournir après les États-Unis le principal effort de guerre.

Pourquoi y a-t-il malentendu ? Pour pouvoir faire la guerre. Ramsay Clark, ancien Attorney général des États-Unis (garde des sceaux), en visite à Belgrade au début des frappes, déclarait à la revue Politika « l’accord qui a été préparé et qui vous a été soumis quelques jours avant les bombardements était un ultimatum. En fait ils avaient décidé d’occuper votre pays, ils savaient d’avance qu’ils allaient effectuer des bombardements. Il s’agissait d’une offre inacceptable qu’aucun pays souverain au monde, tenant à son intégrité territoriale, n’aurait accepté ». Le 18 mars 1999, le Département d’État américain annonçait que Washington voulait transformer l’UCK en organisation politique. Donc, l’opposer à Rugova, le leader pacifiste aux négociations de Rambouillet. Rugova a fait la preuve de son sérieux et de son audience dans la population albanaise du Kosovo tout autant que de son pacifisme. Il est vrai qu’en 1995, quand les accords de Dayton ont ignoré le Kosovo, la stratégie d’Ibrahim Rugova qui espérait que ces accords influeraient le retour à l’autonomie du Kosovo, a été mise à mal. Une autre stratégie s’est imposé, celle de l’UCK; elle tablait sur l’exaspération du conflit, avec l’alternance attentats répression, jusqu’à ce que l’OTAN intervienne. Comme la communauté internationale, l’ONU et les États européens semblaient pencher pour le refus de l’indépendance du Kosovo et menaient un jeu de balancier entre l’hostilité à la politique répressive de Milosevic et la tolérance à cette même politique, l’UCK s’est tournée vers les seuls États-Unis.

Rien pourtant ne prédisposait l’UCK à être un allié privilégié des États-Unis, puisque ses dirigeants sont un mélange de marxistes-léninistes héritiers de la période Enver Hodja et de gens d’extrême-droite (6). Rien sinon leur bellicisme et leur dépendance de sources de financement extérieures. Regroupant les nationalistes durs, l’UCK a multiplié les attentats et gagné des soutiens dans une population excédée par la répression du gouvernement de Milosevic. Pourtant en mars 1998, la LDK de Rugova a remporté une fois encore les législatives clandestines dans la population albanaise du Kosovo. Et Rugova a été réélu président avec un taux de participation de 84,5 %, ce qui prouvait que les Kosovars d’origine albanaise préféraient une solution pacifique au terrorisme de l’UCK.

Si le 18 mars est prise la décision de donner un statut privilégié à l’UCK c’est le 20 mars que les 1 381 membres de la mission de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont été retirés du Kosovo vers la Macédoine.

Pierre Briand de l’AFP écrivait dans Marianne (semaine du 5 avril 1999) que « de nombreux observateurs civils et militaires de cette organisation ont sous couvert de l’anonymat fait part à l’AFP de leur « amertume » devant une évolution de la situation dans cette région qui, selon eux, aurait pu être différente s’ils avaient pu faire leur travail. Certains ont même mis en cause les États-Unis, les accusant d’avoir utilisé l’OSCE à des fins qu’ils avaient préalablement définies. La mission était dirigée par un diplomate américain, William Walker. « On n’était absolument pas menacés » ont affirmé plusieurs observateurs dès leur arrivée à Skopje, en Macédoine. Or le retrait a été décidé en raison notamment des « violences » et de l’impossibilité pour la mission de travailler. Toujours selon Pierre Briand de l’AFP, un officier supérieur accuse les Américains « d’avoir planifié leur coup » et il dénonce « une confusion entre l’OSCE et le Département d’État américain ». Il affirme : « Ça c’est mal passé parce qu’on voulait que ça se passe mal ». Il ajoute : « certains étaient boutefeux.

L’armée de libération du Kosovo (l’UCK) a été incitée à tenter de couper les communications de la province avec Belgrade, ce que les Yougoslaves ne pouvaient accepter. Les sources qui les ont poussés à faire ça savaient ce qu’elles déclenchaient.

Toute la partie « renseignement » appelée pudiquement « fusion » pour une mission théoriquement civile mais qui employait deux tiers de militaires était entre les mains des Américains ». « A la fin, poursuit-il, William Walker a prédit une catastrophe humanitaire, on s’est mis à la recherche de réfugiés hypothétiques, on a eu du mal à les trouver pour justifier sa position. » Pourquoi avoir ainsi retiré les missions humanitaires alors même que la question était de se donner les moyens politiques d’une intervention ?

Maintenant on n’a plus à les chercher: les réfugiés sont là. Et c’est une abomination ; mais on peut se poser encore un certain nombre de questions. Cet afflux de réfugiés, nous dit-on, faisait partie d’un plan mûrement pensé par Milosevic, tout était en place et on retrouve l’analyse de William Walker. La question est alors la suivante : si un tel afflux de réfugiés était prévisible pourquoi ne pas l’avoir prévu ?

Pourquoi ne pas avoir mis en place aux frontières de quoi les accueillir décemment pour éviter d’avoir à les déporter ?

Le 26 mars 1999, la représentante au Congrès Helen Chenoweth a déclaré : « l’UCK est un conglomérat de maoïstes et de terroristes, trafiquants de drogue, armés par l’Iran et par le financier terroriste international Oussama Ben Laden, qui est aujourd’hui le sponsor du terrorisme international. C’est là ceux que soutient l’administration de Clinton qui cherche la partition de la Yougoslavie et crée dans les Balkans un avant-poste pour le terrorisme de Ben Laden. »

Cette collusion a d’autres implications. Chacun sait bien en effet que l’UCK ne se bat pas pour l’autonomie mais bien pour l’indépendance. A Rambouillet les États Unis ont contraint les Kosovars à signer (et singulièrement l’UCK) en les menaçant de suspendre leur aide (y compris militaire) et en les persuadant que si les Kosovars signaient et si les Serbes refusaient il y aurait enfin là le prétexte à l’intervention militaire de l’OTAN que l’UCK appelait de ses vœux. Ce qui fut fait.

En clair cela signifie que le gouvernement français, le président de la République mentent sciemment aux Français quand ils leur affirment qu’ils sont pour le maintien du Kosovo dans la république de Yougoslavie. Ce maintien c’est celui de la stratégie d’Ibrahim Rugova, sinon celle des durs de l’UCK et des Américains qui prétendent leur offrir la victoire sur un plateau. Comme le dit Ramsay Clark, les États-Unis ont sorti un ultimatum que les Serbes ne pouvaient pas signer ; les Kosovars ne l’ont signé que comme la garantie de l’intervention de l’OTAN.

Il y a diverses interprétations (qui ne sont pas d’ailleurs exclusives les unes des autres) de cette incroyable rencontre entre un terrorisme conglomérat de tenants d’un marxisme-léninisme tendance Enver Hodja, de l’extrême droite et de l’intégrisme d’un financier saoudien (sans parler des accusations de trafics de drogue et d’armes) et l’administration des États-Unis. Une des interprétations est la profonde incompétence, presque la naïveté de l’administration Clinton et singulièrement de Madeleine Albright. C’est la thèse que défendait déjà le Washington Post à propos des frappes. Selon ce journal, Madeleine Albright croyait que deux journées suffiraient à faire céder Milosevic. Au bout de huit jours de frappe, le département d’État n’aurait plus su quoi faire, repoussant sans cesse une intervention au sol dont tout le monde pense que ce serait un nouveau Vietnam. De surcroît continuer les bombardements c’est nécessairement élargir leur impact à la population civile, à des hôpitaux, des écoles, c’est en finir avec la fameuse guerre propre qui n’en n’a jamais été une, comme on l’a déjà vu en Irak. Donc, parce que la Yougoslavie résiste, l’administration Clinton qui a fait une erreur dans laquelle elle nous a entraînés, ne sait plus quoi faire. Il s’agit d’une possibilité forte mais il y en a une autre (non exclusive de la précédente). L’administration démocrate Clinton aurait été piégée par la CIA et les militaires. Mais si l’administration du président Clinton est si aisément piégée c’est qu’il y a unité profonde du système, les contradictions entre la présidence, la CIA, l’armée ne sont qu’apparentes, le système tient son pouvoir de l’état de guerre qui lui-même sert les intérêts commerciaux des États-Unis. Nous ne parlons pas du peuple des États-Unis et des grandes voix qui sont aujourd’hui encore capables de s’élever, de nous donner une leçon de démocratie mais bien d’un système politico-industriel-financier-militaire.

Le premier objectif commun est la recherche d’une stratégie qui puisse maintenir le système guerrier : après avoir perdu l’adversaire historique, l’URSS, après avoir renoncé à concilier l’inconciliable, le monopole du recours à la guerre et le respect de l’appartenance à l’ONU instance universelle, les États-Unis sont toujours à la recherche d’une politique qui leur permette de réactualiser les alliances devenues système de vassalisation sous couvert « du partage du fardeau de la défense » (burden sharing) : « le partage du fardeau est aussi un partage de pouvoir et que, dans la mesure où les alliés prendraient plus de responsabilités dans leur propre défense, les États-Unis devraient être disposés à leur céder quelques pouvoirs de décision et de contrôle » (7). Quand, à la fin des années quatre-vingt, l’ennemi s’estompe à l’Est déjà s’esquisse la probabilité croissante d’actions concertées d’urgence à l’égard du Sud. C’est-à-dire que le pouvoir d’intervention des États-Unis, y compris sous la forme de « guerre de basse intensité », qui ne sont souvent que des interventions de police aux côtés de gouvernements réprimant leurs conflits internes, s’accroît. Il y a également les intérêts de l’armée qui ne souhaite pas voir réduits ses crédits militaires. L’US Navy développe l’idée que faire face « aux conflits de basse intensité » exige autant de forces que de faire face à l’URSS, il s’agit en fait de rentabiliser l’effort de guerre et de tester les instruments de frappe (8). Il y a les commandements opérationnels qui (comme on l’a vu avec le CENTCOM et Schwartzkopf) définissent les grandes stratégies à partir de scénarios opérationnels et quand une stratégie existe cela aide, pour ne pas dire plus, la décision finale d’intervention. Quel scénario a été choisi pour le Kosovo ? Un article de l’Observer (17 avril 1999) faisait état d’un plan d’action militaire au sol limité, sans doute pour qu’il y ait le moins de victimes « otanesques ». Cela supposait au préalable un écrasement total de la Serbie sous les bombes, une rage de détruire inouïe, d’autant que les politiques presseraient les militaires d’en finir en trois mois. Les militaires sont donc couverts dans leur violence. Le plan s’appuyait sur l’UCK, la séparation chirurgicale du Kosovo et de la Serbie par le bombardement systématique de toutes les communications, l’isolement des forces serbes. Malgré tout l’état-major parle d’une action dans un contexte moyennement hostile et prend acte du fait que les options ont radicalement changé depuis le début des bombardements (9), c’est à dire depuis que joue à plein la manipulation médiatico-guerrière que nous analysons plus avant.

Les raisons de la stratégie sont d’abord politiques mais elles sont également commerciales, le système de vassalisation s’accompagne de l’obligation d’acheter des armes. Les ventes d’armes sont considérées comme la première manifestation du « partage du fardeau » donc d’une partie du pouvoir de guerre des États-Unis, elles sont indispensables selon les militaires à l’existence d’une ouverture et d’un maintien fonctionnel de contact entre les forces armées des États-Unis et celles d’autres pays qui sont des « hôtes » virtuels de l’armada américaine.

Alors le président est-il en danger d’être piégé par ce pouvoir industrialo-militaire ? Madeleine Albright, le Département d’État seraient pris dans le « malentendu » ? Les choses ne sont pas si simples, outre le fait que le président partage la même conscience du primat des intérêts commerciaux, l’autorité présidentielle n’a cessé de grandir durant la guerre froide à cause de son droit régalien sur la force nucléaire. Il se peut donc qu’il faille une guerre pour maintenir voire restaurer l’autorité présidentielle. Dans ce type de conflits à buts humanitaires, opérations de simple police internationale, la guerre n’a jamais besoin d’être officiellement déclarée par le Congrès comme l’exige la Constitution. L’autorité présidentielle s’affirme par l’usage des task force ad hoc, avec des alliés potentiels formant une coalition de circonstance et préparées seulement autour de réunions militaires. Il y a dans cet exercice solitaire autant que dans le caractère imprévisible de l’attaque sur tel ou tel pays quelque chose de tellement incompréhensible que cela renforce le caractère irrésistible de la puissance qui l’exerce, puisque seuls Dieu et la nature peuvent se conduire avec un tel arbitraire, il n’y a d’homme que dans le respect de la Loi. C’est pourquoi le malentendu dont parle Joxe à propos des États-Unis et la démonstration de force économique et militaire, le « gâchis » qui s’ensuit font partie de la terreur sur laquelle repose un tel pouvoir. Il est à noter que nous sommes nous en France désormais contaminés par cet exercice de l’autorité qui ne déclare plus la guerre puisque de toute manière elle a le privilège de la force nucléaire, avec notre intéressante variante de la cohabitation et du numéro de duettistes qui s’y rattache.

Fondamentalement il y a une sorte d’affinité élective entre le système politico-militaire et l’idéologie capitaliste « libérale », une affinité élective entre le puritanisme et le capitalisme déjà mise en lumière par Max Weber. Quand Madeleine Albright dit à propos des cinq mille morts d’enfants par mois en Irak à cause de l’embargo « c’est le prix à payer ! », son raisonnement paraît dans ses fondements psychologiques héritier de la pensée de Hayek (10): ne rien vouloir savoir de ce qui est complexe et être sûr que ce qui arrive était mérité et s’arrangera en fin de compte très bien, les victimes ayant simplement mal joué. Elles joueront mieux la prochaine fois, si elles survivent, et sinon tant pis pour elles. Il est question chez Hayek de la loi du marché bien sûr. et des victimes du chômage.

UNE STRATÉGIE MÉDIATICO-MILITAIRE

Lors de l’opération «Juste cause » au Panama, la presse, les radios, les télévisions ont gardé un silence quasi total sur les milliers de morts dans la population civile. Il est vrai qu’ils étaient tous occupés par le faux charnier de Timisoara.

La guerre du Golfe a été une remarquable entreprise de désinformation sur la nature exacte de la guerre qui se menait contre la population irakienne et ça continue. Tout a été masqué par la croisade contre Saddam Hussein, le nouvel Hitler, à la tête « de la quatrième armée du monde ».

Et cela continue en Yougoslavie : il est clair qu’il y a sous les bombardements de l’OTAN des morts civils. Le Pentagone a autorisé les avions spéciaux A-10 Wartghog à intervenir avec leurs armes et leurs projectiles radioactifs. En 1991 ils ont été utilisés contre l’Irak avec des conséquences létales et aussi en 1995 en Bosnie.

Ce biréacteur de bombardement lance des missiles « Maverick » et il possède un grand canon, autour duquel on a construit l’avion. Ce canon a 7 tubes tournants de 30 mm capables de tirer 4 200 projectiles par minute, composés d’uranium « appauvri » qui peuvent fondre les plaques cuirassées des blindés et surtout laissent une grande activité radioactive durable qui cause les plus terribles maladies cancérigènes et des déformations, surtout chez les nouveau-nés.

Pourtant se maintient la fiction d’une guerre sans victimes civiles. Il se développe même une sorte d’indifférence collective à cette question. Au point que certains finissent par accepter l’idée qu’il y aurait une sorte de prouesse technique quand un convoi de réfugiés est visé par erreur et qu’il n’y a que 75 victimes, ce qui fait effectivement peu de Kosovars tués pour tant de sorties d’avions. Quant aux Serbes et aux autres nationalités, leurs morts n’existent pas plus que celles des enfants irakiens pour Madeleine Albright. « C’est le prix à payer ! ». Le résultat est ici comme en Irak qu’en niant la mort réelle, elle se cache partout. Le Serbe, dont on ne peut pas ignorer que la bombe que nos pays lancent le tue, perd son visage, son statut d’humanité. Les bombardements qui ne font pas de victimes civiles ? Comment peut-on entraîner l’adhésion à une telle absurdité ?

En revanche, au fur et à mesure qu’avance le conflit, l’opinion publique, bouleversée par le drame des réfugiés, accepte de mieux en mieux la frappe aérienne et même l’intervention des troupes terrestres. On oublie le viol de la légalité internationale, de la Charte des Nations unies, celui de la légalité nationale pour ne retenir que le caractère inéluctable de la guerre face au nouvel Hitler qu’est censé être Milosevic.

Avec l’afflux des réfugiés, la manipulation a pris une dimension tout à fait énorme : on parle de « grande opération de nettoyage ethnique au Kosovo » sans jamais oser se demander qui en sont les instigateurs réels du moins à l’échelle qu’elle a connue pendant les huit premiers jours de bombardements. Les causes de cet exode massif seraient toujours à rechercher du côté de la guerre civile qui déchire le Kosovo et exclusivement de ce côté-là. Que la guerre civile se poursuive sous les bombardements dans le Kosovo, que sous l’enfer de ceux-ci, la folie monte d’un cran est à peu près sûr : on sait le caractère intolérable du bruit d’un missile de croisière ; il provoque obligatoirement la panique. Que désormais les groupes paramilitaires serbes se déchaînent, que la politique nationaliste de Milosevic se déploie jusqu’à ses pires extrémités, tandis que s’affrontent armée, police et maquis de l’UCK pour rendre impossible tout autre solution que l’indépendance, tout cela est vraisemblable. L’évacuation n’est pas freinée parce que tel n’est pas l’objectif des bombardements. Ils visent les chars, les armements lourds et ceux qui évacuent ce sont les troupes mobiles, voire les groupes paramilitaires. Chaque bombardement fournit un prétexte à leur action. De surcroît tout le monde fuit cet enfer, Kosovars, Serbes, Tziganes, Turcs, toute la population civile. Le fait est là, cette agression de l’OTAN va à l’encontre des buts qu’elle s’est officiellement donnés et qui sont censés expliquer sinon justifier une intervention qui viole toute légalité. D’ailleurs toute l’opération médiatique ne vise-t-elle pas à nous faire dissocier dans notre raisonnement conscience politique qui peut demeurer étonnement lucide et émotion humanitaire ?

Pourtant le fait est là : s’il y a la réponse à une agression, la guerre alors devient juste. Mais il n’y a pas de guerre à but humanitaire, la contradiction n’est pas que dans les termes. Et cette contradiction comme le note Chomsky est justement celle des régimes fascistes et nazis qui prétendaient intervenir pour le bonheur de certains peuples et la négation d’autres.


À la source de la manipulation, il y a bien sûr l’énorme concentration de l’information, son origine de plus en plus unique et le fait que partent de l’Empire américain à la fois la technologie guerrière, celle de l’information et (de fait) les décisions politiques internationales seules suivies d’effet. Que dans ce système il suffit qu’une idée soit répétée pour qu’elle devienne vraie. Car ce qui se joue depuis la guerre du Golfe, c’est, d’abord sous couvert de l’ONU puis après s’en être débarrassé, le monopole de la violence légitime et celui du droit à la déclaration de guerre indépendamment de toute légitimité. De notre collaboration de vassaux, appelée aussi « partage du fardeau de la défense », à nous Européens, nous Français, dépend le fait que les États-Unis nous laissent quelques pouvoirs de décision et de contrôle, mais non celui de désigner l’ennemi sur lequel le grand prédateur va fondre.

On rend démoniaque un gouvernement et à partir de là on nous somme de choisir entre le soutien à la dictature ou à la démocratie, on transforme le dirigeant d’un pays en nouvel Hitler, sous des prétextes vrais ou supposés, mais qui de toute manière pourraient être reprochés à d’autres. Les Serbes sont des démons mais on laisse tranquilles les Turcs, l’Irak est une abomination mais les dirigeants de la Syrie ou ceux du Koweit ne posent aucun problème. Pourtant le caractère irrationnel mais vindicatif de l’Empire l’est moins qu’on le croit, l’existence préalable d’une option prépare la décision. Elle permet de diffuser une argumentation contre le nouvel ennemi, comme dans le cas du Panama où l’on découvrit que l’ancien agent stipendié de la CIA, le général Noriega, était trafiquant de drogue et où l’invasion du Panama (un autre grand classique de la fin de la guerre froide) fut précédée d’une campagne sur les méfaits moraux de ce général qui osait revendiquer l’indépendance du canal. Parfois cela n’est même pas nécessaire, « le malentendu » (comme avec l’Irak, qui a cru être « autorisé » à envahir le Koweit, et qui pourtant avait rendu tant de services en menant la guerre contre l’Iran) suffit. Le malentendu – qui a la vie dure dans le cas de l’Irak car la décision était préparée depuis 1988 rend plus absurde, donc encore plus terrible, ce cataclysme divin ou naturel, sans loi, qui fond sur les peuples.

Comment à partir d’une guerre civile en Yougoslavie en arrive-t-on à fabriquer l’équation : Serbe égale nazi ? Comment trafique-t-on notre imaginaire ? Rien de moins facile puisque les Serbes se sont battus héroïquement aux côtés des Alliés pendant les deux guerres mondiales. Le fait est qu’Oustachis croates et nazis avaient perpétré un génocide contre les populations serbe, juive et tzigane de Yougoslavie.

Le nombre des victimes varie d’après les sources (de 300 000 à 750 000) mais le fait lui-même n’est pas contesté. Il est vrai que le nationalisme développé par Milosevic permet un retournement de cet héroïsme en chauvinisme grand serbe et que les bandes qui prolifèrent de tous côtés risquent fort d’adopter des idéologies nauséabondes (11). Et il n’y aura pas que les Serbes. Les troupes de l’UCK ne font pas mystère de leur haine non seulement des Serbes mais aussi des Tziganes (qu’on oublie toujours dans la population du Kosovo). Il y a une tradition tribale d’exclusion d’autres peuples chez les Albanais. S’agit-il pour autant de recycler notre imaginaire pour interpréter les sociétés balkaniques et de nazifier les Kosovars après avoir pratiqué ainsi pour les Serbes ? Non. Qu’il s’agisse des Serbes ou des Kosovars, il faut refuser cette conversion. Quelle que soit la haine pour les Tziganes dans les sociétés balkaniques il n’y a jamais eu génocide, quelle que soit l’abomination de cet exode forcé des Kosovars albanais, femmes et enfants ne sont pas la cible d’une politique destinée à empêcher la « reproduction » d’un peuple, pour le condamner à l’extinction. Il y a chez ces peuples des Balkans dont l’histoire dit qu’ils se haïssaient tant que les combattants mettaient pied à terre et laissaient les armes pour se mordre, férocité impériale, haine et violence, vendetta mais pas solution finale. Car, comme le dit Primo Lévi : « la haine c’est l’altérité ! », alors que ce qui caractérise selon H. Arendt, le système totalitaire c’est la « terreur et son cercle de fer, la destruction de la pluralité des hommes, la création de l’Un à partir du multiple, d’un qui agira infailliblement comme si lui-même participait du cours de l’Histoire ou de la nature. » (12) Est-ce que refuser cette manipulation stratégico-médiatique revient à renvoyer tout le monde dos à dos ? Affirmer que Milosevic n’est pas Hitler et que les Serbes ne sont pas des nazis, qu’il n’y a pas ici génocide, ne nous empêchera pas de dénoncer la répression serbe au Kosovo comme brutale, injuste et d’avoir contre elle la même hostilité que contre celle que mènent les Turcs au Kurdistan ou les Anglais en Ulster, ou les Israéliens contre les Palestiniens ou hier les Français en Algérie. Il suffit de considérer que dans ces cas-là confondre les dirigeants, les armées avec les nazis, proposer des bombardements, une intervention militaire qui n’a pas pour but l’interposition entre les combattants mais la destruction massive, ne serait pas la solution et elle ne serait choisie qu’au prix de l’anéantissement de notre réflexion, de notre capacité à débattre du juste et de l’injuste en tant que citoyens.

Elle nous empêche de voir qu’il existe des solutions.

Il y a là quelque chose entrevu par Orwell dans 1984: le rôle joué par les campagnes de haine télévisée dans le système totalitaire de Big Brother. La stratégie est médiatique autant que guerrière, elle exacerbe la paranoïa, rend inutile la parole et le sens, on comprend sans qu’il soit besoin de dire.

C’est pourquoi, pour faire accepter aux peuples occidentaux les expéditions guerrières il faut remplacer le débat citoyen, même par délégation, par la « communication ». Informer se limite essentiellement à nous faire assister à l’événement, que nous soyons cloués devant l’écran dans un obscène voyeurisme, que nous devenions complices par notre jouissance. La présence sur le terrain devient la garantie de la véracité, désormais il suffit d’être sur la terrasse d’un hôtel climatisé de Bagdad ou devant une tente de réfugiés pour que nous revivions cette mort enkystée en nous qu’est le nazisme. Que nous revivions ces fragments qui n’ont pas de paroles pour se dire et dont on ne peut se délivrer, l’horreur de notre propre histoire qui nous livre un nouvel Hitler comme aliment. C’est pourquoi il est si essentiel, comme garantie du renouvellement de l’expérience que celui qui parle soit en situation. Le savoir, la compréhension sont limités au regard qui balaye et auquel l’image suggère des analogies indicibles. Tous les démentis ne valent pas la fulgurance de cette « université des camps de concentration » dont parle encore Primo Lévi.

On s’apercevra peut-être à quel point les intellectuels d’origine juive se sont mobilisés, dans une optique ou dans une autre, dans cette affaire de la Yougoslavie.

Ce n’est sans doute pas un hasard si pour eux encore plus que les autres l’équation Serbes= nazis a fonctionné, combien ils ont dû se battre contre la remontée en eux de ces cadavres vivants des camps au nom de cette négation de l’altérité qu’étaient les frappes de l’OTAN.

Contre ces appareils porteurs de mort et de silence qui se précipitent sur l’ennemi, contre ces barbares qui fondent sur un peuple, lui imposent un embargo meurtrier et le bombardent abominablement, détruisent, empêchent toute vie de se développer, l’asphyxient pour qu’il devienne enfin démocratique, c’est-à-dire soumis. Il y a là un retournement systématique des idées humanistes et démocratiques en instrument de répression au service d’un empire dont la logique totalitaire devient proprement insupportable. Surtout que l’affaire sous ses aspects les plus irrationnels paraît de plus en plus programmée, il s’agit de trouver le prétexte à affirmer son leadership par le meurtre à grande échelle.

Mais poussons plus loin l’analyse, y a-t-il actuellement une guerre limitée au Kosovo et à la Yougoslavie ? Non c’est un processus guerrier mondialisé qui saute d’un endroit à l’autre en tentant de ne pas généraliser l’incendie.

Ce qui rend possible le renouvellement de la stratégie c’est l’oubli du coup précédent. Mais attention, dans ces guerres, il s’agit tout autant de la mort de ces peuples que de la nôtre spectateurs impuissants et actifs de ce meurtre en notre nom : « Le camp ne renferme qu’un enchevêtrement sans liens d’hommes Autres, un magma d’autrui face à la puissance du Moi tueur, lequel ne représente rien que le pouvoir inlassable de tuer. Entre les hommes Autres et de Moi de puissance aucun langage n’est possible mais entre eux-mêmes il n’y a non plus nulle possibilité d’expression. Alors chacun n’a plus aucun rapport avec les mots que cette retenue de la parole qu’il lui faut vivre solitairement » (13).

S’AGIT-IL D’ÉVITER AUSCHWITZ EN BOMBARDANT BELGRADE ?

Au cœur de notre analyse il y a une affirmation que la manipulation médiatique rend scandaleuse : avec l’intervention de l’OTAN nous pensons qu’il y a une véritable conversion de la guerre civile en destruction de l’espèce humaine par l’abolition de la loi et du droit. C’est pourquoi nous disons que l’on ne peut pas mettre sur le même plan, renvoyer dos à dos les deux formes de terrorisme, celui d’une guerre civile et même celui d’un Milosevic et celui de l’OTAN. Le premier est la répétition d’un mode répressif ancien. Quelle que soit l’horreur des exactions commises contre la population albanaise du Kosovo, elles restent incluses dans le type classique de la férocité impériale et de la logique de vendetta. Si à leur propos on a parlé de génocide dans les médias (particulièrement anglo-saxons et allemands), cet usage est abusif et risque même de provoquer une déqualification du terme. Quelles que soient les atrocités commises et les souffrances des Albanais du Kosovo, à qui nous devons compassion et aide, ils n’ont jamais été confrontés à ce que les juifs et les tziganes ont subi : la déshumanisation totale et la réduction à l’état de produit.

Ce qui se passe du côté de l’OTAN est infiniment plus grave. Que quelqu’un comme Chomsky, dont on sait qu’il est comme linguiste l’auteur d’une théorie générative de la langue et des actes de paroles, dénonce la destruction en acte et la tentative de destruction en droit, par les USA, des fondements de ce qui a fait l’ordre mondial depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et de l’horreur nazie, doit être considéré dans sa conséquence la plus extrême : c’est ici le fondement même de la parole, particulièrement sur le plan politique qui est en danger.

Dans une conférence donnée au Canada il y a huit mois, intitulée « Whose world order », Chomsky dressait un état des lieux qui est une tentative très articulée de cerner une logique constitutive de l’action des USA dans le monde du point de vue politique, militaire, économique. Il est patent qu’il y a un lien organique entre la radicalité de l’argumentaire de Chomsky contre les bombardements en cours aujourd’hui et cette analyse globale antérieure. On peut suivre le fil rouge : l’évolution caractérisée par la dénonciation des accords et des institutions de l’après guerre, du moins dans la mesure où ils n’obéissent pas aux intérêts américains, l’appauvrissement généralisé, l’inégalité sous couvert de libre choix dans les rapports avec les pays du tiers monde, l’enrichissement d’une minorité par le jeu purement spéculatif, hors de l’économie réelle, le démantèlement des acquis sociaux, la ruine des syndicats, la méfiance à l’égard de la démocratie et des avantages que peuvent en tirer les peuples, la tentative à travers l’AMI de donner aux multinationales une puissance juridique qui en fait des quasi-États, l’existence à divers échelons de tyrannies à la recherche d’auto-légitimation.

Plusieurs moments de cette conférence sont saillants et pathétiques. Décrivant la doctrine militaire américaine actuelle, il évoque une étude secrète du Stratégie Command appelée les « Points essentiels de la Dissuasion dans l’Après-Guerre Froide » et relève qu’on y conseille : « Les États-Unis devraient se présenter comme irrationnels et vindicatifs avec des éléments de leadership hors de tout contrôle et devraient utiliser leur arsenal nucléaire à cette fin. »

Au terme de la conférence il conclut : « cela pourrait évoluer, et mon opinion pourrait aussi évoluer, par le démantèlement des centres de pouvoirs incontrôlables, l’extension des acquis démocratiques très au-delà du centre de la société là où ils ont été exclus, et rendra possible de redresser de façon conséquente l’injustice et la souffrance sans raison qui défigurent la vie contemporaine et de démontrer que l’espèce humaine n’en est pas à un moment de mutation létale qui est destiné à la détruire, qu’elle est bien plus, qu’elle peut aller au-delà d’elle-même en un clin d’œil, d’un point de vue évolutionniste. »

C’est sur ce fond de barbarie qui n’est plus à bas bruit, sur ce fond de désordre et de folie, sur ce risque d’autodestruction de l’espèce que se déploie le moderne discours de la guerre. On fera ici rapidement référence à l’œuvre de Pierre Legendre qui nous avertit depuis quelque temps, sur la base d’une réflexion psychanalytique fondée sur le juridisme occidental, des risques de catastrophe que recèle la ruine de la référence, et du fondement de la loi comme condition de l’humanisation. Il est à remarquer que Pierre Legendre fait de la tentative de la destruction de la loi, de la parole humaine, l’essence même du nazisme.

Chomsky note qu’avant 1939 les régimes fascistes ont toujours justifié leurs agressions par des motifs humanitaires. Il est capital de voir comment on essaye de rendre légitime la guerre actuelle. Le principe évoqué est celui des droits de l’Homme, mais comme celui-ci ne légitime pas un droit de tuer, de dévaster et de rentrer dans une guerre offensive, on invoque un droit d’ingérence fondé sur l’évidence d’un désastre humanitaire. Pour le public on aura recours à des récits de massacres et à des images. Outre l’aspect sélectif des témoignages et des récits, on note depuis le début de la guerre une désinformation systématique et cynique dans un but de propagande.


Si l’on en croit les sondages dont la publication des résultats est en soi un moyen de propagande, l’opinion publique française, à l’heure où ces lignes sont écrites, serait majoritairement convaincue de la légitimité et de la nécessité de la guerre, y compris au sol. C’est une évolution par rapport au début des bombardements où l’opinion publique se montrait réservée. Rien n’est cependant figé et définitif dans le mouvement des réflexions et des exigences de paix dans notre pays.

Dans l’immédiat ce sont évidemment les images de files de réfugiés du Kosovo qui ont suscité l’évolution de ces derniers jours. Ces images servent à légitimer la guerre. Il n’y a qu’à regarder les couvertures des principaux hebdomadaires français ces dernières semaines : une photo de réfugié souffrant, parfois une mère l’enfant à la mamelle, croisement de maternité et de pietà barrée d’un slogan : « Pourquoi il faut intervenir ». Il n’y a aucune nécessité d’un renvoi à un article dans les pages intérieures. Tout est dit. L’image y suffit. Elle renvoie à d’autres, à d’autres images de cadavres, à d’autres images de détresse. Le porte-parole du gouvernement israélien justifie le soutien de son gouvernement aux bombardements de l’OTAN par la considération qu’une telle intervention il y a cinquante ans eût sauvé les Juifs. Quel que soit le commentaire que mériterait un tel propos, il éclaire bien le lien qui existe entre la culpabilité liée à la shoah et la légitimation des bombardements.

Il s’agit de sauver Auschwitz en bombardant Belgrade. Le fondement que l’on trouve ici de l’image présentée hors de tout appui d’une règle d’échange dans la parole et le pacte doit être désigné pour ce qu’il est : totalitaire.

20 avril 1999

1. Bernard Lory, L’Europe balkanique de 1945 à nos jours, Ellipses, Paris, 1996, fait un rappel tout à fait essentiel des violences et déplacements forcés qui ont eu lieu dans la péninsule des Balkans ainsi que des rapports compliqués et changeants qui dès 1945 s’instaurent entre communisme et nationalisme, sur le rôle modernisateur des systèmes communistes.

2. C’est en particulier la position défendue le 16 avril par Alain Duhamel dans Libération.

3. Ainsi Philippe Seguin juste avant d’abandonner son poste de tête de liste du RPR pour les Européennes donne un interview au Journal du Dimanche (le 11 avril 1999) dans lequel il dénonce le nanisme de l’Europe.

4. Lakjaa Karim, ancien assistant du Coordinateur du réseau Europe Palestine du programme Med Campus de l’Union européenne, chercheur de l’université de Reims, explique : « A en croire Jacques Myard (La France et la Méditerranée : les nouveaux enjeux, rapport à l’Assemblée nationale, n° 2373, novembre 1995, p. 17), il faudrait au P.T.M. au moins 50 ans pour absorber un tel choc économique ». Jacques Myard envisage ainsi un taux de chômage de 48 en 2015 au Maroc. Quel peuple accepterait cela sans se battre pour sa propre survie ? Même le député français Robert Pandraud, appartenant à l’aile la plus dure de la droite, voit dans une telle politique « une nouvelle donne impliquant un énorme effort de restructuration économique non dénué de risques au plan social. » (Europe Méditerranée, quel partenariat ?, rapport à l’Assemblée nationale française, Robert Pandraud et Francis Galizi, n° 2367, novembre 1995, p. 51, idem, p. 60).

5. Alain Joxe, L’Amérique mercenaire., Payot, 1992, p. 165

.6. On parle également à sa marge du « roi » d’Albanie, Lek I », trafiquant surtout d’armes, proches de régimes fascistes et, bien sûr, de Ben Laden, le financier terroriste saoudien.

7. En 1987, alors que l’antagonisme avec l’Union soviétique faiblit, la question du « burden sharing » devient plus pressante, la Commission des forces armées de la Chambre des représentants désigne un groupe de travail sur le partage de la défense. La présidente de la Commission marque dans un discours la frustration des États-Unis quand ils voient à quel point les Européens qui s’affirment des « puissances commerciales globales » continuent « à compter leurs contributions et leurs capacités de défense sur une base régionale. » Il s’agit donc de les inviter à participer plus, militairement mais surtout économiquement, aux expéditions. Ce qui est réclamé à l’Europe l’est en termes semblables au Japon. Et l’on a pu dire que la guerre du Golfe avait d’abord comme objectif de faire plier deux puissances commerciales concurrentes des États-Unis, l’Allemagne et le Japon, devant la puissance militaire américaine. Alain Joxe, Ouvrage cité, p. 130.

8. En février 1990, la Commission des forces armées du Sénat, présidée par un démocrate, le sénateur Nunn, s’interroge sur la possibilité avec la chute de l’URSS d’opérer des coupes dans les crédits militaires dans la zone du CENTCOM. L’opinion du général Shwartzkopf est que les États-Unis doivent préserver leurs capacités d’intervention vu les risques de reprise de guerre dans la région et donc bien sûr faire quelques économies mais ne pas oublier la guerre dont au même moment il prépare le scénario.

9. Par ailleurs le même article de l’Observer (publié le 17 avril sur le site internet de ce périodique) fait état de contacts pris avec la Roumanie pour qu’elle accepte les troupes sur son sol (sans doute contre quelques subsides). À travers la politique de carotte (la poignée de dollars) et du bâton (les bombardements), les USA incitent les pays proches à participer à l’encerclement. C’est un retour à la politique des empires centraux, à la manière dont l’Autriche avait assuré à la fin du XIXe siècle un protectorat sur la Bosnie-Herzégovine et le sandjak de Novi Pazar.

10. Friedrich von Hayek est avec Friedman l’économiste qui a le plus agi en faveur de la défense et de la promotion des idées du libéralisme contre l’intervention étatique, qu’elle soit keynésienne ou socialiste.

11. On ne peut marquer du sceau infamant du nazisme aucun peuple ni en exclure aucun : les Oustachis croates, les Tchetniks serbes, le Balli Kombëtar d’Albanie ou du Kosovo ont combattu aux côtés des nazis.

12. Hanna Arendt, Les origines du totalitarisme. Le système totalitaire, Seuil, Collection « Point », p. 212.

13. M. Bianchot, L’entretien infini, NRF/Gallimard, p. 198.

Print Friendly, PDF & Email

Views: 4

Views: 50

Guerre en Ukraine : l’Américain Raytheon signe un contrat à 3,7 milliards d’euros pour fournir à Kiev des missiles intercepteurs Patriot

19 April 2026 at 08:42

Tous les jours il tombe des nouvelles de ce type, qui disent la réalité de ceux qui soutiennent l’Ukraine, diabolisen(t la Russie et qui en de surcroit feignent de défendre la paix. Raytheon, une entreprise de défense américaine, a signé un contrat de 3,7 milliards de dollars pour fournir à l’Ukraine des missiles intercepteurs Patriot. Elle s’appuiera donc sur sa nouvelle usine de production de GEM-T à Schrobenhausen, en Allemagne. et qui alimente les « fondations allemandes » qui nourrissent le PGE de vincent Boulet et des publications volées désormais au PCF pour y publier tout sauf ce qui devrait être la politique du parti? cherche qui paye et tu auras la réalité du capital et de ses vertueuses proclamations.. (danielle Bleitra

Raytheon va pouvoir compter sur sa nouvelle usine de production en Allemagne.

Raytheon va pouvoir compter sur sa nouvelle usine de production en Allemagne. © PIXABAY

Par Alexis Fargeaudoux

Publié le 18 avril 2026 à 11h27.

Lecture : 1 min


Lire plus tardSauvegardé

PartagerRecevoir les alertes :Etats-Unis

«Plusieurs centaines de missiles». Ce mardi 21 avril, l’entreprise de défense américaine Raytheon a annoncé avoir signé un contrat de 3,7 milliards de dollars pour fournir des missiles Patriot à Kiev, rapporte Le Parisien. Elle s’attache à «maximiser sa capacité de production afin de garantir un approvisionnement constant et fiable de ces intercepteurs éprouvés au combat pour les Etats-Unis et leurs alliés, comme l’Ukraine, qui comptent sur le système Patriot pour protéger leurs citoyens, leurs infrastructures et leur souveraineté», a précisé Phil Jasper, son président, dans un communiqué.

Ainsi, Raytheon va pouvoir compter sur sa nouvelle usine de production de GEM-T à Schrobenhausen, en Allemagne. Celle-ci a été pensée pour garantir la chaîne d’approvisionnement et le réapprovisionnement des stocks d’intercepteurs ukrainiens. L’entreprise américaine va fournir à Kiev des intercepteurs Patriot GEM-T qui disposent d’un système de guidage amélioré pour leurs missiles Patriot Advanced Capability-2. Ces systèmes de défense aérienne peuvent intercepter tous types de menaces aériennes, et notamment les missiles balistiques tactiques.

l

À lire aussi

Avec ses 360 km/h le missile KORAL, l’arme qu’il fallait à l’Ukraine ?

Répondre à une demande mondiale toujours plus forte

L’Allemagne s’est engagée sur «un contrat entre l’Ukraine et Raytheon portant sur la livraison de plusieurs centaines de missiles Patriot», a précisé le ministère de la Défense. Phil Jasper a insisté sur le fait que Raytheon investit massivement «pour accroître la production du GEM-T et répondre à la demande mondiale croissante», et ce, «grâce à d’importants investissements internes et de partenaires, à des initiatives de sous-traitance et à l’expansion de notre chaîne d’approvisionnement mondiale».

Par ailleurs, le ministère allemand de la Défense a aussi annoncé avoir trouvé un accord avec Diehl Defence pour la livraison de lanceurs destinés aux systèmes de défense aérienne IRIS-T. Il en a profité pour rappeler sa volonté de financer les capacités de frappe en profondeur de l’Ukraine pour «plusieurs centaines de millions d’euros».

Views: 21

Le détroit d’Ormuz est désormais fermé, les navires font demi-tour ; des coups de feu ont été signalés.

19 April 2026 at 08:12

Des navires signalent des coups de feu et font demi-tour dans le détroit d’Ormuz, alors que les tensions montent et que l’incertitude grandit quant à la sécurité maritime dans cette voie navigable stratégique, l’Iran ayant déclaré sa fermeture à nouveau. Si le détroit d’Ormuz comme nous vous l’avions annoncé apparaît comme le piège par excellence, il faut bien voir qu’il y a pas mal de lieux sur la planète qui recèlent des capacités comparables et outre son ouverture de la boîte de Pandore, l’impérialisme US trump 2 est en train de déclencher une transformation générale de la juridiction internationale…tandis que toujours plus en perte de vitesse la France brade ses derniers atouts hérités d’un temps où sa voix comptait, tout un nouvel ordre international se dessine (note et traduction de danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

18/04/2026

18 avril 2026

Des navires marchands tentant de traverser le détroit d’Ormuz ont signalé samedi des incidents de sécurité, notamment des coups de feu, et de nouvelles restrictions, alors que les tensions maritimes s’intensifiaient dans cette voie navigable stratégique, selon des sources maritimes et de sécurité.

L’agence britannique UKMTO (United Kingdom Maritime Trade Operations) a indiqué avoir reçu un signalement faisant état de tirs contre un pétrolier par deux vedettes rapides, prétendument liées aux Gardiens de la révolution iraniens , à environ 20 milles nautiques au nord-est d’Oman. Le capitaine du navire a affirmé que les vedettes avaient ouvert le feu sans avertissement radio préalable, mais que le navire et son équipage étaient sains et saufs.

Les navires font demi-tour suite à la réactivation des signaux de fermeture.

Une vingtaine de navires qui s’apprêtaient à transiter par le corridor nord de Larak ont ​​fait demi-tour vers Oman après avoir reçu des messages radio d’Iran indiquant que la voie maritime était désormais fermée et qu’aucun navire n’était autorisé à la franchir, rapporte le Wall Street Journal , citant des sources maritimes. Ces navires auraient attendu en vertu d’accords prévoyant le paiement de droits de transit importants imposés par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien .

Des courtiers maritimes à Athènes et à Singapour ont indiqué que les navires avaient accepté de payer des droits de passage allant jusqu’à 2 millions de dollars par navire pour garantir leur passage, avant que les derniers événements ne les contraignent à se retirer. Un armateur basé à Hong Kong, dont un porte-conteneurs se trouvait dans la zone, a déclaré que des communications des forces iraniennes avaient confirmé la fermeture du détroit, ce qui a incité les navires à interrompre leurs tentatives de traversée.

Des sources industrielles ont ajouté que depuis le début de la guerre, le 28 février, seuls les navires sous contrôle iranien ont pu emprunter la voie de navigation principale du détroit. Avant la guerre, environ 130 navires l’empruntaient quotidiennement.

Ces développements soulignent la volatilité persistante du détroit d’Ormuz, un corridor énergétique mondial crucial, alors que les compagnies maritimes évaluent des risques croissants et des conditions de navigation incertaines.

« Nous vous avions prévenus » : le détroit d’Ormuz retrouve son état antérieur malgré le blocus américain.

L’annonce du retour du détroit à l’ancien « statu quo » a été faite par le biais d’un communiqué publié par le quartier général central iranien Khatam al-Anbiya.

Le communiqué indique que l’Iran avait précédemment accepté, de bonne foi et dans le cadre de négociations, d’autoriser le passage contrôlé d’un nombre limité de pétroliers et de navires commerciaux par cette voie navigable stratégique.

Cependant, le porte-parole du quartier général a déclaré que les États-Unis n’avaient pas respecté leurs engagements, face aux actes continus de « piraterie et de pillage maritime » perpétrés par Washington sous couvert d’un blocus naval .

Le communiqué ajoute qu’en réponse, l’Iran a rétabli le contrôle total du détroit, soulignant que le passage des navires restera strictement réglementé tant que les États-Unis ne lèveront pas complètement les restrictions sur les routes maritimes iraniennes, tant à l’entrée qu’à la sortie.

« Tant que les États-Unis ne lèveront pas complètement les restrictions sur le passage des navires entre l’Iran et leur destination, et inversement, la situation dans le détroit d’Ormuz restera strictement contrôlée et inchangée », a déclaré le porte-parole.

La télévision d’État iranienne a rapporté par la suite que seuls les navires commerciaux sont autorisés à traverser le détroit d’Ormuz avec l’autorisation des forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne.

Un responsable iranien présente les grandes lignes d’un « nouveau régime maritime »

Par ailleurs, Ebrahim Azizi, président de la Commission nationale de sécurité du Parlement iranien, a présenté un nouveau cadre régissant le transit maritime dans le détroit.

« Il est temps de se soumettre au nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz ; ce régime est déterminé par la République islamique d’Iran, et non par des publications virtuelles », a écrit Azizi dans un message sur X.

« Dans ce régime, seuls les navires commerciaux, et uniquement avec l’autorisation de l’état-major général des forces armées, en particulier de la marine, sont autorisés à emprunter les routes désignées après avoir acquitté les droits dus à la nation iranienne. »

Il a ajouté que toute ingérence américaine contre  les navires iraniens  pourrait entraîner une nouvelle escalade des restrictions.

« Si les Américains veulent créer la moindre interférence avec les navires iraniens, cette décision peut facilement être modifiée ! » a déclaré Azizi.

Dans un message ultérieur, il a ajouté : « Nous vous avions prévenus, mais vous n’avez pas écouté ! Profitez maintenant du retour de la situation dans le détroit d’Ormuz à son état antérieur. »

Trump à propos du cessez-le-feu avec l’Iran : « Peut-être que je ne le prolongerai pas », brandissant la menace de bombardements

Cette escalade dans le détroit est également la conséquence des menaces renouvelées du président américain Donald Trump contre l’Iran  et des violations répétées des accords antérieurs par les États-Unis.

Trump a laissé entendre que Washington pourrait ne pas prolonger le cessez-le-feu temporaire avec l’Iran qui doit expirer mercredi, prévenant que les opérations militaires pourraient reprendre même si les négociations se poursuivent.

S’adressant aux journalistes à bord d’Air Force One, Trump a envoyé des signaux contradictoires et changeants concernant un accord avec l’Iran, laissant entendre qu’il y avait de « très bonnes nouvelles » et affirmant que les négociations « se déroulaient très bien », tout en menaçant simultanément que si aucun accord n’était signé, les États-Unis pourraient recommencer à « larguer des bombes ».

« Je ne le prolongerai peut-être pas. Vous avez donc un blocus, et malheureusement, nous devrons recommencer à larguer des bombes », a-t-il ajouté.

Lire aussi :La fin des Balkans

Signaux mixtes

Malgré la menace d’une nouvelle escalade, Trump a indiqué que les efforts diplomatiques se poursuivaient . « Nous négocions ce week-end », a-t-il déclaré, sans préciser la portée ni les participants aux discussions.

Il s’est également dit confiant quant à l’évolution des négociations, déclarant : « Le dossier iranien se déroule bien », et ajoutant par ailleurs : « Je pense que cela va se produire », en référence à un éventuel accord.

Parallèlement, Trump a insisté sur le fait que le blocus du détroit d’Ormuz avait été un « grand succès » et que sa « combinaison » d’agressions avait été « plutôt meurtrière ».

Il a affirmé que « bon nombre de ces points ont été négociés et convenus », mais a refusé de donner des détails, déclarant que les Américains « en entendraient parler ».

Dans le même temps, il a déclaré que les États-Unis « prendraient » le matériel nucléaire iranien, soit conjointement après la signature d’un accord, soit « sous une forme beaucoup plus hostile » en cas d’échec des négociations.

Le cessez-le-feu, conclu après des semaines d’agression américano-israélienne contre l’Iran, coïncide avec un prétendu blocus naval américain visant les ports iraniens.

Views: 33

Le président biélorusse Loukachenko déclare que Trump a montré au monde que les USA ne sont pas puissants.

19 April 2026 at 07:30

«Si les Américains n’ont pas pu gérer l’Iran alors ils ne devraient pas se frotter à la Chine. Ils ne seront jamais capables de faire face à ce genre de puissance.» CQFD

Oui mais il ne faut pas croire qu’il s’agit d’un tigre de papier, il a accomplit des assassinats de masse et détruit l’économie mondiale tant qu’il bénéficiera de complices, des guerriers par procuration mais aussi tous ceux qui par censure, relais de propagande le confortent et frappent surtout d’inertie ceux qui devraient se mobiliser pour le vaince. Ceux qui véhiculent ses récits mensongers et censurent tout autre choix jusqu’au bout, ceux qui encouragent la vision d’adversaires démoniaques tout en prétendant qu’ils veulent la paix, ceux qui divisent ceux qui devraient être unis y compris sous des prétextes électoralistes… tous ces gens là sont la force de ce système à l’agonie.

danielle Bleitrach

Views: 31

Question pourquoi et comment ont-ils réussi à persuader la planète qu’ils étaient la démocratie victorieuse ?

19 April 2026 at 07:13

17 avril 2026

Que chacun s’interroge sur les « voies » à travers il a été plus ou moins convaincu que ce loser était l’incarnation de la démocratie qui malgré quelques défauts était le rempart de la dite démocratie contre des autocrates barbares. J’accuse ceux qui ont entretenu par censure, relai de propagande depuis des décennies une telle fiction. On a retrouvé le texte que j’avais écrit à propos de l’expédition de l’OTAN en Yougoslavie, alors que ceux qui organisent la censure depuis plus de trente ans à l’intérieur du PCF avaient sans me demander mon avis sollicité de l’UE son effacement. La mise en page de cet article retrouvé à partir d’une version papier exige un travail, celui-ci accompli et pas par moi, prouvera que ce que fait Trump n’est pas seulement de son fait et l’assentiment dont a joui en 1999 cette stratégie contre les nations européennes ne date pas de 2026. En revanche la censure en la faveur de la mise en évidence de ce qu’est l’impérialisme et ses défaites a été menée impitoyablement et se poursuit malgré le zugzwang (lui aussi censuré comme l’a été notre proposition de participer au monde multipolaire. (note et traduction de danielle Bleitrach pour Histoireet société)

En ce qui concerne le PCF donc la gauche, personnellement je propose une mention spéciale au PGE, et l’inamovible Vincent Boulet (comme son nom, l’indique) qui avec l’aide de l’Humanité et de la quasi totalité de la presse jadis communiste continue à organiser la censure et l’inertie avec l’argent des fondations européennes et d’autres bonnes oeuvres de l’atlantisme militant… la « gauche européenne » même la social démocrate elle était à Madrid et pas au PGE, là il n’y a que le vide de ceux qui n’arrivent même plus à passer pour des progressistes face à Michèle Bachelet et Bernie Sanders… ce ballon dégonflé qui depuis plus de trente ans gouverne la politique internationale du PCF sera-t-il enfin pris pour ce qu’il est face à la réalité de la liquidation de la gauche française, du PCF…

Matthew Stevenson

FacebookGazouillementRedditCiel bleuE-mail

Ancienne fortification à Oman. Photo de Matthew Stevenson.

Maladie de la victoire en Iran

Avant de débourser un demi-milliard de dollars supplémentaires pour les excellentes aventures de Pete Hegseth, les États-Unis feraient bien de se poser la question suivante : pourquoi le pays n’a-t-il remporté qu’une poignée de guerres au cours des cent dernières années ?

Le syndrome de la victoire se définit comme « une confiance excessive, une arrogance et une suffisance dangereuses qui surviennent au sein d’une direction ou d’une force militaire à la suite d’une série de victoires décisives », et la plupart des puissances impériales en déclin, y compris aujourd’hui les États-Unis, en souffrent de manière chronique.

Sur le papier, si l’on se fie aux crédits budgétaires, l’armée américaine est le plus grand spectacle sur son territoire — avec des gadgets à profusion, des missiles de croisière et des bombardiers furtifs.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, cependant, les États-Unis ont connu quelques affrontements nuls — comme ce fut le cas en Corée — mais dans la plupart de leurs brillantes petites guerres, ils ont été vaincus.

Les États-Unis ont perdu des guerres à Cuba, au Vietnam, au Cambodge, en Irak, en Iran (1979) et en Afghanistan, ainsi que des engagements de moindre ampleur dans des pays comme la Syrie, la Libye et le Liban.

La guerre du Golfe de 1991 s’est certes terminée par le retrait des Irakiens du Koweït et de ses centres commerciaux, mais les combats n’ont été qu’une accalmie, les problèmes en Irak et au Moyen-Orient restant irrésolus.

+++

Les trois défaites les plus flagrantes — le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan — sont des exemples de guerres non déclarées qui ont impliqué les forces armées combinées de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air, qui, à la fin de la guerre, sont reparties en hélicoptères sur les toits avec le drapeau américain fourré dans un sac-poubelle ou autre.

Au Vietnam, les États-Unis ont tout essayé dans leur « arsenal de démocratie » (à l’exception peut-être des armes nucléaires ou de la démocratie elle-même), mais sans succès.

La guerre du Vietnam a coûté la vie à quelque 58 000 soldats, mais le bilan réel des morts – si l’on ajoute les suicides des anciens combattants de retour au pays – se chiffre en centaines de milliers (sans compter les morts parmi les soldats et les civils vietnamiens).

Comme l’écrit le professeur Christian Appy dans son excellent ouvrage, American Reckoning : « Nous ne savions pas qui nous étions avant d’arriver ici. Nous pensions être autre chose. »

Les guerres sans fin du 11 septembre en Afghanistan et en Irak ont ​​largement suivi le modèle de la défaite au Vietnam.

Au début des guerres (peut-être comme aujourd’hui en Iran ?), les États-Unis ont remporté le spectacle grandiose des opérations aériennes – avec des débarquements spectaculaires en Normandie qui ont détruit les réseaux électriques, les aéroports et les voies ferrées – avant que leurs forces ne s’enlisent dans des guérillas sans issue. Pour l’instant, l’Iran suit ce même scénario.

+++

Est-ce que ce sont les politiciens (avec des objectifs de guerre confus) ou les généraux (qui menaient la dernière guerre) qui ont coûté aux États-Unis des victoires dans tant de guerres ?

Au Vietnam, les ordres donnés par Lyndon Johnson à ses généraux dépassaient les capacités de l’armée sur le terrain, forte d’environ 500 000 hommes.

Les hauts gradés de l’armée abordaient le Vietnam comme si chaque hameau était Bastogne et comme si la guerre était une répétition de la bataille des Ardennes, et non un combat sur le terrain contre une armée largement invisible. Dans un pays plus vaste que la Californie, huit divisions de combat ne couvrent qu’un territoire très restreint.

La stratégie d’attrition aurait pu fonctionner pour Ulysses S. Grant dans la Wilderness (lors de la marche vers Appomattox), mais elle était inadaptée au Vietnam, un pays labyrinthique de montagnes, de rivières et de jungles, même si les hauts commandants de l’armée ne s’y sont jamais adaptés.

En Iran, Trump fait étalage de sa puissance de feu avec 2 500 marines et quelques démineurs.

+++

À bien des égards, l’Irak et l’Afghanistan ont été des redites du Vietnam, dans la mesure où les administrations de George W. Bush et d’Obama ont assigné des missions impossibles à une armée non préparée (qui pensait pouvoir rentrer chez elle une fois le monument à Saddam Hussein déboulonné à Bagdad).

Au lieu de cela, dans les deux guerres, il a fallu plus de dix ans pour se rendre compte que ni le gouvernement américain ni l’armée n’étaient à la hauteur des missions qui leur avaient été confiées. Le fait que le gouvernement américain ait justifié ces guerres au Vietnam, en Irak et en Afghanistan par une série de mensonges proférés au peuple américain n’a rien arrangé – un point commun entre ces défaites et la « petite excursion » de Trump en Iran.

+++

La seule personne à avoir déclaré la guerre à l’Iran fut Donald Trump, qui a mené cette campagne comme s’il jouait avec des bateaux dans l’un des jacuzzis de Jeffrey Epstein.

Trump est entré en guerre contre l’Iran sans raison claire, sans déclaration du Congrès, sans aucun allié (à l’exception des migrants israéliens qui utilisent la guerre pour éviter la prison), sans troupes prêtes à intervenir (les marines qui ont navigué vers l’île de Kharg ont dû être envoyés d’Okinawa), et sans savoir comment la victoire serait définie.

Pire encore — du point de vue de Napoléon qui parlait souvent de généraux illuminés « peignant des tableaux » —, les plans de guerre de Trump en Iran sont une invention de l’esprit dérangé du président.

+++

Ignorant de tout la géographie, de l’histoire ou de la religion, Trump a choisi d’imaginer la guerre au Moyen-Orient comme une variante d’un nouveau jeu télévisé, dont le but est d’obtenir l’argent des autres pour garantir son empire financier.

Pour Trump, attaquer l’Iran n’a jamais été qu’un simple « arrangement » : se débarrasser de l’ayatollah Khamenei ; s’attirer les faveurs des électeurs juifs lors des élections de mi-mandat ; faire oublier aux électeurs ses accusations de viol contre Epstein ; soutirer davantage d’argent aux Saoudiens et aux États du Golfe pour les projets d’investissement de son fils ; et jouer les soldats dans les bunkers de Mar-a-Lago. Par conséquent, le prétexte de l’attaque change au gré des émissions de Fox News diffusées dans son cercle d’influence.

En moins de deux mois, la guerre pour libérer les manifestants iraniens s’est transformée en une guerre pour empêcher l’Iran d’utiliser l’uranium enrichi, puis en une guerre pour détruire les réseaux électriques iraniens, et enfin en une bataille pour contrôler le détroit d’Ormuz – une guerre digne d’une série Netflix, un peu comme Succession.

+++

Peu d’Américains, voire aucun, ne savaient pourquoi nous étions « au Vietnam », tout comme la seule justification géopolitique de la guerre en Irak était la déclaration de W à propos de Saddam Hussein : « On va se débarrasser de ce salaud. »

De même, peu d’Américains – même ceux qui soutiennent le blitz – savent pourquoi les États-Unis sont en guerre contre l’Iran (à moins, bien sûr, que Trump ne veuille « impressionner Jody Foster »).

Même les jours où il est en forme, ce qui est rare, Trump ressemble davantage à Chauncey Gardiner, le personnage de Peter Sellers (« J’aime regarder… »), qu’à l’étranger autrichien Metternich ou au vicomte britannique Castlereagh.

Pendant des nuits interminables, Trump rabâche que le pétrole iranien « finance la guerre » ou qu’il s’est associé à l’ayatollah pour percevoir des péages dans le détroit d’Ormuz. Puis, il retombe dans ses travers et traite tous les Iraniens de « salauds » ou de « cinglés », un langage abject qui trahit un certain désespoir chez ce Trump dément et errant.

Comment peut-il comprendre le Moyen-Orient s’il a besoin de panneaux indicateurs pour se repérer dans la Maison Blanche ?

Matthew Stevenson est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels *Reading the Rails* , * Appalachia Spring *, * The Revolution as a Dinner Party* (la Chine au cours de son XXe siècle tumultueux), * Biking with Bismarck* (la France pendant la guerre franco-prussienne) et *Our Man in Iran* . Il a récemment publié * Donald Trump’s Circus Maximus and Joe Biden’s Excellent Adventure* , consacré aux élections de 2016 et 2020, ainsi que *The View From Churchill* , qui relate les lieux ayant marqué la vie du Premier ministre britannique en temps de guerre. Ses prochains livres sont *Playing in Peoria* (un périple à vélo à travers le Midwest américain) et * Friends of Kind* , un récit de voyage littéraire sur la Première Guerre mondiale.

Views: 68

les dirigeants progressistes recherchent le multilaéralisme et des alternatives mondiale en Espagne

19 April 2026 at 06:45

Cette réunion, qui se tient à Barcelone, rassemble d’importantes personnalités politiques afin de définir une voie à suivre en matière de vie et de coopération.pendant ce temps là les sangsues des subventions européennes qu’est le PGE et qui fait la politique internationale du PCF depuis des décennies continue à empêcher que l’on parle du monde multipolaire, il organise la censure autour de cet enjeu, frappe d’inertie le futur congrès et tous ses groupuscules autour de leur gourou… Et il s’intègre pleinement dans ce congrès du PS qu’est devenue la gauche française avec une seule obsession faire la peau au partenaire pour être le seul en lice… Mais quand la gauche, le PCF se réveilleront-ils au monde réel et à la place de la France dans ce monde, à la paix nécessaire, et tout autre questions qu’ils ont réussi à interdire. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et le président brésilien Lula da Silva ont rencontré à Barcelone une douzaine de dirigeants progressistes pour défendre la démocratie. Photo : EFE.

Les dirigeants progressistes recherchent

le multilatéralisme et des alternatives mondiales en Espagne


18 avril 2026 Heure : 09:43 es 


Ce samedi 18 avril, le président colombien Gustavo Petro a déclaré, à son arrivée au sommet des dirigeants progressistes à Barcelone, que cet événement représentait la recherche d’une « alternative dans le monde » pour tracer une voie à suivre .
Des présidents et des représentants d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine se réunissent à Barcelone pour le IVe Sommet pour la défense de la démocratie afin de forger une alliance stratégique pour contrer la montée de l’extrême droite et défendre la souveraineté des nations.

https://t.me/teleSUR_tv/128898?embed=1

Avec d’autres dirigeants progressistes du monde entier, cette réunion vise à proposer une alternative mondiale et à reconstruire le multilatéralisme face à la confusion internationale et à la montée de l’extrême droite , tout en niant qu’il s’agisse d’une action directe contre le président américain Donald Trump. 

Le président colombien a souligné que l’objectif est de reconstruire le multilatéralisme face à la confusion mondiale actuelle

Le ministre de la Justice de la République dominicaine, Antoliano Peralta Romero, a indiqué à cet égard que son gouvernement n’aurait pas participé si le but avait été une confrontation personnelle , réaffirmant ainsi le caractère constructif de la réunion.

Organisé par le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva , ce sommet réunit des représentants d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine, dont l’objectif principal est de fonder une alliance stratégique pour faire face à la montée de l’extrême droite et protéger la souveraineté des peuples.

https://youtube.com/watch?v=J1nxOJGqw3s%3Fstart%3D3%26feature%3Doembed

La diversité des participants, parmi lesquels figure notamment la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, souligne l’ampleur du mouvement et sa vision d’un ordre mondial plus juste et plus équitable.

Au cours des délibérations, les participants ont souligné l’urgence de rétablir l’utilité du droit international pour endiguer l’agression armée et les impositions unilatérales. 

Dans ce contexte, la délégation latino-américaine a pris l’initiative . Petro et Sheinbaum ont proposé d’organiser le prochain forum dans la région , tandis que le gouverneur de Buenos Aires, Axel Kicillof, a souligné l’ importance de mettre en place des alternatives fortes aux politiques néolibérales en Argentine , réaffirmant que l’unité des pays du Sud est la seule voie possible vers une transformation sociale.

Views: 68

Bachelet, Mamdani et Sanders soutiennent un forum progressiste à Barcelone

19 April 2026 at 06:26

En revanche l’état de la gauche française en proie au prurit de la division et l’hystérie électoraliste autour du futur présidentiable relève de la bouffonnerie, ne pensant qu’à faire table de ses rivaux. Il y a les échos tout aussi capricieux qui parviennent de l’inutile pompe à fric qu’est le PGE auquel le PCF a délégué sa politique internationale. Tous ces gens sont inaudibles, rien de ce qui est secondaire ne leur est étranger ignorant l’anxiété populaire face aux conséquences de ce qu’ils ne veulent pas voir, que faire pour virer ces sangsues? Peut-être faut-il se résigner! Ces gens là depuis des décennies ont tué non seulement le PCF et ses groupuscules mais toutes les autres forces de gauche et en sommes nous à ce que représente Bernie Sanders aux Etats-Unis au meilleur des cas. On se prend à rêver si à la place des trotskistes français type Melenchon, Vincent Boulet, on avait le trotskiste Sanders, ce serait mieux. Il percevrait ce qu’est le fascisme réel, pas celui dont on feint de craindre ce qu’il sera en 2027, ils chercheraient les voies du multilatéralisme avec Lula, mais ces pantins derrière Vincent Boulet, Melenchon et les autres eux en sont à tenir bon contre la Russie en attendant le retour d’Obam et Biden (encore que la monomanie présidentiable de Melenchon commence à le faire bouger) ce qui n’est pas le cas des autres, ils continuent en censurant tous ceux qui osent dire que l’ennemi du genre humain est l’impérialisme qui a créé la guerre civile aux Etats-Unis, sur un consensus autour du capital et qui poursuit sa trajectoire sur la planète et prospère en France alors que son peuple n’en veut pas, ils attendent Biden et Obama et le fric de l’UE pour alimenter leur tourisme et leurs réunions sans perspective.. (note et- traduction de danielle Bleitrach)

Des personnalités politiques internationales ont mis en garde contre les risques de désinformation et la montée de l’autoritarisme lors du forum progressiste organisé en Espagne.

hgnjh1nxgaaikd7

L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et le sénateur américain Bernie Sanders ont participé à distance à la réunion progressiste de Barcelone. Photo : @PSOE.

Bachelet, Mamdani et Sanders soutiennent un forum progressiste à Barcelone


18 avril 2026 Heure : 19h18 es 


Barcelone a accueilli la deuxième journée de la Mobilisation progressiste mondiale (GPM) et le 4e Sommet pour la défense de la démocratie. Lors de cette réunion, des dirigeants internationaux tels que Michelle Bachelet, Zohran Mamdani et Bernie Sanders ont exprimé leur soutien, par visioconférence, à la création d’alliances pour lutter contre les inégalités et l’autoritarisme qui caractérisent l’offensive de l’extrême droite.

L’ancienne présidente chilienne et candidate au poste de secrétaire général de l’ONU, Michelle Bachelet, a plaidé pour un renforcement du dialogue et de la coopération internationale. Elle a souligné la nécessité de sociétés où les femmes participent pleinement à la prise de décision.

https://youtube.com/watch?v=QNtPENUVjyk%3Fsi%3Dhvb4qpsBlmt-9FMO

Bachelet a averti que les démocraties sont confrontées à des pressions croissantes et a pointé du doigt la désinformation comme un facteur d’érosion de la confiance du public et d’aggravation de la polarisation. La dirigeante socialiste a appelé à des réponses communes face aux inégalités socio-économiques, à la crise climatique, aux mutations technologiques rapides et à l’insécurité mondiale.

Le maire de New York, Zohran Mamdani, a invité les groupes progressistes à unir leurs efforts pour résoudre les problèmes urbains communs. Il a remercié le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, pour cette invitation et s’est félicité de l’existence du mouvement de lutte contre les inégalités. « Nous devons avancer ensemble sur cette voie pour combattre et vaincre les inégalités de revenus », a-t-il souligné.

Le sénateur américain Bernie Sanders a analysé le paysage politique de son pays, affirmant que le soutien à Donald Trump et au Parti républicain est en déclin face aux attaques contre la classe ouvrière et les politiques de l’administration Trump.

« Les Américains disent non à l’autoritarisme, non à l’oligarchie, non au racisme, non à la guerre et non aux attaques incessantes contre la classe ouvrière. »Sanders a déclaré.

Lire aussiLes dirigeants progressistes recherchent le multilatéralisme et des alternatives mondiales en Espagne

D’autres personnalités américaines, comme l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton , ont également exprimé leur soutien aux événements organisés à Barcelone pour rétablir la stabilité et l’espoir dans les sociétés, dans un contexte mondial caractérisé par l’agression, la militarisation et les violations du droit international.

Views: 78

Crise au Moyen-Orient en direct : l’Iran annonce avoir de nouveau fermé le détroit d’Ormuz en raison du blocus américain.

18 April 2026 at 10:38

Dans un communiqué diffusé par les médias iraniens, le commandement opérationnel de l’armée iranienne a déclaré que le détroit était « revenu à son état antérieur ». voici quelques photos pour que l’on entrevoit ce que représente l’art et la manière pour l’impérialisme d’alimenter partout le chaos pour le plus grand profit des compagnies pétrolières et aux dépens des peuples. Si ce n’est pas ça le fascisme et l’équivalent de la liberté du libre renard dans le libre poulailler poussée jusqu’à son paroxysme, les autres se protégeant comme ils peuvent. (note et traduction de danielle Bleitrach)

Il y a 11 minutes

Une vue aérienne par drone montre le pétrolier Agios Fanourios I, battant pavillon maltais, arrivant dans les eaux territoriales irakiennes au large de Bassorah.
Des images aériennes prises par drone montrent le pétrolier Agios Fanourios I, battant pavillon maltais, arrivant dans les eaux territoriales irakiennes au large de Bassorah. Photo : Mohammed Aty/Reuters

Taz Ali (maintenant) et Adam Fulton (auparavant)Samedi 18 avril 2026 11h13 CESTPartager

L’Iran affirme que le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à son « état antérieur » en raison du blocus américain.

L’Iran a annoncé que le contrôle du détroit d’Ormuz était « revenu à son état antérieur » suite au différend persistant avec les États-Unis concernant le blocus naval des ports iraniens.

Dans un communiqué diffusé par les médias iraniens, le commandement opérationnel de l’armée iranienne, Khatam Al-Anbiya, a qualifié le blocus américain en cours de « piraterie », déclarant : « Pour cette raison, le contrôle du détroit d’Ormuz est revenu à son état antérieur, et cette voie navigable stratégique est sous la stricte gestion et le contrôle des forces armées.

« Tant que les États-Unis n’auront pas rétabli la pleine liberté de navigation pour les navires d’origine iranienne vers leur destination, et de leur destination vers l’Iran, la situation dans le détroit d’Ormuz restera strictement contrôlée et inchangée. »

Cela ne fait qu’accroître la confusion quant au statut de cette voie maritime essentielle, qui acheminait un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole avant la guerre. Hier, l’Iran et Donald Trump ont annoncé la réouverture du détroit à la navigation, mais le président américain a déclaré que le blocus américain « restera pleinement en vigueur » jusqu’à ce que Téhéran parvienne à un accord avec Washington, notamment sur son programme nucléaire.PartagerMise à jour le 

10h43 CEST

11.12 CEST

Parallèlement, le cessez-le-feu temporaire au Liban se maintient, et des milliers de familles déplacées regagnent leurs foyers sous la supervision des forces de maintien de la paix de l’ONU. Voici quelques-unes des dernières images en provenance du pays :

Un garçon se tient debout par le toit ouvrant d'une voiture, brandissant un drapeau libanais.
Un garçon brandit un drapeau libanais tandis que des personnes déplacées regagnent leurs foyers par une route de fortune construite à l’endroit où le pont de Qasmiyeh a été détruit lors de frappes israéliennes, dans la région de Qasmiyeh, au sud du Liban. Photo : Mahmoud Zayyat/AFP/Getty Images
Des hommes en uniforme patrouillent près d'une file de voitures.
Un contingent français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) patrouille dans le quartier de Qasmiyeh tandis que des personnes déplacées, brandissant des drapeaux jaunes du Hezbollah, regagnent leurs foyers. Photo : Mahmoud Zayyat/AFP/Getty Images
Les Casques bleus de l'Unifil observent le passage des voitures.
Des soldats de la paix de la FINUL observent le passage des voitures dans Qasmiyeh. Photo : Mahmoud Zayyat/AFP/Getty Images
Une femme pleure, debout au milieu des décombres.
Une femme déplacée réagit après son retour dans sa maison endommagée, dans la banlieue sud de Beyrouth. Photo : Ibrahim Amro/AFP/Getty Images
Des personnes inspectent les dégâts, debout sur un énorme tas de gravats et de débris provenant de bâtiments détruits.
Des personnes déplacées constatent les dégâts à leur retour dans leurs foyers de la banlieue sud de Beyrouth. Photo : Ibrahim Amro/AFP/Getty Images

Views: 75

La gauche internationale s’unit à Barcelone lors d’un triple sommet anti-Trump en réponse au chaos politique que les États-Unis veulent imposer.

18 April 2026 at 10:20


Sommet ce week-end

Quel dommage qu’en France face à la censure totale en faveur de l’atlantisme il ne se trouve ni une social démocratie ni même un PCF en capacité d’une telle intiaitive… cela dit la présidente mexicaine a bien spécifié qu’il ne s’agissait pas quoiqu’en dise l’article d’une manifestation anti-trump mais de souveraineté. effectivement non seulement la situation contre laquelle luttent ces gouvernements est non seulement internationale mais une tentative de destabilisation menée par l’extrême-droite qui veut leur attribuer les effets d’une crise provoquée par l’impérialisme avec des thèmes tournant autour de l’insécurité. (note et traduction de danielle Bleitrach histoire et societe)

Les détailsBarcelone accueille ce vendredi et ce samedi quelques-unes des figures les plus importantes de la gauche. Parmi elles, le Portugais Antonio Costa, le Colombien Gustavo Petro et la Mexicaine Claudia Sheinbaum, des dirigeants qui ont été vivement critiqués par Trump.Les points clés :

Le Premier ministre, Pedro Sánchez, et le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, président le premier sommet entre les deux pays.

David OrtegaMadrid,

17 avril 2026, 14h09
Mis à jour:17 avril 2026, 14h45Approfondissez le sujet.

0:00 / 

1:43

Lula da Silva et Pedro Sánchez se sont chaleureusement salués. Deux dirigeants progressistes, se rencontrant pour la première fois de l’histoire lors d’un sommet bilatéral qui n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car Barcelone accueille ce vendredi et ce samedi quelques-unes des figures les plus importantes de la gauche : le Portugais António Costa, le Colombien Gustavo Petro et la Mexicaine Claudia Sheinbaum, entre autres. Des dirigeants que Trump a vivement critiqués.

Ces deux jours seront consacrés à projeter une image et à envoyer un message : l’ unité de la gauche internationale face au chaos politique que Trump cherche à imposer. Un nom qu’ils ont, pour l’instant, évité de prononcer.

« La Colombie est malade . Elle est gouvernée par un homme malade », a déclaré le président américain. « Les cartels gouvernent le Mexique », a-t-il ajouté. Aujourd’hui, ils se rassemblent pour former un front progressiste uni pour la démocratie, et non pour s’opposer à Trump. « Il prend certaines décisions que nous jugeons mauvaises, mais c’est un autre sujet. Il ne s’agit donc pas d’une réunion anti-Trump, loin de là », a précisé la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.

Le Forum mondial de mobilisation progressiste, qui se réunit ces deux jours à Barcelone pour « élaborer, concevoir et discuter des propositions », l’a également clairement indiqué. « Il ne s’agit pas d’un sommet contre qui que ce soit », a insisté Teresa Ribera, première vice-présidente de la Commission européenne.

Mais lorsqu’on l’interroge sur les objectifs de ces actions, Teresa Ribera assure qu’il s’agit de « la défense du droit international contre ceux qui utilisent leur propre volonté, le recours à la force ».

Ce sommet n’est donc pas anti-Trump, ni opposé à ses attaques incessantes contre quiconque ne se plie pas à ses volontés, comme l’OTAN, qu’il a critiquée à maintes reprises. Il s’agit d’un sommet contre ceux qui manipulent l’ordre mondial à leur guise .

Views: 108

❌